‹ Pomologie françaiseChapitre 122 sur 122 · LOI · texte numérisé non relu

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pointe allongée, d'un vert sombre en dessus, pâles et velues sur les nervures en dessous, bordées de grandes dents inégales et surdentées. Le pétiole est menu, canaliculé et violet en dessus, et il a toujours une ou deux petites glandes cupuliformes. Dans leur involution, ces feuilles ont deux stipules sétacées, et les deux demi-diamètres de leur lame sont appliqués l’un contre l’autre, tandis que dans d’autres pruniers les demidiamètres sont embrassans.

Un bouton à fruit donne naissance à 3 ou 4 fleurs blanches ou légèrement lavées de rose, larges de 27 millimètres (1 pouce), portées sur des pédoncules filiformes, glabres, longs de 23 millimètres (10 lignes). Les pétales sont distans, linguiformes, denticulés ou frangés au sommet. Les étamines , disposées sur deux cercles, ont les filets sétacés, violets à la base, et terminés par des anthères à deux lobes très distincts.

Le fruit, pendu à une queue longue et menue, a toujours été peu nombreux, quoique précédé d'une grande quantité de fleurs. Il est ovale, long de 27 millim. ce pouce) au plus, marqué d’un sillon longitudinal peu profond, et qui se distingue par des stries transversales. | |

Sa peau devient d'un rouge feu vif, et n’a pas la fleur que l’on trouve sur la plupart des prunes; elle adhère à la chair qui est jaune, grossière et acerbe.

L'eau est abondante, aromatique.

Le noyau est grand, très comprimé, assez lisse, et contient une petite amande amère.

Cet arbre fleurit le premier de tous, même avant le Myrobolan, et mürit son fruit en août. On le cultive plus comme arbre d'ornement que comme arbre fruitier. S'il est vrai que la culture adoucit les fruits, elle a encore beaucoup à faire pour rendre celui-

ci mangeable.

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PRUNE DE BRIANCON.

Prunus oleaginosa. Poit. et Turp.

Alpes, et que l’on cultive seulement dans les collections, car son fruit n'est

pas bon à manger, mais il peut servir à faire de l'eau-de-vie; puis ses noyaux

vend deux fois plus cher que celle d'olive.

On peut, dit Bose, « tirer un très grand parti de ce prunier pour utiliser les cantons pierreux , les fentes des rochers, pour arrêter la fougue des torrens. » Cela est un peu douteux, car le prunier de Briançon est un petit arbre qui ne s'élève qu'à la hauteur de 7 à 8 pieds, et qui ne croît passablement que dans la bonne terre.

Ses rameaux s'étendent la plupart horizontalement; ses bourgeons sont verdâtres, glabres, assez effilés, géniculés, marqués de grandes taches rousses, munis de consoles aplaties supportant des yeux droits, longs et aigus.

Les feuilles sont petites, planes, ovales, acuminées ; d'un vert un peu gris, un peu velues en dessous, profondément dentées de dents aiguës et surdentées, et montrant tant de rapports avec celles de l’'orme, que les pépiniéristes appellent l'arbre prunier à feuilles d'orme. Leur pétiole est long d’un pouce, ordinairement vert, un peu rougeûtre au soleil, à peine pubescent sur les bords de son canal, muni de deux petites glandes alternes, pédicellées et assez éloignées de la feuille.

Fleurs petites, très nombreuses , presque toujours réunies quatre à quatre dans chaque bouton ; elles sont d’un blanc sale tirant sur le jaune, larges de 18 à 0 millim. (8 à 9 lignes), à pétales distans, cunéiformes, arrondis au sommet. Les étamines sont très greles, plus longues que les pétales, à antheres petites, à lobes distans. Les divisions du calice sont profondément dentées, et les pédoncules sont si courts que les fleurs paraissent sessiles. Le fruit est toujours extraordinairement nombreux et forme comme des grappes autour des branches ; il est de moyenne grosseur, ovale, raccourei ou un peu en cœur, attaché par une queue très courte.

Sa peau est jaune, lisse, souvent marquée de petites taches rougeûtres. La chair est jaune comme la peau, d’une acerbité insoutenable tant qu'elle n'est pas très

mûre, et ensuite d’une fadeur également insoutenable dans l'eftrême maturité; cette chair

est alors molle, quitte le noyau qui est ovale, tranchant d'un côté, obtus de l’autre et muni

d'une pointe courte au sommet.

Cette prune mürit fin de septembre. Elle n'est pas mangeable à beaucoup près, et on ne

l’a figurée ici que parce que c'est de son noyau qu'on tire l'huile connue dans le com-

merce sous le nom d'huile de marmotte.

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