‹ Pompee, tragedie de P. CorneilleChapitre 98 sur 122 · H É R A C L I US · texte numérisé non relu

H É R A C L I US

Dans l’éternelle erreur d’être sorti de vous 5 Mais je tiendrois à crime une telle pensée.

Je me plains seulement d’une ardeur insensée,

D’un détestable amour que pour ma propre soeu* Vous-mêmes vous avez allumé dans mon cœur.

Quel dessein faisiez-vous sur cet aveugle inceste?

* Léontine.

Je vous aurois tout dit avant ce nœud funeste.

Et je le craignois peu , trop sûre que Phocas, Ayant d’aut.es desseins ne le souffriroit pas.

Je voulois donc , Seigneur , qu’une flamme si belle Portât votre courage aux vertus dignes d’elle ,

Et que votre valeur l’ayant su mériter ,

Le refus “du Tyran vous pût mieux irriter.

Vous n’avez pas rendu mon espérance vaine,;

J’ai vu dans votre amour une source de haine.

Et j’ose dire encor qu’un bras si renommé Peut-être auroit moins fait si le cœur n’eût aimé. Achevez donc. Seigneur, et puisque Pulchdrie Doit craindre l’attentat d’une aveugle furie....

Peut-être il vaudroit mieux moi-même la porter A ce que le Tyran témoigne en souhaiter.

Son amour qui pour moi résiste à sa colère ,

N’y résistera plus quand je serai son ffere ; Pourrois-je lui trouver un plus illustre époux ? . Léontine.

Seigneur , qu’allez-vous faire , et que me dites-vous î M A R T 1 A N.

Que peut-fitre, pour rompre un si digne hy menée,

l’expose à tort sa tête avec ma destinée ,

Et fais d’Héraclius un chef de Conjurés ,

Dont je vois les complots encor mal assurés.

Aucun d’eux du Tyran n’appioche la personnel Et quand même l’issue en pourrait être bonne , Peut-être il m’est honteux de reprendre l’État Par l’infâme succès d’un lâche assassinat :

Peut-ctce il vaudrait mieux en tête d’une armée Paire parler pour moi toute ma renommée ,

Et trouver à l’Empire un chemin glorieux ,

Pour venger mes parens d’un bras victorieux.

C'est dont je vais résoudre avec cette Princesse,

Pour qui non plus l’amour, mais le sang m’intéresse. Vous, avec votre Eudoxe....

Léontine.

Ah 1 Seigneur, écoutez.

J’ai besoin de conseils dans ces difficultés ;

Mais, à parler sans fard , pour écouter les vôtres , Outre mes intérêts vous en avez trop d’autres.

Je ne soupçonne point vos vœux , ni votre foi ;

Mais je ne veux d’avis que d’un coeur tout à moi. Adieu.

( Il ton. )

héra CHUS,

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