POIRE SANS PEPIN
Pyrus apyrena. Poit. et Turp.
L est reconnu par expérience que la fécondation ou la perfection des graines influe généralement sur le grossissement du fruit; mais il y a aussi des cas où le fruit se développe très bien sans graines parfaites. Ainsi les bananes, Je fruit a pain, sont plus gros, plus succulens quand leurs graines avortent que quand elles sont parfaites ; nous avons une variété de Bon Chrétien, très estimée, qui n’a pas de pépins; nous avons une pomme, une nèfle, qui, par la composition de leurs fleurs, ne peuvent contenir de graines, et qui cependant atteignent leur volume naturel et mûrissent. Si donc dans le plus grand nombre de cas les graines parfaites sont utiles, indispensables à la perfection des fruits, il y a aussi quelques cas où les fruits atteignent leur perfection sans le secours des graines. En voici un nouvel exemple.
En 1810, feu mon ami Turpin, se trouvant à Vire (Calvados), vit dans le jardin de M. Debrais, un seul arbre taillé en éventail, dont les fruits étaient sans pépins. Il y en apporta à Paris, ainsi que des rameaux qui ont été greffés au Jardin du Roi et à la pépinière du Luxembourg, où on ne les connaissait pas, tandis qu’un de nos amis nous assurait que c’était une poire très connue et très cultivée en Flandre.
C’est un très beau fruit qui a à-peu-près la forme et la grosseur d’un Colmar, comme on peut le voir par la figure ci -jointe. Son œil est fort grand et placé à fleur. La queue , longue de 5 à 6 centimètres (2 pouces), est plantée un peu obliquement et munie d’un bourrelet à son insertion.
La peau, d’un jaune citron dans la maturité, est tavelée de taches verdâtres et de points roussâtres.
La chair est blanche, fondante, mais d’un grain un peu gros.
L’eau est abondante, sucrée et musquée.
Non-seulement 1 intérieur du fruit ne contient pas de graines, mais on n’y remarque aucune trace de loges.
Cette belle et bonne poire mûrit dans les premiers jours d’octobre.
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