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Pommes rustiques pour le Nord-Ouest canadien [microforme]

\loxstEUR LE MINISTRE, — J'ai l'honneur de vous soumettre le bulletin N° 68 de Is «trie des fermes expérimentales que je viens de rédiger, sous le titre “ Pommes rustises pour le Nord-Ouest canadien. Essais et résultats”. J’y fais l'historique de nos travaux d'essai exécutés dans cette voie et montre l’état actuel de ces expériences auxjuelles je me suis consacré depuis vingt-quatre ans.

Mon but a été de faire voir au lecteur la portée générale et étendue de ces travaux. Nous sommes arrivés, jusqu'à présent, à produire un nombre considérable de variétés

9 utiles de pommes métisses et tout semble indiquer qu’à l’avenir, les améliorations apportées au volume et à la qualité du fruit seront plus rapides qu’elles n’ont été dans le passé. Nous essayons actuellement quantité de variétés de second croisement parmi lesquelles nous espérons trouver des espèces adaptées à la plupart des régions les plus froides du Canada, où elles seront un élément de richesse.

J’ai l'honneur d’être, Monsieur le Ministre, Votre obéissant serviteur,

Wu. SAUNDERS,

Directeur des fermes expérimentales du Dominion.

OTrawa, 23 mars 1911.

Peu de temps après l'établissement des premières fermes expérimentales du Dominion, on y entreprit des essais de culture de petits et de gros fruits, dans le but de trouver, si possible, des variétés qui puissent s'adapter spécialement aux régions plus troides des provinces du Nord-Ouest. La pomme, qui a une importance économique relative, demandait naturellement une attention toute spécialé. On essaya pendant huit où dix ans, notamment aux fermes expérimentales de Brandon, Manitoba, et d’Indian- Head, Saskatchewan, plus de deux cents variétés de pommiers, les plus rustiques qu’il fut possible de se procurer dans le nord de l'Europe et dans les autres contrées septentrionales où elles avaient été essayées de façon complète. Ces arbres furent plantés en nombres considérables: on essaya jusqu’à 20 ou 50 sujets d’une même variété.—sous abri plus ou moins dense, ou sans abri—mais sans réussir jamais à obtenir un seul fruit. Ces essais furent recommencés plus tard sur de nouvelles variétés créées depuis et considérées comme douées de qualités et de rusticité spéciales.

En 1887, époque à laquelle commencèrent les travaux sur les fermes expérimentuiles, nous nous étions procuré, aux jardins botaniques impériaux de Saint-Pétersbourg, Russie, une petite pommette sauvage, connue sous le nom de * Berried Crab ”, Pyrus iarcata. Ce pommier croît en abondance près des rives du lac Baïkal et en beaucoup d'endroits de la Sibérie du Nord. On en fit des semis et lorsque les plants furent assez gros pour être transplantés, on en envoya à Brandon, Man., et à Indian-Head, Saskatchewan, où ils se montrèrent tout à fait rustiques. Depuis 20 ans que nous ‘esavons, la Berried Crab n'a jamais souffert de l'hiver et les arbres se sont développés sur les bourgeons terminaux des branches, chaque année. Ils ont donné beaucoup de fruits depuis plusieurs années, mais ces fruits sont petits pour la plupart, guère plus ros qu'une cerise, astringents et acides et dans quelques cas, amers. Néanmoins le fruit du Pyrus baccata fait une excellente gelée, et à ce titre, et tout imparfait qu'il oit, a trouvé un emploi utile. Cet arbre est également très décoratif au printemps au moment de sa floraison et en automne, couvert de fruits. Il est plutôt nain d’ordiuaire, avec les branches basses et le tronc fort, les fruits sont très fortement attachés à l'arbre, La façon dont il se développe le rend très apte à résister aux vents si fréquents dans les prairies du Nord-Ouest.

Premiers essais d'hybridation.

Après avoir éprouvé pendant quatre ou cinq ans et établi d'une façon certaine la rusticité extrême de la pommette, nous nous sommes efforcés d'améliorer son volume et sa qualité par l’hybridation des fleurs de Pyrus baccata avec du pollen de pommes des meilleurs espèces cultivées en Ontario. Ces essais ont commencé en 1894 et ont été poursuivis depuis suivant différentes méthodes. Les graines obtenues après la première hybridation furent semées à l'automne de cette année-là et germèrent au printemps suivant, donnant en tout 160 jeunes arbres qui, replantés au printemps 1896, eurent pour Ja plupart, une croissance rapide et produisirent bientôt de beaux spécimens, Nous en avons planté avec d’autres sortes, d’année en année, dans les vergers l'Ottawa, Brandon, Indian-Head, ainsi que dans les autres stations du Nord-Ouest, Er 1:99, 36 des pommiers hybrides créés et élevés à Ottawa, donnèrent des fruits, 5 notamment avaient donné des spécimens d’un développement et d’une qualité qui justifiaient leur propagation pour un essai plus général. Ün grand nombre avaient donné des fruits quatre ans après avoir été semés, ce qui indiquait de la précocité. A partir de e moment, plusieurs autres centaines de ces pommiers métis ont produit, et nous avons augmenté considérablement le nombre des variétés qui méritent d’être cultivées

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