‹ Pompéi décrite (volume 3)Chapitre 19 sur 28 · CORNELIA CELSA · texte numérisé non relu

CORNELIA CELSA

C'étoient des dévols disis, et initiés dans ses mystères. Les peintures représentoient C upulhéose

HISTORIQUE. lyf)

</\/b, ( r /sis (V Egypte^ ) ot les figures do (liflférens animaux qui y cioicnt en vcnéraiioii. (h\ \ voyoit deux Hermès j^igaiilcs(|ues avec la b.irl)e et les corner; entre eux e'toicnt des barques dont l'une peut être la barque à' Ho rus ou du Soleil, contcnoit une cassette avec un oiseau; et l'autre cioit ijouvcrne'e par un homme. Deux scrpens autour de deux bâtons suru)onlcs d''une guirlande de fleurs; et dessous, une lionne. Une figure assise sur une chaise couverte d'un voile , et un serpent. Une autre, cTlsis^ avec un manteau et un chapeau sur la télé ; elle a dans la main gauche un sceptre ; à son bras est suspendu un seau: elle a sous son pied une léte de mort, et à côté d'elle des serpens dont l'un est dresse , et l'autre entrelacé autour d'un arbre chargé de fruits. Toutes ces figures avoient sur la tête la fleur du lotos, ou Nénufar, ( Nymphœa^ planta aquatique ); et faisoient allusion aux diverses opérations du Soleil et de la nature (86). Le serpent urœus ^ ou aspic cioit le symbole de la vie et de la mort.

Dans cette chambre, on reconnut le squelette d'uu prêtre qui ctoit encore à table. 11 avoit mangé des œufs et des poulets, et avoit bu du vin. Les restes du dincr et les vases étoicnt rciivcrsc's par terre.

Dans la chambre continue on trous a un ^rand nombre de symboles du culte d'isis, et une petite idole égyptienne dans uni' nicb^. (î'éioit une gar-

dérobe du temple ; il y avoit encore deux

cbaises et d'autres meubles.

ÎSous nous e'cartcrioijs trop de notre sujet , si nous voulions rappeler ici toutes les épreuves, les cérémonies et les prières qui se faisoieni ordinairement dans les mystères cTIsis , qui furent transplantés en Grèce, sous le nom dJSleusiniens. Aucun des auteurs anciens et modernes n'a pu en pénétrer le secret, ylpuîée^ ( Metam. Lib. XI. ) en parle aussi d'une manière énigmatique.

c( Je me suis approcbé, dit-il , des confins de la mort. Après avoir foulé à mes pieds le seuil de Proserpine , j'en suis revenu à travers tous les élémeus. Au milieu de la nuit le soleil me parut briller d'une lum ère éclatanie. J'ai comparu devant les dieux supérieurs et intérieurs ; et je les ai adorés de fort près.

Ainsi j l'inscription qu'on lisoit à Sais sur le piédcsiai de la statue de Nephtis ( Isis ), n'a rien encore perdu de son ancienne vérité.

Je t>uis ce quifut^ ce cjui est, et ce qui sera. Aucun mortel n'a osé encore écarter le voile qui me couvre. Le fruit cjue jai enfanté est le soleil {8'p.)

Cependant on croit que l'on enseii^noit dans les mystères isiaques une autre doctrine , celle qui concernoit la vie future. Lorsque Lucius dit, qu'il arriva aux confins de la mort, et foula aux pieds le seuil de Proserpine , n'est-ce pas une

allégorie assez claire des craintes doiii il s'iniaginoit cire délivre par son iniiialion ? Au rcsle , toiile fiiflicnlLé s'évanouit par ces promesses que lui (ait Isis : « iii vivrai heureux ^ tu ^scr as plein (le gloire sous ma protection. Qwiùt , ay,arit atteint le terme de ta vie , tu seras descendu, aux enfers ^ tu habiteras les Champs Eiysées . . . Si , par ton zèle pour mon culte , et par la pratique de la continence et des privations qui te seront imposées , tu mérites mes faveurs ^ tu

