‹ Pompei decrite (volume 2)Chapitre 11 sur 28 · ITER QVIN. TRIB MILIT. AB POPVL. EX. D. D · texte numérisé non relu

ITER QVIN. TRIB MILIT. AB POPVL. EX. D. D

On apprend par là que le monument situé entre les deux hémicycles appartenait à Aulus y éjus. Sa base a de bonnes proportions , mais le reste est ruiné. L’élévation du milieu est formée de tuf, et de matières volcaniques.

Chapelle funèbre de Resti tutus, ( près de la porte delà ville.) An. 1765. Au centre s’ élevoit un petit-autel avec cette inscription. M. Cerrinius Restitutus Augustal. On lui a accordé la place par ordre des Décurions .

M. CERRINIVS RESTITVTVS AVGVSTAIilS LOCO DATO D. D.

La même épigraphe en marbre étoit répétée sur la partie supérieure de ce sacellum. Il y a au-dessous , une niche où étoit placée sur une petite base une petite statue , qui aura été enlevée dans une autre époque (46).

Cependant nous arrivions sous la porte Her-

culanèe. La ville entière se déployoit à nos regards. Un mouvement involontaire de surprise et de respect nous retint un moment sur le seuil. Nous saluâmes la terre, où les arts antiques, levant le voile funèbre qui les couvroit, sortirent du tombeau, et coururent rallumer dans l’Europe les flambeaux éteints du goût et du beau.

Pompéi! Tu te réveilles, comme Fpiménide , après un sommeil de plusieurs siècles. Oh ! Que tu seras surprise en voyant nos moeurs, ta postérité changée, et les nations inconnues qui viennent te visiter du bout de la terre. Tu souris des vains efforts du temps et de la fortune, pendant que l’univers antique se réunit près de toi à l’univers moderne. Tu rends aimable la mort même.

Elle ne paroit , dans ton sein , que le songe tranquille d’une nuit orageuse. . . .

Les Fortifications.

On entre dans Pompéi par une ample porte, aux côtés de laquelle sont deux autres portes plus petites pour les gens à pied. Son architecture est très-simple et d’une époque très-postérieure aux murailles publiques. Elle fut peut-être réparée après le siège qu’en fît Silla. Il y avoit en outre 4 autres entrées principales dans Pompéi ; mais celle construite par les Etrusques vers le Samo, mérite seulement quelque attention. Nous en parlerons i son tour.

Dès qu’on entre dans la ville , on rencontre à gauche des marches spacieuses qui conduisent sur les murailles publiques. Ces dernières furent entièrement découvertes depuis 1812 jusqu’à 1814. Ainsi Je plan de Pompéi cessa d’être un mystère.

Ces murailles environnées de parapets et de créneaux sont de vrais bifttions. Formées en quelque endroit par de grandes pierres carrées de travertin sur lesquelles reposent d’autres volcaniques unies sans ciment et d’une manière très-naturelle, elles offrent en général une construction de pierres irrégulières sur le modèle des murs étrusques , qu’on voit encore aujourd’hui à Roselle , à Fié— aole , à Volterra , et de celles que M. Cockerell a observées en Grèce, particulièrement dans les ruines de Æessène , de Platée et de Cheronèe . Elles ne forment nulle part des angles coupés selon l’instruction de Vitruve , ( livre 5 , chap. 5 ) , qui considère ces angles comme très-favorables aux assiegeans. Elles sont hautes de 35 pieds du côté de la ville , et de a 5 du cote de la campagne, et renferment une plate-forme capable de contenir, à certains endroits , jusqu’à 5 chars de front. On peut maintenant s’y promener aussi bien qu’aux jours des Pompéiens.

Ni les béliers, ni ‘les mines pouvoient ébranler ces bastions. C’est ce qui les faisoit regarder comme d’une nature très-suporicure à celle qui se praliquoit ordinairement, en employant un simple mur. Il paroît que les fortifications de

Pompéi du côté de la mer étoient de ce dernier genre ; c’est pourquoi il est probable qu’elles furent plus facilement détruites.

