ACTE IV, SCÈNE I
Au spectacle insolent de ce pompeux outrage,
Ses farouches regards étinceloient de rage,
Je voyois sa fureur à peine se dompter,
Et, pour peu qu'on le pousse, il est prest d'éclater1. il60
Mais sur tout les Romains que commandoit Septime,
Pressez de la terreur que sa mort leur imprime,
Ne cherchent qu'à venger par un coup généreux
Le mépris qu'en leur chef ce superhe2 a fait d'eux.
PTOLOMÉE
Mais qui pourra, de nous, approcher sa personne, 1165
Si durant le festin sa Garde l'environne?
PHOTIX.
Les gens de Cornélie3, entre qui vos Romains
Ont déjà reconnu des frères, des germain- \
Dont l'aspre déplaisir leur a laissé paroistiv
Une soif d'immoler leur Tyran à leur maistie. 1175
Rs ont donné parole, et peuvent, mieux que nous,
Dans les flancs de César porter les premiers coup-.
Son faux art de clémence, ou plùtost sa folie
Qui pense gagner Rome en flatant Cornélie,
Leur dmnera sans doute un assez libre ac< i 170
Pour de ce grand dessein asseurer lesuccès .
Mais voicy Cléopatre: agissez avec feinte, Seigneur, et ne montrez que faiblesse ei que crainte, Nous allons vous quitter, comme objets odieux Dont l'aspect importun offenseroil ses yeux. 118U
PTOLOMÉE
Allez, je vous rejoins.