H É R A C L I US
Dans l’éternelle erreur d’être sorti de vous 5 Mais je tiendrois à crime une telle pensée.
Je me plains seulement d’une ardeur insensée,
D’un détestable amour que pour ma propre soeu* Vous-mêmes vous avez allumé dans mon cœur.
Quel dessein faisiez-vous sur cet aveugle inceste?
* Léontine.
Je vous aurois tout dit avant ce nœud funeste.
Et je le craignois peu , trop sûre que Phocas, Ayant d’aut.es desseins ne le souffriroit pas.
Je voulois donc , Seigneur , qu’une flamme si belle Portât votre courage aux vertus dignes d’elle ,
Et que votre valeur l’ayant su mériter ,
Le refus “du Tyran vous pût mieux irriter.
Vous n’avez pas rendu mon espérance vaine,;
J’ai vu dans votre amour une source de haine.
Et j’ose dire encor qu’un bras si renommé Peut-être auroit moins fait si le cœur n’eût aimé. Achevez donc. Seigneur, et puisque Pulchdrie Doit craindre l’attentat d’une aveugle furie....
Peut-être il vaudroit mieux moi-même la porter A ce que le Tyran témoigne en souhaiter.
Son amour qui pour moi résiste à sa colère ,
N’y résistera plus quand je serai son ffere ; Pourrois-je lui trouver un plus illustre époux ? . Léontine.
Seigneur , qu’allez-vous faire , et que me dites-vous î M A R T 1 A N.
Que peut-fitre, pour rompre un si digne hy menée,
l’expose à tort sa tête avec ma destinée ,
Et fais d’Héraclius un chef de Conjurés ,
Dont je vois les complots encor mal assurés.
Aucun d’eux du Tyran n’appioche la personnel Et quand même l’issue en pourrait être bonne , Peut-être il m’est honteux de reprendre l’État Par l’infâme succès d’un lâche assassinat :
Peut-ctce il vaudrait mieux en tête d’une armée Paire parler pour moi toute ma renommée ,
Et trouver à l’Empire un chemin glorieux ,
Pour venger mes parens d’un bras victorieux.
C'est dont je vais résoudre avec cette Princesse,
Pour qui non plus l’amour, mais le sang m’intéresse. Vous, avec votre Eudoxe....
Léontine.
Ah 1 Seigneur, écoutez.
J’ai besoin de conseils dans ces difficultés ;
Mais, à parler sans fard , pour écouter les vôtres , Outre mes intérêts vous en avez trop d’autres.
Je ne soupçonne point vos vœux , ni votre foi ;
Mais je ne veux d’avis que d’un coeur tout à moi. Adieu.
( Il ton. )
héra CHUS,