On voit d’espace en espace des tours carrées qui semblent n’avoir pas sailli de beaucoup la ligne extérieure des murailles. La distance de l’une à l’autre étoit d’un jet de dard ; mais vers le septentrion , où l’accès de la colline étoit plus difficile , et par conséquent le danger d’un assaut ennemi moins à craindre, leur distance l’une de l’autre étoit beaucoup plus grande. Elles avoient trois étages dont il nous reste encore les marches ; et enfin des ouvertures étroites, ( poternae ), qui servoient pour les sorties secrètes durant le siège. — C’est de là, que les braves habitans de Pompéi ont dû plus d’une fois livrer des attaques contre les troupes de Silla. — Le mur antérieur des tours, les parapets, et les créneaux des bastions se voient de même renversés exprès. 11 faut croire, que c’est à cette condition que Silla accepta la soumission de Pompéi sur la fin de la guerre sociale. Les réparations que l’on fit aux murs de distance en distance et avec si mé trie , nous démontrent qu’on ne conservoit depuis long - temps cette fortification que pour une simple apparence , puisque ces réparations ne consistent qu’en cette construction appelée incertum , composée, de tufs mis sans ordre et recouverts de stuc , auquel on donna la forme de la muraille plus ancienne.

Les caractères osques et étrusques gravés sur le revers de chaque pierre étoient peut-être des signes faits par les ouvriers pour en connoître l’exacte situation. U est à présumer que l’on tailloit et qu’on appareilloil ces pierres dans l’endroit même d’où on les tiroit , pour éviter le transport d’un poids inutile ; et comme quelque événement imprévu auroit pu effacer ces signes , c’est pour cette raison qu’ils étoient profondément gravés. •

Habitations.

Les maisons de Pompéi sont toutes construites sur le même goût. Une ou plusieurs entrées et , quelquefois des boutiques , forment la façade du rez-de-chaussée. Elles ont des corniches et des pilastres , sur les chapiteaux desquels oû voit gracieusement sculptés, tantôt une jeune fille qui agite un tympanon ; tantôt une plante qui commence à fleurir et un oiseau qui s’y repose un instant; tantôt un Hercule qui soutient d’une main une coupe , et de l’autre sa massue et l’architrave de la porte. Les murs extérieurs sont recouverts d’un stuc dur et brillant comme le plus beau marbre, et souvent peint des couleurs les plus vives. — Les étages supérieurs avoient de petites fenêtres, et étoient surmontés d’un toit , et plus souvent d’une terrasse ,

( pergula ) , ornée de vignes et de plantes qui

HISTORIQUE. y9

y formoient une voûte de verdure et de fruits. Ainsi des jardins aériens étoient comme suspendus sur des jardins inférieurs.

Toutes ces habitations avoient un appartement public, ( Atrium, ), selon l’antique usage Italique; et un autre privé avec des entre-colonnes ( perislylum ) , ce qui étoit une marque distinctive de l’architecture Grecque (47)- Elles sont donc d’un style mixte. Lorsqu’elles n’étoient pas construites en amphithéâtre, elles avoient un second étage , ( caenacula ) , habité quelquefois par les femmes de !a maison, mais le plus ordinairement par les gens du peuple , et plus souvent encore par les esclaves. Il n’en reste maintenant que les escaliers.

Les anciens passoient leur vie presque toujours hors de leurs maisons, et ils ne s’en servoient que pour le temps nécessaire à leurs besoins et pour leurs commodités, qu’une civilité raffinée au dernier point ayoit alors rendues nombreuses. C’est pourquoi les habitations sont trèsétroites. Mais l’extrême petitesse des chambres dépend sur-tout du grand nombre dont on avoit besoin pour les difierens usages auxquels elles étoient destinées.

Pour peu qu’elles se fussent agrandies, la maison auroit pris l’aspect d’un village. Des bains , des ètuvee , F hospice, les chambres pour les esclaves, F appartement public , Fappartement privé, la bibliothèque , le sacrarium , la salle de bal , la

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salle (le compagnie, la cuisine , le grenier , les jardins... voilà ce qui composent ordinairement le domicile d’un Pompéien. Le nombre de tant de membres étoit prodigieux; la petitesse de l’enceinte qui les contenoit ne de voit-elle pas l’étre aussi?

Il est singulier cependant qu’on n’y ait pas encore trouvé ni écuries, ni cheminées ; le tube destiné à cet usage , que l’on voit dans une boutique sur la grande rue et dans la cuisine du Temple (Tlsis avec ceux des Fours , en sont des exemples fort rares.

Les Pompéiens passoient toute leur vie en plein air ; leur ciel est si doux et si serein, qu’ils ne vouloient jamais le perdre de vue. Une cour découverte avec des portiques à l’entour pour s’y réfugier pendant les pluies ou pendant les heures brûlantes de la journée, voilà tout ce qui constituoit leurs édifices publics et particuliers.

