ACTE V, SCÈNE IV J I I
Et que dans mon esprit l'une et l'autre est forcée. 1730
Tu vois que ta vertu, qu'en vain oti veut trahir'.
Me force de priser ce que je do y haïr :
Juge ainsi de la haine où mon devoir me lie,
La veuve de Pompée y force Cornélie -.
.l'iray, n'en doute point, au sortir de ces lieux, 1735
Soulever contre toy les hommes et les Dieux,
Ces Dieux qui t'ont flaté, ces Dieux qui m'ont trompée,
Ces Dieux qui dans Pharsale ont mal servy Pompée3,
Qui, la foudre à la main l'ont pu voir égorger;
Ils connoistront leur faute, et le voudront venger. 1740
Mon zèle, à leur refus, aidé de sa mémoire,
Te sçaura bien sans eux arracher la victoire,
Et, quand tout mon effort se trouvera rompu '\
Cléopatre fera ce que je n'auray pu.
Je sçay quelle est ta flame et quelle? sont ses forces, 1745
Que tu n'ignores pas comme on t'ait les divorces,
Que ton amour t'aveugle, et que, pour L'épouser,
Rome n'a point de loix que tu n'ose- briser;
Mais sça -he aussi qu'alors la jeunesse romaine
Se croira tout permis sur l'époux d'une reine, 1750
Et que de cet Hymen tes amis indignez
Vengeront sur ton sang leurs avis dédaignez.
J'empesche ta ruine, empeschant tes caresses5.
Adieu, j'attens demain Feffet de tes promesses.