‹ Pompei decrite (volume 2)Chapitre 24 sur 28 · PEINTURES · texte numérisé non relu

PEINTURES

une Vénus nue et superbe étendue sur une conque , sur les flots ; Pénélope \ qui refuse le conseil d’ Eurinome de s’embellir avant de se montrer à ses amans; Sophonisbe qui boit le poison ; une Victoire qui sacrilie à Minerve victorieuse de P allante; des bambochades , des Amours , et partout les Grâces. Elles ne dédaignoient pas d’embellir même le domicile du pauvre.

Chaque boutique avoit au dehors des échantillons , où des Génies invitoient les acheteurs , en leur montrant les objets qu’on y vendoit.

Différons morceaux de peintures qui représentent un Forum avec de longs portiques ornés de eolonnes , de festons et de statues, sont extraordinairement précieux. On y distingue les Curies des Magistrats avec des rideaux et des barreaux de bronze; sous les portiques, des hommes, des femmes et des enfans habillés différemment , qui semblent écouter , ou parler , lire , vendre et acheter. On y observe des vendeurs de souliers , de draps, des alimens, et des fruits. Des maîtres d’école , et des écoliers punis ; des artistes qui dessinent les statues mêmes du Fora n ; des artisans qui travaillent, et d’autres qui badinent, boivent et se promènent; des pauvres qui demandent Faumône ; des chevaux qu’on dresse et des jumens qui ruent. Peintures intéressantes qui offrent de grandes lumières sur le Forum de Pornpéi et sur ses parties. On les détacha de l’habitation de Julie Félix, celle qui,

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comme nous l’avons vu, louoit çjoo boutiques , et qui étoit si dévouée à Isis, à Priape et au Silence.

Enfin, des Nymphes apportant des mets, dos vases, une petite corbeille couverte, cl des Heurs. Un Centaure prend la fuite , stimulé pur une. Bacchante qui le monte ; et à quelque distance on a représenté deux Centaures femelles , l’une surmontée d’une Nymphe; et une autre qui en embrassant un jeune homme, chante alternativement avec lui , au son des cymbales et de la lyre. Ces peintures embellissoient les murs d’une salle à manger , dans la maison de M. Frugius , ( voyez pag. 67 ) et sont aujourd’hui au Musée. Les chants , les jeux et les danses succédoient aux soupers. On y voyoit encore dépeints les exercices des Funambules et quelques - unes de ces charmantes danseuses qui, cnveloppiées dans des robes légères comme le crêpe , ou demi nues, au milieu des parfums d’innombrables fleurs , s’abandonnoient à la joie de mille tendres mouvemens, pendant que l’astre de Vénus leur prodiguait, des sombres sommets du Vésuve, ses rayons amoureux.

Toutes les peintures étoient dépeintes sur les murs, et exécutées ordinairement par des artistes d’une classe secondaire , et quelquefois sur des originaux d’un ordre supérieur. On y observe beaucoup de degrés différens de mérite, et parconséquent beaucoup de styles. Nous ne pourrions

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terminer cet article , sans faire des vœux , afin que les artistes modernes, en etudiant mieux la peinture des anciens , atteignent cette précieuse imagination, cette ingénuité, et ce goût par lequel nos ancêtres seront toujours nos maîtres dans tous les arts.

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