ITER QVI> TRIB MILIT. AB POP^. EX. D. D
On apprend par là qe le monument situé entre les deux liémicyck appartenoit à Aulus V éjus. Sa base a de bones proportions , mais le reste est ruiné. L'élévtion du milieu est formée de tuf, et de matière volcaniques.
Chapelle funèbre de hstitutus, ( près de la porte de la ville. ) An. irp. Au centre s'élevoit un petit autel avec cette inoription. M. Cerrinius Restitutus Augustal. On li a accordé la place par ordre des Décurions,
M. CERRINIVS ESTITVTVS
AVGVSTAIilS ICO DATO
La même épigraphe ennarbre étoit répétée sur la partie supérieure c ce sacellum. Il y a au-dessous , une niche 01 étoit placée sur une petite base une petite statv, qui aura été enlevée dans une autre époque (>}.
Cependant nous arrivifs sous la porte Her~
cuîanêe. La ville entière se déployoit h nos regards. Un mouvement involontaire de surprise et de respect nous retint un moment sur le seuil. ISous saluâmes la terre, où les arts antiques , levant le voile funèbre qui les couvroit, sortirent du tombeau, et coururent rallumer dans FEurope les flambeaux e'teints du goût et du beau.
Pompéi! Tu te réveilles, comme Ëpiménide ^ après un sommeil de plusieurs siècles. Oli ! Que tu seras surprise en voyant nos moeurs, ta postérité changée , et les nations inconnues qui viennent te visiter du bout de la terre. Tu souris des vains efforts du temps et de la fortune, pendant que l'univers antique se réunit près de toi à l'univci^ moderne. Tu rends aimable la mort même. Elle ne paroît, dans ton sein, que le songe tranquille d'une nuit orageuse.. . .
Les Fortifications.
On entre dans Pompéi par une ample porte , aux côtés de laquelle sont deux autres portes plus pt^ites pour les gens à pied. Son architecture est très-simple et d'une époque très-postérieure aux murailles publiques. Elle fut peut-ctre réparée après le siège qu'en fit Silla. Il y avoit eu outre 4 autres entrées principales dans Pompéi ; mais celle construite par les Etrusques vers le Sarno, mérite seulement quelque attention. Nous en parlerons à son tour.
Dès qu'on entre dans Ja ville , on rencontre à gauche des ninrclies spacieuses qui conduisent sur les murailles publiques. Ces dernières furent entièrement découvertes depuis 1812 jusqu'à i8i4' Ainsi le plan de Pompéi cessa d'être un mystère.
Ces murailles environne'es de parapets et de créneaux sont de vrais bastions. Formées en quelque endroit par de grandes pierres carrées de travertia sur lesquelles reposent d'autres volcaniques unies sans ciment et d^une manière très-naturelle, elles offrent en général une construction de pierres irrégulières sur le modèle des murs étrusques , qu'on voit encore aujourd'hui à Roselle , à Fié— sole , à yolterra , et de celles que M. Cockerell a observées en Grèce , particulièrement dans les ruines de Messène , de Platée et de Chéroiiée. Elles ne forment nulle part des angles coupés selon l'instruction de Vltruve , ( livre 5 , cliap. 5 ) , qui considère ces angles comme très-favorables aux assicgeans. Elles sont hautes de 35 , pieds du côté de la ville , et de 25 du côté de la ] campagne, et renferment une plate-forme capable j de contenir, K certains endroits, jusqu'à 5 chars de front. On peut maintenant s'y promener aussi bien qu'aux jours des Pompéiens. 1
^i les béliers, ni les mines pouvoient ébran- 1 1er ces bastions. C'est ce qui les faisoit regarder j comme d une nature très-supérieure à celle qui se pratiquoit ordinairement, en employant un simple mur. Il paroît que les fortifications de
II I s T O 1\ I Q U E. Tj
Pompci f\\x côlé de la mer eioient de ce dernier genre ; c'est pourquoi il est probable qu'elles furent plus facilement de'truiles.
On voit d esj)ace en espace des tours carrc'cs qui semblent n'avoir pas sailli de beaucoup la lij^ne extérieure des murailles. La' dislance de l'une à Tauire ëtoit d'un jet de dard; mais vers le septentrion , où l'accès de la colline ëtoit plus dilficile , et par conse'quent le dani^er d'un assaut ennemi moins à craindre, leur distance l'une de l'autre étoit beaucoup plus grande. Elles avoient trois étages dont il nous reste encore les marches; et enfin des ouvertures étroites, {^poternae ), qui servoient pour \ç.s sorties secrètes durant le siège. — C'est de là , que les braves habitans de Pompéi ont dû plus d'une fuis livrer des attaques contre les troupes de Silla. — Le mur antérieur des tours, les parapets,, et les créneaux des bastions se voient de même renversés exprès. U faut croire, que c'esK; à cette condition que Silla accepta la soumission de Pompéi sur la fin de la guerre sociale. Les réparations que l'on fit aux murs de dislance en distance et avec simétrie , nous démontrent qu'on ne conscrvoit depuis long - temps celte fortification que pour une simple apparence , puisque ces réparations ne consistent qu'en cette construction appelée in~ ceriwn^ composée de tufs mis sans ordre et recouverts de stuc, auquel on donna la forme de la muraille plus ancienne.
