‹ Pompei decrite (volume 2)Chapitre 23 sur 28 · OBJETS · texte numérisé non relu

OBJETS

avec deux mains qui se serrent en signe de fidélité ) , des bracelets , une épingle avec un génie bachique pour une initiée dTsis , des pièces d’étoffe, une bulla, des galons , et des feuilles entassées pour dorer. En argent ; des bassins, des trépieds, des plats, des cuillers ,( jamais de fourchettes ), des casseroles avec des bas-reliefs, un passoir pour le vin, des miroirs, des vases figurés, des anneaux, les bas-reliefs de la mort de Cléopâtre , et une agraffe où est gravé un guerrier romain armé de toutes pièces , et le char du Soleil qui précède ses pas. Un encrier rond de bronze avec de l’encre coagulée , des terres colorées ( avec des minéraux ) , une petite meule pour les mettre en pâte , et une palette avec une belle teinture de rose déjà préparée ponr peindre.

Viennent ensuite les chambres des bronzes.

Voici les ustensiles de cuisine 5 les vases pour l’eau chaude , les poêles à frire , et les formes pour les petits pâtés. Les trous des passoirs de bouillons sont travaillés avec tant de finesse, qu’ils paroissent brodés sur le voile ; ils sont recouverts en argent. Les anciens se servoient des plus précieux métaux là où nous employons les plus vils ; étoicnt-ils plus magnifiques et plus polis que nous ? Parmi les tables en mosaïque , et les pavés de toutes ces salles, les plus admirables sont certainement ceux qui appartiennent à Pompéi et à Hercuianum.

On voit ensuite les candélabres , les lanternes

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avec des petites feuilles de talc , et les lampes. Quelle élégance! Une souris ronge le lumignon de cette larnpe. — Sur une table de bronze mar-* quêté avec des fleurs d’argent , s’élève un petit pilastre auquel sont suspendues des lampes à plusieurs lumières , ornées de têtes de taureau ; un petit Bacchus avec un verre en main fuit sur une panthère, et un autel jette de la fumée à quelque distance. — Des lampes ont la forme d’un est argot ; celles-là sont suspendues à un arbre effeuillé. Une étoit consacrée à lais et au Silence ; une autre à Cupidon. Le petit Dieu la tient dans ses mains et l’éteint ; le sommeil et les ténèbres rentroient alors dans la chambre à coucher.

Regardez ces ustensiles sacrés et ces vases. Mais quelle foule de petits Pénates ! Trois Spbynx forment un trépied sur lequel ctoit la corbeille mystérieuse.

Ici est une chaise curule , là un biselUum,.

On portoit par la ville, sur ce lit élégant, l’image à' Apollon, ou de Vénus pendant les fêtes d’adonis. Voilà enfin les armes , les bronzes à sonner , ( sonat aes ) , les serrures , les clefs , les cachets, les clochettes pour les animaux, des écritoires avec l’encre condensée, des augets pour des oiseaux, des réchauds ingénieux, et les instrumens de religion, d’agriculture, de musique , et de chirurgie.

La toilette des Dames , ( que les anciens appelaient par ironie mundus muliebris ), est située

SCUPLTURE. aoi

près de là. Des peignes , du fard , des miroirs de métal, des cure-dents , des cure-oreilles, des

fuseaux , des épingles , des dés à coudre

üst— il possible ? Un artiste ancien a travaillé tous ces objets? Regarde-les, ô lecteur, et tu diras qu’on les a volés à ta maîtresse. Eh bien, tu sais maintenant que la coquetterie est plus ancienne que tu ne l’aurois pu supposer.

Sculpture.

Outre les statues dont nous avons parlé, on en a transporté dans différentes époques beaucoup d’autres à Naples , parmi lesquelles celles (T Apollon , d’une Venus qui se chausse un pied après être sortie du bain , de l’ Abondance, de Cérès, et d’un Enfant qui a du raisin dans une main et une oie dans l’autre; un bas-relief d’une Minerve et des Hermès d’un style imitant le grec ancien ; un Apollon de bronze de hauteur presque naturelle , dans l’attitude de décocher le trait fatal , et uu Hercule enfant de terre cuite avec une inscription osque dans laquelle il est peut-être nommé meurtrier des dracons. Enfin un Acteur et une Actrice masqués j monumens très-rares en terre cuite.

La très- jolie statue de Diane , qu’on voit au Num. ai de la collection étrusque et grecque ancienne du Musée de Naples, a été retrouvée à Pompéi (g5). Elle étoit colorée eu or et en pourpre.

2ù2 PEINTURES.

Son style est une précieuse imitation de l’antienne école grecque d’Egine (96).

Les belles et nombreuses statues qui dévoient orner le Forum , le temple de Vénus et les autres monumcns , ou furent enlevées après la ruine de Pompéi , ou endommagées par le tremblement de terre ; elles furent transportées dans quelque atelier de Statuaire où il faut espérer de les retrouver un jour. Quel gain immense pour l’antiquité et pour les arts, si cette idée pourvoit une fois se réaliser !

Peintures.

Les peintures de Pompéi sont à trempe , et quelquefois, mais rarement à fresque. Le style est presque toujours grec , pris au plus haut sens du mot , Le dessin est souvent correct et d’une finesse inimitable ; le clair-obscur est bien entendu ; la composition douce : le nu , V expression , les habits , et les plis d’une grâce et d’une franchise tout à fait propre des anciens. La perspective n’est qu’indiquée.

Les païsages sont touchés avec habileté , mais pas si finis que ceux des modernes.

Les ornemens sont des arabesques , et les décorations , d’un goût séduisant , mais bizarre et périlleux. Mar: Ludius Romain, en fut l’inventeur au temps d’Auguste , c’est-à-dire dans une époque mémorable pour la pureté du goût , et

PEINTURES. aoS

pour la perfection des lettres et des arts. On y a représenté des palais que seulement une imagination eu délire a pu inventer, et qui semblent avoir donné la vie aux monumens mysté* rieux et enchantés des Maures. Architecture magique, dit Châteaubriand, comme les vieilles poésies des Troubadours , mais que les vents peuvent emporter , avec le sable qui leur servit de premier fondement.

Ici sont dépeints des animaux: plus là, des fruits. Aux uns , il ne manque que le souffle ; aux autres, le goût.

On y trouve des plantes sauvages, des poulets et deux perdrix , dont une est morte. Rien n’est plus vrai que la perdrix morte. Le raisin, les figues, les asperges semblent venir d’être cueillis ; des oiseaux courent les béqueter.

On peut voir ces tableaux dans le Musée, ainsi que d’autres plus beaux encore. Arianne éveillée sur les rivages d’une île déserte , et le vaisseau de Thésée déjà bien loin. Phryxus sur le bélier, qui tend la main à Hellès tombée dans la mer; Europe sur le taureau couronné de roses; Psyché avec les ailes de papillon ; Marsias et Olympe ; les Muses avec Apollon , ( on les envoya à Paris en 1802 ) ; un Peintre peut-être la célèbre Lala qui dépeint un Hermès de Bacchus avec la barbe , et deux jeunes filles qui s’arrêtent sur l’issue et la contemplent; Oreste reconnu par Iphigénie dans le Temple de Diane ;

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