{sauras qiC ïl est en mon pouvoir de prolonger tes Jouri au-delà du temps que le destin a prescrit, y) A l'espoir de jouir après la mort d'une léliciK; assurée se joignoit donc celui d'une vie longue et heureuse, espoir sur lequel il n'est jamais dillicile de tromper les hommes, parce que leur honheur consisic à céder à la force de celte illusion (80). Après cela il paroît que jM. de llammer ait eidiu arraché ce secret aux siècles , et qu'il ait fait pour la première fois, hriller un rajon de lumière dans le sanctuaire ténébrenx d'isis. Il parle sous l'eseorle de Clément Alexandrin ,(les trois espèces de myslères isiaques , c'est-à dire la puriiieiiion à l'entrée de la tombe; les petits myslères sur le pigemenl de la mort et sur la doctrine de la vie future 5 et enfin le passage aux pins grands mys tères par la contemplation de la lumière éternelle, source de l'exisicnce et de l'univers. Quatre étoient les preuves mineures, et trois les majeures pour les iniiié-i (89).

1/8 pnÉcis

La chambre des victimes , et J'appancmcnt des Piètres sont sur la gauche du temple, que nous venons de de'crire. Il y avoit ça et là dans la cuisine des os de jambons, des arêtes de poissons, et de la vaisselle de terre. On trouva le squelette d'un Prêtre qui avoit pris la hache pour s'ouvrir un passage au travers des murs. D'autres allèrent dormir. Tous moururent. Le Hiérophante avoit rassemblé le trésor de Jia Déesse et s'enfuyoit; mais la mort le surprit à Tentréc de la grande place du théâtre. On ramassa sous son squelette 5^io monnoies d'argent , g d'or intactes , et 42 de bronze , des petits vases d'argent , des figures isiaques très-singulières , des cuillers, des patères, des fermoirs, des petites tasses, toutes d'ari^ent , un beau camée, et des pendans d'oreilles. J

Sur la porte on lisoit, sur un marbre: Niimèriiis Popidius Cel.sinus , fils de Ninnérius ^ bâtit depuis les fondemens^ et à sei frais ^ le temple d'Isis renversé par un tremblement I de terre. Les Décurious Vont ^i^ratuitement associé à leur corps à c.tuse de sa libéralité , quoiquil fût cigé de 60 ans (go).

vTT v;; ?5' Petit temple de Jupiter et de Junon. 1766.

Un autel de tuf volcanique avec une frise dori- j que est situé devant le sanctuaire : il est d'un ' bon style. Il y en a même qui le comparent au sarcopbai;e trouvé à Rome dans le sépulcre des Scipions, et trausporlé dans le Musée du» Vatican.

la i'ui col de

fîl5

Le busie de Minerve fut trouvé parmi les siïiiulacres de terre cuite de Jupiter et de Junon.

Les chambres voisines servoient aux prêtres.

Domicile d'un Sculpteur. 17g'). Des instru- w

mens et des statues ébiiucliées ou à peine commencées encombroient l'airiuni de celte habitation. Sa partie privée se trouve sur un étage plus élevé.

Théâtre Tragique. i'^64 et sui\-\ Sur la porte Vjïî ^n 7of'ii supérieure on lisoit l'épigraphe suivante:

M. M. HOLCONI KVFUS ET CELER

CRYPTAM THIBVNAL. THEz\TRVM S. P.

AO DECVS COLONIAE.

Les deux Marcus Holconius Rtftis et Celer^ firent bdlir à leurs propres frais , pour l'embellissentent de la Colonie, le corridor couvert , les tribunes et le théâtre.

Ce Théâtre fut donc bâti , au temps d'xViigusto, par l'ouvrage et aux frais des Riifus. lUVit ouvert au public ou dédié^ Van 22 du tribun:it de cet Empereur (()i).

Il présente, comme tous les lliéàlrcs de la Grèce, la (orme d'un demi-cercle , où sont disposes Vun sur l'autre , le long du penchant de la colline , des gradins de marbre qui ^ recouverts de tapis élégans et de coussins , servoient de siège aux spectateurs. II est divisé par des para pets en trois pait.i(\s liovi/.ojii.iles, appelées Cavtmc.

i??o P p. il C. l S.

