REMERCIMENT
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Qui donne comme toi , donne plus d’une fois.
Son don marque une estime et plus pure et plus pleine : Il attache les cœurs d’une plus forte chaîne ;
Et , prenant nouveau prix de la main qui le fait }
Sa façon de bien faire est un second bienfait.
Ainsi le grand Auguste autrefois dans ta ville, Aimoit à prévenir l’attente de Virgile ,
Lui que j’ai fait revivre , et qui revit en toi ,
En usoit envers lui comme tu fais vers moi.
Certes , dans la chaleur que le ciel nous inspire , Nos vers disent souvent plus qu’ils ne pensent dire -, Et ce feu qui sans nous pousse les plus heureux ,
Ne nous explique pas tout ce qu’il fait par eux. Quand j’ai peint un Horace , un Auguste , un Pompée , Assez, heureusement ma muse s’est trompée , Puisque, sans le savoir, avecque leur portrait.
Elle tiroit du tien un admirable trait.
Leurs plus hautes vertus qu’étale mon ouvrage.
N’y font que prendre un rang pour former ton image , Quand j’aurai peint encor tous ces vieux conquérans , Les Scipions vainqueurs , et les Catons mourans ,
Les Pauls , les Fabiens , alors de tous ensemble On en verra sortir un tout qui te ressemble ,
Et l’on rassemblera de leurs pompeux débris Ton ame et ton courage épars dans mes écrits.
Souffre donc que pour guide au travail qui me reste , J’ajoute ton exemple à cette ardeur céleste ,
Et que de tes vertus le portrait sans égal ,
S’ achevé de ma main sur son original ;
Quand j’étudie en toi ces sentimens illustres
REMERCIMENT. vî
Qu’a conservé ton sang à travers tant de lustres , î Et que Je ciel propice , et les destins amis ,
De tes fameux Romains en ton amc ont transmis. Alors de tes couleurs peignant leurs aventures.
J’en porterai si haut les brillantes peintures ,
Que ta Rome elle-même admirant mes travaux,
N’en rcconnoîtra plus les vieux originaux ,
Et se plaindra de moi de voir sut eux gravées Les vertus qu’à toi seul clic avoit réservées , Cependant qu’à l’cclat de tes propres clartés Tu te rccor.noîtras sous des noms empruntés.
Mais ne to lasse point d’illuminer mon amc,
Ni de prêter ta vie à conduire ma flamme;
Et, de ces grands soucis que tu prends pour mon Rot, Daigne encor quelquefois descendre jusqu’à moi. Délasse en mes écrits ta noble inquiétude;
Et , tandis que sur elle appliquant mon étude J’emploierai pour te plaire et pour te divertir Les talens que le ciel m’a voulu départir.
Reçois avec les vœux de mon obéissance Ces vers précipités par ma recopnoissance.
L’impatient transport de mon ressentiment N’a pu pour les polir m’accorder un moment.
S’ils ont moins de douceur , ils en ont plus de zole ? Leur rudesse est le sceau d’une ardeur plus fidole »
Et ta bonté verra dans leur témérité ,
Avec moins d’ornement plus de sincérité,
AU LECTEUR. îx
tâché de suivre ce grand homme dans le reste , et de prendre son caractère , quand son exemple m’a manqué ; si je suis demeuré bien loin derriere , tu en jugeras. Cependant j’ai cru ne te déplaire pas de te donner ici trois passages qui ne viennent pas mal à mon sujet. Le premier est une Epitaphe de Pompée , prononcé par Caton dans Lucain. Les deux autres sont deux peintures de Pompée et de César, tirées de Yelléïus Paterculus. Je les laisse en Latin , de peur que ma traduction n’ôte trop de leur grâce et de leur force. Les Dames se les feront expliquer.
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