SALVIVS P VER VIX. ANNIS V
Grand sépulcre en ruines. Il est derrière ceux que nous venons de nommer. On trouva par terre ce beau fragment, modèle de tendresse et
de simplicité: Servilia à T ami de son âme :
SERVILÏA AMICO ANÏMAE
Cénotaphe de Céjus , et de Labèon. 1812.
Son architecture est un peu bizarre. Il consiste en une grande base sur laquelle s’élevoient 4 statues de pierres du Vésuve d’un travail médiocre , et qui sont aujourd’hui renversées par terre à ses angles.
Ses bas-reliefs de stuc , parmi lesquels on remarquoit les portraits de Céjus et de Labèon, étoient très-intéressans.
Une inscription nous annonce que Ménomachusy affranchi avoit élevé ce monument à Céjus , fils de Lucius de la Tribu Menenia (24) , et à L. Labèon duumvir de justice pour la seconde fois , et censeur (a 5 ).
C. CEJO r. F. MEN. Tj. labeoni ITER. D. V. I. D. QVINQ MENOMACHVS L
On trouva dans ces environs, à une petite distance l’un de l’autre , 5 squelettes, parmi lesquels celui d’une femme d’une taille très - svelte. Ils avoient sur eux des monnoies d’argent et de bronze, et un paquet de clefs avec des passepartout ; ce qui fait supposer qu’il y avoit parmi eux un voleur qui étoit resté dans la ville pour exercer son métier, et que le Vésuve avoit justement puni-
by Gooffle
Autel sépulcral des deux Libella. tSm .— II est formé de pierres quadranguiaires de travertin d’un travail très-fini et très-élégant. Il n’a pour ornemens que sa simplicité, ses belles proportions, et un roulement de palmes qui le recouvre.
Voici son inscription répétée aux deux côtés , afin que ceux qui passoient par les deux rues, au milieu desquelles il étoit , pussent la lire.
A Marcus Allé jus Lucius Libella père , édile , duumvir, préfet et censeur ; et à Marcus Allèjus Libella fils , décurion qui vécut iy ans (26). L'emplacement du monument fut accordé par le peuple.
- 4 lléja Décimilla, fille de Marcus , prêtresse publique de Cérès , a pris soin de le faire élever à son époux et à son fils.
m. altjEio r.vcro dibeixae
PADRI AEPILI
Il VIR. FRAEFECTO QVINQ. ET M * ADI.EIO L1IBEX1I.AE F ‘ . ■ •
DECVfltONI VIXIT ANNrs XVII I.ocvs MONVMENTI PUBLICE DAT VS EST. ADDEJA M. F DECIMlliLA SADERDOS PUBLICA CERERIS FACIVNDyM CVRAVIT VIRO ET Fri.ro.
La charge de Décurion fut accordée au jeune Libella dans un âge mineur à celui prescrit par
5o ' PRÉCIS
la loi, par une distinction qu'on voulut faire à sa famille. Les Pompéiens étoient très-jaloux de cet honneur. Cicéron répondit à un de ses amis qui le prioit de lui faire obtenir une charge semblable moyennant sa protection , qu’il étoit beaucoup plus facile de devenir Sénateur à Rome, que Décurion à Pompéi.
Deux sépulcres inconnusAh sont composés d’un beau travertin, mais ils n’offrent rien d'important. Ils semblent être restés au commencement de leur construction, ou bien qu’après avoir été renversés par le tremblement de terre de l’an 63, on les reconstruisoit, quand ils furent ensevelis pour jamais. — Cette observation est commune à tous les .autres motiumens renversés, comme ceux-ci.
Chambre sépulcrale de Salurninus, et son triclinium. ( Découverte la première fois en 1775 ; la seconde, en i8i3 ).
En se détournant à droite, près de la maison de campagne de Diomède , on trouve une petite porte, qui donne l’entrée à un enclos muré en reticulatum On y voit un triclinium. Il est formé par trois lits costruits en pierre, où en y plaçant des coussins et des tapis, les convives y dévoient être à leur aise.
