POIRE DE
Py rus cypria. l’oit, et Turp.
A Poire de Chypre est désignée aussi dans plusieurs catalogues, sous les noms de Rousselet hâtif et Perdreau. Le dernier de ces noms n est pas dangereux, car c’est une hyperbole si exageree quon ne recherchera jamais a comparer une poire avec un perdreau ; mais je ne puis m empecher de faire observer que le premier est nécessairement mauvais, puisque la poire de Chypre ne ressemble pas assez au Rousselet, pour en porter le nom. Un pareil synonyme ne peut qu’empêcher de reconnaître le fruit que l’on cherche à déterminer en en donnant une
fausse idée.
Le Poirier de Chypre est vigoureux quoique pas très haut; il est droit, bien fait, et assez
fertile. On le greffe sur franc et sur coignassier.
Les bourgeons sont grands, géniculés, à peine tiquetés, beaucoup plus gros à la base que vers le sommet, ouvert à 70 ou 80 degrés, teints de rouge brun dans la partie supérieure, munis de supports saillans, anguleux et décurrens; les yeux sont moyens, les uns comprimés contre le bourgeon, les autres plus libres et non comprimés. Selon Duhamel ces
bourgeons seraient couverts d’une poussière gris-blanc.
Les feuilles sont de moyenne grandeur, ovales, oblongues, terminées en pointe aigue au sommet, portées sur des pétioles un peu pubescens. Ces feuilles rougissent beaucoup en
tombant.
Le bouton à fruit est de moyenne grosseur, ovale, obtus, brun, glabre, ayant ordinalrement au sommet plusieurs pointes d’écailles distantes entre elles. Il est sujet à être mangé
par une larve qui se loge dans son intérieur.
Les fleurs naissent sept à huit à chaque bouquet; elles sont petites, concaves, portées sur
des pédoncules gros et très courts, légèrement cotonneux. Les styles sont plus longs que
les étamines et légèrement velus à la base.
Le fruit est de moyenne grosseur, bien fait, allongé du côté de la queue où il se termine brusquement; le côté de la tête est ventru, bien arrondi, et l’œil, petit, rougeâtre en dedans, s’y trouve à fleur ou légèrement enfoncé. Les étamines persistent dans son intérieur. La queue est assez grosse, longue de 3 centimètres (i pouce), verdâtre, marquée de quel ques cicatrices, et souvent insérée obliquement.
La peau devient d un jaune clair dans l’ombre, et le coté du soleil se lave de rouge. On remarque partout des points assez gros et assez nombreux qui se détachent en gris sur le rouge et en brun sur le jaune.
La chair est fine, très serrée, fondante, un peu pierreuse auprès des loges; elle passe vite et devient pâteuse par un exces de maturité.
Eau sucrée, musquée, pas très abondante.
Cette poire mûrit vers la mi-juillet et ne dure guère que quinze jours: elle répand une odeur très agréable, et on peut, dit-on, en faire de très bonnes compotes.
Duhamel dit qu elle ressemble au Rousselet de Reims, mais qu’elle n’a pas autant de goût et de parfum. Je suis obligé d’avouer que cette ressemblance me semble très éloignée. D’un autre côté, Calvel dit quelle a produit la Poire d’abondance; ces deux poires se ressemblent en effet beaucoup, mais les arbres et les fleurs qui les produisent diffèrent tellement qu’on a de la peine à croire que l’une est sortie de l’autre.