‹ Pomologie française (volume 3)Chapitre 73 sur 100 · PARFUM D’AO! T · texte numérisé non relu

PARFUM D’AO! T

Pyrus splendens. Poit. et Turp.

ERLET désigne, sous le nom de Parfum d’août, une poire différente de celle-ci. La Ouintinge n’a pas même ce nom dans son répertoire ; Duhamel a sans doute négligé de remonter à la poire de Merlet, et son Parfum d’août, que je vais décrire, est la poire généralement connue aujourd’hui sous ce nom par les pépiniéristes.

L’arbre est pyramidal, très touffu , très fertile, et il réussit également bien sur franc et sur coignassier.

Ses bourgeons sont fort gros, courts, d’un vert jaunâtre qui rougit quelquefois au soleil ; ils ont les yeux très développés et si ouverts qu’ils forment un angle presque droit avec le bourgeon.

Les feuilles sont nombreuses , ovales , oblongues, creusées en gouttière , un peu arquées en arrière , d’un beau vert, finement dentées , longues seulement de 67 à 80 millimètres (2 et demi à 3 pouces), et terminées en pointe courtes ; leur pétiole est pâle, long et raide.

Le bouton à fruit est gros , oblong, conique , glabre , anguleux , ayant les écailles extérieures larges et courtes, la plupart fendues; les intermédiaires arrondies avec une pointe courte, ciliées sur les bords ; et enfin les intérieures lancéolées et linéaires.

Il sort d’un bouton sept à huit fleurs, grandes, larges de 4o à 45 millimètres (18 à 20 lignes), assez bien ouvertes, portées sur de longs pédoncules grêles et légèrement cotonneux; elles ont les pétales inégaux, ovales, les uns arrondis au sommet, les autres un peu allongés, quelques-uns plissés et chiffonnées sur les bords. Les étamines se rejettent en dehors après la fécondation et on ne trouve assez souvent que quatre styles qui sont glabres dans toute leur longueur.

Le fruit est petit , figuré en toupie raccourcie , bien rond sur le ventre , haut de 45 à 54 millimètres (20 à 24 lignes) , ayant l’œil resserré et légèrement enfoncé; l’autre côté diminue en pointe obtuse, et la queue paraît s’enfoncer dans le fruit souvent un peu obliquement. Une bractée du pédoncule étant quelquefois fortement appliquée contre l’ovaire dans le bouton à fleur , il en résulte que le fruit a une cicatrice ou une tache brune de la forme de cette bractée. La même empreinte se remarque aussi sur la queue quand la bractée prend naissance loin du fruit.

La peau est unie, luisante , d’un beau jaune dans l’ombre ; lavée , fouettée et tachée de rouge feu du côté du soleil : on remarque beaucoup de points jaunes sur ce rouge.

La chair est d’un blanc jaunâtre , ferme, très pierreuse autour des loges et du côté du soleil.

Son eau n’est pas très abondante, mais elle est très musquée.

La maturité de cette poire arrive du ierau i5 août. Elle est de médiocre qualité, et c’est peut-être pourquoi La Quintingen’en a pas parlé.

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