‹ Pompee, tragedie de P. CorneilleChapitre 17 sur 122 · CLÉOPÂTRE, CHAR M ION · texte numérisé non relu

CLÉOPÂTRE, CHAR M ION

Cléopâtre.

JFe l’aime; mais l’éclat d’une si belle flamme, Quelque brillant qu’il soit, n’éblouit point mon atne , Et toujours ma vertu retrace dans mon cœur Ce qu’il doit au vaincu , brûlant pour le vainqueur. Aussi qui l’ose aimer porte une ame trop haute Pour souffrir seulement le soupçon d’une fautes Et je le traiterais avec indignité ,

Si j’aspirais à lui par une lâcheté.

Quoi ! vous aimez César, et si vous étiez crue, L’Égypte pour Pompée armerait .à sa vue ,

En prendrait la défense, et , par un prompt secours. Du destin de Pharsale arrêterait le cours ?

L’amour certes sur vous a bien peu de puissance ! Cléopâtre.

Les Princes ont cela de leur haute naissance :

Leur ame dans leur sang prend des impressions Qui dessous leur vertu rangent leurs passions.

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