Les caractères osques et étrusques gravés sur le revers de chaque pierre étoient peut-être des signes faits par les ouvriers pour en connoître l'exacte situation. Il est à présumer que l'on tailloit et qu'on appareilloit ces pierres dans l'endroit même d'où on les tiroit , pour éviter le transport d'un poids inutile ; et comme quelque événement imprévu auroit pu effacer ces signes, c'est pour cette raison qu'ils étoient profondément gravés.
Habitations,
Les maisons de Pompéi sont toutes construites sur le même goût. Une ou plusieurs entrées et, quelquefois des boutiques, forment la façade du rez-de-chaussée. Elles ont des corniches et des pilastres , sur les chapiteaux desquels on voit gracieusement sculptés, tantôt une jeune fille qui agite un tympanon ; taniôc une plante qui commence à fleurir et un oiseau qui s'y repose un instant ; tantôt un Hercule qui soutient d'une main une coupe , et de Fautre sa massue et l'architrave de la porte. Les murs extérieurs sont recouverts d'un stuc dur et brillant comme le' plus beau marbre, et souvent peint des couleurs les plus vives. — Les étages supérieurs avoient de petites fenêtres , et étoient surmontés d'un toit , et plus souvent d'une terrasse , ( pergula ) , ornée de vignes et de plantes qui
II I s T O m Q U E. 79
y formoient une voûte de verdure et de fruits. Ainsi des jardins aériens ctoient comme suspendus sur des jardins inférieurs.
Toutes ces habitations avoient un appartement public, {Atrium)^ selon l'antique usage Italique; et un autre privé avec des entre-eolonncs {^perls1ylurn)y ce qui étoit une marque distinctive de l'architecture Grecque (47% Elles sont donc d'un style mixte. Lorsqu'elles n'ctoicnt pas construites en ampliithéiître, elles avoient un second étage ^ {caenacuîà) , habité quelquefois par les femmes de !a maison, mais le plus ordinairement par les gens du peuple , cl plus souvent encore par le? esclaves. Il n'en reste maintenant que les escaliers.
Les anciens passoient leut vie presque toujours hors de leurs maisons, et ils ne s'en servoient que pour le temps nécessaire à leurs besoins et pour leurs commodités , qu'une civilité raffinée au dernier point avoit alors rendues nombreuses. C'est pourquoi les habitations sont trèsétroites. Mais l'extrême petitesse des chambres dépend sur-tout du grand nombre dont on avoit besoin pour les différcns usages auxquels elles ëtoient destinées.
Pour peu qu'elles se fussent agrandies, la maison auroit pris l'aspect d'un village. Des bains y des étiiveSy r hospice y les chambres pour les esclaves, t appartem,ent public y l appartement privé y la bibliothèque y le sacrarium , la salle de bal, la
salle de compagnie y la cuisine , le grenier , Us Jardins... voilà ce qui composoit oi-clinairemeiit le domicile d'un Pompéien. Le nombre de tant de membres e'toit prodigieux; la petitesse de l'enceinte qui les contenoit ne devoit-elle pas l'être aussi?
Il est singulier cependant qu'on n'y ait pas encore trouvé ni écuries, ni cheminées \ le tube destiné à cet usage, que l'on voit dans une boutique sur la grande rue et dans la cuisine du Temple d'Isis avec ceux des Fours , en sont des exemples fort rares.
Les Pompéiens passoient toute leur vie en plein air ; leur ciel est si doux et si serein, qu'ils ne vouloient jamais le perdre de vue. Une cour découverte avec des portiques à i'entour pour s^y réfugier pendant les pluies ou pendant ie& heures brûlantes de la journée, voiJà tout ce qui conslituoit leurs édifices publics et particuliers.
Les peinmres et les décorations des chambres ou des monumens font constamment allusion à l'objet auquel ils étoient destinés. Le pavé est partout couvert de mosaïques, souvent d'un travail surprenant. Ils représentent des méandres, des chasses , des fleurs , des ornemens d'architecture et une foule de figures bizarres ou gracieuses.
En voyant une si grande profusion de goût , de richesses et d'arts dans les maisons les plus simples, nous serions presque tentés de demander... Et où habitoient donc les pauvres à Pompéi?
HISTORIQUE. 8i
Maison du tricîinium.
Après avoir descendu les murs, on doit, observer une habita lion petite , mais gracieuse. Un tricîinium couvert d'une treille, une chapelle proicgce encore par l'image àeV Abondance sa divinité tuiclaire, et une chambre h coucher ou à manger pendant l'hiver, la partagent en trois parties. Sou maître, qui ctoit peut-être l'officier chargé de la garde de la porte publique, pou voit s^'crier avec Martial. — ■ Les cris de ceux qui passent me réveillent. La ville est à la porte de ma chambre à coucher.
