KXTRAIT DE L'EXAMEN DE MÉDÉE
Dans la narration que fait Nérine {suivante de Mèdée) au quatrième acte, onpeut considérer que, quand roux qui -■coûtent ont quelque chose d'important dans l'esprit, ils n'onl pas de patience pour écouter le détail de ce qu'on leur vient raconter, et que c'est assez, pour eux d'en apprendre l'événement en un mot: c'est ce que fait voir icy Médée, qui. ayant sceu que a arraché Creuse à ses ravisseurs, et pris ^Egée prisonnier, ne veut point qu'on luy explique comment cela s'est fait. Lorsqu on a affaire à un esprit tranquille, comme Achorée à Cléopâtre dans la Mort de Pompée, pour qui elle ne s'intéresse que par un sentiment d;honneur, on prend le loisir d'exprimer toutes les
particularitez; mais avant que d"y descendre, j'estime qu'il est bon mesme alors d'en dire tout l'effet en deux mots dès l'abord. . . . Quant au style, il est fort inégal en ce poëme (Médée) : et ce que j'y a y meslé du mien approche si peu de ce que j'ay traduvt de Sénèque, qu'il n'est point besoin d'en mettre le texte en marge pour faire discerner ou Lecteur ce qui est de luy ou de moi. Le temps m'a donné le moyen d'amasser assez de forces pour ne pas laisser celte différence si visible dans le Pompée, où j'ay beaucoup pris de Lucain, et ne croy pas estre demeuré fort au-dessous de luy quand il a fallu me passer de son secours.