PHOCAS , PULCHÉRIE , HÉKACL1US , CRISPE
( Dans cette Scene et la suivante , He'raclius passe pour Martian , et Martian peur Léonce. He'raclius st connaît , mais Martian ne se cçnnoît pas. )
PlIOCAS, à He'raclius.
A. pproche , Martian , que je te le répété.
Cette ingrate furie, après tant de mépris.
Conspire encor la perte et du pere et du fils : Elle-même a semé cette erreur populaire ,
D’un faux Héraclius qu’elle accepte pour frère ;
Mais quoi qu’à ces mutins elle puisse imposer , Dctnain ils la verront mourir ou t’épouser.
HÉRACLIUS,
Héraclius.
Seigneur....
Garde sur toi d’attirer ma colere.
Dussai-je mal user de cet amour de pere ,
Étant ce que je suis , je me dois quelque effort.
Pour vous dire , Seigneur, que c’est vous faire tort ,
Et que c’est trop montrer d’injuste défiance De ne pouvoir régner que par son alliance.
Sans prendre un nouveaudroit du nom de son époux ^ Ma naissance suffit pour régner après vous :
J’ai du coeuf , et tiendrois l’Empire meme infâme.
S’il falloit l’obtenir de la main d’une femme.
Eh! bien, elle mourra, tu n’en as pas besoin. Héraclius.
De vous-même , Seigneur * daignex mieux prendre soin : Le peuple aime Maurice ; en perdre ce qui reste Nous rendroit ce tumulte au dernier point funeste.
Au nom d’Héraclius , à demi soulevé ,
Vous verriei par sa mort le désordre achevé.
Il vaut mieux la priver du rang qu’elle rejette ,
Taire régner une autre , et la laisser sujette ,
Et d’un parti plus bas punissant son orgueil....
Quand Maurice peut tout du creux de son cercueil,
A ce fils supposé , dont il faut me défendre >
Tu parles d’ajouter un véritable gendre 1
TRAGÉDIE. ij
Héraclius.
Seigneur, j’ai des amis chez qui cette moitié...,
A l’épreuve d’un sceptre il n’est point d’amitié.
Point qui ne s’éblouisse à l’éclat de sa pompe ,
Point qu’après son hymen sa haine ne corrompe.
Elle mourra , te dis-je.
PU LCHÉRIE,
Ah ! ne m’empêchez pas De rejoindre les miens par un heureux trépas.
La vapeur de mon sang ira grossir le foudre Que Dieu tient déjà prêt à le réduire en poudre ,
It ma mort en servant de comble à tant d’horreurs.,.»
Par ses remercîmens juge de scs fureurs.
J’ai prononcé l’arrêt , il faut que l’effet suive. Résous-la de t’aimer , si tu veux qu’elle vive ,
Sinon, j’en jure encore et ne t’écoucc plus ,
Son trépas dès demain punira scs refus.
( Pbocas a Crispe sortent. )
i* HÉRACLIUS,
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