RAISIN PRÉCOCE
Vilis præcox. Poit. et Turp.
==, N amateur aime à avoir un pied de ce raisin dans son jardin, non
à cause de son mérite, car il en a peu, mais à cause qu'il mürit le
remier de tous, et qu'il figure sur la table en attendant le Chasselas. 12 Al 5 On l'appelle assez communément raisin de la Madeleine, parce que,
dans les années favorables, on peut quelquefois en cueillir dès le vingt-
deux juillet. Les classificateurs le désignent aussi sous le nom de Morillon hâtif, en ce qu'ils lui trouvent desrapports avec deux ou trois raisins noirs de vignoble qui entrent dans la fabrication du vin; mais il est arrivé, dans la pratique s'entend, qu'on a oublié le sens du mot Morillon, et que les livres et les catalogues relatent des Morillons noirs et des Morillons blancs.
La vigne précoce devient moins grande que la plupart des autres; ses bourgeons élégamment striés de lignes longitudinales, sont d’une grosseur médiocre et prennent une teinte de jaune fauve vers l’époque de la maturité du fruit.
Ses feuilles sont assez grandes, d’un beau vert luisant en dessus, pâles et munies en dessous d'un duvet qui se détache aisément par le frottement; elles sont découpées en cinq lobes peu profondément, bordés de grandes dents inégales terminées par une callosité.
La grappe est petite, très serrée ; les grains sont ronds, petits, quelquefois un peu allongés par la pression; leur: peau est assez dure, d’un violet noir, recouverte d’une fleur bleuâtre ; la chair est verdâtre et l’eau sans couleur, légèrement sucrée. Chaque grain ne renferme ordinairement que deux pepins assez gros.
Commele principal mérite de ce raisin est sa précocité, on la favorise encore en le plantant en espalier le long d’un mur au midi, où il mürit quelquefois dans la première quinzaine de juillet. Si on n’en fait pas un objet de commerce, un seul pied suffit dans le plus grand jardin.
En ébourgeonnant et pinçant cette vigne à bonne heure, ses secondes et même ses troisièmes pousses fleurissent dans la même année, et le raisin de la seconde floraison mürit assez souvent.
* Cette seconde fructification ayant été observée il y a une dizaine d'années par des personnes qui ne connaissaient pas le raisin précoce ou de la Madeleine, crurent avoir trouvé une nouvelle vigne; on l’a d'abord préconisée sous le nom de bzfère, puis ce nom ne faisant
pas fortune assez vite au gré des prôneurs, on lui a donné celui de vigne d’Yschia accompagné
d’une description pompeuse. Enfin la société d’horticulture de Paris à fait faire des recherches à Yschia même, et il s'est trouvé que rien de semblable à cette vigne n'existait dans ‘ile d’Yschia.
En mai 1838, le Repertorio d’Agricoltura à indiqué l'existence, en Italie , d’une vigne trifère ou de trois récoltes par an, qui, d’après la description serait tout-à-fait différente de notre vigne précoce, d’abord par des grains plus gros , et surtout par la propriété qu’elle aurait de fleurir et fructifier indéfiniment sur son jeune bois au fur et à mesure qu'il s’allonge, mode qui était encore inconnu dans la vigne. Selon M. Gallesio, cette vigne est connue en Italie sous les noms de vigne trifère, vigne de trois fois lan, vigne folle, vigne
d’Yschia et vigne de Chio.
Ce. Ve St 420 C frnioce..
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Zapper Li Pelinprinere. & Lzrgless Dougrel Je,
RAÏSIN TEINTURIER.
F'ilis ténetoria.s Poit. et Turp.
N nomme ainsi cette vigne, parce que son fruit sert particulièrement à
donner de la couleur aux vins qui en manquent; elle est de médiocre vigueur. Ses bourgeons d'abord d’un jaune sale obscur, passentau rouge
brun vers la fin de l’été ; ils sont tiquetés, striés, sarnis de boutons q » ÿ
assez gros, velus au sommet, la plupart obtus, rarement un peu aigus, y écartés Les uns des autres d'environ 8 à 12 centimètres (3 à 5 pouces).
