‹ Pomone TournaisienneChapitre 2 sur 9 · APERCU HISTORIQUE DE LA POMOLOGIE BELGE · texte numérisé non relu

APERCU HISTORIQUE DE LA POMOLOGIE BELGE

La pomologie moderne doit son origine à l’abbé Nicolas Hardenpont. Avant lui on ne possédait que quelques poires fondantes, que le hasard avait fait rencontrer : le Bezi, trouvé dans une haie à Chaumontel, le Saint-Germain découvert dans la forêt de Saint-Germain, le Beurré gris, le Doyenné et le Colmar avec la Bergamote, formaient les seules poires fondantes cultivées au siècle dernier. Le catalogue de la pépinière des Chartreux de Paris pour 1788, souvent cité, en fournit la preuve manifeste; la poire cassante était la règle, la fondante constituait une très-rare exception. Aussi, en étudiant ce catalogue, on voit qu'une révolution complète s'est opérée dans la culture de nos jardins, et qu'il ne reste presque plus rien aujourd hui des fruits qui, en 1788, constituaient les richesses pomologiques.

Ce ne sont pas, croyez-le bien, les principes de 89 qui ont transformé la pomologie; non, c'est à Hardenpont et à ses successeurs belges que l'on doit cet événement.

Nicolas Hardenpont, dont le nom vivra tant quon mangera des poires, naquit à Mons en Hainaut, le 14 juin 1705; il y ter-

mina sa carrière le 31 décembre 1774. Après avoir fait ses hautes études à l’université de Louvain, où 1l obtint le grade de Maïtre-ès-arts, il entra dans le sacerdoce et devint prêtre séculier dans sa ville natale. L'abbé Hardenpont entreprit jeune encore de perfectionner la pomologie par des gains nouveaux. Il possédait au pied du Mont-Panisel, près Mons, un jardin qui est encore aujourd'hui la propriété de M. Léopold Hardenpont, son arrière-neveu. C’est là qu'il semait et cultivait ses poires et quil obtint des fruits qui surpassèrent tout ce qu'on connaissait alors, et qui depuis n’ont pas été détrônés : le Beurré d'Hardenpont, le Délice d'Hardenpont, le Passe-colmar, le Beurré-rance et la Fondante du Panisel.

À quelle époque l'abbé Hardenpont a-t-1l obtenu ces fruits si remarquables ? Une vieille indication donne l’année 1758 pour le Passe-colmar, l'année 1759 pour le Beurré d'Hardenpont, et 1762 pour le Beurré-rance ; le Délice d'Hardenpont est venu ensuite, ainsi que la Fondante du Panisel. Ce que nous pouvons affirmer, c'est qu'au commencement de ce siècle, le Beurré d'Hardenpont et le Passe-colmar étaient encore trèsépineux. Un fait curieux, cest que la serpette d'Hardenpont, monument vénérable conservé à Tournay et dont nous donnons plus loin la figure, porte sur la vireule la date de 1725, ce qui remonte à l'époque où le grand pomologue n'avait encore que vingt ans. L'authenticité de ce monument pomologique ne saurait faire de doute. L'abbé Nicolas Hardenpont eut un neveu, M. Charles-Bernard-Joseph Hardenpont qui fut chanoine de Tournay, où il mourut en 1826, et une nièce qui épousa le conseiller Macau également à Tournay; or, le chanoine, héritier mobilier de son oncle, conserva avec le plus grand soin sa serpette, sa canne à pommeau d'or, et sa thèse sur satin qui sont devenues la propriété de M. Dereine-Macau, arrière-petit-neveu du célèbre pomologue. De l’ensemble de ces dates, il semble résulter que cest vers 1730, à l'époque qui suivit ses licences, que l'abbé Nicolas Hardenpont commença ses semis de poiriers qui l'ont rendu si célèbre.

On s'est souvent demandé par quel moyen Hardenpont a pu obtenir des fruits aussi extraordinaires; à notre avis, ce ne peut être que par la fécondation artificielle. Voici nos raisons.