Auberge publique de Jules Polybe à droite ^,J'K.i,<3«A.,/-'i de la rue. - An: 176g. Sa première porte ctoit oL T
destinée pour le passage des chars. On passe ensuite dans d'autres chambres spacieuses, oii l'on dëposoit les marchandises. Des foyers avec un vide au-dessous pour le bois; des sièges de maçonnerie pour distribuer les viandes; des chambres pour les étrangers j et une boutique d'eaux sucrées et de liqueurs , ( termopoliuin ) ; voilà j^S-f^^"^
tout ce qui constitue cet édifice. De la seconde cour, on descend dans un souterrain le plus vaste et le mieux conservé dans tout Pompéi. 11 est parallèle à la rue^ et reçoit le jour par trois fenêtres. On y conservoit le vin : malheureusement les guides ne se donnent pas le peine d'y conduire les voyageurs.
Sa PRÉCIS
Lç5 gens du peuple ven oient loger dans ces Lôielleries. Mais les personnes qui avoient des connoissances dans la ville logeoient chez leurs amis (48). Le nom du proprie'taire , Jalius Polybius, étoit peint en noir devant la porte; cet usage si simple et si singulier, indique conslamrnent le nom des vendeurs dans toutes les boutiques de Pompéi.
Un grand phallus, sculpté sur la hauteur d'un pilastre, servoit comme de talisman pour pre'server du fascinum les voyageurs , et cet endroit consacré au commerce»
Ijieu de repos , et seconde Auberge de Jules JPolybe et (V Agathus J^ajus. An. 1770. — A gauche on rencontre un autre termopolium. 11 a Y.' , ' ' son fourneau ordinaire , quelques gradins pour
y déposer les tasses , et un Lanc de pierres recouvert de marbres , sur lesquels la liqueur a laissé des taches. Sur le mur on avoit peint Mercure avec une bourse. On passe de là dans le fond de l'habitation du maître de la boutique 3 nous y trouvâmes seulement un figuier sauvage, qui répandoit en murmurant son ombre mélan- Z XJ colique et hospitalière.
Vient ensuite une nouvelle Auberge: on trouva dans sa vaste cour les resies de trois chars , et on y voit encore deux fontaines avec des abreuvoirs pour les bestiaux.
Sur la façade de l'édifice on lisoit une inscription faite au pinceau , qui indiquoit que tous
^a.3Sc:
les muletiers qui y avoient le logement , unis avec un des propric'taires Agathiis Vajus , se recommandoient à la protection de l'Edile C. Citspius Pansa. C. Ciispimn Pansam Aed. 31uliones universi Agatho Vajo,
Dans cette autre épigraphe, e'crite au-dessous de la précédente , on a le nom de l'autre maître de l'Auberge. lullus Polyhius ColIegafecit(^l^(^.
Les habitations qui sont situées sur le côté droit de la rue ne présentent que des ruines. Celles-ci seules , comme étant les plus proches du passage qui conduit à Nocère et à Salerne ^ et par conséquent les plus exposées , ont éprouvé les recherches , les dévastations et les outrages de 1 7 siècles d'avidité et de barbarie.
Malgré cela , leurs ruines offrent un intérêt tout-à-fait nouveau. Ici les maisons ont trois étages et sont construites sur les anciennes murailles de la ville, démolies pour cette raison. Elles descendoient en amphithéâtre jusqu''à la marine qu'elles dominoient alors; elles présentoicnt de loin le plus magnifique et le plus pittoresque coup-d'œd possible. Les Pompéiens, en se formant ainsi des domiciles entièrement ouverts d^in côté , jouissoient d'ime vue plus étendue, d'un air plus pur, d'une plus grande liberté, et pouvoient se promener et s'entretenir avec leurs amis dans les cours et sur les terrasses , sans être vus ni entendus. Ils dressoient -leurs tables autour de leurs jardins, sous les portiques
J^^ i^' 84 PRECIS
et mangeoient, en respirant la brise de la mer y ce qui est , pour nos climats brûlans , un vrai plaisir , et même un besoin.
Dans une de ces habitations on trouva diîi têtes de morts ; celle d^in jeune enfant nous fait connoîlre que ses parens périrent avec lui. y,' ; Y 'j Maison appelée des Vestales. An. iipyo. Elle a
' un vestibule partagé en trois chambres , décorées
c>/?^ <•> pj^j. quatre demi-colonnes qui donnoient presque à cette habitation la forme d'un temple. Il est orné de superbes mosaïques , et de belles peintures. On peut y reconnoître un Faune qui soulève le manteau d'une Bacchante endormie ; idée que les peintres Pompéiens aimoient à reproduire souvent.
