‹ Pomologie françaiseChapitre 8 sur 122 · DEUXIÈME SÉRIE. —— GREFFES PAR SCIONS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SÉRIE. —— GREFFES PAR SCIONS

17e division. — Greffes en fentes.

Ces greffes s'effectuent avec de jeunes rameaux détachés de leur arbre, et que l’on insère de différentes manières (rarement sur un même arbre) sur un autre arbre , afin qu'ils croissent et vivent à ses dépens. Elles se font au printemps pour les arbres de pleine terre, et en tout temps pour les plantes que l’on met en sève quand on veut , ou qui y sont toujours.

1. GREFFE EN FENTE ; GREFFE ATTICUS , Tu. Aprés avoir coupé un jeune sujet à la hauteur requise, on unit la plaie, on fend la tige par le milieu , et on y insère un bout de rameau garni de quelques boutons, après l’avoir taillé en biseau allongé par en bas. On maintient par une ligature et on recouvre de cire ou d’une poupée.

Cette greffe a beaucoup de variétés ; auxquelles Thouin donne à chacune un nom.

2. GREFFE A DOUBLE FENTE ; Où GREFFE ViLMorIN. Quand le sujet est étèté comme dans l'exemple précédent , au lieu d’y faire une seule fente , on en fait deux parallèlement , en divisant l’aire de la coupe entroïs tiers. On amincit en biseau la partie du milieu , sur laquelle on enfourche la greffe, dont on a fendu en deux la partie aiguisée. Cette greffe double les chances , et devient plus solide que la précédente ; mais elle est plus longue et plus difficile à exécuter.

3. GREFFE EN COURONNE. Quand le sujet est fort gros , on y met jusqu'à une douzaine de greffes, qui alors se trouvent à la circonférence , puisqu'il faut , dans tous les cas, que le liber du sujet et celui de la greffe coïncident. Cette greffe s’effectue de deux manières : 1° quand le sujet n’est pas trop gros , on le fend en deux, en quatre, six, huit , etc. , et on pose les greffes dans le bois, comme s’il n’y en avait qu'une ; 2° mais quand le sujet est très gros, on ne le fend pas ; au lieu de tailler les greffes en lame de couteau , on les taille en biseau allongé d’un côté, et on les insère seulement entre le bois et l'écorce , sans fendre cette écorce , ou en la fendant , si elle est trop dure. La première modification s'appelle greffe Pline.

4. GREFFE ANGLAISE. Couper en biseau très prolongé la tête du sujet , et pratiquer une fente dans le milieu de la longueur de la plaie, Répéter la même opération sur le rameau de la greffe , mais en sens inverse ; faire deux fentes au milieu de celle-ci; appliquer les deux plaies l’une contre l’autre en faisant entrer l’esquille de la greffe dans la fente du sujet , et lier le tout solidement. Cette greffe se pratique quand le sujet et la greffe sont de même diamètre.

5. Grerre Huarp. Après avoir coupé la tête du sujet, on fait une entaille triangulaire et en coin sur l’un des côtés, en enlevantà-peu-près un quart du bois. On choisit un rameau garni de ramilles, de feuilles, de fleurs , de fruits ; on l’aiguise en triangle par le bas , de manière à remplir exactement l’entaille du sujet , et on lie le tout solidement. Il faut ombrager et priver d’air cette greffe, jusqu’à ce qu’elle pousse. Si le sujet est dans un pot, il est bon de le mettre sur une couche tiède , le recouvrir d’un châssis et d’un paillasson. C’est ainsi qu’on greffe une branche d'oranger, chargée de fleurs et de fruits, qui continuent de croître comme s'ils étaient restés en place.

6. Grerre Ricné. Elle se fait avec languette, coin et entaille , atteint le même but que la précédente, et a plus de solidité.

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