XXIX.— MANIÈRE D'OBTENIR UNE PLACE PRÈS DU FEU
Un voyageur Yankee, arrivant à une auberge de campagne, complètement trempé par la pluie, trouva le feu si étroitement entouré d'hôtes, qu'il ne put s'en approcher, jusqu'à ce qu'il eut imaginé un expédient pour les disperser. AyanJ appelé le valet d'écurie, il lui ordonna à haute voix de donner immédiatement à son cheval six douzaines d'huîtres. " Mais un cheval ne mange jamais d'huîtres," répondit le garçon. " Faites ce que je vous dis," répliqua le voyageur, " et vous verrez." Un pareil fourrage pour un cheval excita une grande surprise, et aussitôt que les huîtres furent prêtes, la compagnie entière se leva et se rendit à l'écurie, pour voir un cheval manger des huîtres. Le voyageur, alors, prit tranquillement la meilleure place près du feu. Comme on pouvait s'y attendre, le garçon revint immédiatement lui dire que le cheval ne voulait pas manger les huîtres. " N'importe," fit le voyageur, " apportezles ici, je les mangerai."