Les feuilles sont petites, profondément découpées en cinq lobes, bordées de dents inégales, un peu lanugineuses en dessus, mais beaucoup plus en dessous où elles paraissent comme doublées d’une toile d’araignée qui se détache par le frottement. Vers le temps de la maturité du raisin, les feuilles sont déjà toutes rouges, et se reconnaissent de très loin parmi les autres.
Les grappes sont généralement petites, assez serrées, point rameuses, longues de 1 décimètre( 4 pouces ); ellesontle grain rond, noir, couvert d’une fleur bleue abondante ; ces grains sont assez égaux en grosseur, et leur diamètre moyen est de 6 à 8 millimètres (7 à 8 lignes).
La chair et l'eau sont rouges dans le grain même, ce qui donne au vin qui en provient cette forte teinte rouge qu'il communique aux autres vins. On ne trouve ordinairement dans chaque grain qu'un ou deux pepins gris de lin, allongés en larmes et marqués d’un écusson sur le dos. | |
Ce raisin, assez doux, et nullement désagréable à manger, ne se cultive cependant pas pour la table; il mürit vers le 15 septembre. Comme on l'emploie particulièrement à rehausser la couleur des vins, on le trouve dans presque tous les vignobles. [la beaucoup de rapports avec les Meuniers , autres espèces de raisins de vignobles. C'est le Noireau de la Haute-Navarre, le Furber de la Moselle, le Négrier de Seine-et- Marne. Je lui conserve le nom de Teinturier qu'il porte dans le département de la
Vienne, et que lui donnent la plupart des vignerons des environs de Paris.
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RAISIN MUSCAT ARROUYA.
Vitis moschata arrouya. Poit. et Turp.
{UAND, en 1809, Chaptal, comte de l'Empire, sénateur et ministre de l'intérieur, fit établir la pépinière du Luxembourg, on y a rassemblé toutes les Vignes connues dans les Départemens, et le
plus qu'on a pu des pays étrangers, dans le but d'en constater le mérite et
| mais Paris n'est pas l'endroit qu'il aurait fallu choisir pour faire cette ex-
périence; son climat n'est pas assez chaud pour que toutes les espèces de
<Ji Raisin y mürissent suffisamment et développent les qualités qui les distinguent : aussi la collection de Vignes a-t-elle disparu sans donner de résultats. Parmi toutes ces Vignes il s’en est trouvé une seule dont nos jardins ont dû s'emparer, et qui n'y était pas connue auparavant. Elle venait du département des Hautes-Pyrénées, sous lenom d'Arrouya. Nous avons constaté que son fruit mürit très bien en espalier à Paris, qu'ilest musqué, et nous l'avons signalé aux jardiniers sous le nom de Muscat Arrouya. Aujourd'hui il figure dans quelques catalogues marchands, et se multipliera probablement de plus en plus dans les jardins de Paris et des environs.
Son bois et ses feuilles ne se distinguent guère de ceux de notre Muscat noir. Sa grappe est également noire, mais plus courte et moins serrée; son grain est plus rond, moins noir. Une grappe, quoique mûre, en offre toujours quelques-uns qui conservent une apparence de rouge obscur, soit dans l'ombre, soit dans le reflet : tous d’ailleurs sont couverts d’une fleur bleuâtre qui les harmonise. Ils ont la peau fine et tendre pour des Muscats; leur chair est verdâtre, et leur eau sans couleur. Les pepins sont toujours en petit nombre; enfin cette espèce est plus musquée que notre
Muscat noir, mürit plus aisément à Paris, et mérite d'y être plus multipliée.
/ DH LAUER { "2 CCI CAL arouya.
l'ocleau "22 re # Le LImprimertée de Langlois, re 7 €