FRAISIER CAPRON ROYAL
Fragaria elatior regalis. Poit. et Turp.
—$ E Capron, digne du nom qu'il porte, n'était pas connu au temps de Du-
VS : ; s ; ; NET hamel. Il fut, dit-on, envoyé de Bruxelles à Fontainebleau, et c’est tout ce
que je sais de son histoire. Lindley père, dit que c’est lui qui l'a trouvé dans un semis de Capron commun, mais il ne dit pas en quelle année. Maintenant on le trouve dans un grand nombre de jardins; ses fleurs sont hermaphrodites, tandis que celles des autres Caprons sont dioïques; dès-lors il ÿ a beaucoup d'avantage à le préférer, surtout pour les personnes qui n’ont pas étudié les sexes des plantes, ni l'acte important de la fécondation. Non-seulement il se féconde lui-même, mais il peut encore féconder les Caprons femelles qui se trouvent dans le voisinage, et rendre inutile la présence du Capron mâle dans la culture.
Quant à la vigueur, le Capron royal semble tenir le milieu entre le Capron mâle et ceux dont la fleur est simplement femelle. Il forme de grosses touffes et jette un grand nombre de filets, souvent rougeâtres, qui se multiplient considérablement. Ses feuilles paraissent aussi plus étoffées, plus fortes et plus rudes que celles des Caprons framboises et abricots.
Les hampes s'élèvent au-dessus des feuilles au temps de la floraison; mais elles sont dépassées à leur tour par les feuilles vers le temps de la maturité des fruits : cependant ces hampes n’ont guère moins de 161 à 216 millimètres de hauteur; elles se divisent vers le sommet en plusieurs courtes ramifications, et se terminent par douze ou quinze fleurs rapprochées en bouquet, larges de 34 à 42 millimètres, bien ouvertes, ayant les pétales arrondis, allongés à la base etayant l'onglet jaune. Toutes les étamines sont parfaites et fertiles ; à leur centre s'élève un gros receptacle hémisphérique, couvert d’ovaires ayant chacun un style latéral (caractère de la famille) et jaunâtres comme les étamines. Après la chute des pétales , le pédoncule s'incline de suite; et les filets des étamines persistent jusqu’à la maturité du fruit.
Celui-ci est pendant, ovoïde du diamètre du 3 centimètres, très adhérent, ferme, un peu velu près du calice; il prend d’abord un rouge assez vif qui passe ensuite au rouge
noir.
Les graines sont saillantes sur la peau. Elles ne commencent à se montrer qu’à une cer-
taine distance du calice qui, comme dans tous les Caprons, se rejette en arrière.
La chair, ordinairement blanche, se lave d’un peu de rouge dans quelques circonstances; elle est ferme, parfumée, musquée, mais on pourrait désirer qu’elle ait un peu plus d’eau. Comme dans toutes les grosses fraises, on trouve quelquefois un vide au centre de ce Capron.
Cette fraise mürit abondamment dans tout le courant de juin. Tout le monde n'aime pas
le goût particulier des Caprons, et il y a des personnes qui les préfèrent aux autres fraises.
D'ailleurs ils sont plus ou moins bons selon qu'ils ont cru à bonne ou mauvaise exposition
… et en terre plus ou moins convenable.
Cyprien JOUYAl.
Toeau pie: De lnprinerie de Langlois. Pons 2
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