‹ Pompee, tragedie de P. CorneilleChapitre 99 sur 122 · LÉONTINE · texte numérisé non relu

LÉONTINE

Tout me confond , tout me devient contraire:

Je ne fais rien du tout , quand je pense tout faire ;

Et, lorsque le hasard me flatte avec excès.

Tout mon dessein avorte au milieu du succès.

Il semble qu’un démon , funeste a sa conduite ,

Des beaux commcncemens empoisonne la suite.

Ce billet dont je vois Martian abusé ,

Fait plus en ma faveur que je n’aurois osé ,

Il arme puissamment le fils contre le pere ;

Mais comme il a levé le bras en qui j’espere ,

Sur le point de frapper , je vois , avec regret >

Que la nature y forme un obstacle secret.

La vérité le trompe et ne peut le séduire :

Il sauve , en reculant , ce qu’il croit mieux détruire ;

Il doute , et du côté que je le vois pencher ,

U va presser l’inceste au lieu de l’cmpêchcr.

Eudoxe.

Madame , pour le moins , vous avez connojfsance De l’auteur de ce bruit et de mon innocence.

Mais je m’étonne fort de voir à l’abandon Du Prince Héraclius les droits avec le nom i Ce Billet confirmé par votre témoignage,

Veut monter dans le trône est un grand avantage.

Si

Si Martian le peut sous ce titre occuper , Pensez-vous qu’il se laisse aisément détromper ,

Et qu’au premier moment qu’il vous verra dédire f Aux mains de son vrai maître il remette l’Empire ? Léontine.

Vous ctes curieuse , et voulez trop savoir.

N’ai-je pas déjà dit que j’y saurai pourvoir? Tâchons , sans plus tarder , à revoir Exupere ,

Pour prendre en ce désordre un conseil salutaire.

Fin du second Acte •

héraclius,

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