C’est ici que se célébroit le banquet funèbre,
( silicernium ). D’abord cet usage ne consistoit qu’à s’asseoir autour des tombeaux, et à ne manger que les restes des victimes , après avoir terminé les sacrifices. M. Fauvel , Consul français à Athènes ,
HISTORIQUE. 5i
a trouvé autour d'un sépulcre qu’il croît être celui d ' Antiope y l'Amazone près du Pirée, des os de chèvre et de bélier, des cornes de boeuf en partie consumées, des os de poulets et les autres restes du festin funèbre et du sacrifice. ( Mémoires de V Institut. An. fo.)
Mais la fervente piété des anciens et l’imagination poétique d’une religion mythologique altérèrent bientôt la simplicité de ces festins. On crut qu’on devoit les apprêter pour les morts, et l’on dressoit à oet effet des tables magnifiques , en laissant au milieu des convives une place pour le défunt. Dans ce triclinium on voit une petite colonne sur laquelle on plaçoit devant la table l’urne du défunt, couronnée de roses. On répandoit des fleurs ; on faisoit des libations ; et il arrivoit , qu’en remplissant souvent les coupes de vin du Vésuve, les convives oublioient qu’ils s’étoient réunis dans cet endroit pour y verser des larmes.
Au dehors , sur un marbre , on lisoit. Callistus affranchi y à Gnéus Vibrius Saturninus , fils de Quintus de la Tribu Falérina (27).
GN. VIBRIO Q. F. FAIi SATVRNINO CAIiUSTVS MB
Tombe de Né volé ta. i8t3. Sur un large piédestal formé par cinq ordres de longues pierres volcaniques , sc trouvent deux degrés qui soutiennent
Sa PRÉCIS
un autel de marbre , orné de tout ce que l’architecture a pu imaginer de plus gracieux et de plus élégant.- Le buste de Névolëia s’élève au milieu des feuillages et des fleurs d’acanthe, et semble se complaire à regarder le monument qui renferme les cendres de tant d’objets si chers à son cœur.
Au milieu de l’autel, et au-dessous du buste on lit l’inscription suivante:
Névoléia Tyche , affranchie de Julie , à elle-même , et à Caius Munatius Faustus Augu-* stal (28) et Paganus (29) , à qui les Décurions ; du consentement du peuple , accordèrent le biseU lium pour ses mérites. - . .
Né volé ia Tyche , de son vivant , a élevé ce • monument pour ses affranchis et affranchies , et pour ceux de C. Munatius Faustus.
NAEVOLEIA I. LIB. TYCHE SIBI ET C. MVNATIO PAVSTO A VG. ET PAGANO CVI DECVRIONE3 CONSEN8V POPVIA JBÏSEELIVM OB MERITA EJVS DECREVERVNT HOC MONVMENTVM NAEVOIÆJA TYCHE EIBERTIS S VIS
LTBERTABVSQUE ET C. MVNAT. FAVSTI VI VA FECIT.
Au-dessous de l’inscription on observe un basrelief, qui indique le sacrifice qui eut lieu aux funérailles de Munatius. Au milieu, un jeune ministre des fonctions sacrées , ( Camillus ) , pose
HISTORIQUE, l’urne sur l’autel. Un autre enfant, le fils de Munatius l’assiste ; à droite, on voit les Décurions , les officiers du Municipium et les Sexviri Augustales avec leurs toges, qui rendent à leur collègue les derniers devoirs. A gauche, des hommes, des femmes et des enfans avec des paniers de fleurs s’avancent vers l’autel, et présentent , en tournant leurs regards plaintifs vers le ciel , leurs offrandes et leurs prières. Une fille charmante attire particulièrement tous les regards. Ses gestes et ses larmes laissent entrevoir l’angoisse qui opprime son cœur. C’est INévolcia elle- même qui vient au sacrifice lugubre pour implorer des Dieux le repos de son ami chéri , et lui dire le dernier Adieu. Ce dernier moment des funéraill es , ce derniercongé entre deux amis, ou deux époux, devoit déchirer l’ame. Auguste, en recevant le dernier embrassement de sa chère épouse , lui adressa , du lit de la mort, ce tendre Adieu.
Livia, con/ttgii nos tri mernor.... vive, va le.
