‹ PompéeChapitre 35 sur 203 · Phorso.le, X · texte numérisé non relu

Phorso.le, X

d. Florus dit, en parlant de Cléoj'âtre : « Ab ebrio imperatore (Antoine), pretium libidinum, romanum imperium petit », et plus loin: « Xec ulla de vita, qme offerebatur, sed fo parte regni laborabat. » (IX', llj.

pour elle ', et fit voir par là qu'elle ne s'étoit attachée qu'a la haute puissance d'Antoine, et non pas à sa personne.

Pour le stile, il est plus élevé en ce poème qu'en aucun des miens, et ce sont sans contredit les vers les plus pompeux que j'aye faits. La gloire n'en est pas toute à moy. J'ay traduit de Lucain tout ce que j'y ay trouvé de propre à mon sujet, et, comme je n'ay point fait de scrupule d'enrichir oostre langue du pillage que j'ay pu faire chez luy, j'ay tasché pour le reste à entrer si bien dans sa manière de former ses pensées et de s'expliquer que ce qu 11 m'a fallu y joindre du mien sentist son génie, et ne fust pas indigne d'estre pris pour un larcin que je luy eusse fait. J'ay parlé, en l'examen de Polyeucle 2, de ce que je trouve à dire en la confidence que fait Cléopatre a Charmion au second acte: il ne me reste qu'un mot touchant les narralions d'Achoiée, qui ont toujours passé pour fort belles, en quoy je ne veux pas aller contre le jugement du public, mais seulement faire remarquer de nouveau que celuy qui les fait et les personnes qui les écoutent ont l'esprit assez tranquille pour avoir toute la patience qu'il y faut donner. Celle du troisième acte, qui est à mon gré la plus magnifique, a été accusée de n'estre p ceiie par une personne digne de la recevoir ; mais, bien que Charmion, qui l'écoute, ne soit qu'une domestique de Cléopatre, qu'on peut toutefois prendre pour sa dame d'honneur, étant envoyée exprès par cette reine pour l'écouter, elle tient lieu de celte reine mesme, qui cependant montre un orgueil digne d'elle, d'attendre la visite de César dans sa chambre. ;,ins aller au devant de luy. D'ailleurs, Cléopatre eust rompu tout le reste de ce troisième acte si elle s'y fust montrée, et il m'a failli la cacher par adresse' de théâtre, et trouver pour cela dans l'action un prétexte qui fust glorieux pour elle, et qui ne laissas! point paroistre le secret de l'art, qui m'obligeoJ de se produire. ' ,j*^7Vd<

- Médêe\ et de Pobjeucte.

i. Plutarque, Vie d'Antoine, 84-95; Dion Hist. des Romains, terne III, page .'.53-556. 2. Voir ci-après les extraits des Examens

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