Wous entrâmes dans V Atrium (5o) ; il formoit la partie publique des antiques habitations. Il a dans leceiure une cour, ( cavaedium ), qui, quoiqu'elle eût été couverte, avoit une ouverture au milieu de son toit, ( conipluvium ), qui servoit à éclairer cet endroit, et par laquelle les eaux de pluie tomboient dans un bassin carré (//7z/?/wWwa/i), qui les communiquoit à des citernes faites avec un soin particulier. Un salon, {^ tricliniiun ) , àesliné aux festins des hôtes, et autrefois pavé en riches mosaïques de verre , est placé à côté de I V Atrium. On y observe encore la ficaire d'un | poisson , symbole de l'objet au quel il étoit destiné. La chambre d'audience ( iablinum ) , est en face. Le Pompéien environné des images
de SCS ancêtres y recevoit dès l'aurore , ses cliens, les gens de sa famille , et ses amis. Il donnoit aux uns des conseils salutaires, sourioit agréablement aux autres, et oiTroit à tous sa protection et ses y«c»<^ U-cx. services. Il sorloit ensuite, et ctoit accompagné ■^x.-zijua d'un nombreux cortège au forum , aux temples, i»'/.-r/. aux tribunaux. —Pendant ce temps, sa famille cornmençoit à se lever. De tentes de pourpre étoient '*^
dressées sur T Atrium ; des rideaux de la couleur du Ciel et parsemés d'étoiles tomboient de toutes parts pour fermer aux profanes les passages (^fauces'), aux appartemens des jeunes filles, ( i^yneconitis . ... ). De grands mystères alloicnt s'accomplir. Poursuivons'; les ombres des aimables maîtresses de cette demeure , pardonneront à un obscur vovageur le désir de se prosterner sur les traces de leurs pas, et de brûler quelques grains d'encens sur l'autel de leurs pénates. Voilà la chambre à coucher ( ciibiculum ). Le degré devoit contenir un lit élégant de bronze , semblable à celui qu'on admire dans le Musée Royal de Naples. Ces tableaux voluptueux n'indiquent que trop de ne pouvoir être mieux décrits que par le silence. Les amies ingénues de Cydiérée semblent encore présider à cet asile du mystère et de l'amour.
Mais déjà la belle Pompéienne abandonnoit ses iiis de pourpre et passoit dans le bain. Rien ncst comparable aux délices dont elle devoit y jouir. Celte chambre éloit ouverte de tous les
côiés. Une belle petite statue qui repre'sentoit - peut-être une Naïade , y versoit de ses mamel-
les , des eaux très -fraîches. Enfin on tiroit les 'CUL hAAcx.^ rideaux et la dame arrivoit à la toilette. Elle y \ , ', recevoit successivement de ses esclaves le lait
d'ânesse , le fard , ]es pommades odoriférantes , l'eau pour noircir les cheveux , le fer pour les fiiser , le Lillet galant , et V ode amoureuse de quelque poète adulateur. Cependant l'esclave qui ëtoit le gardien de l'entre'e secrète de cette mais son , tenoit les noms de ceux qui dévoient y éire introduits. Un petit nomhre de créanciers , peu de belles femmes pénétroient dans ce sanctuaire, ouvert aux devins , aux porteurs de lettres , aux libraires , et à la fleuriste égyptienne.
De jeunes pages servoient la collation, pendant laquelle on annonçoit le Philosophe de la maison , dont la harbe , le manteau , la contenance stoïqne contrastoient avec la coquetterie de la matrone , qui s'informoit tantôt des livres nouveaux, et tantôt des anecdotes scandaleuses et des modes qu'on avoit observées à la dernière fête publique, et au théâtre. Elle prenoit ensuite congé du triste successeur de Zenon , achevoit sa toilette , et prenoit des mains de ses femmes la cassette qui renfermoit ses bijoux, et les talismans, qu'un prêtre de Sérapis avoit consacré sous une heureuse constellation.... Tout étoit prêt; et la Dame doniiûit le signal du départ par le bruit de ses doigts. La litière l'altendoit à l'istue secrète de
Ja pelite rue. Huit robustes Cappadociens élevoient ce irône élégant sur leurs épaules , et partoient , au milieu des Précurseurs noirs, qui crioieiu ; faites place (5i).
L'haLitation qui suit , appartenoit peut-être au propriétaire de celle que nous venons de parcourir ; il l'acheta de son voisin , et l'ajouta à la sienne.
Nous arrivâmes immédiatement à l'appartement publie , où étoient les demeures des hommes , ( andronitis ) ; et après avoir traversé une petite cour autour de laquelle sont les chambres - - > à coucher , et celle destinée aux affliires , nous ^^ • ^<>^*M ■ nous empressâmes de rendre noire visite aux Pénates. Nous entrâmes dans la dépense et leur rendîmes plusieurs fois le salut , Salve , que , du seuil de celle maison , ils dirigent encore aux étrangers. Nous nous mîmes ensuite à parcourir la cuisine et ses dépendances. Les moulins à blé aitcndoient la main qui devoit les mettre en mouvement, après tant d'années de repos. L'huile étoit dans des vases de verre , les châtaignes , les dalles , le raisins secs et les ligues annonçoient dans la chambre voisine les provisions de l'hiver qui s'approchoit ; et de grandes amphores de vin nous rappeloicnt les consulats de César cl de Cicéron.
Nous pénétrâmes dans l'appartement privé. Des portiques magnifiques et délicieux y régnent toutâ-renlour. De nombreuses colonnes de la plus
belle proportion, et recouverLcs de stuc et de coo- —^) * T ' leurs tres-iraiches, y environnoient un agréable
***;*-** 7/^/ W^ jardin , un vivier et un bain. Des peintures gra- ^A ■ cieuses , des ornemens délicats , des cerfs , des
spbjnx, des fleurs sauvages et bizarres en revêtent partout les murs. Les cabinets des jeunes filles et la toilette, avec des peintures analogues, sont disposées sur les flancs. Dans celle-ci on trouva une quantité d' ornemens de femmes , et le squelette d'un petit cbien.