Du côté de la tombe, vers Naples, est seulpté un navire qui baisse la voile en [entrant dans le port. Il y a la tète de Minerve à la proue. Il fait certainement allusion au commerce maritime, qui illustra Munatius chez les Pompéiens.
Il y en a qui prétendent y recoanôitre un emblème de la dernière scène de notre vie. La Sagesse, comme conductrice, précède le navire quj a passé l’occan plein d’écueils, et qui est arrivé
5 *' PRÉCIS i
dans le port de la paix. 11 n’y a donc plus besoin de rames , ni de voiles pour combattre contre les clémens. La pensée est naturelle et elle est d’environ 16 siècles plus ancieune que celle que Pope exprime dans les termes suivans :
Nous faisons voile de différentes manières sur le vaste océan de la vie : la raison est la carte y la passion, le vent. ( Essai sur l'Homme.- Ep. it. )
Une semblable idée est digne de nos poètes du 17."“ siècle. La première , au contraire , nous semble confirmée par Pétrone , ( Satyr. Cap: t€. ) Trimalchion , qui fut marchand, dit à Abinne. a Je te prie aussi , que .les navires que tu
» GRAVERAS 8UR MON TOMBEAU , aillent à » pleines voiles, et que je sois assis en tribunal » avec la toge , avec cinq anneaux d’or , et avec » un sac rempli d’argent, comme devant le » répandre au public.
De l’autre côté est représenté le biselliurn mentionné dans l’inscription. Sans celte .sculpture , sa forme seroit encore inconnue, il ressemble à un banc assez long avec des coussins ornés de franges au-dessus. L’honneur du biselliurn tonsistoit à s’asseoir seul , dans les assemblées publiques , sur ce siège , où il y avoil place pour deux personnes.
Le sommet du sépulcre est surmonté de deux roulemens de feuilles d’acanthe, semblables aux volutes si avantageusement employées par les architectes dans les chapiteaux ioniens , et dans les
autels , où ils représentaient les bandeaux des sacrifices, repliés à l’extrémité.
On passe de là au columbarium . Il est formé d’une petite chambre d’environ 6 pieds en carré. On trouva dans la niche qui est en face une grande urne d’argile avec de la cendre et des os. On présume que ce lurent ceux de Névoléià et de Munatius mêlés ensemble. D’autres va ses con— tenoient d'autres ossemens , et des monnoies pour payer Caron. Un mur d’appui l’environne, et soutenoit Une lampe devant chaque urne. On y trouva encore trois vases de verre renfermés dan9 d’autres de plomb. Dans l’un on y trouva de l’eau limpide et sans aucun goût : les autres étoient pleins d’eau , de vin et d’huile, où nageoient des ossemens avec un dépôt de cendres et de substances animales au fond; c’étoit le restant des libations, comme des fleurs et des essences parfumées, qu’on avoit coutume de répandre sur les restes des morts, lorsqu’ après les avoir recueillis du bûcher, on les déposoit dans le sépulcre.
Tombeaux de la famille Nietucidia. A côté de la tombe de Névoléià , dans un endroit fermé par des murs , s’élèvent deux pièces de marbre , qui représentent t ombre de Nistacidia Scapida , et celle de Niatacidius Hèlènus , qui y furent enterrés. Un vase de terre cuite est enfoncé dans le terrain au milieu de ces monuinens simples.- Il ser- Voit , selon Lucien , à verser le mélicrate , et le
sang des victimes daus les sacrifices que l’on fa boit
à Proserpine , et aux Divinités infernales.
Athénée rapporte un vers du Pirithoüs de Critias ou d’Euripide sur ce sujet. « Versons, x> dit le poète, ces plémochoés dans cette ou- » verture de terre , en prononçant des paroles » favorables » (lib. XI. p. 496 .) Ces dernières expressions nous apprennent une circonstance remarquable k l’égard de ces libations, soit de vin, soit d’eau, usitées dans les cérémonies funèbres. Ce rite étoit également en usage quand on sacrifioit aux Dieux infernaux. En conséquence, nous regardons encore cette cérémonie comme expiatoire et analogue à celle que pratiqûoit Electre sur la tombe de son père ( 3 o).