Nous avons vu qu Hardenpont suivait les cours de l’université de Louvain vers 1730, et quil y prit ses degrés de maître-èsarts, cest-à-dire licencié en sciences. Or, c'est précisément l'époque où la découverte des sexes des plantes venait d'opérer une révolution dans les idées du monde savant. Cette importante découverte était la grande nouvelle de l’époque, et elle était enseignée partout. Dès 1727, le célèbre Boerhaave, professeur à l’université de Leyde, avait entrepris de caractériser tous les genres de plantes par leurs organes sexuels, dans son Index alter plantarum horti Lugduno-Batavi. Au genre R1cinus, Vol. 1, p. 252, il indique clairement les sexes des plantes, et l'on sait combien les lecons de Boerhaave avaient eu d'effet sur celles de l’université de Louvain. Sébastien Vaillant, de son côté, professait, dès 1717, cette doctrine nouvelle au jardin du Roi à Paris, et peu après Linné confirmait la grande découverte des sexes des plantes par l'établissement de son système sexuel.

La démonstration des sexes dans le règne végétal se faisait de deux manières, par la castration, et par la production des hybrides au moyen de la fécondation artificielle. Dans cette situation, on ne peut douter que l'attention du jeune Maîtreès-arts n'ait été fortement attirée sur cette curieuse découverte qui, par sa nouveauté et son importance, était de nature à limpressionner, et nous arrivons à conclure que c'est par la fécondation artificielle qu'il a créé quatre fruits aussi extraordinaires. L'étude attentive de ces fruits nous semble résoudre cette curieuse question.

Rappelons-nous qu’à l’époque où Nicolas Hardenpont termina ses études universitaires, il n'existait que quelques poires fondantes, le Doyenné, le Beurré gris, le Colmar, le Bezi de Chaumontel, auxquelles il faut ajouter le Bon-chrétien et le Rousselet. Voilà donc les fruits qui ont dû servir à ses semis. Examinons maintenant ses gains et tâchons de découvrir ce

qui a eu lieu. Le Beurré d'Hardenpont est à nos yeux un hybride du Bezi de Chaumontel et du Doyenné. Il a le bois tortueux, la feuille crolée, la forme du fruit du premier, la chair fine et fondante, dépourvue de pierres, et la peau dorée du dernier. Le Passe-colmar nous apparaît comme un semis du Colmar fécondé par le Rousselel. Il à le bois allongé, la tige diffuse, la feuille plate du Colmar, la fleur et le parfum du Rousselet. Le Beurré-rance est dû évidemment à un Bon-chrétien fécondé par un Colmar; bois, feuille, fleur, forme du fruit, pédoncule du Bon-chrétien, succulence et chair du Colmar. Enfin, le Délice d'Hardenpont est à nos yeux le produit d'un Co/mar fécondé par un Beurré gris ; bois allongé, feuille, forme du fruit et caducité du premier, chair beurrée et peau fine du second. Partout vous voyez l'hybridation, le produit de la fécondation artificielle, et vous vous expliquez ainsi ce phénomène de quatre fruits apparaissant ensemble et supérieurs à tout ce qui existait avant eux. La nature aime le croisement des races, et c’est par le croisement des races qu Hardenpont doit avoir procédé. Ses magnifiques gains ne sont donc pas l'effet du hasard, mais le produit du calcul et du raisonnement.

Par ses gains si remarquables, Hardenpont a créé une étude nouvelle, et il est devenu le fondateur de la Pomologie; on ne peut donc assez regretter que l'on ait dénaturé sa nomenclature et fait disparaître son nom glorieux de la science quil avait créée. Ses gains furent longtemps à sortir des limites de la Belgique. En 1806, M. L. Noisette, horticulteur de Paris, vint à Enghien! chez M. Parmentier qui avait alors le privilége exclusif de pouvoir aller en Angleterre afin d'en rapporter des plantes, ce qui faisait de lui le premier horticulteur de France. Tout en faisant ses achats chez Parmentier, il eut connaissance, au château du duc d'Aremberg, du Beurré d'Hardenpont et du Passe-colmar qui s'y cultivaient; mais n'anticipons pas sur ce point.

