‹ Polyglot reader, and guide for translationChapitre 93 sur 164 · LXX.— ANNIVERSAIRE DE L'ÉTABLISSEMENT À PLYMOUTH · texte numérisé non relu

LXX.— ANNIVERSAIRE DE L'ÉTABLISSEMENT À PLYMOUTH

Nos aïeux sont venus ici sur une terre qu'ils étaient destinés à ne plus quitter. Là ils avaient apporté, et là ils devaient fixer leurs espérances, leurs attachements, leurs aspirations. Ils ont versé quelques larmes bien naturelles lorsqu'ils ont abandonné les foyers aimés de leurs ancêtres, et leurs cœurs ont secrètement battu d'émotion alors que les rochers blancs de leur pays natal, apparaissant pour la dernière fois à leurs yeux, s'évanouissaient insensiblement à l'horizon. Mais ils agissaient d'après une ferme résolution. Quels qu'aient été les regrets, les hésitations passagères et les craintes qui souvent viennent ébranler avec force les âmes les plus résolues, ils ne s'en confièrent pas moins au ciel et aux éléments ; et bientôt un océan de mille lieues, interposant sa barrière, les séparaient du pays où ils étaient nés. Une nouvelle existence les attendait ici ; et, lorsqu'ils virent ces rivages froids, âpres, barbares et stériles comme ils l'étaient alors, ils se trouvaient en^ face de leur nouvelle patrie. Ce sentiment multiple et puissant que nous appelons l'amour de la patrie, et qui généralement ne s'éteint jamais dans le cœur de l'homme, produisit ici des résultats salutaires et atteignit son véritable but. Tout oe qui constitue la Patrie, à l'exception de la terre et du soleil, 0 c'est-à-dire toutes les causes morales d'affection et d'attache- ' ment qui agissent sur le cœur, les puritains les avaient apportées avec eux dans leur nouvelle demeure. Ici se trouvaient désormais leurs familles, leurs amis, leurs foyers et leurs biens. Avant de toucher le rivage, ils avaient établi les bases d'un système social, et les formes de leur culte religieux étaient arrêtées déjà depuis longtemps. Au moment du débarquement, ils possédaient déjà, par conséquent des insti- - tutions de Gouvernement et des institutions religieuses. Or, lorsque l'on possède amis et familles, et des institutions religieuses et sociales établies par un consentement mutuel et fondées sur un choix libre, ne réalise-t-on pas presque complètement toutes les idées qui se rattachent au mot Patrie ! Le rayon matinal qui dissipa la première nuit de leur repos trouva les Pèlerins entièrement établis dans leur pays. Les institutions politiques, la liberté civile, et le culte religieux, existaient déjà. La poésie n'a jamais rien imaginé de plus précis et de plus caractérisque dans les pérégrinations des héros. Ici l'homme était réellement sans protection, et sans ressources sur une côte âpre et sauvage ; mais cet homme

Page 1