Sur le mur extérieur on lit sur un marbre,
A Nistacidius Hèlénus, habitant du Bourg Auguste, à Nistacidius Januarius, et à Mèsonia Satulla ; i5 pieds de face sur iô pieds de profondeur.
NISTACIDIO HELENO PAG. PAG. A VG.
NISTACIDIO JANVaKIO MESONIAE SATVIXAE. IN AGBO PEDES XV. IN FRONTJÎ IIDES (sic.) XV.
Cénotaphe de Calventius. /8t. 3. — C’est un modèle précieux de l’architecture de Ponipéi. Il ap-
Digilizedby.Çi)Ogle
partient aux temps heureux de l’art. 11 est encore le plus gracieux, et nous osons dire, le monument sépulcral le mieux conservé qu’il existe, réunissant à la haute antiquité toute la fraîcheur de la jeuness ’. Il n’y manque que les guirlandes qui l’omoient, et les parfums qu’on y hrûloit, pour nous faire croire qu’on vient de le construire.
Il est près des tombes que nous venons de décrire, et est environné d’une belle enceinte avec des murs sans ouverture. Il s’élève de son sein comme un lectisterne , sur trois degrés soutenus par un haut piédestal.
Il est formé de marbres blancs, et revêtus d’ornemens d’un style très-noble. Il se termine en deux roulemens de palmes avec des têtes de béliers.
On ht en face l’épitaphe suivante:
A C. Calventius Quiétus Augustal. L’honneur du bisellium lui a été décerné par le décret des Décurions et par le consentement du peuple , à cause de sa magnificence. ■ '
C. CAIiVENTIO QVIETO A VG V ST AU HVIC OB MVNIFICENT. DECVRIONVM DECRETO ET POPVU CONSENSV BISELLII HONOR DATVS EST.
Une tête de marbre déterrée vers cet endroit fait supposer qu’il devoit s’élever une statue sur une des trois tombes de Calventius , de Libella , ou de Néi oléia.
Les faces latérales du Cénotaphe sont ornéesde deux couronnes civiques, et les petits acrotères ou pyramides de l’enceinte contenoient quelques figures en stuc. On y voit encore la Victoire qui tient le monde sous ses pieds, et qui paroit l’insulter. Elle a une palme dans ses mains j ses ailes sont déployées, et veulent nous indiquer qu’elle ne se repose jamais.
On voit (Bdippe devinant l’énigme du Sphynx; elle fait allusion aux différons âges , et aux vicissitudes de la vie. Il avoit un bandeau dans les mains , signe de sa victoire. Un peu plus loin , il etoit représenté en repos appuyé contre une colonne surmontée d’une sphère.
Espace vacant pour de nouveaux sépulcres.
Entre la tombe de Calventius et la suivante, on trouve un vaste espace destiné à recevoir de nouveaux sarcophages, et où l’on ne découvre qu’un seul terme sépulcral.
La verdure qui étoit éparse parmi les monumens que nous venons de décrire, devoit y produire un effet surprenant, et relever infiniment la beauté de cette contrée.
Tombeau souterrain. i8i3. — En reprenant f autre côté de la route consulaire, on trouve un tombeau fermé par une belle porte de marbre blanc. \Elle est formée d’une seule pièce, et constitue une des plus rares singularités de Pom-
péi. En descendant quelques degrés on trouve une petite chambre presque souterraine, et qui reçoit la lumière d’en haut.. En face, elle est décorée d’une niche avec un frontispice soutenu par deux piliers. On y trouva un grand vase d’albâtre oriental rempli de cendres et d’ossemens , où étoit un grand anneau d’or , dont la pierre d’agathe couleur de saphir , représentoil un cerf gravé qui se grattoit le ventre. Le travail étoit des plus finis.
Cette tombe est fort bien construite, mais elle n’a pas été terminée.
Édifice dans le bivitun. A quelques pas de là, on rencontre un monument , sur lequel selon l’usage, les conjectures varient. Mazois adopte l’opinion de ceux qui le croyent un lieu où l’on hrùloit les cadavres, ( uslrinum. ) Mais il nous semble trop étroit pour un tel usage. Aujourd’hui, il est presque entièrement au niveau du sol. Tant il est vrai que bientôt nous n’aurons dans Pompé» que les ruines des ruines.