(1) C'est par erreur qu'on a dit à Héverlé,

L'exemple d'Hardenpont eut des imitateurs. En 1787, Capiaumont, pharmacien à Mons, gagnait, des semis de la Calebasse, le Beurré Capiaumont, poire d'une remarquable fécondité. Vers la même époque, Dorlin obtenaitla poireSaint-Ghislain; la Médaille d’or était gagnée à Oignies, et M. l'abbé du Bardou produisait le Beurré du Pardou ou Beurré anglais. La poire connue sous le nom de Bergamote de Pentecôte ou Doyenné d'hiver, doit dater aussi de la fin du siècle dernier ou des premières années de ce siècle. Van Mons fait connaître qu'elle provenait du jardin des Capucins de Louvain. Malines est au reste un lieu de prédilection pour la pomologie : c'est là que nous trouveronsle C'° Coloma, de Nelis et Esperen, dont les gains ont acquis une juste célébrité.

Au commencement de ce siècle, Mons continue l’œuvre commencée par Hardenpont, on y sème avec ardeur, et d'abord apparaît l'une des poires les plus exquises, digne rivale des gains de ce grand maitre, le Beurré Liart ou Napoléon. Ce fruit précieux fut obtenu en 1808 par Nicolas Liart marchand épicier, rue des Capucins, dont le jardin était situé hors la porte de Bertaimont. C'est de cette poire que le docteur Jahn a dit avec raison : elle est tellement juteuse qu'on croirait boire le fruit. Poiteau, en 1834, dans le quinzième volume des Annales de la Société d'horticulture de Paris, p.364, a fait toute une histoire au sujet de ce gain remarquable; M: Daras de Naghin qui fut témoin oculaire de ce qui s'est passé, et les contemporains avec lesquels nous avons vécu, disent les choses autrement. Le gain fait par Liart eut à Mons un grand et légitime retentissement, au point que le préfet du département de Jemmapes, M. De Coninck, décida de donner une médaille d'or à son obtenteur. Celui-ci tenait à donner son nom à sa poire, mais le préfet en lui remettant la médaille, crut devoir faire de la politique napolénnienne. «“ Il faut, s'écria-t-il, que la meilleure des poires porte le nom du plus grand des héros ! » et au grand déplaisir de Liart, illa baptisa Beurré Napoléon. Je vois encore, dit M. Daras de Naghin, Liart, entouré de tous les membres de la société pomologique, sortir de la préfecture portant en sautoir sa médaille d'or et

ramené chez lui en grand cortége, musique en tête. C'est là ce qui a fait donner à cet excellent fruit le nom de la Aédaille sous lequel il est connu dans le Hainaut. Disons que la société pomologique de Mons ne resta pas en arrière et que, de son côté, elle décerna à Liart une médaille pour ce précieux gain. Peu de temps après, l'abbé Duquesne fit à son tour un gain très-remarquable qu'il nomma Marie-Louise, fruit qu'on à très à tort attribué à Van Mons. En 1817, M. Dévergnies obtint le Beurré Dévergnies, fruit excellent et trop peu répandu, qu'on a encore faussement attribué à Van Mons.

À son tour, Enghien se présente avec deux gains précieux, l'Orpheline et la Fortunée. La première fut gagnée par l'abbé Deschamps, directeur du couvent des orphelins d'Enghien. Van Mons l’a débaptisée et répandue en Brabant sous le nom de Beurré d'Aremberg. La Fortunée est due, non à Parmentier comme Je dit De Bavay, ni à Van Mons comme d'autres l'affirment, mais à M. Fortuné De Raisme, (et non De Remme), orfèvre à Enghien. C’est un fruit précieux, mais qui exige d'être planté à une exposition chaude et de n'être cueilli que très-tard pour acquérir ses bonnes qualités. D’'Enghien est encore sorti M. Châtillon, qui, s'étant fixé à Alôst où 1l avait épousé M'e Leunckers, y découvrit la Fondante des bois ou Bosc-per, un de nos fruits les plus précieux.

