PRIVATVM COL. VEN. COR
VSQVE AD TEGVLAS
FACIVND. COERARVNT.
M. Ilolcnnius RufuSy duumvir de justice poiirX la iixisièîne fois ^ et C. Egnatius Posi/inmus,\
ÏIIS TORIQUE. Wi5
' làunmpîr de Justice pour la seconde fois , par le jyécrel des Décurions , ont nc/ieié le droit de fermer les fenêtres pour 3ooo f'esterces ; et ont ^u soin dJ élever jusqiH au toit le mur particulier du Collège des Venerei couporès.
L'arcbiieclurc de ce monument est inférieure à celle du Trésor public et a celle du Temple ^//'Z/5<7we aujourd'hui presque détruit. Il a /i8 co- Jonnes de tuf, revêtues de stuc, d^ordie corititliien, et de mauvaise proportion qui soutenoieut 4 portiques^ de'cort's de statues^ d'Hermès et de superbes peintures. On en distingue de très-singulières. Quelques-unes représentent Hector traîné autour des murs de Troie; et Achille qui tire l'epéc contre Agamemnon, mais Pallas le relient par le bras. D'autres nous rappellent quelques scènes des batailles des Pigmees contre les grues; contraste comique, par lequel le Peintre a voulu nous traduire en autre lani>aC:"e Tironie avec laquelle Homère contemploit les exploits des souris et des grenouilles.
Au milieu de la cour découverte, s'élève un autel devant un sanctuaire isolé. Un petit entre-' colonne environnoit ce dernier. On trouva dans la cour la statue de Vénus, et celle de son fds Hermaphrodite avec des oi'eilles de Faune, toutes les deux d'un travail parfait. — Un jeune Bacchus. qui repose au son de la lyre de Silène, est peine dans une chambre secrète.
INousnous arrêtâmes long-temps dans ce Temple;
lO
a4G PRÉCIS
nous répandîmes quelques feuilles du myrte sur les gradins du sanctuaire, et nous nous assîmes à la place , où deux jeunes amans avoicnt offert à la plus aimable des déesses une couple de moineaux et de colombes. Nous ouvrîmes un livre. G'e'ioit Eumerus qui , du Temple de Cipre, ëcrivoit à Ege'rie (68.)
ce Parrivai à Araathonte le jour destiné à ce- )) lébrer les fêtes de Vénus. Les mères conduisent )) au Temple leurs jeunes filles. Le sort décide » du clioix de la Déesse. On ne les reçoit qu'à j y) leur quinzième année et dans la saison des roses. y) C'est ainsi que s'unit le printemps de la na- )) ture avec celui de la vie ....
)) Dépeindrai-je les mères préparant au grand y) acte leurs filles avec une tendre inquiétude, et )) l'agitation et la timidité de ces vierges ? Déjà y> les Hiéropbantes ont donné le signal du rite » sacré. Les deux sexes sont partagés en deux )> chœurs ; les mâles portent une couronne de y) myrte ; les roses ceignent le front des jeunes y) filles. Le teint vif de leur vis-ige , oii Ton :» remarque une pudeur ingénue , l'emporte sur y) les roses. Tu vois de longs cheveux blonds » qui flottent sur des épaules les plu5 charnianies; I T ■>) tu en vois des bruns qui contrastent avec l'ai- I )) bàtre d'un sein qui te ravit. Ici tu découvres
» la grâce, plus loin la volupté; celle-ci a l'œil )) étincellant , celle-là a l'attitude d^Atalante. )) Les jeunes gançons accourrus à la fête , et
lire ciisei
IIISTOllIQUE. 147
>^ ivres de joie coiilemplciit avec des regards avides ")) ce chœur de Lcauies; et déjà chacun d'eux iii- )) dique celle qui sera sou épouse. Dans ce moment y) heureux , les dieux sourient du haut de l'O- )) lympe, sur letir plus Lel ouvrage, la he.iulc, » rinnocence , et la jeunesse unies ensemhic. »
Basilique. i8l5. C'est un édifice majcsLiicux qu'une petite rue seule sépare du temple de Vénus. Là se rassembloicnt les négocians, et on y administroit aussi la justice.
On recueillit à sou entrée les fragmens d'une statue équestre en bronze doré; celles qu'on a trouvées sur la face de la Basilique d^ Herculanum étoient de marbre, ( les statues équestres des Nomiius. )
Comme les anciennes églises des Chrétiens étoient aussi des tribunaux, {de périiCeJice) ainsi elles prirent la forme et le nom de ces monumens.
La Basilique a une nef découverte au milieu y et deux antres avec des portiques sur les côlés. Ces dernières sont formées de deux rangs de colonnes, l'nn jonique, qui s'élevoit jusqu^au toit 5 l'autre corinthien, plus dans l'intérieur, qui sontcnoit un second étaire ouvert sur la nef du milieu , d'où l'on pouvoit observer les magistrats dans tous les points de la Basilique. Des juges inférieurs y terminoient les causes de moindre importance ; les avocats y donnoient leurs conseils , et les jeunes orateurs s'y exerçoient quelquefois à déclamer. Ces colonnes sont de bri-
ques dépouillées de stuc , et d'une construction si récente , qu'on ne croiroit pas qu'elles appartiennent à un édifice antique.