On découvre dans le fond une salle en forme de demi-cercle décorée de nicbes , et autrefois de statues , de mosaïques , et, de marbres. Un autel , sur lequel le feu sacré brùloit perpétuellement, s'élevûit au centre. C'est le sacrarium. Dans cet endroit secret et vénéré, les jours les plus sacrés et les plus mémorables de la famille se passoient en réjouissances. Le jour de naissance on sacrifioit au Génie protecteur ou à Junon , on oflTroit à la Fécondité des couronnes de pavots , dont les semences sont innombrables ; et l'esclave y embrassoit , en tremblant , les genoux même des Furies.
Suétone nous apprend que Claude , qui fut ensuite Empereur , pour se soustraire à la haine de Tibère , se retira à Pompéi' avec Drusus son fils f qui y mourut étouflfé par une pomme qu'il jcioit en l'air en jouant , et. quil taclioit de rattraper avec la bouche. Instruit de ce fait , l'abbé RomaneUi s'écrie tout-à-coup: N'est -iL
pas probable que Claude ait habite dans celle maison?. .
Demeure cVun Chirurgien. An. 1771. Elle a un seul atrium et le jardin en face. Elle contient i5 chambres dont une est d'une grandeur extraordinaire ; c'étoit vraisemblablement la salle anatomique ou V école: on y trouva plus de 14 instrumens de chirurgie (Sa).
Douane ( Telunium ). On entre dans une h /?;»
salle par une porte très- large, au fond de laquelle on observe un piédestal , construit peutêtre pour soutenir une statue. On y trouva une grande quantité de poids de marbre et de plomb ; sur un de ceux-ci on lisoit , Eme ( achète ), et Hahhebis ( sic ) ( tu l'auras ) (53). Gomme aussi une balance , une romaine avec des crochets à l'extrémité de ses chaînes , et une autre à plateaux ; sur le fléau on lisoit ces paroles.
Imp, Vesp. Aug. IIX. a Imp. Aug. T. VL C. Exacta in Capito.
Sous le huitième consulat de J^espasien Empereur Auguste, et sous le sixième de Tite Empereur Auguste y on Va vérifiée au Capitole.
Boutique de savon. On voyoit dans la première chambre des monceaux de chaux qui , par la finesse , par l'onctuosité de sa pâte , et par la dureté que ses parties ont acquises en séchant, excitèrent l'ctonnement des gens de Part.
Dans d'autres chambres, au niveau du pavé, sont
go PRECIS
situes les bassins où l'on faisoit condenser le savon. Ensuite deux autres vendeurs d'eau chaude , dont l'usage étoit fréquent chez les anciens, et dont la grande quantité nous fait connoître la nombreuse population de Pompe'i. On trouve un réservoir couvert , qui fournissoit l'eau a la fontaine voisine.
Gomme les eaux du Sarno étoient trop basses pour s'élever jusque sur la colline de Pompéi, on y avoit peut-être suppléé par uïi aqueduc qui faisoit une branche de celui de Serlno. Nous avons découvert les ruines de ce dernier près du village voisin de Palma,
Petite rue. Maison des Danseuses. An. 1811. Des décorations variées et de belles peintures couvrent de toutes parts les murs de son atrium toscan. On y observe avec plaisir une bande de canards qui nagent dans un petit lac ; des perspectives de palais à plusieurs étages avec des jardins environnés de cyprès et de platanes ; et cntin un jeune danseur avec un bras légèreh-^U ment courbé au-dessus de la tête , et un pied
qui tombe dans une attitude languissanle. Dans <:ette situation si agréable et si délicate , il semble nous représenter le repos d'un Dieu. On voit ensuite quatre danseuses: elles sont pour nous les témoins des fétcs , des danses et de la joie qui a dû tant de fois égayer cette habitation. Dans cet Atrium on trouva un des vases de
bronze le plus élégant que l'on conserve dans le \ A'A X^ii^f-'f-i Musée Royal. '^i ^^VW.'^" ^
La chapelle domesliquc se présente dans le YT, >''''/ second appartement : ou y voit un autel dédié aux Dieux dispensateurs de la fertilité et des richesses ( Isis et Osiris ). Tfarpocrate est au /t h X m y--' . milieu d'eux; il montre une corne d'abondance - >.a\5.. «^!! V en or, et impose silence avec le doigt. La chambre à coucher est à gauche. On y admire deux jeunes Divinités qui se dépouillent gracieusement de leurs vétemens devant Cupidon; un petit génie avec des vases de parfums à la main , des guerriers à chevr-1 qui courent contre des Amazonnes ^amt, - p.i^ qui, à leur tour, sont portées par des coursiers '• ^^xaxxo l^n: ; rapides; des festons, des oiseaux, de nouvelles danseuses et des Bacchantes très-belles et très- ., „ ^ ., aimables. ' s.4* fvju
Maison de Narcisse. An. 1811. On y entre par l'entrée secrète ( ce qu'on observe constamment dans toutes les maisons de Pompéi ) et par laquelle , suivant Horace , le maître sortoit en trompant le client , qui l'attendoit dans la cour. ( Ep. 5. 11 V. 1. ). Un péristyle formé d'élégantes colonnes y règne tout alentour , et un jardin délicieux en occupoit, selon la coutume , le centre. Des petits murs, (^pluteum) avec des canaux remplis de terre , faisoient croître, entre les colonnes , les fleurs les plus suaves, et paroissoient environner d'une guirlande de vives couleurs ce cabinet de verdure. Au miUeu, il y avoit «ne
^*^*^^éLiMx.\ 02 PRÉCIS
table ronde en marbre avec un pied cannelé , pour les collalions d'e'té. On trouva un petit Apollon en bronze , renverse par terre , qui pinçoit la lyre; et dans la niche opposée, très-joliment /, ''l'f^ \^'^ décorée, on voyoit la biche de Diane en marbre, y^ \ - ,^ suivie de son petit nourrisson. Cette habitatiou
ctoit donc sous la double proiection des aimables enilms de Latone.