Quittons maintenant le Haïnaut pour visiter le Brabant et la Flandre Impériale. Là nous rencontrons quelques fruits précieux, datant de la fin du siècle dernier et dont l'obtenteur est resté inconnu. Nous avons parlé de la Bergamote de Pentecôte, gagnée dans le jardin des Capucins de Louvain, et répandue par ces Pères dans les diverses villes où ils avaient des maisons. Dans le commencement de ce siècle, on la nommait : à Louvain, Pastorale; à Anvers, Bergamote de pâques; à Gand, Doyenné de printemps; à Termonde, Seigneur d'hiver; à Malines, Poire Anglaise; à Tournay, Beurré d'Osterling, dont les jardiniers ont fait Beurré d'Austerlitz.

C'est aussi à la fin du dernier siècle que remonte le Beurré

des trois-tours (doy-lorren). Ce magnifique fruit fut gagné à l'ancien château du célèbre David Teniers, à Perck, près Vilvorde, devenu de nos jours la ferme des Trois-Tours. Le piedmère avait, de bonne heure, été placé au mur, où il produisait ses fruits splendides, ce qui l'avait fait répandre dans tous les environs de Vilvorde, sous le nom de Beurré des trois-tours. Meuris, qui dirigeait la pépinière de Van Mons, lui en apporta des greffes, et bientôt Van Mons débaptisa la poire et lui donna le nom de Beurré Diel, sous lequel il la décrivit dans le second volume des Annales générales des sciences physiques, publié en 1819. Ce dernier nom a prévalu, mais en Brabant, c'est toujours le Beurré des trois-tours. Si cette poire n'est pas de qualité hors ligne, c'est du moins l'un des plus beaux fruits que l'on connaisse.

C'est aussi à la fin du siècle dernier, ou tout au commencement du présent, que doivent remonter deux fruits bien précieux : la Fondante des bois et le Beurré blanc d'hiver. La première que l’on attribue faussement à Van Mons, fut trouvée dans un bois des environs d'Alost et nommée Bosc-per, poire des bois. M. Châtillon, ancien directeur du parc d'Enghien et horticulteur distingué, s'étant établi à Alost par son mariage avec mademoiselle Leunckers, découvrit cette poire et en devint le parrain. Il y a plus de cinquante ans que nous en avons reçu un pied de M. Châtillon lui-même, et cet arbre nous produit chaque année de 1500 à 2000 grosses poires, excellentes pour tous les usages. C’est certainement un des fruits les plus précieux et les plus dignes d’être cultivés. Quant au Beurré blanc d'hiver, excellent fruit de janvier, 1l provient de Lierre en Brabant. L'obtenteur en est inconnu, mais il en existe à Lierre, chez M. Peeters-Schram, un arbre qui doit avoir de soixante à quatrevingts ans, ce qui fait remonter cette conquête à l'époque indiquée.

Malines fut aussi, comme nous l'avons dit, un centre important de Pomologie. M. de Nélis, conseiller à la cour de Malines, s’'adonna au semis des poires; on lui doit le Colmar Nélis

ou Bonne de Malines, variété très-recommandable. Avec lui vivait le comte de Coloma, auquel on doit plusieurs gains parmi lesquels nous citerons l'Urbaniste, déjà très-répandue en 1818, le Beurré Coloma, et un fruit mürissant en mars et avril digne d’être cultivé, la Bonne Carmélite, quil a bien voulu nous donner il y a une cinquantaine d'années en inscrivant sur l'étiquette les mots : non dare, par lesquels tant de fruits se perdent. La Bonne Carmélite est une poire demi-cassante de la classe des Calebasses, mais sa longue durée est un mérite. À Malines appartient encore le major Esperen, qui a doté la pomologie d'une foule de fruits nouveaux, dont plusieurs sont réellement hors ligne. Nous citerons avant tout la Joséphine de Malines, poire exquise, mûrissant en février et mars, que tout amateur doit posséder et qui rivalise avec les gains d'Hardenpont ; la Bergamote Esperen, excellent fruit mürissant en mars ; le Seigneur Esperen, fertile et excellent; puis, sans avoir le même mérite, le So!dat-laboureur, espèce demi-cassante, Suzette de Bavay, le Beurré Pretonneau, et autres dont nous donnerons plus loin la liste. Q

