SCENE PREMIERE
CORNELIE, tenant une petite urne en sa main ', PHILIPPE
CORNELIE.
Mes yeux, puis-je vous croire, et n'est-ce point un songe
Qui sur* mes tristes vœux a formé ce mensonge?
Te revoy-je, Philippe, et cet époux si cher3 1455
A-t'il receu de toy les honneurs du bûcher 4?
Cette urne que je tiens contient-elle sa cendre ?
0 vous, à ma douleur objet terrible et tendre5, Eternel entretien6 de haine et de pitié,
Reste du grand Pompée, écoutez sa moitié7. 1460
N'attendez point de moy de regrets ny de larmes. Un grand cœur à ses maux applique d'autres charmes. Les foibles déplaisirs s'amusent à parler s,
i. Garnier, dans sa Cornélie, nous montre également la veuve de Pompée,, tenant une urne dans ses mains. Voltaire cite quelques vers de cette scène que nous donnons en Appendice. Yoy. pages 117-122.
i!. Sur, à la suite de, a propos de. — Mensonge, ihusion trompeuse: fausse apparence.