‹ Pompee, tragedie de P. CorneilleChapitre 88 sur 122 · PHOCAS , PULCHÉRIE , HÉKACL1US , CRISPE · texte numérisé non relu

PHOCAS , PULCHÉRIE , HÉKACL1US , CRISPE

( Dans cette Scene et la suivante , He'raclius passe pour Martian , et Martian peur Léonce. He'raclius st connaît , mais Martian ne se cçnnoît pas. )

PlIOCAS, à He'raclius.

A. pproche , Martian , que je te le répété.

Cette ingrate furie, après tant de mépris.

Conspire encor la perte et du pere et du fils : Elle-même a semé cette erreur populaire ,

D’un faux Héraclius qu’elle accepte pour frère ;

Mais quoi qu’à ces mutins elle puisse imposer , Dctnain ils la verront mourir ou t’épouser.

HÉRACLIUS,

Héraclius.

Seigneur....

Garde sur toi d’attirer ma colere.

Dussai-je mal user de cet amour de pere ,

Étant ce que je suis , je me dois quelque effort.

Pour vous dire , Seigneur, que c’est vous faire tort ,

Et que c’est trop montrer d’injuste défiance De ne pouvoir régner que par son alliance.

Sans prendre un nouveaudroit du nom de son époux ^ Ma naissance suffit pour régner après vous :

J’ai du coeuf , et tiendrois l’Empire meme infâme.

S’il falloit l’obtenir de la main d’une femme.

Eh! bien, elle mourra, tu n’en as pas besoin. Héraclius.

De vous-même , Seigneur * daignex mieux prendre soin : Le peuple aime Maurice ; en perdre ce qui reste Nous rendroit ce tumulte au dernier point funeste.

Au nom d’Héraclius , à demi soulevé ,

Vous verriei par sa mort le désordre achevé.

Il vaut mieux la priver du rang qu’elle rejette ,

Taire régner une autre , et la laisser sujette ,

Et d’un parti plus bas punissant son orgueil....

Quand Maurice peut tout du creux de son cercueil,

A ce fils supposé , dont il faut me défendre >

Tu parles d’ajouter un véritable gendre 1

TRAGÉDIE. ij

Héraclius.

Seigneur, j’ai des amis chez qui cette moitié...,

A l’épreuve d’un sceptre il n’est point d’amitié.

Point qui ne s’éblouisse à l’éclat de sa pompe ,

Point qu’après son hymen sa haine ne corrompe.

Elle mourra , te dis-je.

PU LCHÉRIE,

Ah ! ne m’empêchez pas De rejoindre les miens par un heureux trépas.

La vapeur de mon sang ira grossir le foudre Que Dieu tient déjà prêt à le réduire en poudre ,

It ma mort en servant de comble à tant d’horreurs.,.»

Par ses remercîmens juge de scs fureurs.

J’ai prononcé l’arrêt , il faut que l’effet suive. Résous-la de t’aimer , si tu veux qu’elle vive ,

Sinon, j’en jure encore et ne t’écoucc plus ,

Son trépas dès demain punira scs refus.

( Pbocas a Crispe sortent. )

i* HÉRACLIUS,

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