Dans une soirée d'été , lorsque le maître de la maison fatigué et assis au pied du sanctuaire , récitoit des vers à la Divinité qui les lui avoit inspirés, et contemploit le ciel et ses beaux astres qui lui sourioient en étincclani, et qu'il s'enivroit du parfum , que la fleur helle-de-nuit et les roses de Poestum éternellement fleuries exhaloient à ses côtés , je crois qu'il devoit être heureux , et qu'il devoit regarder l'existence comme un songe agréable. Mais il avoit de plus une tendre amie ; quelques tableaux oi^i sont exprimées des scènes secrètes , nous l'indiquent. Ils s'aimoient. . . . Voilà pourquoi Ton a peint sur le mur à gauche de la chambre à coucher, l'image de Narcisse qui fait allusion à un homme qui est content de soi jusqu'au délire, t*.*^ fur.^cc , Avant de sortir de cette maison , nous jetâmes
^M' JjV "^^ coup-d'œil sur l'autre appartement. Il est ^ .. ^ composé de deux petites chambres pour les do-
mestiques , vis-à-vis de la porte publique , un atrium avec son bassin , et la chamljre d'audience. On trouva dans celle dernière les IVa^-mcns d'un
biselîium de bronze , avec de méandres d'argent ; et suspendu à un clou, un tableau trèsestimable, détache d'un autre mur peut-être après le tremblement de terre de l'an 65. Il repre'seute la Paix, qui , d'une main tenoit un rauicau d'olivier, et de l'autre Ja corne d'abondance, et /'(<>>tij^cwttL " diri^^coit son vol vers la terre, annonçant à touics • ^' ''^^ les nations que le triomphe de Rome n^étoit que le présage du repos et de la félicité de l'univers.
Une cassette en bronze, d'un beau travail; fART.-,v **> -iV .> elle renfcrmoit des instrumens de chirurgie et f (^ a^J^i, ■ des médicamcns ; et une petite statue de mar- 77- .. ,bre représentant un esclave avec le capuchon. Il dormoit 5 un vase étoit près de sa têle , et il soutenoit d'une main un panier par l'anse : une Souris tâchoit de s'y introduire. Tous ces objets rendirent très -intéressantes les fouilles de ce FAhth u
beau domicile. /'^ûClc. /y..-.
Habitation dite de Pupiiis. k\\ 1811. Les mo- "^ ^,i» jjt^v saïqucs et Icspeintures, quoique très-effacées, y sont J/^r'
prodiguées avec magnificence et avec goût. Sa ■';\ ,/ ^^ distribution vu les difficultés du lieu, mériie des éloges. On y découvrit , cntr'autres objets , une ^ahxVû table de marbre soutenue par un jeune Barbare. i^L^-i
Maison dite de Salluste. An 180g. — Un il'., -V /^ four public est la première de ses dépendances. A sa construction on le croiroit de nos jours : on y voit en outre trois moulins ; la chambre où l'on pétrissoit le pain , et le foyer pour l'eau chaude nécessaire à cet usage; et plus
Vi I
il 4 loin Tendi-oit où il étoit déposé quand il étoit
cuit. Les vases contenant de l'eau , et les amphores avec la farine , étoient encore à leur place. Enfin il ne manquoit rien pour rendre cet édifice à son ancien usai^^e. Nous étions tentés de mettre en mouvement les meules d'un moulin , de mettre le feu au four, et de manger du pain frais fait avec de la farine de 38 siècles.
On parvient ensuite dans une boutique où l'on voit un foyer , des marches pour y placer les mesures des liquides , et six amphores encastrées dans le banc de pierres : c'étoit une hôtellerie. On préparoit sans doute , dans \^s petits fourneaux, un de ces mets nationaux qui, dans chaque pays , forment la base de la nourriture du peuple.
Des amphores dévoient servir pour conserver le vin , les olives , et la saumure , ( garum ) de Pompéi , cjui étoient si estimée , et dont on faisoit un grand commerce (54). Cette boutique communique à Fhabitalion de Salluste dont elle fait partie. Ce qui fait présumer que c'étoit la coutume, chez les riches, d'y vendre en détail le produit de leurs terres et celui de leur industrie : ce qui se pratique encore aujourd'hui à Florence et dans nos Provinces.