Les peintures et les décorations des chambres ou des monumens font constamment allusion à l’objet auquel ils étoient destinés. Le pavé est partout couvert de mosaïques, souvent d’un travail surprenant. Us représentent des méandres , des chasses , des fleurs , des ornemens d’architecture et une foule de figures bizarres ou gracieuses.

En voyant une si grande profusion de goût , de richesses et d’arts dans les maisons les plus simples, nous serions presque tentés de demander... Et où habitoient donc les pauvres à Pompéi?

historique.

Maison du triclinium.

Après avoir descendu les murs , on doit observer «ne habitation petite, mais gracieuse. Un triclinium couvert d’une treille, une chapelle protégée encore par l’image de Y Abondance sa divinité tutélaire, et une chambre à coucher ou à manger pendant l’hiver, la partagent en trois parties. Son maître, qui étoit peut-être l’ofïicier chargé de la garde de la porte publique, pouvoit s’écrier avec Martial. — Les cris de ceux qui passent me réveillent. La ville est à la porte de ma chambre à coucher.

Auberge publique de Jules Polybe à droite de la rue. - An: 176g. Sa première porte étoit destinée pour le passage des chars. On passe ensuite dans d’autres chambres spacieuses, oit l’on déposoit les marchandises. Des foyers avec un vide au-dessous pour le bois; des sièges de maçonnerie pour distribuer les viandes; des chambres pour les étrangers, et une boutique d’eaux sucrées et de liqueurs , ( termopolium ) ; voilà tout ce qui constitue cet édifice. De la seconde cour, on descend dans un souterrain le plus vaste et le mieux conservé dans tout Pompéi. Il est parallèle à la rue, et reçoit le jour par trois fenêtres. On y conservoit le vin : malheureusement les guides ne se donnent pas le- peine d’y conduire les voyageurs.

Les gens, du peuple venoient loger dans ces hôtelleries. Mais les personnes qui avoient des connoissances dans la ville logeoient chez leurs amis (48). Le nom du proprie'taire , Julius Pofybius,,c toit peint en noir devant la porte; cet usage si simple et si singulier, indique constamment le nom des vendeurs dans toutes les boutiques de Pornpéi.

Un grand phallus , sculpté sur la hauteur d’un pilastre, servoit comme de talisman pour préserver du fascinum les voyageurs , et cet endroit consacré au commerce»

Lieu de repos , et seconde Auberge de Jules Polybe etdPAgathus F~ajus. An. 1770. — A gauche on rencontre un autre termopolium. 11 a son . fourneau ordinaire , quelques gradins pour y déposer les tasses , et un banc de pierres recouvert de marbres , sur lesquels la liqueur a laissé des taches. Sur le mur on avoit peint Mercure avec une bourse. On passe de là dans le fond de l’habitation du maître de la boutique; nous y trouvâmes seulement un figuier sauvage , qui répandoit en murmurant son ombre mêlant colique et hospitalière.

Vient ensuite une nouvelle Auberge: on trouva dans sa vaste cour les restes de trois chars , et on y voit encore deux fontaines avec des abreuvoirs pour les bestiaux.

Sur la façade de l’édifice on lisoit une inscription faîte au pinceau , qui indiquoit que tous

les muletiers. qui y avoient le logement, unis avec un des propriétaires Agathus Vcijus , se recommandoient à la protection de V Edile C.

Cuspius Pansa. C. Cuspium Pansant Aed. Muliones universi Agatho Vajo.

Dans cette autre épigraphe, écrite au-dessous de la précédente , on a le nom de l’autre maître de l’ Auberge. Iulius Polybius Collegafecit^ 4g).

Les habitations qui sont situées sur le côté droit de la rue ne présentent que des ruines. Celles-ci seules, comme étant les plus proches du passage qui conduit à Nocère et à Salerne, et par conséquent les plus exposées , ont éprouvé les recherches , les dévastations et les outrages de 17 siècles d’avidité et de barbarie.

