PLAQUEMINIER DE VIRGINIE
Diospyros virginiana. Poit. et Turp.
ES Plaqueminiers ayant les fleurs polygames dioïques, il y à à-peu- | près la moitié de ces arbres qui ne peuvent pas rapporter dé fruits,
$ mais qui aident les autres à en rapporter, d'après le système admis
, de la fécondation dans les végétaux. Celui-ci est un arbre de 5 à 8 mètres
4 à 24 pieds) de hauteur sur un tronc qui ne passe pas 27 cehtimè-
{tres (10 pouces) de diamètre; la tête est arrondie, composée de bra-
pe très flexibles, le plus souvent diffuses, inclinées. Les bourgeons sont
va d'un vert cendré ou quelquefois rougeâtres, pubescens, marqués de points g 4 allongés. Les supports sont saillans, les boutons gros, coniques et luisans.
Les feuilles sont alternes, pétiolées, oblongues, entières, longues de 12 à 14 centimètres (4 à 5 pouces), d’un vert gai et tendre en dessus, glauques et un peu velues en dessous. Elles sont plus grandes que celles du Plaqueminier d'Italie, et s’en distinguent aisément en ce qu'elles ne sont pas luisantes en dessus et en ce qu'elles n'ont pas de glandes en dessous.
Les individus mâles ont les fleurs axillaires, trois à trois très légèrement pédonculées. |
Les individus femelles ou fructifères ont les fleurs également axillaires, mais solitaires et une fois plus grandes que les mâles, jaunâtres et de peu d'effet. Il leur succède un fruit arrondi, de 27 millim. (1 pouce) de diamètre, soutenu par le calice qui est devenu très grand et coriace; ce fruit est d’un jaune ponceau, quelquefois lavé de rouge assez vif du côté du soleil.
La chair est jaune, molle, visqueuse, douce, un peu acerbe si elle n'est parfaitement mûre. On trouve dans l'intérieur de quatre à huit grosses graines comprimées, rangées autour d'un axe central.
Ce fruit mûrit à la fin d'octobre; on peut le laisser supporter quelques petites gelées sur l'arbre avant de le cueillir; on le met ensuite sur une tablette ou sur de la paille où on le laisse s'amollir comme on fait pour les Nèfles. Il se mange comme
elles, et il a sur elles l'avantage de rester long-temps mou et bon sans pourrir. Les 106*
Américains en font du cidre, des galettes ou petits pains longs d’un goût assez agréable,
qui ont la propriété d'être astringens; pour cela on écrase des fruits, on passe la
pulpe au travers d'un gros tamis pour en séparer les graines et la peau; la pulpe
se réduit en bouillie que l’on façonne en petits pains, et que l’on fait cuire au four
ou mieux au soleil, parce qu'ils en sont meilleurs.
En France, ce fruit ne mürit pas toujours parfaitement, et on ne le met au rang
des fruits bons à manger que dans les écoles.
EXPLICATION DES FIGURES
. Fleur mâle.
. Calice.
Corolle ouverte montrant les seize étamines fertiles disposées sur deux
rangs.
. Etamine fertile, répandant son pollen.
. Rudiment d’un ovaire stérile de fleur
mâle.
À | Fleur femelle.
3 Calice et pistil.
. Corolle ouverte faisant voir les huit
étamines stériles.
. Etamine stérile.
. Pistil entouré à la base d’une glande
bordée d’échancrures.