SCENE III
CLÉOPÂTRE, PTOLOMÉE, PHOTIlf.
Cléopâtre.
Seigneur, Pompée arrive , et vous Ôtes ici!
Ptolomée.
J’attends dans mon palais ce guerrier magnanime ,
Et lui viens d’envoyer Achillas et Septime.
Cléopâtre.
Quoi J Septime à Pompée ! à Pompée Achillas I Ptolomée.
Si ce n’est assez d’eux , allez , suivez leurs pas. Cléopâtre.
Donc pour le recevoir , c’est trop que de vous-môme ? Ptolo mée.
Ma sœur , je dois garder l’honneur du diadème. Cléopâtre.
Si vous en portez un , ne vous en souvenez Que pour baiser la main de qui vous le tenez ,
Que pour en faire hommage aux pieds d’un si grand homme.
Au sortit de Pharsalc est-ce ainsi qu’on le nomme ?
Cléopâtre.
TRAGÉDIE. i|
Cléopâtre.
Fnt-il dans son malheur de tous abandonné ,
Il est toujours Pompée et vous a couronné.
PlOlOMÉt.
Il n’en est plus que l’ombre , et couronna mon pere , Dont l’ombre , et non pas moi , lui doit ce qu’il espcrc. Il peut aller, s’il veut, dessus son monument, Recevoir ses devoirs et son remcrcîment.
Cléopâtre.
Après un tel bienfait , c’est ainsi qu’on le traite i Ptolomée.
Je m’en souviens , ma soeur , et je vois sa défaite.
•«.. ?» Cléopatr e.
Vous la voyez de vrai ; mais d’un œil de mépris. Ptolomée.
Le teins de chaque chose ordonne et fait le prix :
Vous qui l’estimez tant , allez lui rendre hommage ; Mais songez qu’au port même il peut faire naufrage.
11 peut faire naufrage et même dans le port i Quoi î vous auriez osé lui préparer la mort ?
Ptolomée.
J’ai fait <e que les Dieux m’ont inspiré de faire ,
Et que pour mon État j’ai jugé nécessaire.
Cléopâtre.
Je ne le vois que trop , Photin et ses pareils Vous ont empoisonné de leurs lâches conseils ;
Ces âmes que le Ciel ne forma que de boue...,
Ce sont de nos conseils , oui , Madame , et j’avoue...,