Malgré cela , leurs ruines offrent un intérêt tout- à-fait nouveau. Ici les maisons ont trois étages et sont construites sur les anciennes murailles de la ville, démolies pour cette raison. Elles descendoient en amphithéâtre jusqu'à la marine qu’elles dominoicnt alors; elles présentoient de loin le plus magnifique et le plus pittoresque coup-d’œil possible. Les Pompéiens, en se formant ainsi des domiciles entièrement ouverts d’un côté , jouissoient d’une vue plus étendue, d’un air plus pur, d’une plus grande liberté, et pouvoient se promener et s’entretenir avec leurs amis dans les cours et sur les terrasses, sans être vus ni entendus. Ils dressoient leurs tables autour de leurs jardins, sous les portiques

et mangeoient, en respirant la brise de la mer , ce qui est , pour nos climats brûlans , tin vrai plaisir , et même un besoin.

Dans une de ces habitations on trouva dix têtes de morts ; celle d'un jeune enfant nous fait connoître que ses parens périrent avec lui.

Maison appelée des Vestales. An. 1770. Elle a un vestibule partagé en trois chambres , décorées par quatre demi-colonnes qui. donnoient presque à cette habitation la forme d’un temple. Il çst orné de superbes mosaïques , et de belles peintures. On peut y rcconnoître un Faune qui soulève le manteau d’une Bacchante endormie ; idée que les peintres Pompéiens aimoient à reproduire souvent.

Nous entrâmes dans V Atrium ( 5 o) ; il formoit la partie publique des antiques habitations. Il a dans le centre une cour, ( cavaedium ), qui, quoiqu’elle eût été couverte, avoit une ouverture au milieu de son toit, ( compluvium ) , qui servoit à éclairer cet endroit, et par laquelle les eaux de pluie tomboient dans un bassin carré (impluvium), qui les communiquoit à des citernes faites avec un soin particulier. Un salon, ( triclinium ), destiné aux festins des hôtes, et autrefois pavé en riches mosaïques de verre, est placé à côté de Y Atrium. On y observe encore la figure d’un poisson , symbole de l’objet au quel il étoit destiné. La chambre d’audience ( tablinum ) , est en face. Le Pompéien environné des images

de ses ancêtres y recevoit dès l’aurore , ses cliens, les gens de sa famille , et ses amis. Il donnoit aux uns des conseils salutaires, sourioit agréablement aux autres, et offroità tous sa protection et ses services. Il sortoit ensuite , et étoit accompagné d’un nombreux cortège au forum, aux temples, aux tribunaux. — Pendant ce temps, sa famille commençoit à se lever. De lentes de pourpre étoient dressées sur T Atrium; des rideaux de la couleur du Ciel et parsemés d’étoilés tomboient de toutes parts pour fermer aux profanes les passages ( fauces ) , aux appartemens des jeunes filles, ( gyneconitis . . . . ). De grands mystères alloicnt s’accomplir. Poursuivons',; les ombres des aimables maîtresses de cette demeure , pardonneront à un obscur voyageur le désir de se prosterner sur les traces de leurs pas, et de brûler quelques grains d’encens sur l’autel de leurs pénates. Voilà la chambre à coucher ( cubiculum ). Le degré devoit contenir un lit élégant de bronze , semblable à celui qu’on admire dans le Musée Royal de Naples. Ces tableaux voluptueux n’indiquent que trop de ne pouvoir être mieux décrits que par le silence. Les amies ingénues de Cythérée semblent encore présider à cet asile du mystère et de l’amour.

Mais déjà la belle Pompéienne abandonnoit ses lits de pourpre et passoit dans le bain. Rien n’cst comparable aux délices dont elle devoit y jouir. Cetto chambre étoit ouverte de tous les

côtés. Une belle petite statue qui représentent peut-être une Naïade , y versoit de ses mamelles , des eaux très -fraîches. Enfin on tiroit les rideaux et la dame arrivoit à la toilette. Elle y recevoit successivement ‘ de ses esclaves le lait d’ânesse , le fard , les pommades odoriférantes , l’eau pour noircir les cheveux , le fer pour les friser , le billet galant , et T ode amoureuse de quelque poète adulateur. Cependant l’esclave qui étoit le gardien de l’entrée secrète de cette mai. son , tenoit les noms de ceux qui dévoient y être introduits. Un petit nombre de créanciers , peu de belles femmes pénétroient dans ce sanctuaire, ouvert aux devins 7 aux porteurs de lettres , aux libraires , et à la fleuriste égyptienne.