Tombeau rond. — 18 m. Sa base carrée est surmontée d’ une tour qui devoit être recouverte nomme la Lanterne de Dèmosthène à Athènes, ou comme la tombe de Métella à Rome.
Sur les petites pyramides de l’enceinte, on voit des bas-reliefs représentés en stuc , parmi lesquels on distingue le squelette d’un enfant renversé sur un tas de pierres, et sa mère qui pleure à ses côtés. Ce devoit être une de» misérables victimes
6o ; PRECIS '
du tremblement de terre de l’an 63 , car il fut le premier à occuper cette tombe. Cette conjecture, fondée sur différentes raisons , et qui est certainement très-heureuse , appartient à Mazois.
On voyoit dans le columbarium de ce tombeau, des peintures qui représentoient des dauphins. On croyoit, selon la doctrine d'Eleusis , que les Nymphes conduisoient sur eux les âmes vertueuses et innocentes aux îles fortunées, où elles dévoient jouir du bonheur réservé aux gens de bien. Dans les trois niches du columbarium , où Don aperçoit des vases placés dans le mur, on n’a trouvé que peu d’ossemens ; et le trou qui traverse la voûte atteste la profanation que ce tombeau a soufferte.
Tombeau dit de Scaurus. 1810. — G’étoit le plus beau monument de toute la contrée , après ceux de Névoléia et de Calventius. Il en approche en quelque manière par les degrés , le soubassement et l’autel.
Sur la base et sur les trois gradins étoient représentés en stuc différens combats de gladiateurs, et des chasses d’animaux. Une inscription faite avec le pinceau sur le premier des bas-reliefs, nous fait savoir que ces jeux eurent lieu sous la direction de Quintus Ampliatus , fils de Publias. - Munere Q. Ampliati P. F. summa.
Ce tombeau manque d’inscription. On y a suppléé par une épitaphe qu’on a découverte à quelque distance de là , et on l’a adaptée , en rompant
HISTORIQUE, le stuc, jusqu’à en découvrir les briques, et en l’affermissant' avec des crochets de fer fortement enfoncés dans le massif. Millin (3i) observe avec raison, que sa dimension n’appartient pas du tout à l’endroit où on a voulu la situer. Les lettres sont presque cubitales et un peu grandes relativement à la mesure du sépulcre , qui se distingue par l’élégance de sa forme et de ses proportions. Enfin, les caractères sont profondément gravés , et annoncent, par leur beauté , une époque voisine du siècle d’Auguste; tandis que les bas-reliefs et l’inscription sont d’une époque très-postérieure.
Cette inscription en partie mutilée est conçue de la manière suivante :
.... RICIO A. F. MEN. 8CAVRO II. VIR. I. D
. . . ECVRIONES IÆCVM MONVM ... 00 00 IN FVNERG ET ST AT V AM IÎQVESTR . . . ORO PONENDAM CENSVERVNT SCAVRVS PATER FILIO.
A Castricius Scaurus , (3a) fils d’Aulus de la tribu Ménènia , Duumvir pour administrer la justice.
Les Décurions ont donné F endroit du monument , aooo sesterces pour les funérailles , et ont décidé de lui élever une statue équestre dans le Forum. Scaurus père à son fils.
Le columbarium contient 14 niches. Un pilas-
Ca PRÉCIS
tre s’élève du milieu pour en soutenir la voûte, et présente quatre ouvertures qui dévoient contenir «ne lampe. Trois de ces ouvertures étoient vitrées ; l’autre qui étoit vis-à-vis de la porte avoit un voile épais fixé par de petits clous , pour préserver du vent la lumière.
Cette tombe étoit pillée comme la précédente.
Petit sépulcre d'une autre Tyche. Dans une enceinte de murs , on trouva une tête de marbre à peine ébauchée, avec des tresses de cheveux noués derrière le cou, et avec cette inscription : Tyche rÉNÉRÉA de Iulia Augusta , à
Jurion ( 53 ).
IVfïONX
TYCHES IVIAAE.
avcjvstae YENER.
Tombe inconnue. 181 2. — Elle est composée de pierres du Vésuve, et se réduit à une base avec trois gradins de marbre au-dessus, d’une beauté imposante. Elle ne fut pas achevée), et c’est pourquoi son columbarium est sans urnes.
