‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 64 sur 100 · FEUILLE DE CHÊNE · texte numérisé non relu

FEUILLE DE CHÊNE

Pyrus quercifolia. Poit. et Turp.

D’IMPÉRIALE est un arbre de moyenne force, assez droit, et dont les rameaux forment, avec la tige, des angles d’environ 60 degrés.

Les bourgeons sont gros, bien nourris, fortement géniculés, d’un vert cendré à la base, cuivrés dans la partie supérieure et tiquetés de points roux : quelquefois ils sont aussi un peu anguleux par la décurrence des supports qui soutiennent des yeux gros à la base, courts et pointus.

Les feuilles sont ovales, grandes, convexes, terminées par une pointe raccourcie courbée en arrière; ces feuilles, d’abord d’un vert tendre, et prenant souvent dans l’automne une teinte cuivrée, sont remarquables surtout par de grandes ondulations en leur bord qui ne se retrouvent sur aucune autre espèce de poirier ; les dents qui les bordent sont assez ordinairement très grandes. Le pétiole, long de i à 3 pouces (27 à 81 millimètres), renflé et rougeâtre à la base, est muni de quelques petites pointes noires et de deux stipules linéaires.

Les boutons à fruit sont de moyenne grosseur, ovales, obtus, glabres, roux; ils ont les écailles extérieures arrondies, les intermédiaires ciliées, et les intérieures lancéolées avec les bords pliés en dedans.

Au printemps, chaque bouton donne naissance à six ou huit fleurs bien ouvertes, larges de i5 à 18 lignes (34 à 4i millimètres), portées sur des pédoncules menus, et un peu cotonneux ; elles ont l’ovaire très petit , les étamines divergentes après la fécondation , et les cinq styles nus.

Le fruit est ovale, turbiné, obtus du côté de la queue, arrondi du côté de l’œil, qui est placé dans un très léger enfoncement; sa forme et sa grosseur varient très peu ; il a 2 pouces et demi (68 millimètres) de hauteur sur autant d’épaisseur; la queue, assez grosse et longue d’un pouce (27 millimètres) , est plantée au milieu d’un petit aplatissement.

La peau, d’abord d’un vert très pâle ou blanchâtre , jaunit dans la maturité; elle est

souvent nue, sans points ni taches remarquables; quelquefois aussi elle a des macules formées de gros points roux, et le côté du soleil se lave d’une légère teinte rougeâtre.

La chair est blanche , demi cassante , d’un grain un peu gros.

L’eau est abondante , sucrée , assez agréable.

Les pépins sont gros, bien nourris, terminés inférieurement par une longue pointe.

Cette poire mûrit en février et mars, même en avril et mai, selon Duhamel qui en a donné une figure assez différente de celle représentée ici , ce qui me surprend d’autant plus, que la poire est une de celles qui varient le moins. Ce n’est d’ailleurs qu’un fruit à compote, et peu multiplié dans les jardins. Je l’ai souvent trouvé à trois loges, et Duhamel dit qu’il n’en a ordinairement que quatre.

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