Quelques peiiis escaliers, qui descendeiil des por- '^, les supérieures ( vomitoria ) le subdivisent en d'autres parties transversales , appelées Cunei , à cause de leur forme de cônes. Sur la première cavea , les Décurions, les Auguslales ^ et tous ceux qui avoient le droit du bihellium prenoient leur poste dans \q,?> munie ipium j ?>\xv la seconde, les citoyens ; sur la troisième et plus élevée {summa cavea ) , le peuple et les femmes. Elles étoient environnées de petits barreaux de fer, afin qu'elles ne tombassent pas. Sur le parapet, entre les premières cavea , on observe le lieu qui fut destiné pour siège de M. Holconius Rufus^ Fiamine d' Auguste et patron de la Colonie, comme rindique une inscription. A côté on trouva les statues de Néron sans barbe , et à' Agrippine.

L'endroit du ïiiéâire que nous appelons le parterre, étoit nommé orchestre, ( orchestra ). C'étoit la place des principaux Magistrats. Cliez les Grecs ou exécutoit les bals sur un plancher fait exprès. Ainsi les danseuses [Oiivoient iaire parade de la légèreté et de la souplesse de leurs mouvement au milieu même des spectateurs , qui les combloient d'applaudiïsemens et d'éloges.

On cousignoità ceux qui gardoient les postes , un billet d'os sur lequel on signoit la cavea ^ le cuneus , le gradin, la place , et le nom de y auteur du Drame. On en a trouve dansPompéi, qui indiquoit une tragédie d'Eschyle. Un tel billet coùtoit quelque sou.

En face de l'orchestre est \e proscenium, où les acteurs, les danseurs , et les mimes jouoient leurs rôles. Il ëtoit à 5 pieds de hauicur du sol. Le sipariuni dcsccndoit par une ouverture de haut en bas , en sens contraire à celui dont nous nous servons , et on y voyoit dépeint le sujet du spectacle.

On découvre vis-à-vis du proscenium 7 places dont celle du centre est en forme de demi-cercle ; on peut croire qu'elles étoient destinées aux musiciens appelés Timelicl, du lieu de l'orchestre où ils servoient. Aux bouts du proscenium sont deux tribunes, dont l'une étoit peut-être pour celui qui régloit les musiciens , et l'autre pour le Président des spectacles ; sa chaise curule étoit encore à sa place. Au fond, on voit la scène fixe , qui consistoit en un mur décoré de plusieurs niches , et autrefois de 6 statues, et de trois ordres d'architecture d'un travail élégant et délicat. Au milieu est la porte appelée Regia , parce que c'étoit par là que sortoient les principaux personnage' du drame: on en voit deux plus petites à ses côtés ( liospitalia ) , pour les rôles secondaires. Derrière la scène ( postsceniuni ) , on trouve les chambres des danseurs et des acteurs. On dressoit les tentes ( vêla ) sur des perches situées au sommet du théâtre, pour garantir le peuple des chaleurs excessives du jour. C'est pourquoi on y répandoit encore avec des machines ingénieuses des pluies odoriférantes d'eau de safran.

i82 PRÉCIS

Un vasle réservoir qui recevoit le canal du SarJie

est tout près de là , destiné à cet objet.

La partie inférieure de Pompéi pouvoit également se servir de ses eaux.

Ce théâtre , comme tous les autres monumens plus élevés de Pompéi , est ruiné et privé de ses marbres à l'extrémité supérieure, qui ne put, par son éminence, être entièrement enseveli par l'éruption.

v;.. V- \9 in ti ■ Odeum , ou théâtre de musique. 1769 et suiv. 11 est à gauche du théâtre , comme le prescrit Vitruve : Exeuntibus e TJieatro , sinislra parte Odeuni ( liv. 5. cbap. g. ) 11 ne se distingue de l'autre que par sa petitesse et par sa conservation. On donnoit dans ce petit théâtre les preuves des drames et l'on exécutoit le concours poétiques, où l'on proposoit des ttèpieds^onv prix. Sur le sol est écrit, en lettres de bronze, le nom du Surintendant, des spectacles — M. Oculatius M. F. Férus II Vir pro ludis.