Auberges de campagne et Écuries.
An mois de Mai 181 5 on découvrit les parties extérieures d’un autre édifice très-vaste. Il est composé d’un portique et de quelques boutiques assez rustiques, destinées à l’usage d’auberges, pour les
paysans qui apportoient les victuailles dans Pompéi. On y trouva des vases et de seaux de bronze , un mortier de marbre, un candélabre et les restes d’une balance. Deux petits foyers au-debors servoient à fournir la nourriture aux voyageurs, et aux personnes du peuple.
Il y avoit encore une fontaine et un abreuvoir. Les boutiques avoient un étage supérieur, sur lequel on montoit avec des échelles de bois, appuyées sur des degrés de briques.
Viennent ensuite des nombreuses écuries qui servoient peut-être h l’usage du public , puisqu’à présent on n’a découvert aucun lieu dans la ville oit l’on eût pu mettre les bestiaux.
Tous ces édifices se terminent par une loge# derrière laquelle s’élèvent des autres loges et entre-colonnes, d’où l’on découvre la mer , 5 les Apennins, le Vésuve, et toutes les villes de la côte.
Sepulcretum Etrusque. A droite de la rue, ou entre dans une cour qui appartient à l’édifice contigu , et sous le terrain de laquelle on trouva des sépulcres avec des squelettes entourés de vases Italiens- Grecs vulgairement nommés Etrusques , ornés de dessins très-intéressans (53). Il est probable qu’ils appartenoient à l’époque la plus reculée de Pompéi. Tout ce faubourg devott en être plein 5 mais les tombeaux des Romains sont situés au-dessus , et en empêchent les recherches ultérieures.
Hémicycle avec une niche et un degré pour
s’asseoir. 181 /. — Il est décoré d’un beau frontispice et de magnifiques ornemens en reliefs qui , en grande partie, n’existent plus. Malgré ses grâces, l’architecture de ce monument n’est pas pure. On y voit avec peine des piédestals très-courts l’un sur l’autre, qui forment les pieds de l’arc, dont les chapitaux ornés de beaux feuillages ne peuvent empêcher que le tout ne produise un mauvais effet. — C’étoit aussi un monument funèbre; on n’a pas pu découvrir l’inscription.
Fin tragique de trois jeunes femmes.
Le Vésuve avoit pour un instant suspendu ses fureurs , et une mère infortunée tenant un petit enfant dans ses bras, et avec deux jeunes filles , profitoit de cette occasion pour s’enfuir de sa maison de campagne vers le chemin de Noie , ville la moins menacée par cette catastrophe inexprimable. Arrivées au pied du dit hémicycle , le volcan recommença ses fureurs par de nouveaux ravages. — Des pierres , des cendres , du feu, des matières fondues et bouillantes pleuvent de tous côtés et environnent les misérables fugitives. Les infortunées se réfugient alors au pied d’un tombeau , où reposoient peut-être les cendres de leurs parens , et en invoquant dans le plus affreux désespoir les Dieux sourds à leurs prières, elles se tiennent étroitement embrassées autour de leur mère jusqu’au dernier soupir, et dans
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cette situation elles restent immobiles pour toujours. C’est ainsi qu’un successeur de Phidias nous représente Niobé, qui embrasse ses derniers enfans, jette un regard vers le ciel, et expire de douleur avec eux. Parmi les squelettes de ces femmes et de ce petit enfant , on trouva deux gracieux pendans d’oreilles suspendus à de gros fils d’or, en forme de balance, et trois anneaux d’or aussi, dont un avoit la forme d’un serpent à différens entortillemens, et qui retournoit sa tête vers la longueur du doigt. Un autre , qui par sa petitesse ne pouvoit convenir qu’à une petite et belle main de jeune fille, contenoit un grenat où étoit gravé un foudre ; ce qui indique dans ces intéressantes victimes , du goût , beaucoup de richesses, et une condition distinguée.
Non loin de cet endroit , on reconnut deux autres squelettes, l’un couché sur le visage, et l’autre sur le dos avec les bras ouverts ; tous les deux avoient les pieds contre la porte de la ville. Le second avoit sur lui 6 g monnoies d’or mêlées avec 121 d’argent.
