XXXV.— DIFFÉRENCE ENTRE L'AVARICE ET L'ÉCONOMIE
Comme on était en train de faire une collecte pour construire un hôpital pour les pauvres, ceux qui s'employaient â obtenir des souscriptions arrivèrent à une petite maison, dont la porte était à demi ouverte. De l'entrée, ils entendirent un vieillard gronder sa servante, qui, après avoir ouvert un paquet, en avait jeté l'enveloppe dans le feu, sans songer qu'elle pouvait peut-être encore servir. Après s'être un moment divertis en prêtant l'oreille à la dispute, ils frappèrent et se présentèrent devant le vieillard. Dès qu'il eut appris l'objet de leur visite, il les pria de s'asseoir, tandis qu'il écrivait un bon de cinq cents dollars. Les quêteurs, étonnés d3 cette générosité, à laquelle ils s'attendaient peu, ne purent s'empêcher de témoigner leur surprise et dirent au vieillard ce qu'ils avaient entendu. " Mes amis," dit il, " votre surprise est occasionée par quelque chose de bien simple. Je tiens maison et j'économise ou dépense à ma manière; l'un me fournit les moyens de faire l'autre, et les deux choses répondent également à mes penchants. — En fait de bienfaisance et de dons, attendez toujours davantage des gens prudents, qui comptent avec eux-mêmes."