‹ Pomologie française (volume 2)Chapitre 103 sur 106 · GENRE GRENADIER · texte numérisé non relu

GENRE GRENADIER

Ce) | LS L ENRE de plantes de la famille des myrtes, comprenant deux ou trois ar- | = + brisseaux des pays méridionaux, à feuilles simples, alternes ou opposées,

Ÿ 144 et dont le caractère est d’avoir :

1° Un calice persistant, coriace coloré, évasé en cloche, divisé au

\® sommet en 5, 6, 7 ou 8 découpures aiguës, ouvertes. ae De 2° Autant de pétales que de divisions ou calice, insérés à son orifice, EG D? alternes avec ses divisions, légèrement onguiculés, plissés, chiffonnés.

8° Un grand nombre d’étamines plus courtes que les pétales, insérés sur toute la paroi interne du tube du calice.

4° Un ovaire adhérent, globuleux,surmonté d’un style de la GE des étamines, épaissi à la base, atténué vers le sommet, et terminé par un stigmate capité. *

5° Une grosse pomme arrondie, légèrement anguleuse, couronnée par le calice, charnue , coriace , divisée intérieurement en deux loges superposées par une membrane transversale; la loge inférieure est subdivisée seulement en trois compartimens , tandis que la loge supérieure est divisée en sept ou neuf.

6° Un grand nombre de grains attachés aux cloisons, rouges, cristallins, aqueux, renfermant chacun une graine.

La structure de la Grenade s'éloigne de celle des autres fruits. HISTOIRE, CULTURE ET USAGE.

Le Grenadier n’est pas un nouveau parvenu; son ancienneté est constatée par Pline, qui lui assigne les champs de Carthage pour berceau. De là il s'est répandu en Italie, en Espagne, en Portugal et jusque dans la France méridionale ; on en voit même quelques-

uns à Paris où on les soustrait à la rigueur de notre climat en les palissant contre un mur à l'exposition du midi, en les couvrant l'hiver , et où, malgré ces soins, ils périssent dans les hivers rigoureux, tels que celui de 1837 à 1838. | Chemin faisant, le Grenadier a produit quelques variétés à fruits plus doux; il en a produit aussi à fleurs pleines dont l’horticulture s’est emparée pour l’ornement des grands et petits jardins, et que l’on cultive en caisse pour pouvoir les rentrer en orangerie pendant l'hiver. Enfin l'Inde nous a fourni une espèce naine qui fleurit plus abondamment que les

autres. Tous ces Grenadiers ont la fleur très rouge, mais il en existe un autre à fleur

jaune, que les uns font venir d'Amérique, et que d’autres croient indigène en Europe.

La culture du Grenadier à fruit n’est pas difficile dans le midi de la France ; mais à Paris , il faut absolument le planter en espalier dans une terre douce et légère. On ne le soumet pas à la taille comme un arbre fruitier, parce queles fleurs naissent au bout des branches ; on se contente de les palisser et de supprimer le bois mort ou défectueux. On en obtient bien quelques Grenades assez belles, mais leurs grains restent toujours trop acides, et elles ne peuvent remplacer celles que le commerce nous envoie.

Le Grenadier se multiplie de drageons, de boutures et de marcottes ; dans le midi on en fait des haies.

Depuis moins de dix ans, la médecine a constaté que les racines fraîches ou vivantes du Grenadier, mise en poudre ou en décoction, sont un puissant remède contre le témia ou ver solitaire; les racines séchées ne produisent plus le même effet.

Dans les boutiques, les fleurs du Grenadier se nomment balaustes et l'écorce de son fruit s'appelle malicorium. On les emploie avec succès dans le cours de ventre, la dysenterie et les pertes de sang. Les fleurs s’ordonnent par pincée en infusion; l'écorce se met en poudre et se prend en décoction. On prépare avec les grains de Grenade un sirop excellent pour apaiser l’ardeur de la soif dans les fièvres continues; il adoucit la bile et les humeurs âcres par son agréable acidité , les grains sont astringens comme l'écorce. Dans les usages de la

médecine, on préfère les Grenades aigres à celles qui sont douces.

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