‹ Pomologie française (volume 2)Chapitre 60 sur 106 · Ÿ OS · texte numérisé non relu

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elle a été découverte en 1792, par André Michaux dans l'Amérique septentrionale sur les bords du fleuve Savannah, près la petite ville d'Augusta, en Georgie. Ce botaniste en envoya aussitôt en France des graines et de jeunes pieds qui ont tres bien réussi, et qui depuis ce temps contribuent à l’ornement des jardins. À son retour à Paris, Michaux, à l’aide de Richard, publia sa Flora boreali-americana, dans laquelle il désigne cette nouvelle espèce sous le nom d'Æsculus macrostachia, et ne lui attache qu'une petite phrase botanique, suffisante, il est vrai, pour la distinguer de ses congénères, mais qui laisse tout à désirer sur le mérite et les usages de l’arbrisseau.

En 1806il en existait dans la pépinière du Muséum d'histoire naturelle un pied assez fort qui a donné des fruits pour la première fois. Le nommé Noël, pépiniériste de cet établissement, les recueillit et expérimenta que les petits marrons que ces fruits renfermaient étaient doux à manger crus, et qu'ils étaient excellens mangés rôuis comme des châtaignes. Deux ans après, j'ai publiéla découverte du sieur Noël, et donné à la plante le nom de Pavia doux, en l’élevant au rang des arbres fruitiers.

Le Pavia doux est un arbrisseau traçant, touffu, qui s'élève de 1 m. 625 millim. à 3 m. 250 millim. (5 à ro pieds), et qui produit chaque année dans les terrains frais et substanuiels plusieurs drageons de ses racines : son bois est élastique; ses bourgeons de l’année sont d'un vert jaunâtre ou lavés de brun, garnis de gros boutons oblongs, non visqueux, différence qui distingue encore les Pavia des Marronniers avec lesquels les anciens botanistes les confondaient.

Les feuilles sont opposées et digitées, composées de cinq folioles oblongues, rétrécies vers la base en forme de coin allongé, finement dentées, d'un beau vert en dessus et légèrementcotonneuses en dessous; la foliole intermédiaire est longue de 18à 19 centim. (6 à 7 pouces); les autres se rapetissent à mesure qu'elles s’en éloignent.

Les fleurs, disposées en longues grappes spiciformes terminales, droites, longues de 3 à 600 millim. (1 à 2 pieds), s'épanouissent en juillet; elles sont blanches, un peu lavées de rose à la base et produisent un très bel effet,

Après la fécondation, les ovaires du petit nombre de fleurs parfaites (car les cinq sixièmes n'ont pas de pistil) se changent en fruits capsulaires, coriaces, gros comme des noix, de la forme d'une bouteille ou d'une calebasse, d'un vert roussâtre, couverts d’un duvet plus roux, marqués de trois sillons et desix loges à la base, terminés à la tête par une petite pointe qui est le reste du style desséché.

La maturité de ces fruits arrive vers le commencement de septembre : alors ils s'ouvrent ordinairement d'un seul côté, quoiqu'ls dussent naturellement s'ouvrir en trois valves, parce qu'au lieu de contenir chacun six graines, ils n’en contiennent que deux ou trois, qui sont arrondies ou diversement comprimées, revêtues d'une peau de la consistance et de la couleur de celle des marrons.

Ces petits marrons, mangés crus, ont un goût approchant de celui de la noisette; rôtis ou cuits sous la cendre, ils sont excellens : leur substance un peu charnue les rend bien supérieurs aux châtaignes qui sont naturellement sèches et farineuses. Il faut les se-

mer peu de jours après leur récolte, car ils perdent promptement leur propriété germinative.

ExPLICATION DES FIGURES.

9. Un marron et une valve du fruit qui le recouvre. On voit que ce marron en grossissant a repoussé le cloison du côté d'un autre marron a qui ne s’est pas développé.

10. Marron nu montrant l’ombilic b au milieu d’un grand hile etle micropile c.

11. Coupe d'un autre marron montrant que les cotylédons sont diversement ployés,

et que la radicule, grande et conique, est dirigée vers le micropile d.

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