La demeure de Salluste pourroit bien s'appeler le sanctuaire des Grâces et du goût. Ces pilastres avec des chapitaux , où deux vieux Faunes enseignent à d'autres plus jeunes à jouer de la
Il 1 s T O R I O U E. 95
flùie , en embellisseiii les portes. Une fontaine d'une singulière beauté e'toit au milieu de l'a- Irium : au bout de cette fontaine une petite biche en bronze venoit se désaltérer dans une conque de marbre grec. On voit autour de cette maison , les chambres pour les hommes de la famille, et celles pour les hôtes. Plus enfoncée, et plus à l'abri du froid, étoit la salle des banquets que les patrons donnoient ordinairement à leurs clients. Les petits cabinets , près dos porLes principales , étoient habités par les domestiques qui en avoient soin, et qui y étoient prompts à exécuter les ordres de leur maître. Vis-à-vis esr la chambre ordinaire pour \es affaires , avec ses salles accessoires aux côtés , ( alae ) et dans le fond , un petit jardin planté de lauriers et de narcisses , dont \es oî^non.s commençoient à peine à germer. Le bain froid à l'extrémité d'un portique parfumé de roses et de violettes, la salle de danse , le iriclin'iuni pour le dîners d\'té , omhr.igc par une treille, près d'une petite fontaine , et un fourneau enire le bain et le tricliiiium, pour réchauffer les boissons nécessaires à l'un et à l'autre , sont distribués à côté du j.irdin , et dévoient former de ce site, un séjour
des Dieux , un Elysée
A main droite de V atrium , on arrive, par un passage étroit , à l'appartement secret. Le tableau qui recouvre tout le mur qui est en face , représenio Diane nue dans le bain , punissant yJctéon de
sa téméraire curiosité. Il avertissoit du malheur qu'cncouroit le profane imprudent qui auroit tenté d'y pénétrer. Une cour environnée de huit colonnes est au milieu ; dans le fond , le sacrw riani de Diane ; aux côtés , deux cabinets à coucher , ornés de belles peintures et d une précieuse mosaïque de marbres variés ; à droite , une salle de danse avec une table à manger ; à gauche , une petite cuisine avec ses accessoires : telle est la distribution de ce gynécée qui étoit sous la vii^ilance de la plus chaste des Déesses (55). L'infortunée maîtresse avoit oublié, dans sa chambre à coucher, le vase des ])arfums, ses Pénates et son argent. Tous ces objets étoient en or.
Dans la rue la plus proche de cette habitation, on découvrit 4 squelettes. Une jeune femme fuyoit avec trois de ses compagnes. A côté d'elles, on trouva 32 monnoies , et une plaque orbiculaire en argent , qui pourroit être un miroir ; quelques anneaux d'or ornés de pierres gravées; deux pendans d'oreilles, un lacet, et 5 bracelets du même métal.
An i8ii. Au coin de la rue est la maison dite de Modeste , avec une boutique où Von vendait des liqueurs. Le tableau où Pon voyoit Circé qui présenloit des boissons à Ulysse tirant son épée^ et repoussant la Magicienne loin de lui , nous • parut une allégorie de la profession qu'exercoit le vendeur.
An. 1809. Parmi beaucoup d'autres ruines , ou trouve la Maison des fleurs. Elles exhaloient leurs parfums odoriférans dans les emplacemens de terrain situes entre Jes portiques. On y voit encore des peintures de Nymphes gracieuses qui ont leurs tabliers pleins de fleurs.
A l'entrée de cette maison , on voyoit un pavé en mosaïque qui représentait un sanglier poursuivi par un chasseur et par un mâtin qui le tenoit déjà par les oreilles avec ses dents. Audessus , on lisoit le nom de ceux qui l'avoient fait : Fedus cum Torquato.
Dans la cour d'une habitation qui étoit dans le voisinaiic, on eut le plaisir de trouver le bassin, qui rccevoit l'eau de pluie, tout de rouge antique et en forme de conque très-élégante. Idée neuve et heureuse , d'un effet le plus gracieux.
Dans une autre, on trouva dans le bassin d'un ijnpluçiujji une fleur de marbre blanc avec un trou pour un jet - d'eau. On voyoit sculptés en relief sur trois feuilles , deux crapauds et un lézard.
En retournant sur la rue, vis-h-vis de l'ha- il.^Sn,i.bitation de Salluste , on en trouve une autre qui fut déterrée depuis 1776 jusqu'à 1780. Elle est entièrement ruinée et recouverte de terre. Dans Fétage inférieur on obscrvoit une salle de compagnie , des bains pour les domestiques , un jardin, et /*(?/'jrt5//'^/z//72 pour les esclaves. Rien de plus douloureux que d'entrer dans ces derniers
réceptacles , dont chacun pouvoit à peine contenir un seul homme , et où ces malheureux étoient condamnes à y être renfermés, et h payer le seul bienfait qui leur étoit accordé dans ce monde , la vie.
Une boalique de forgeron dans laquelle on trouva un levier à pied de porc, avec beaucoup d'autres instrumens de l'art, et un four public d'une forme plus ingénieuse que le premier , se suivent le long du côié gauche de la rue.
An. 1809. L'habitation du boulanger étoit décente et bien distribuée. On distingue dans le Four les vases pour l'eau près du puits ; la chambre avec les pétrissoirs de maçonnerie, et celle où l'on faisoit fermenter la pâtç sur des planches disposées l'une sur l'autre le long du mur. Par le moyen d'un grand trou, la pelle recevoit la pâte de cette chambre , et par le moyen d'une autre , elle déposoit le pain déjà cuit sur une table dans la chambre voisine. Le four est au milieu ; dessous est le récipient pour la cendre et la bnûsej près de là Ton voyoit peint sur le mur un sacrifice à la Déesse du lieu, et des oiseaux, images des Dieux Lares ^ qui en poursuivoient les mouches.
