POIRE GRISE -BONNE
Pyrus conspersa. Poit. et Turp.
RBRE vigoureux, très rameux, étendant toutes ses branches horizontalement.
® Ses bourgeons sont d’un vert jaunâtre, longuets , menus , af- /@lectant, comme les branches, la direction horizontale, et ayant souvent les yeux inférieurs développés en dards, tandis que les supérieurs sont toujours gros et bien gonflés.
Les feuilles sont ovales planes, acuminées, d’un beau vert foncé, longues sur les bourses, petites sur les bourgeons, toutes finement dentées.
Le bouton à fruit est gros, ovale-oblong , assez aigu, très anguleux, d’un roux clair.
Il donne naissance à six ou sept fleurs, grandes, concaves, régulières, étoffées, portées sur des pédoncules grêles, cotonneux, assez longs.
Le fruit varie beaucoup en forme et en grosseur: il y en a de raccourcis en toupie, et d’autres qui s’allongent en calebasse; ceux-ci sont les plus gros et les plus ventrus; ils ont jusqu’à y centimètres (2 pouces 6 lignes) de hauteur; l’œil est à fleur et rempli d’étamines desséchées; la queue, longue de 3 centimètres (1 pouce), est de la couleur du fruit, ainsi que la bourse où elle est attachée.
La peau , d’un vert gris-cendré, jaunit un tant soit peu dans la maturité ; elle est parsemée de beaucoup de gros points, qui s’exfolient, et qui sont d’une couleur plus jaune que le reste de la peau.
La chair est ferme, d’un grain très fin, très serré , presque fondante, et laissant fort peu de marc dans la bouche.
Son eau est très musquée.
Les loges sont petites, et contiennent de petits pépins noirs.
Cette poire mûrit à la fin d’août: c’est une des bonnes de la saison; mais il faut la prendre à point pour qu elle ait toute son eau ; on la mange souvent sèche et cotonneuse, parce que, comme elle ne change pas de couleur en mûrissant, on ne sait trop quand il faut la prendre. On ne doit pas la confondre avec l’Ambrette, comme font quelques personnes.
POIRE OROS HATIVEAU.
Pyrus nemorum. Poit. et Turp,
ET arbre est tout au plus de moyenne taille, assez droit, très rameux; son écorce se crevasse de bonne heure; ses rameaux se dirigent assez verticalement ainsi que ses bourgeons, qui sont gros, d’un fauve rougeâtre et géniculés ; ils ont les supports saillans, les yeux supérieurs bien nourris et les inférieurs développés en dards.
Les feuilles sont nombreuses, pendantes, épaisses, creusées en gouttière, d’un vert jaunâtre, oblongues, aiguës, longues de 80 à 108 miîlim. (3 à 4 pouces), raides, bordées de dents en scie, inégales et peu profondes. Elles se tachent de brun en vieillissant.
Le bouton à fruit est petit, très court, obtus, anguleux, d’un roux brun foncé, remarquable par la grande quantité de soies dorées qui le recouvre.
Il sort de chaque bouton six ou sept fleurs larges de 36 à 38 millim. (i6à 17 lignes), évasées en soucoupe, portées sur des pédoncules gros et courts, assez cotonneux; 1 ovaire est coloré de rouge, les divisions du calice sont larges et courtes; les pétales sont concaves, très rétrécis vers la base en onglet, et ayant les côtés rabattus en dessous; les styles sont de la hauteur des étamines. On remarque un plateau crénelé qui tapisse le fond de cette fleur.
Le fruit vient ordinairement par bouquet : il est figuré en toupie, haut d’environ 54 millim. (2 pouces), ayant des plis à son union avec la queue, qui est longue de 27 à 34 millim. (12 à i5 lignes) et plus grosse que ne l’indique Duhamel; l’œil est assez gros et placé presque à fleur.
La peau jaunit dans l’ombre et se lave du côté du soleil d’un rouge vif, sur lequel on remarque beaucoup de petits points bruns ou jaunâtres.
La chair est blanche, tirant un peu sur le vert, cassante, pierreuse, et laissant assez de marc dans la bouche.
Son eau est abondante et faiblement sucrée; je ne lui trouve ni lacreténi l’acidité que lui attribue Duhamel.
Cette poire mûrit vers le i5 août. Elle est de médiocre qualité. Duhamel la trouve plus agréable à la vue qu’au goût.