‹ Pomologie françaiseChapitre 115 sur 122 · PRUNE DAME-AUBERT · texte numérisé non relu

PRUNE DAME-AUBERT

Prunus elliptiea. Poit. et Turp.

E ne reconnais pas cette prune dans la nomenclature de La Quintinye, mais Je

| crois que c’est elle que Merlet, son contemporain, a décrite sous le nom de

Supréme. Il y aurait donc, si je ne me trompe, plus de 150 ans qu’elle est connue.

Quant au nom de Dame-Aubert, l’origine n’en est pas enregistrée. Il était recu au temps de Duhamel ainsi que son synonyme Grosse-luisante. Depuis lors, on a introduit dans les jardins une autre prune, également grosse, sous le nom de Dame-Aubert violette, pour la distinguer de celle-ci, qui est jaune.

La grosseur extraordinaire de la prune qui m'occupe est en rapport avec la grandeur et la vigueur de l'arbre qui la produit. Aucun autre prunier n’atteint la hauteur de sa taille , ne développe d'aussi forts rameaux, et ne se couvre d'aussi grandes feuilles; celles-ci sont longues de trois à six pouces et larges de deux à

quatre, bordées de grandes dents inégales et surdentées.

Les fleurs sont larges d’un pouce, portées sur des pédoncules pubescens, et, chose rare parmi les pruniers, l'ovaire de ses fleurs est également pubescent. On remarque encore qu'elles sont peu nombreuses , et en cela on admire la prévoyance de la sage nature qui, voulant que les fleurs de cet arbre fussent suivies de très gros fruits, a voulu aussi qu'ils fussent peunombreux, afin qu'ils trouvent de la placeetne rompent pas l'arbre qui les porte. Telle est du moins la manière d'envisager les choses pour trouver que tout est pour le mieux.

La Dame-Aubert est donc la plus grosse des prunes ; sa forme est elliptique, longue de deux pouces et demi, marquée d’un large sillon longitudinal sur le côté, tandis qu’un bourrelet particulier embrasse la queue, y adhère et l’unit au fruit.

La peau est jaune, épaisse, piquetée de petits points peu apparens, et quand le soleil la frappe long-temps, il y détermine quelquefois des points rouges; cette peau est d’ailleurs recouverte d’une poudre blanche ; abondante, et elle se détache aisément de la chair.

Celle-ci est grossière, jaune comme la peau, et adhère fortement au noyau de toute part; quant à l’eau qu’elle contient, on la trouve bonne et sucrée dans le commencement de la maturité , mais fade et sans saveur quand la prune est parfaitement müre.

Le noyau, qu'il n’a pas été possible de dessiner dans la planche ci-jointe, est d’une longueur proportionnée à celle du fruit, comprimé et tranchant sur les deux côtés.

La maturité de la Dame-Aubert arrive vers la mi-septembre, ou dès le commencement de

ce mois dans les années favorables. Sa grosseur extraordinaire fait son principal mérite ; on en plante peu, on la goûte étant müre, mais on ne la mange qu'en compote. Au résumé, la Dame-Aubert est une prune curieuse, une prune de collection, qu'on ne

doit trouver que dans les grands jardins et dans les écoles d'arbres fruitiers.

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