Dans le même endroit on découvrit un troisième squelette dans une situation différente de celle des préccdens , c’est-à-dire avec la tête vers la porte publique. Il paroît évident que les premiers accouroient de la campagne à la ville; et le dernier dans une direction opposée- Tous éloient sur une hauteur supérieure de g pieds au niveau de la rue ancienne : ce qui
nous assure qu'ils fuyoient , quand le sol étoit déjà extrêmement encombré, et que les terribles pluies, qui ont presque toujours coutume d’aocompagner les grandes éruptions de notre Volcan, avoient rejoint ces malheureux et les avoient entraînés] et retournés dans celte position ( 54 ).
Autre maison du faubourg , dite de Cicéron ( 35 ), probablement de M. C ras sus Frugius.
Un portique et des boutiques en constituent les parties extérieures ; sa véritable entrée est dans l’endroit où l’on voit deux cônes de maçonnerie , qui contenoient deux vignes. Cette maison devoit être vaste et bien décorée. Elle fut découverte à différentes reprises , depuis l’an 1749 jusqu’à l’an 1778 ( 36 ), et ensuite recouverte, selon la coutume de ces temps là, pour ne pas endommager les propriétaires des terres. On observe par son plan , qui nous a été conservé par François La Vega , qu’après avoir passé l’entrée on pénétroit dans une cour découverte. On arrivoit ensuite dans un élégant péristyle par un long passage, aux côtés duquel étoicnt les écuries , la remise , la chambre du portier et d’autres dépendances. Autour du péristyle étoient rangées les chambres des hommes ; plus au fond l’appartement du maître de la maison, et celui des femmes, avec des loges et des galeries qui donnoicnt sur la mer. Dans un étage inférieur on trouva un portique qui environnoit un jardin,
et sur le portique une loge d’où, l’on jouissoit d’un côté de la mer et de la campagne, et de l’autre , de la promenade de la route qui conduisoit à la ville. Une porte secrète ( la seule qui est découverte à présent) donnoit l’issue à la rue et à la cour, (où l’on découvrit les sépulcres étrusques que nous avons décrits. )
On doit compter parmi les objets remarquables qui couronnèrent la découverte de cette Villa , les célèbres peintures des huit Danseuses ( dont nous rapportons ici deux dessins ), les 4 groupes des Centaures , et les Funambules ( 37 ) qui décoroient une salle à manger. On retira également de là deux mosaïques de Dioscoride de Samos (58) qui y écrivit son nom. Ils représentent deux scènes de comédie , qui méritent selon TVinchelmann la préférence même sur la célèbre mosaïque antique de Rome, ( les Colombes ) qui a fait tant de bruit jusqu’à présent.
On découvrit dans cette maison une niche embellie d’un frontispice et de deux colonnes; audessous, un mur d’appui revêtu de beaux marbres.
Sur la partie supérieure de la niche on lit sur une pierre que Januarius affranchi étoit le préfet des Thermes d’eau de mer et des bains d'eau douce de Marcus Crassus Frugius.
THERMAE M. CRASSr FRVGI AQVA MARINA ET BAL AQVA DVLCÏ IANVARIVS U
A une petite distance on trouvoit un bassin , et immédiatement après , dans une autre niche , une petite statue de marbre , qui rcprésenloit un vieillard couvert d’une peau . de chevreau ou né— bride , et qui soutenoit sur l’épaule une outre qui dégorgeoit l’eau dans le bain (5g).
L’habitation de Frugius finissoit par une petite rue qui la bordoit sur un côté jusqu’au rivage de la mer. Dans l’angle, on remarquoit un piédestal sur lequel étoit placée une statue consulaire. Elle appartenoit au Tribun T. Svédius Clémens , qui , par ordre de ? Empereur César Vespasien Auguste , après avoir pris connaissance des choses et avoir fait les mesures , restitua au gouvernement des Pompéiens les lieux publics possédés par les particuliers.
