‹ PompéeChapitre 160 sur 203 · Toute entière. Voy. ia note du v · texte numérisé non relu

Toute entière. Voy. ia note du v

10. Emilie, dans Cinna, déclare de même aadacleusement que les bienfaits de celui que nous haïssons doivent stimuler la vengeance au lieu de la désarmer :

D'une main odieuse ils tienneut.ieu d'offenses.

(Ctii'ic, 1,2.]

Mais, avec cette soif que j'ay de ta ruine,

Je me jette au devant du coup qui t'assassine,

Et forme des désirs avec trop de raison

Pour en aimer l'effet par une trahison1.

Qui la sçait et la souffre a part à l'infamie; 1385

Si je veux ton trépas, c'est en juste ennemie.

Mon époux a des fils, il aura des neveux2:

Quand ils te combatront, c'est là que je le veux3,

Et qu'une digne main, par moy-mesme animée,

Dans ton champ de bataille, aux yeux de ton Armée, 1390

T'immole noblement et par un digne effort

Aux mânes du héros dont tu venges la mort4.

Tous mes soins, tous mes vœux, hastent cette vengeance,

Ta perte la recule et ton salut l'avance;

Quelque espoir qui d'ailleurs me l'ose ou puisse offrir, 1395

Ma juste impatience auroit trop à souffrir.

La vengeance éloignée est à demy perdue,

Et quand il faut l'attendre elle est trop cher vendue3.

Je n'iray point chercher sur les bords Afriquains

Le foudre6 souhaitté que je vois en tes mains; 1400

La teste qu'il menace en doit estre frapée.

J'ay pu7 donner la tienne au lieu d'elle à Pompée,

Ma mienne avoit Je choix; mais cette haine enfin

I. Par une trahison, est le complément, non du verbe, mais seulement du substantif effet.

■2. Il aura drs neveux. Corneille emploie souvent le mot neveux, dans Je sens de petits-fils, qu'a en latin le mot nepos dont il est formé.

3. C'est là que je le veux. C'est-à-dire: que je veux l'effet de mes désirs.

4. Voilà un de ces traits Cornéliens qui font oublier les défaillances de cette tragédie.

5. Var. Quand il la faut attendre, elle est trop cher vendue.

6. Vaugelas admet le mot foudre aux deux genres indifféremment (Rem., I. 405). Thomas Corneille, s'appuyant sur Ménage observe que « foudre dans le figuré est toujours masculin, un foudre de guerre, et que oans le propre on le fait le plus souvent féminin. » Vov.'la note du v. 769. *

Var. Ce foudre punisseur que je vois en t-s mains, (1644-56.) Voltaire remarque avec raison que foudre punisseur était une expression beaucoup plus lorte que celle qui a pris sa place. Mais il se trompe en la considérant comme un terme nouveau créé par Corneille. C'était au contra re un rr.ot vieilli de la langue du xvie siècle. (Voy. M. Marty- Laveaux, Léo: , II. 235.)

'• J'ay P}{j a ici le sens du conditionnel. Ces vers sont obscurs; l'idée est : Cornèlie veut venger Pompée; lui sacrifiera-t-elle César ou Ptolomée ? Sa haine a le choix; elle se décide à épargner momentanément César, à se servir de lui pour frapper Ptolomée et à le punir lui-même ensuite.

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