Deux inscriptions nous apjjrennent que les Duumvin C. Quinctius fils de Cajus , et M. Purcius fils de Marcus ^ par décret des Décurions empruntèrent l' ari-ent pour hàlir le théâtre couvert, et V approuvé' ent.

c. QVtNCTIVS c. F. VALG.

M. roaciYS M. F.

DVOVIIÎ. DEC. DECR.

ÏHEx\TRVM TECTYM FAC. LOCAR. IIDEMQVE PROBAK.

HISTORIQUE. i83

M. Tf^ilhins dit , qu'il n'étoit peut-être pas entièrement couvert ; mais il ne se rappcloit pas , enir'autrcs, les deux anciens tlicâlrcs de JNapIcs, et ce vers de Statlus qui les décrit?

El g'iniiiatn moleiu miili , tecli(|ue tliealrf.

Des colonnes siiuces à l'extrémilé du nuir snj)crieur en soulcnoicnt le toit , laissant enir'elles l'intervalle pour l'air et pour la lumière. — Cet ëdilice avoit soulïert des pertes considérables par le tremblement de terre de l'an 65 , et on le réparoit', quand il fut couvert de nouveau.

Place dji petit Théâtre , et Quartier des soldats. 176(3 et suiu. Pour en avoir une idée , il faut se lii,Hircr une enceinte découverte , avec un vaste jardin au milieu, environnée de portiques et d'entrc-colonncs sur les 4 côtés, et renfermée par do longues files de chandjrcs au rez-dc-cbausséc. Les colonnes sont doriques, cannelées à la moitié supérieure , petites , peintes en rouge , et elles font un très-bel effet. On y voit des inscriptions sans objet, et de très-mauvais dessins de gucirierset de navires faits pour passe-temps par les soldais de marine ( classiarii ) qui y demeuroient, et par les oisifs ([ui s'y promenoient en bâillant.

Visitons les cliamlires ; elles ont un second appartement avec des barreaux de bois pour y tourner. Dans une ( la pri-^on ) , on découvrit 4 squelettes dont les jambes étoient serrées dans une longue machine de fer. Dans l'autre après , on observe le trapetarn j)our faire de l'huile. II est

i84 PRÉCIS

formé de deux moulins qui se tournoient par le moyen d'un axe de fer dans un bassin , où l'on faisoit écraser les olives. A f,'auciie, etoit l'appartement du Centurion ; le squelette de son cheval richement harnaché fit trouvé à su porte. Il ne voulut pas aba adonner sou posle , et y mourut avec ses soldats, victime d'une diici[)line sévère. Les squelettes de ces derniers suipassoient le nombre de 37. — Une vaste salle repiésenloit en peinture leurs armes, dont on en trouva une quantité dans les différentes chambres. Elles forment maintenant dans le Musée Royal un trophée non moins glorieux que celui que la Grèce éleva aux morts des Tliermopyles. On y distingue une trompette de cuivre avec 6 flûtes d'ivoire, et un casque, oii est gravé avec beaucoup d'art la ruine de Troie.

Nous fûmes agréablement surpris d'observer , que depuis \e Fo/u/ii c/V/7 jusqu'au Quartier des i>oldatfi , espace que l'on parcourt en moins d'une demi-heure , ou trouve réunis 8 temples , une Basilique , trois places publiques , le grand monument àEuuiachia^ les Thermes, deux théâtres , et des boutiques somptueuses et innombrables. Dans ce court iniervalle s'élevoient plus de 83o colonnes de toute sorte de matière et de toute grandeur. Qu'étûicni-ellcs donc les petites villes des anciens ?