De jeunes pages servoient la collation , pendant laquelle on annonçoit le Philosophe de la maison , dont la barbe , le manteau , la contenance stoïque contrastoient avec la coquetterie de la matrone , qui s’informoit tantôt des livres nouveaux, et tantôt des anecdotes scandaleuses et des modes qu’on avoit observées à la dernière fête publique, et au théâtre. Elle prenoit ensuite congé du triste successeur de Zènon , achevoit sa toilette , et prenoit des. mains de ses femmes la cassette qui renfermoit ses bijoux, et les talismans, qu’un prêtre de Sérapis avoit consacré sous une heureuse constellation.... Tout étoit prêt; et la Dame donnoit le signal du départ par le bruit de ses doigts. La litière l’altendoit à l’issue secrète de

la petite rue. Huit robustes Gappadociens élevoient ce trône élégant sur leurs épaules , et partoient , au milieu des Précurseurs noirs, qui crioient .- faites place (5i). ,

L’habitation qui suit , appartenoit peut-être au propriétaire de celle que nous venons de parcourir ; il l’acheta de son voisin , et l’ajouta à la sienne.

Nous arrivâmes immédiatement à l’appartement publie , où étoient les demeures des hommes , ( andronitis ) ; et après avoir traversé une petite cour autour de laquelle sont les chambres à coucher , et celle destinée aux affaires , nous nous empressâmes de rendre notre visite aux Pénates. Nous entrâmes dans la dépense et leur rendîmes plusieurs fois le salut , Salve , que , du seuil de cette maison , ils dirigent encore aux étrangers. Nous nous mîmes ensuite à parcourir la cuisine et ses dépendances. Les moulins à blé attendoient la main qui devoit les mettre en mouvement, après tant d’années de repos. L’huile étoit dans des vases de verre , les châtaignes , les dattes , le raisins secs et les figues annonçoienl dans la chambre voisine les provisions de l’hiver qui s’approchoit ; et de grandes amphores de vin nous rappeloicnt les consulats de César et de Cicéron.

Nous pénétrâmes dans l’appartement privé. Des portiques magnifiques et délicieux y régnent toutà-l’cntour. De nombreuses colonnes de la plus

sa PRÉCIS

belle prôponion, et recouvertes de stuc et de couleurs trcs-fraîches, y environnoient un agréable jardin , un vivier et un bain. Des peintures gracieuses , des ornemens délicats , des cerfs , des sphynx, des fleurs sauvages et bizarres en revêtent. partout les murs. Les cabinets des jeunes filles et la toilette, avec des peintures analogues, sont disposées sur les flancs. Dans celle-ci on trouva une quantité d’ ornemens de femmes , et le squelette d’un petit chien.

On découvre dans le fond une salle en forme de demi-cercle décorée de niches , et autrefois de statues , de mosaïques , et de marbres. Un autel , sur lequel le feu sacré brûloit perpétuellement, s’élevoit au centre. C’est le sacrarium. Dans cet endroit secret et vénéré, les jours les plus sacrés et les plus mémorables de la famille se passoient en réjouissances. Le jour de naissance on sacrifioit au Génie protecteur ou à Junon , on offroit à la Fécondité des couronnes de pavots , dont les semences sont innombrables ; et l’esclave y embrassoit , en tremblant , les genoux même des Furies.

Suétone nous apprend que Claude , qui fut ensuite Empereur , pour se soustraire à la haine de Tibère , se retira à Pompe'i avec Drusus son fils , qui y mourut étouffé par une pomme qu’il jeloit en l’air en jouant , et qu’il tachoit de rattraper avec la bouche. Instruit de ce fait , l’abbé Romanelli s'écrie tout-à-coup: N’cst-il

pas probable que Claude ait habité dans cette maison ?. .

Demeure dû un Chirurgien. An. 1771. Elle a un seul atrium et le jardin en face. Elle contient i 3 chambres dont une est d’une grandeur extraordinaire ; c’étoit vraisemblablement la salle anatomique ou V école: on y trouva plus de 14 instrumens de chirurgie ( 5 a).

Douane ( Telonium ). On entre dans une salle par une porte très- large, au fond de laquelle on observe un piédestal , construit peutêtre pour soutenir une statue. On y trouva une grande quantité de poids de marbre et de plomb ; sur un de ceux-ci on lisoit , Erne ( acjiète ) , et Habhebis ( sic ) ( tu l’auras ) ( 53 ). Comme aussi une balance , une romaine avec des crochets à l’extrémité de ses chaînes , et une autre à plateaux ; sur le fléau an lisoit ces paroles.

Imp. Vesp. Aug. IIX. C. Imp. Aug. T. VI. .

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