POIRE DE CHÈ1NEVIN
Pyrus depicta. Poit. et Turp.
E ne sais pourquoi Leberriays a décrit cette Poire sous le nom de Ghene-vert, car en Normandie on la désigne toujours sous le nom de Chenevin, qui est le nom d’un village du Morbihan où elle est particulièrement cultivée, et ou elle acquiert des qualités et une perfection qu’on ne lui retrouve pas ailleurs, ainsi que nous l’a assuré M. Castel, ancien inspecteur de 1 Université, qui a passé dans ce village. Quoique très répandue et recherchée en Normandie et dans la Bretagne, elle était encore inconnue dans les pépinières des environs de Paris en 1810, quand nous en avons donné des greffes à la pépinière du Luxembourg.
L’arbre qui produit cette Poire a le port pyramidal, les rameaux courts et ramassés.
Ses bourgeons sont bien nourris, roussâtres, et un peu ponctués.
Les feuilles sont petites, ovales, obtuses ou aiguës, légèrement dentées, lisses et
d’un beau vert en dessus.
Le fruit, sans être régulier, a une assez belle forme; il est allongé en cône, haut de 9 centimètres (3 pouces) sur 6 centim. (2 pouces) de diamètre, rétréci un peu à la tête où il y a un léger enfoncement bordé de petites côtes dans lequel est place lceil, dont les découpures sont longues et étroites; l’autre bout diminue un peu obliquement en se joignant à la queue par un bourrelet. Cette queue, assez forte et longue de 35 à 45 millim. (12 à 18 lignes), est charnue et bosselée à la base : sa couleur est celle de la Poire.
La peau est jaune dans l’ombre, d’un assez beau rouge du côté du soleil et tavelée partout d’une infinité de gros points roux.
La chair est un peu jaunâtre, agréable à la vue, beurrée, presque fondante; mais on lui trouve quelques pierres auprès des loges.
Son eau est abondante, d’une saveur particulière et très relevée. Leberriays ajoute que cette saveur est mêlée d’un petit goût de sauvageon.
Les loges sont petites, rapprochées, et contiennent peu de pépins parfaits qui sont noirs, longs et pointus.
Cette poire mûrit en août et septembre. Sa saveur très relevée, a paru agréable au plus grand nombre, elle n’a pas plu à quelques autres. II en existe, dit Leberriays , une sous-vaneté plus volumineuse et moins savoureuse, appelée gros Chènevin.