‹ Pompee, tragedie de P. CorneilleChapitre 78 sur 122 · CI.&OPATR · texte numérisé non relu

CI.&OPATR

tragédie. tf

Cléopâtre, prenant la coupe.

Je le ferai moi-mcmc... Eh bien J redoutez-vous Quelque sinistre effet encor de mon courroux?

J ai souffert cet outrage avecquc patience.

Antiochus, prenant la coupe de la main de Cléopâtre , après qu'elle a bu.

Pardonnez-lui, Madame, un peu de défiance:

Comme vous l’accusez , elle fait son effort A rejeter sur vous l’horreur de cette mort;

It , soit amour pour moi , soit adresse pour elle ,

Ce soin la fait paroître un peu moins criminelle.

Pour moi qui ne vois rien dans le trouble où je suis , Qu’un gouffre de maJheurs, qu’un abîme d’ennuis , Attendant qu’en plein jour ces vérités paroissent,

J’en laisse la vengeance aux Dieux qui les connoissent. Et vais , sans plus tarder...

Seigneur , voyez scs yeux Déjà tout égarés , troubles et furieux ,

Cette affreuse sueur qui court sur son visage.

Cette gorge qui s’enfle.». Ah ! bons Dieux i quelle rage ! Pour vous perdre après elle, elle a voulu périr.

Antiochus, rendant la coupe à Laonice.

RPimportc , elle est ma mere, il faut la secourir. Cléopâtre.

Va, tu me veux en vain rappeller à la vie !

Ma haine est trop fidelle et m’a trop bien servie ;

Elle a paru trop tôt pour te perdre avec moi :

C’est le seul déplaisir qu’en mourant je reçoi ;

3'J RODOGUNE

Mais j*ai cette douceur) dedans cette disgrâce.

De ne voir point regner ma rivale en ma place.

Régné de crime en crime , enfin , te voilà Roi :

Je t’ai défait d’un pere , et d’un frere et de moi. Puisse le Ciel tous deux vous prendre pour victimes » Et laisser choir sur vous les peines de mes crimes l Puissiez-vous ne trouver dedans votre union , Qu’horreur , que jalousie et que confusion;

Et , pour vous souhaiter tous Us malheurs ensemble 9 Puisso naître de tfbus un fils qui me ressemble.

Antiochus.

Ah 1 vivez pour changer cette haine en amour ï Cléopâtre.

Je maudirois les Dieux s’ils me rendoient le jour... Qu’on m’emporte d’ici ; je me meurs !... Laonice, Si tu veux m’obliger par un dernier service ,

Après les vains efforts de mes inimitiés ,

Sauve-moi de l’affront de tomber à leurs pieds.

{Elit s' ta va , tt Laonice lui aidt à marcher. )

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