EX AVCTORITATE IMF CAESAR1S VESPASIANI AVG LOCA PVBLICA A I'RIVATIS POSSESSA T. SVEDIVS CLEMENS TRIBVNVS CAVSiS COGNITIS ET MENSVRIS FACTJS REI ‘ PVBLICA E POMPEIANORVM RESTITVIT.
Aussitôt après, à l’entrée de la rue , on voyoit dépeint sur le mur la divinité du lieu ( Lar
compitalis ), sous les formes d’un grand serpent, devant lequel brûloit une lampe.
Tombeau des guirlandes . An. iy 63 . - Placé apres V hémicycle , il est construit de grosses pierres de piperne revêtues de stuc. Il s’élève sur une haute base, et est orné de pilastres corinthiens dont trois soutiennent des festons gracieux. Ne seroit-ce pas l’image des fleurs et des fruits qui ornoient autrefois de guirlandes délicates, que les Grecs appeloient amoureuses , ces arbres et ccs.tombes , que le sculpteur , animé d’une douce fantaisie, a voulu nous indiquer dans ces festons et dans ces appuis?
On voit ensuite deux petits murs d’une maçonnerie maillée , ( opus reticulatum , ) et qui finissent en deux petits autels , ( acerrae ). L’Amphore, qu’on n’y voit plus, fermoil entre les autels le passage étroit qui conduisoit aux sépulcres intérieurs.
Tombeau de T. Major et son Triclinium.
An. 1763. On découvre ensuite différens soubasscjmens de sépulcre» qui ne sont pas encore achevés, mais qui méritent de la considération par les beaux ordres de grandes pierres volcaniques dont ils sont composés. On y admire encore les magnifiques corniches, les chapitaux et les larges pièces de marbre , qui dévoient les décorer.
Le dernier de ces tombeaux avoit sur le mur extérieur l’épitaphe suivante. A Titus Térentius Félix. Major Edile J ils de Titus , de la tribu
jo PRÉCIS
Mènènia , à qui V endroit du sépulcre fut donné par le peuple et aooo sesterces. Fabici Sabina sa femme , fille de Probus lui a élevé ce monument.
T. TEItENTIO T. P. ME N PICEICI MAIORI AEDII,
H VIC PVBMCE LOCVS DATVS ET HS 00 00 PABIA rnOBI P. SABINA VXOB.
Au dedans on a trouvé une urne de verre contenant des ossemens et des cendres ; et un beau triclinium de maçonnerie pour le repas funèbre. Il y avoit tout près de la première un cippe de marbre avec ces paroles : Tito Maio-
ri — A Titus Major (40).
Devant la porte de la ville, s’élève un majestueux sépulcre honoraire, qui soutenoit une statue de bronze , dont on trouva par terre un fragment de la robe. M % Goro y place celle du Génie de Pompéi. C’est plaisant! !
En retournant à droite de la rue, on trouve un demi-cercle destiné pour lieu d’amusement et de repos. Avant que le sépulcre qui est audessous fût construit, on y jouissoit de la Yue magnifique du golfe, et des montagnes voisines. On y devoit également voir Stabie , le Cap de Misène , l’ile.de Capri , et un petit écueil, ( petra Herculis ,) très-pittoresque, sur lequel ou bâtit, dans la suite, un château qui prit le nom de Re-
HISTORIQUE^ JT
viglia.no. C’est sur ce siège charmant, que Cicéron vint sans doute se reposer plusieurs fois et se rappeler les conversations qu'il eut avec l’Augure Scévola , in hemicyclo sedente , ut solebat ; ( de Amicitia in princ. ). Ici il pleura sa chère Tullia , et récita à Marcus Marius, et à Pcelus les plus belles pages des traités qu’il composa dans Pompéi. Et tout l’orgueil de celui qui , selon Sénèque , fut le seul génie que le peuple Romain avoit d’égal K son empire, et tous les souvenirs de l’Orateur, du Consul et du Père de la patrie dévoient souvent s’affoiblir et s’évanouir au pied de ces demeures, en vain si élégantes, de l’oubli et du néant.
Enceinte sépulcrale de Porcius. Au pied du demi-cercle on lit une inscription qui indique que la susdite enceinte longue de n5 pieds sur autant en largeur fut donnée par ordre des Décurions en propriété à M. Porcius fils de Marcus.
M. PORCI