L'homme qui a donné la plus vive impulsion à la pomologie est feu notre confrère et ami Van Mons, auquel on doit l’activité qui à régné en Belgique depuis son époque. Van Mons avait fondé à Bruxelles une vaste pépinière et une école de semis qui fut dévastée vers 1820; il en transporta les débris à Louvain, et gagna une infinité de fruits nouveaux dont un très-grand nombre ne fut pas même nommé. Son gain transcendant est son Nec plus ultra, connu sous le nom de Nec plus Meuris, dont on a fait : Ne plus meuris, N'a plus müri. Voici l'explication de ce nom. Van Mons, esprit très-actif, était essentiellement abréviateur, et il écrivait nec plus pour nec plus ultra en y ajoutant le nom de son jardinier, Meuris. Au surplus, ce qui a fait la réputation de Van Mons, c'est d'une part sa théorie du semis, de l’autre la dissémination des bonnes variétés gagnées en Belgique qu'il répandait dans toute l'Europe en les rebaptisant presque toujours.

La théorie du semis donnée par Van Mons est entièrement nouvelle. Il soutenait qu’en ressemant sans cesse les poires nouvellement gagnées, on arriverait à ne produire que de bons fruits, de manière à n'avoir plus besoin de greffer les poiriers; là était son idéal. C'est dans le second volume des Annales générales des sciences physiques, publié en 1819, quil développa pour la première fois cette théorie. Il expose quayant appris qu'à Mons on avait obtenu des résultats heureux en semant les pepins des variétés nouvellement obtenues, de préférence aux anciennes, 1l avait étendu cette théorie au troisième et quatrième renouvellement, et que les pepins des fruits des derniers renouvellements, ces fruits fussent-ils d’une qualité inférieure, étaient préférables à ceux des meilleures variétés anciennes. « Il suffit, » dit-il, de confier à la terre des noyaux ou des pepins du » troisième renouvellement pour être certain d'avance d'avoir » des fruits bons et beaux , de sorte qu'il devient désormais » Superflu de multiplier par la greffe ou par écusson les espèces » d'arbres qui donnent ces fruits. ! + Une théorie aussi neuve, aussi extraordinaire, appuyée sur des expériences, devait faire son chemin et elle l’a fait en couvrant d'honneur celui qui l'avait inventée. La théorie de Van Mons a acquis une véritable célébrité et elle a fait école dans le Brabant où nous allons voir ses résultats. Certainement, il y a du vrai dans la théorie de Van Mons, surtout au double point de vue de la rapidité de la mise à fruit et de la disparition des qualités repoussantes et sauvages de beaucoup de poires de semis ; mais aussi, en opérant de la sorte, si on obtient une plus grande quantité de fruits mangeables, on finit par n'obtenir que de très-petits fruits et de qualité médiocre. Pas un seul fruit transcendant nest sorti de cette méthode. C’est ce qui explique comment Van Mons et ceux qui l'ont suivi, après avoir tant semé, ont laissé si peu de poires d'un mérite réel, des poires mangeables, mais absence

de sucre et de saveur.

(1) Ann. gén. des sciences physiques. vol. 2. page 53,

est surtout dans le Brabant Wallon que cette théorie a fait école. M. Bivort, continuant l'œuvre de Van Mons, a recueilli ses pépinières et obtenu quelques bonnes nouveautés. Il a été suivi par MM. Bouvier, Berkmans, Grégoire, Bauman, Nelis et de Jonghe, qui ont mis dans le commerce une quantité beaucoup trop grande de poires de semis. Pour l'utilité des amateurs nous avons fait le dépouillement des variétés indiquées dans les catalogues de nos pépiniéristes, en les rapportant à chaque obtenteur depuis cinquante ans; nous allons donner ces listes avec les indications qui s'y trouvent, mais sans entendre assumer en rien ces qualifications, dont nous laissons toute la responsabilité à ces pépiniéristes. Trop souvent nous avons été induits en erreur par les indications : Porre de première, de toute première qualité, et nous sommes convaincus que la plus grande partie des variétés que nous allons indiquer doit descendre d’un bon degré. Mais si nous avions modifié l'appréciation pour certains fruits, la gradation était viciée et 1l nous a paru quil valait mieux conserver cette gradation, tout en faisant nos réserves formelles, quant à la qualification. Ceci posé, voici par rang d'auteurs l'indication des fruits gagnés en Belgique depuis cinquante ans et qui se trouvent dans le commerce, sans toutefois y comprendre les gains de Tournay, ou couronnés par la Société Royale d’horticulture de cette ville, qui viendront ensuite.

