ACTE III, SCÈNE IV
Pour croistre mes malheurs1 et me voir2 ta capli c.
Je dov bien toutefois rendre grâces aux Dieux3
De ce'qu'en arrivant je te trouve eu ces lieux,
Que César y commande, et non pas Ptolomée.
Hélas! et sous quel astre, ù Ciel, m'as-tu formée.
Si je leur doy des vœux4 de ce qu'ils ont permis9
Oue je rencontre icv mes plus grands ennemis,
Et tombe entre leurs mains plûtost qu'au mains d'un Prince
Qui doit à mon époux son trosne et sa Province^ 1010
César, de ta victoire écoute moins le bruit; Elle n'est que l'effet du malheur qui me >uit7. Je l'av porte pour dot chez Pompée et chez Crass Deux fois du Monde entier j'ay causé la disgrâce Deux fois de mon hymen le nœud mal assort? lOlo
1. Pour croistre mes malheurs. Corneille emploie très souvent croître activement dans le sens d'accroître.
M-ordonner da repos c'est croistrt mes malheurs. ^ ^
Quand nous avons pu vivre et crois'rc nostre S10^^ R , )
Racine dira de même :
Je ne prends point plaisir à crohtre ma nmere. ^
Que pour croistre à la fois sa gloire et mon tourment. ^
On pourrait multiplier ces exemples, même en les empruntant à des ouvîaC en prose. Vaugelas est donc trop sévère en d sant : « Ce verbe estneute t on actif..., mais nos poètes pour la commodité des vers Rnmncipent, et ne feignent point lie le faire actif quand iU en ont besoin- »(Hem. 1 436). Patrn, Ch pelam Ménage, Th. Lu. oeillel Académie enfin pensent comme Vaugelas. \ . Marty-Laveaux. Lex. 1,547.
i Et m? voir. Construction irrégulière; il faudrait .et que je me voie » : voir 1 1 priver n'ayant pas le u.eme sujet.