On observe ensuite 4 moulins ordinaires formés par un cône concave de pierre volcanique qui tourne sur un autre convexe; le grain moulu entre ces deux cônes se recueilloit dans la partie inférieure. L'écurie pour les ânes qui tournoient les moulins avec les yeux bandés, étoit vis-à-vis.
Dans les temps moins civilises , les gens de distlnclion ne dédaignoient pas d'exercer cet art. Plutarque fait dire à Thaïes que dans Tile de Lesbos il avoit entendu une esclave ctrangèic qui^ eu tournant le meule chantoit ainsi. Mouds^ o moulin, mouds; puisque Pittacus, Roi de la grande MiUlène se fait aussi un plaisir de jnoudre. Dans les temps de civilisation et de luxe , ce furent les esclaves , les femmes , les criminels , et les philosojjhes qui tournoient la meule. On avoit déjà vu Cléanthe , Piaule , l^érence partager avec les ânes , leur pain et leurs travaux. D'ailleurs j à cette époque, l'usage des moulins à eau éloit déjà généralement connu. — Caion ( de re rust. cap. 22 ) , établit même le prix pour les habiles meuniers de Pompéi.
3Iaison d'un maître de jnusique. An 180g. Elle étoit ornée de tableaux qui rcprésentoient différens iustrumcns de musique. Deux autres y représentent une scène religieuse avec un prêtre entre une femme assise et un guerrier ; et Didon consternée au milieu de sa cour. Une femme-decliambre dans l'attitude de la surprise et de la douleur lui apporie la nouvelle du départ d'Enée, dont le navire faisant force de rames est peint sur le haut du tableau. On trouva sur le pavé un fragment de cadran solaire , et différentes pièces de flûtes {b^). De tout cela, il est facile de conclure que cette habitation appartenoit à un de ces maîtres de musique qui , dans une ville
loo PRÉCIS
comme Pompél, riche en théâtres et en acteurs, e'toit chargé d'exercer les Chœurs pour les repré- . sentations dramatiques, et pour les jeux scéniques si Lruyans et si célèbres dans toute l'antiquité. Dans le lararium de cette petite maison on voit peints deux serpens, ( génies tutélaires ) , entrelacés autour d^un petit autel , et un prêtre , qui leur verse les libations sacrées. ^' Jlt^.^ec. W36 Demeure dite de Jules Polyhe. An. 1807 et suiv. On monte par deux entrées dans deux salles qui servoient de vestibules à cette habitation, et qui occupoient le lieu de V atrium Thuscani-^ cumj singularité dont on ne pourroit jusqu'à pré-^ sent citer un second exemple dans Pompéi.
Des vestibules, on pénètre dans une cour environnée de portiques, dont les arcades étoient fermées par des châssis avec des vitres.
Cette maison étoit ornée de belles mosaïques et de belles peintures. Les plus grossières qui représentoient de plus d'une couleur les grands cadres de l'échiquier, y formoient un effet cxtraordinairement bizarre. De l'étage supérieur, qui ctoit très-noble, tombèrent des morceaux de crépi. avec des marques de dorure très-visibles. Sur f les murs des boutiques qui constituent la face de cette habitation, on lit: C. I. Pol. D. Vir. I. I). yïequanus. — C. Iulium Polybium, D. J^ir. Vatia rogat. Dans ces boutiques, Aequanus et Vatia se recommandent à la bienveillance du 'Duumpir Jnge C, Jules Polj'be. C'est ainsi que
II I s T O 11 I Q U E. loi
les vendeurs avoieiit coutume d'écrire leur nom et celai de leurs Patrons, dont on aimoit à implorer la protection.
An. i8og. Pharmacie. Elle avolt pour ensei- m i/, / ^ne un serpent , qui niordoit un fruit avec des feuilles, parfaiiemcnt semblable à Vana/ias. On y trouva beaucoup de préparations chimiques.
Dans cette rue, on découvrit un de ces cadrans solaires en marbre c£u'on observe si souvent sur les Places et dans les monumens publics de Pompci. Il éioit fait pour l'élévation du pôle de 43 degrés et conlenoit une partie de l'arc d'un cercle qui représentoit l'équateur et son inclinaison vers l'horizon. Douze lignes marquoient les heures-^ celle du milieu indiquoit la sixième , ou le midi; le gnomon étoit situé en ligne horizontale. Ce qui rendoit singulier ce cadran solaire, étoit justement l'élévation du pôle pour lequel il étoit fait, et qui convenoit fort bien à la situation de Mempliis. Si l'on ne vouloit pas supposer que les Pompéiens eussent eu une connoissance assez grande de la gnomonique , et par conséquent de la trigonométrie, on pourroit présumer que ces cadrans solaires sont les mêmes qui sont venus de l'Egypte , et qu'ils ont été tracés empyriquement , par le moyen de '^'^^,!''' V hémisphère de Bérose auquel ils ressemblent csaciemcnt (Sy).
Les boutiques qui se succèdent depuis l'habitation du Choragus ont été fouillées à différentes