RONCE DE PENSYLVANIE
Rubus trivialis. Poit. et Turp.
ETTE espèce, indiquée dans la Pensylvanie par Michaux et trouvée aussi aux environs de Charlestown par Philippe Noiïsette, est assez rare dans les
jardins de l’Europe. On la doit à M. Louis Noisette, qui l'avait reçue de son
frère Philippe.
C’est une espèce très distincte et très remarquable en ce qu'elle produit une grande quantité de tiges sous-ligneuses, très simples, couchées sur la terre, longues de 1 à 2 mètres, constamment stériles , extrêmement hispides dans leur jeunesse et munies d'aiguillons recourbés, surtout vers l'extrémité, tandis que les tiges à fruit naissent ou immédiatement de la souche, ou de la base des tiges rampantes, ne sont longues que de 3 à 6 décimètres, moins hispides et moins aiguillonnées.
Les feuilles de toutes les tiges couchées et stériles sont quinées, à folioles ovales oblongues, glabres sur leurs deux faces, dentées en scie, longues de 5 à 8-centimetres, tandis que les feuilles des tiges fertiles sont ternées, et un peu moins grandes.
Les fleurs, constamment solitaires, terminent chacune des petites tiges fertiles ; elles sont droites, grandes et belles, mais passent très vite.
11 succède à chacune d'elle un fruit noir , luisant, très gros pour une framboise ou une mûre ; il est ovale ou allongé, haut de 20 à 24 millimètres; chacun des petits grains qui le composent est marqué d’un sillon comme sur certaines prunes. Ils ont l'eau rouge et la chair d’un violet noir.
Ce fruit mürit en septembre; il n’a pas beaucoup d’eau, mais elle est relevée, parfumée, non fade comme celle de la ronce , ni acide comme dans la ronce bleuätre ; mais ses pepins sont gros, durs sous la dent; et si l'on joint à ce désagrément le peu de fertilité de la plante, peu de personnes seront disposées à lui accorder une place au rang des arbres
fruitiers.