HISTOllIQUE. i85

Airiphithéàtrc. n. •,

( // fut découvert le 16 novembre ij48. On continua ensuite les excavations V an iSi3 et suiv. )

On reste étonné de trouver un si vaste monument dans une ville dont les liabitans ne suffisoient pas pour le remplir. Ou peut croire qu'il pouvoit contenir environ 20 mille personnes. Il faut conclure que les peuples voisins avoient coutume de fréquenter les spectacles de Pompéi. Ce qui confirme cette conjecture est la démêlée, {^Tacite annal: lib. 14 ) qui pour un léi,'er motif s'échauffa entre les Colons de Nucérie et les Pompéiens , pendant qu'ils assistoient au spectacle des gladiateurs, donné par Livinejus Regulus. Des paroles ils passèrent aux pierres : enfin , ils prirent les armes. Les Pompéiens eurent meilleur jeu : beaucoup de Nucériens y perdirent la vie. Le Sénat romain , d'après Tavis des Consuls , défendit pour 10 ans les spectacles de Pompéi et cassa les Collèges contraires aux lois. Livinejus , et les chefs de la sédition furent exilés.

L^amphithéâtre a la forme elliptique , et la disposition des gradins uniforme à celle du Théâtre. Deux longs corridors couverts tournent aux côtés de ï Arène ^ et soutiennent par leur voûte

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la première cavea , offrant d'espace en espace des issues pour y monter. La seconde division contient. 5o degrés ; et la troisième, des loges couvertes qui servoient, comme nous avons vus , pour le peuple et pour les femmes.

Le posle que chaque individu occupoit sur les degrés est signé par des lignes , et il a un numéro distingué par la couleur rouge. Celui du Surintendant des spectacles se distingue très-clairement au milieu de la première division des degrés , au plus beau point de l'amphithéâtre.

Dans les corridors ci-dessus on lisoit un grand nombre d'inscriptions faites avec le pinceau et avec le charbon. Voici un compliment à celui qui avoit donné une fête magnifique : Muïtct munera vicisti. Et une imprécation contre un gladiateur : Barca , tabescas.

La construction de cet amphithéâtre est tresse! ide , et bien mieux conservée que celui de Pola , de Vérone , et du Culossée. Ce qui est principalement dû aux réparations que les plus riches Colons romains y firent exécuter, après les ruines occasionnas parle tremblement de terre de l'an 63. Leurs noms sont sculptés sur le bord du parapet gauche qui environne 1' arène ; et les quatre divisions , que l'on voit en correspondance de leurs noms formées dans la première Cavea étoient sans doute destinées à ces dignes Resiaurateurs de l'amphithéâtre , et qui étoient bien aussi les Surintendans des spectacles (yi^).

Un marbre nous annonce que les Duumvirs C. V^ali^us, et M. Porcius dont nous avons visité le tombeau , et les mêmes qui construisirent le Théâtre couvert, a voient donné aux colons un lieu perpétuel dans les spectacles.

c. QVrNCTIVS c. F. VALGVS M. PORCIVS M. F. DVO VIll. QVINQ. COLONIAE HONORIS CAVSSA SPECTACTLA Dli SVA PEC. FAC. COER. ET COLONEIS LOCVM IN PERPETVOM DEDER.

Le nom de ces colons étoit écrit sur le degré où ils avoient leur poste fixe.

Le père du Pontife Cuspius Pansa ^ à qui fut dédiée une statue et une inscription à l'autre entrée de l'amphithéâtre , devoit par décret dos Décurions veiller à l'exccuiion de la loi Pétrania (95j.

c. CVSPIVS c. F. PANSA PATER^ D. V. I. D. IIII QVINQ. PRAEP. ID. EX D. D. liEGE PETRON.

Cette loi fut publiée sous le règne de Néron , et consistoit à défendre de faire combattre les esclaves avec dos gladiateurs et avec les bêtes féroces , sans une condamnation des tribunaux. Il vSemble, en effet, que sous le Dur.mvirat de Pansa les bétes féroces ne pouvoicnt combat-

i88 PRÉCIS

tre autrement qu'entr'elles. Sur le mur qui environne Varène on avoit repre'senté quelques chasses non moins comiques qu'atroces. On y distinguoit un cheval qui fuyoit devant une lionne; une ourse Jiée avec une longue corde à un taureau afin qu'ils ne pussent s'e'viter; et enfin, ( ce qui e'toit spirituel, ) une tigresse qui combaiioit avec un singe.

