‹ Pompee, tragedie de P. CorneilleChapitre 49 sur 122 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

ANTIOCHUS, TIMAGENE , LAONICE.

Antiochus.

IOemeurex , laonice.

Vous pouvez comme lui me rendre un bon office.

Dans l’état où je suis , triste et plein de souci.

Si j’esperc beaucoup, je crains beaucoup aussi.

Un seul mot aujourd’hui, maître de ma fortune. M’ôte ou donne à jamais le sceptre et Rodogune ,

Et de tous les mortels , ce secret révélé ,

Me rend le plus content ou le plus désolé.

Je vois dans le hasard tous les biens que j’espere ,

Et ne puis être heureux sans le malheur d’un frere ;

Mais d’un frere si cher , qu’une sainte amitié Paît sur moi de ses maux rejaillir la moitié.

Donc pour moins hasarder j’aime mieux moins prétendre ,

Et, pour rompre le coup que mon coeur n’ose attendre, Lui cédant de deux biens le plus brillant aux yeux , M’assurer de celui qui m’est plus précieux.

Heureux , si sans attendre un fâcheux droit d'aînesse , Pour un trône incertain j’en obtiens la Princesse ,

Et puis par ce partage épargner les soupirs Qui naîtroient de ma peine ou de ses déplaisirs. ...

‘Va le voir de ma part, Timagcne, et lui dire Que pour cette beauté je lui cede l'Empire i Mais porte-lui si haut la douceur de régner.

Qu’à cet éclat du trône il se laisse gagner ,

Qu’il s’ en laisse éblouir jusqu’à ne pas connoîtrc A quel prix je consens de l’accepter pour maître.

( Timagene sort. )

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