Nous le répétons, nous n'entendons assumer en rien les désignations de première qualité, ou bien de toute première qualité qui se trouvent à la suite des noms que nous allons donner. « - Nous-mêmes, trompés par ces désignations, nous avons dû regreffer plus des trois quarts des variétés que nous avions plantées sur la foi de ces indications. Nous ne les avons ici maintenues que pour montrer l'échelle de gradation des variétés entre elles et nullement comme une constatation de qualité dont nous n'acceptons en rien la responsabilité, mais dont nous engageons le lecteur à se défier, ces qualifications n'étant trop souvent faites que pour faciliter la vente.

POMOLOGIE BELGE. Pé

Van Mons.

Alexandrine Hélie, moyen, première qualité. — Nov. Arbre courbé, gros, première qualité. — Oct.

Arlequin musqué, gros, deuxième qualité. — Sept. Beurré Colmar, gros, de toute prem. qual. — Oct. nov. Beurré Curtet, gros, de toute prem. qual. — Oct. nov. Beurré de Coninck, gros, première qualité. — Nov. Beurré Du Mortier, petit, de toute prem. qualité. — Nov.

Son vrai nom, celui sous lequel je l'ai recu de Van Mons, est : Verte Du Mortier.

Beurré Gens, gros, première qualité. — Sept.

Beurré Sterckmans, gros, première qualité. — Janv.

Bois Napoléon, gros, première qualité. — Nov.

Charles Durieux, moyen, de toute prem. qual. — Oct. nov. Charles Smet, très-gros, deuxième qual. — Mars, mai. Charles Van Mons, petit, de toute première qualité. — Nov. Colmar d'Aremberg, très-gros, prem. qual. — Nov. déc. Colmar De Meester, gros, prem. qual. — Mars, mai. Colmar Josse-Smet, moyen, prem. qual. — Déc. janv. Colorée d'août, moyen, deuxième qualité. — Aout, sept. Comte de Flandre, gros, de toute prem. qual. — Déc. Janv. Conseiller à la cour, gros, prem. qual. — Oct. nov.

Corps heat, gros, de toute prem. qual. — Oct. nov.

Délices de Lovenjoul, gros, de toute prem. qual. — Nov. Doyen Dillen, gros, deuxième qualité. — Nov. déc.

Duc de Nemours, gros, première qualité. — Nov.

Enfant prodigue, moyen, première qualité. — Déc. janv. Léon Leclerc, très-gros, deuxième qualité. — Mars, mai. Nec plus ultra, Meuris, gros, de toute prem. qualité. — Déc. Nouveau Poileau, gros, première qualité. — Nov.

Présent Van Mons, assez gros, trois. qual. — Mars, avril. Retour de Rome, gros, première qualité. — Oct. nov. Surpasse Meuris, gros, de toute première qualité. — Oct.

Théodore Van Mons, moyen, première qualité. — Oct. nov.

Tout il faut, moyen, deuxième qualité. — Août. Verte Du Mbrtier, (plus haut sous le faux nom de Beurré Du Mortier).

ESPEREN.

Bergamote E’speren, assez gros, de toute pr. q. — Mars, avril.

Bezi Esperen, gros, première qualité. — Oct.

Bon Gustave, gros, première qualité. — Janv.

Charlotte de Brower, moyen, première qualité. — Oct. nov. Des deux Sœurs, gros, deuxième qualité. — Nov.

