RONCE A FRUIT BLEU
Rubus cϾsius. Poit. et Turp.
N trouve cette Ronce au pied des murs, dans les mauvaises terres, dans les moissons et dans les prés. Ses tiges sont ligneuses, menues, souvent très longues, traçantes, radicantes, cylindriques, vertes ou bronzées du côté du soleil, couvertes d’une légère poussière glauques,
garnis de petits aiguillons épars dirigés en arrière.
Les feuilles sont ternées, à folioles ovales, très gaufrées, inégalement dentées, terminées en pointe; la foliole intermédiaire est pétiolée, les latérales sont presque sessiles et souvent bilobées. La feuille qui se trouve le plus près des fleurs est simple ou seulement trilobée.
Les extrémités des petits rameaux se terminent par une grappe de fleurs blanches au nombre de quatre à huit; elles ont les divisions du calice ovales, concaves, terminées en longue pointe, et sont parsemées en dessous de papilles rousses et glanduleuses; les pétales sont oblongs, étroits, distans, et non rapprochées comme le représente la figure de Bulliard. Les étamines, d'abord d'un blanc sale, deviennent brunes après la fécondation.
Les fruits, quoique composés d'un assez petit nombre d'ovaires, sont gros, d'un bleu d’azur clair, au moyen d’une poudre de cette couleur qui les recouvre, car sans cela ils seraient naturellement d'un bleu noir.
Ils ont la chair et l’eau agréablement acidulées, et leur couleur est un violet foncé. On trouve au centre de chaque grain, un pepin comprimé qui à la forme d'un petit haricot.
Ce fruit mûrit en septembre, son acide, assez élevé, le rend peut-être le meilleur du genre, et cependant il est négligé.
On conseille de se servir particulièrement de cette espèce pour faire le sirop de mûres; mais on l’emploie rarement à cet usage, parce qu'elle est moins fertile et moins commune que celle des haies, que l'on se procure plus aisément et plus abondamment.
Cependant nous voyons que les herboristes de Paris ne préparent et ne vendent que
De lImprinerie de Langlet. Giraud seule