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TROISIÈME SÉRIE. — GREFFES PAR GEMME

Cette série comprend les greffes en écusson , en flûte, fluteau, en sifflet, en chalumeau, en tuyau , en anneau, etc. Nous ne rapporterons ici que celle en écusson et celle en flûte.

1. GREFFE EN écusson. Elle s'effectue quand les arbres sont en sève, ou depuis juin jusqu’en septembre , mais mieux vers la fin d'août , et alors elle reçoit le nom de greffe à œil dormant , parce que l’œil reprend seulement sur le sujet , et ne pousse que l’année suivante ;'si on la fait plus tôt,

elle reçoit la dénomination de greffe à œil poussant. Cette dernière est moins pratiquée que l’autre dans les pépinières ; mais on l’emploie avec avantage à la multiplication des rosiers : on en obtient souvent des roses dans la même année. Voici comment on opère : on choisit sur un jeune rameau un œil bien nourri ; on l’enlève avec le greffoir ; sous la forme d’un petit coupeau, allongé à-peuprès comme un écusson d’armoirie , et on a soin qu’il y ait un peu de bois en dessous, ou qu’au moins l’œil ne soit pas évidé ; ensuite on fend l'écorce du sujet en forme de T droit ou renversé ; on en soulève les lèvres avec la spatule du greffoir , et on place l’écusson sur le bois : il se trouve recouvert en partie par les lèvres de l'écorce , et on le lie avec de la laine. Cette greffe est la plus facile , la plus usitée et la plus expéditive de toutes: elle se modifie de plusieurs manières, et reçoit alors des noms différens.

2. GREFFE EN FLUTE. Ici, au lieu d’enlever une petite plaque qui ne supporte qu’un œil, comme cidessus , on enlève un tuyau d’écorce long de quelques pouces, et qui porte plusieurs yeux, sur un jeune rameau de l'arbre qu’on se propose de multiplier ; on supprime sur le sujet un pareil tuyau d’écorce , qu’on remplace par le premier. Si le sujet est un peu plus gros que la greffe, on fend celle-ci du côté opposé aux yeux, sans nul inconvénient.

Obs. Nous avons décrit ces différentes greffes d’une manière très concise, parce que les figures que nous en donnons sont plus intelligibles que tout ce qu’on pourrait dire. :

ARTICLE VUE. — Des soins qu'exigent les grelles el les sujets grefés.

Les sujets greffés en fente doivent être visités souvent quand la sève commence à travailler, afin de supprimer toutes les pousses qui pourraient se développer au pied ou le long de la tige; sans ce soin, les greffes se déssèchent souvent et meurent, parce que la sève, étant arrêtée en route, ne peut monter jusqu'à elles pour les alimenter : si le printemps est sec, les greffes se dessèchent encore quelquefois avant l’arrivée de la sève. Mouiller le pied de l'arbre en pareil cas, est un secours efficace. |

Les sujets greffés près de terre en écusson, à œil dormant, en août de l’année précédente, se visitent en mars : tous ceux dont l’écusson est bon, se coupent à 5, 8 et même ro centimètres audessus. Quand la sève travaille, c’est-à-dire à la fin d’avril ou au commencement de mai, il se développe ordinairement beaucoup de bourgeons sur le sujet, au-dessus et au-dessous de lécusson ; alors &’est le moment de visiter encore ses greffes et de supprimer tous les bourgeons qui se trouvent au-dessous, et de n’en laisser qu’un ou deux au-dessus pour appeler la sève dans l'écusson. Quand la sève a enfin bien pris son cours dans l’écusson, et qu’il a déjà poussé un bourgeon de 15 à 20 centimètres de longueur, cn conpe obliquement l’ergot du sujet qui le débordait, le plus près possible, afin que la plaie se recouvre promptement, et on attache le bourgeon de l’écusson à un échalas pour lui faire prendre la direction verticale, et pour le maintenir contre la violence des vents. Les pépiniéristes qui ménagent l’ergot pour y attacher la pousse de l’écusson, ont le plus grand tort; ils sont obligés ensuite, pour le supprimer, de faire une plaie considérable, qui met deux ou trois ans à se recouvrir, et qui très souvent cause la mort des arbres gommeux.

Si l'écusson est placé sur une haute tige, il ne faut pas supprimer entièrement les bourgeons qui peuvent se développer sur cette tige; il convient d’en Ôter seulement les plus gros, et d’en laisser par-ci par-là quelques petits qui servent à amuser la sève en même temps qu'ils l’attirent dans la tige, ce que l’écusson, encore trop faible, ne pourrait pas faire tout seul. Quant à ce qui est de nettoyer, sarcler, d'arrêter le bourgeon de la greffe à une certaine longueur, pour lui faire former sa tête, de détruire les insectes qui mangent les feuilles et les jeunes pousses, etc., il n’est aucun jardinier qui ne regardät comme absolument oiseux tout ce que nous pourrions lui dire sur ces différens objets; mais nous devons prévenir ici les propriétaires que la plupart des pépiniéristes ont la mauvaise habitude, en formant des quenouilles ou pyramides, de laisser le premier scion de la greffe dans toute sa longueur, afin d’avoir une quenouille plus tôt formée; dans ce cas,

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plusieurs yeux latéraux s’éteignent ou se mettent à fruit, et la quenouille est dégarnie de branches latérales, ce qui est un grand défaut. Pour qu'une quenouille se garnisse bien de branches latérales dans toute sa longueur, il faut rabattre le premier jet de sa greffe à la longueur de 4o centimètres à la taille d'hiver; rabattre encore la pousse terminale de la seconde année à la longueur de 4o ou 48 centimètres , et en faire autant sur la pousse de la troisième année : par ce moyen, tous les yeux latéraux se développeront en branches, et on aura une quenouille bien garnie.

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