Double Rousselet, assez gros, première qualité. — Sept. Elisa d'Heyst, moyen, première qualité. — Mars, avril. Grand Soleil, gros, de toute première qualité. — Nov. janv. Joséphine de Malines, moyen, de toute pr. q. — Janv. avril. Juive, assez gros, première qualité. — Nov.

Passe-Colmar musqué, moyen, de toute pr. q. — Oct. nov. Passe tardive, assez gros. — D'une année à l’autre. Princesse Charlotte, assez gros, deuxième qual. — Oct. nov. Princesse Marianne, moyen, deuxième qual. — Oct. nov. Seigneur Esperen, assez gros, de toute pr. q. — Oct. nov.

Soldat laboureur, assez gros, de toute pr. qual. — Oct. nov. Suzette de Bavay, moyen, de toute prem. qual. — Fév. avril.

Vineuse d'Esperen, moyen, première qualité. — Sept. oct. BIvort.

Adèle Lancelot, très-gros, première qualité. — Oct.

Alexandre Lambré, moyen, première qualité. — Oct. nov.

Aline Richald, moyen, première qualité. — Oct.

Amand Bivort, moyen, première qualité. — Oct.

Belle Fleurusienne, gros, deuxième qualité. — Déc. janv.

Dergamote Heinbourg, gros, première qualité. — Sept.

Peurré Bennert, petit, première qualité. — Fév. mars.

Beurré Berckmans, moyen, première qualité. — Nov. déc.

Charles Bivort, moyen, première qualité. — Déc. janv.

Comte de Paris, gros, deuxième qualité. — Nov. janv.

De Lamartine, petit, première qualité. — Oct. nov.

Docteur Cornelis, gros, première qualité. — Août, sept. Docteur Trousseau, gros, deuxième qualité. — Nov. déc. Duc d'Aumale, moyen, de toute prem. qual. — Sept. oct. Duchesse Hélène d'Orléans, moyen, de toute pr. q. — Nov. Florimont Parent, très-gros, deuxième qualité. — Oct. Jean-Baptiste Bivort, gros, première qualité. — Nov. Laurence de Glymes, assez gros, prem. qual. — Oct. nov. Léopold I”, assez gros, deuxième qualité. — Déc. janv. Madame Elisa, gros, première qualité. — Nov. déc.

Mgr Affre, petit, première qualité. — Nov. déc. Pie IX, gros, deuxième qualité. — Sept. oct.

Prévost, moyen, deuxième qualité. — Mars, avril. Prince Albert, assez gros, deuxième qualité. — Fév. Willermoz, gros, deuxième qualité. — Oct.

BERCKMANS.

Alexandre Bivort, fondant, première qualité. — Déc. janv. Peurré de Wetteren, gros, première qualité, — Fév. mars. Emilie d'Heyst, gros, première qualité. — Octobre. LÉGIPONT.

Légipont, moyen, première qualité. — Novembre. SIMON BOUVIER.

Aimée Adam, gros, première qualité. — Oct. nov. Amand Adam, gros, première qualité. — Oct. nov. Bouvier Bourgmestre, gros, prem. qualité. — Déc. janv. Colmar Navez, gros, première qualité. — Oct. nov. Délices de Jodoigne, moyen, première qualité. — Octobre. Docteur Maluce, assez gros, prem. qualité. — Octobre. Émilie Herpin, gros, première qualité. — Déc. janv. Émilie Bivort, moyen, première qualité. — Novembre. Henrietle Bouvier, moyen, prem. qualité. — Nov. déc. Souvenir d'Esperen, assez gros, prem. qual. — Nov. déc. Triomphe de Jodoigne, très-gr., prem. qual. — Nov. déc.

BEAUMAN.

Bergamotte Hertrick, moyen, de toute pr. q. — Mai, juin.

DE JonGnE.

Délicat, moyen, de toute première qualité. — Janvier. Pronzé d'Enghien, gros, première qualité. — Novembre. Colmar Marnix, moyen, de toute prem. qual. — Janv. fév. Duc Alfred de Croy, gros, de toute première qual. — Déc. La grosse fique, moyen, première qualité. — Nov. déc. Prince Camille, moyen, première qualité. — Février. Robert Treel, moyen, première qualité. — Fév.

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