On plaçoit dans l'arène des arbres et des plantes , et on exccutoit les chasses contre les Létes sauvages ; les jeux des Gladiateurs , les combats des Athlètet» , et ceux qui se faisoient à pied , à la lueur des flambeaux, dont parle Enchion au souper de Trinialchion. — Des grillages de fer défendoient les premiers postes des spectateurs contre les béics féroces, et un canal d'eau tournoit ordinairement à l'entour, afin qu'elles ne s'y approchassent pas de trop près.

Deux portes publiques sont situées à Textrémité de l'arène ; et un troisième et plus petit passage conduisoit les bétes féroces au milieu de l'aruphilhéâtre. 11 étoit très- étroit, afin que les bêtes féroces ne pussent se tourner sur les côtés , et retourner sur leurs pas. Dans une petite chambre on transportoit leurs cadavres ; on y trouva les ossemens d'un lion. -Dans les petites chambres ' à côté des deux portes principales on conduisoit encore les bétes sauvages et on les y entretenoit.

Vers l'entrée et dans les corridors on distingua ^ (3 squeleites ; et à côté d'eux , deux bracelets , \ ,

IIISTORIQTIE. 189

dfeux annoaux, une monnoio, et d'autres frai^nicns d'or; des nioniioics de bronze ci un pacjuct de draps , où. il y avoit une Jampe.

En face de l'entrée principale de l'amphitlic'atre on rencontre un triclinium. Un usa^^e existoit chez les anciens ; le jour avant rcxcculion des condamnes à mort, on leur donnoit un repas public appelé libre. On leur prodiguoit à cette occasion toutes les délices d'un somptueux banquet. Barbare rafïiiiement de la loi , s'écrie Tauteur des Martyres, et brutale clémence du paganisme; l'une ([ui vouloit rendre la vie chère h ceux qui dévoient la perdre; l'autre qui, ne considérant l'homme que pour les plaisirs, l'en vouloit combler pendant qu'il expiroit.

Sur la place environnée d'un mur près du triclinium, les Gladiateurs attendoient avant d'entrer dans Yarerie \ et dans l'autre , vis-à-vis du passage étroit des botes féroces, celles-ci étoient

entretenues et gardées.

Maison de Julia Félix — 1755.

Elle étoit située à une petite dislance de l'amphithéâtre , et fut couverte de nouveau , après qu'on l'eut d. terrée. Sa forme est carrée ; elle avoit un portique sur trois côtés ; celui en face étoit soutenu par des pilastres de marbre ; les autres , de briques. Sur le unir du ])oriique de la façade il y avoit des niches avec dillércntis

igo PRÉCIS .

Statues vides en dedans , desiine'es à contenir de l'eau. Parmi ces chambres on découvrit un Sacrarium , ( auj. au Musée Royal , ) qui d'après les peintures d'/>/5 , d'Osiris, d'Igiéa, à^ Anubis et de différenLes peliies idoles et talismans qu'on y trouva , parmi lesquelles un Priape et un Harpocraie , tous deux le doigt sur les lèvres, on conjectura que la propriétaire étoit une initiée aux mystères d'Isis et dévouée à sou culte pour obtenir des enfans. Il y avoit dans le centre un trépied de bronze soutenu par trois Satyres obscènes, qui tendent la main à la suppliante et semblent lai promettre que ses vœux seront exaucés. Sur un mur on lit le programme suivant:

IN PRAEDIIS JTIilAE SP. F. FELTCIS

liOCANTVll BAIiNETM , VENERIVM ET

NOî^GENTVM TABERNAE PERGVLAE

COENACVI.A EX IDIBVS ATG. PRIMIS IN

IDVS ATG. SEXTAS ANNOS CONTIMVOS

QVINQVE S. Q. D. L. E. N. C.

Dans les fonds de Julia Félix, fille de Spuriu^^ on loue depuis le 6 jusqiH au 8 du mois d'Août un bain, un Kenerium et qoo boutiques avec les pergulae et les chambres supérieures , pour 5 années consécutives. Si quelqu'un exerce chez soi le lenocinium il ne pourra être admis au louage.

Nous passâmes ensuite vers isi Porte à^ Isis. i8i5. Sur le haut étoit sculptée, sur une pierre, une

belle lete , poul-circ celle d'Isis , avrc une longue chevelure, et à côlc ccUe inscripûon:

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