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LES PREMIERS COLONS DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE

fut réélu au même emploi pendant plusieurs années successives malgré son ardent désir d'en être déchargé. Il répétait souvent à ce sujet que " si cet emploi était un honneur, il devrait être partagé par ses concitoyens ; que si c'était une charge, il serait juste qu'il n'evit pas toujours à en soutenir le fardeau."

Au retour de l'été, la santé des colons se rétablit, et leurs rangs continuèrent à se grossir de temps à autre par des émigrations successives de Puritains opprimés venant d'Europe. Mais ces renforts n'arrivèrent pas en aussi grande quantité qu'ils l'avaient espéré d'abord. Quant à l'accroissement de population qu'ils comptaient voir se réaliser principalement par l'adjonction du reste de la congrégation établie à Leyde, ce fut malheureusement un autre désappointment. La mort inattendue de Robinson, leur pasteur, priva les puritains du seul chef dont les conseils et l'influence auraient pu surmonter la timidité que leur inspirait le récit des fatigues et de la misère auxquelles leurs amis avaient été en butte dans la Nouvelle- Angleterre. A la suite de cet événement, la plus grande partie de ceux qui étaient restés à Leyde allèrent rejoindre les autres exilés anglais à Amsterdam, et fort peu d'entre eux eurent le courage de s'embarquer pour New -Plymouth. Cette petite colonie, cependant, avait déployé une énergie rare qui prouvait qu'elle était faite pour durer. Après avoir surmonté ses premières infortunes, elle continua à fleurir dans la pratique de la piété et dans la jouissance de la liberté politique et religieuse. Un attachement généreux fut voué au sol qui avait été si difficilement acquis, et à la société dont l'existence attestait une lutte si virile et si glorieuse contre des maux de toutes sortes. Tout en démontrant leur respect pour les droits des habitants primitifs de ce pays, en leur achetant le territoire sur lequel s'étendait leur établissement, les colons ne négligèrent aucun moyen de défendre par la force ce qu'ils avaient acquis par la justice. Alarmes par le récit du massacre de leurs concitoyens en Virginie, ils élevèrent un fort en troncs d'arbres, et adoptèrent d'autres mesures prudentes pour leur sécurité. Cet achat fait à des sauvages qui traversaient occasionnellement le territoire plutôt qu'ils ne l'occupaient d'une manière permanente, est, peut-être, le premier exemple historique de la prédominance absolue des principes de justice dans un traité conclu entre des hommes civilisés et un peuple barbare. Grahame.

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