Dans le fond, s'élève à 7 pieds de hauteur sur le sol , la tribune où siégeoicnt les Magistrats. Une statue équestre étoit placée devant elle sur un haut piédestal. L'intérieur de la tri- Lune fornioit une petite chambre garnie de petites fenêtres et de barreaux, dans laquelle on mettoit les coupables pour y être interrogés lors du jugement qui étoit rendu publiquement : on voit sur le pavé de la tribune les ouvertures par oii l'on entendoit leur voix.
Les portiques étoient ornés de statues de marbre, et d'hermès de bronze; parmi les premières il y en avoit quelqu'une d'une taille qui éloit gigantesque 5 on découvrit des fragmens des unes et des autres. 11 y avoit encore des bassins et des fontaines.
Les murs, recouverts de stuc , sont construits, de grandes pierres carrées de différentes couleurs. Sur les parties extérieures , où étoient peintes des représentations capricieuses d'architecture , on lisoit beaucoup d'inscriptions, faites par amusement, avec le pinceau et avec le fer, et qui annonçoient la condition et l'ignorance de ceux qui les avoient tracées.
En voici quelques-unes des moins indiscrètes et avec la même ortJiographe.
Non est ex alho Judex , patte aegyplio.
Il n'y a point de Juge qui soil né d'un Egyptien.
Damas , aiidl ( sic. )
Ecoute haranguer , o Damas.
Suavis vinaria sitit ; rogo vos valde siùt ( 5fc. ) Suave marchande de vin a soif j je vous prie, lailes qu'elle en ait d'avantage.
J^ucrio ei Sjli/s Jiic fuerunt.
Les ami du gain et du bon temps ont c;é ici.
C. Piirnidius Dipilus heic fuit ad jS'onas Oclobreis. M. Lfpid. Q. Catu/. Cos.
C. Puraidius Dipilus fut ici le 5 d'Octobre, sous le consulut de I\I. Lepidus et de Q. Calulus. ( L'an 77 avant Jc>us- Clirisl, époque de la mort de SiUa. )
Oppi emhollari , fur , furuncule.
Oppius comédien, tu es uu voleur, un fripon.
.... ylquiami Qiiarta Sacejxlos Cereris puhl.
( Ce qui nous fait espérer de trouver à Pompéi ua temple de Cérès , dont Quarta et Decimilla l'épouse do Libella , éloieut prêtresses. )
Xô nom dn Bassilica ( sic ) est gravé plusieurs fois avec le fer prts de la peîitô porte.
Sous difTcrcnles inscriptions obscènes , il y cul quelqu'un qui écrivit ,
Jous multum mittit P/iilocratis.
rhilocralc a établi ( contre de telles indécences ) une grosse amende.
Près de l'entrée de la Basilique , nous aperçûmes trois vastes salles dont le fond fait en demi-cercle , les niches et les sie'ges élevés de briijaes indiquent être des lieux sacres ( 5ace//i ) jjroprcj aux nvgisirais qui jugeaient les petites
Vin II i<ui<L:
C^roL.d:
viij ;;r iti
i5o PRÉCIS
causes de l'éiat. Les murs de ces Curies autrefois revêtus du plus beau marbre, sont conslruiis de briques rouges et semblent sortir des mains des ouvriers (69).
Le Forum e'toit renfermé tout à l'entour par les arcs de triomphe que nous avons vus, et par des grilles de fer. Une marche qui Tenvironne sur les côtés empècboit aux chars d'y entrer.
31ai^'>onfi près de la Basilique. 1799. Elles n'offrent que les restes de leur ancienne beauté. On distingue dans la première ua atrium à 4 colonnes (^tetraslyluni^ ^ des mosaïques et des marbres trèsprécieux: , et une chambre à coucher , où parmi les orneinens plus délicats , on voit une jeune fille surprise par un jeune homme dans le moment où elle fait un sacrifice à Priape.
La vue cpi'on jouit dans leurs chambres de compagnie est enchanteresse.
Le petit appartement souterrain est fort curieux.
jMaison cC jidonis. 'i8i5. Dans la petite rue voisine on trouve des restes de peintures , une fontaine qui avoit des grilles de fer pour empêcher que ceux qui passoient par le niarchcpied contigu ne tombassent, et un de ces autels jiublics qu'on élevoit souvent devant les Divinités peintes sur le mur extérieur des habitations.
L'agréable demeure i^ Adonis est située dans Je trivLum^ et présente un bel atrium thuscanicum orné de petites cbambres à coucher. Dans une de 'celles ci , le superbe tableau d'Andromède sauvée
HISTORIQUE. i5i
par Persée est digne d'admiration, ainsi que celui de Vénus qui se dévoile devant Adonis assis et fatigué de la chasse. Il est curieux que M. Gandy ('jo) ait voulu rcconnoîire dans cette jeune ûile nue , une Diane , cl dans le chasseur^ dont la tète est ceinte d'une étoile et d'une auréole de lumière , un Endymion. Toutefois il ne rejette pas l'autre idée.
De ce point , on a la perspective de toute la maison. On y voit la noble salle d'audience y l'endroit du repas h l'ombre d'une treille , "et au fond , les entre-colonnes du gynécée voisin. Nous y entrâmes , et nous nous reposâmes un peu sur le tricUnium ( en forme de sigma C)» qui scrvolt pour les convives , quand ils surpassoient le nombre des Grâces, sans arriver cependant à celui des INluses.
Le jour du 29 Mai 1826 , S. M. la Reine avec sa famille Royale et LiL. A A. RR. le Prince et la Princesse de Salerne se porta avec son cortège à Pompéi , où elle fut reçue par M. le Gbevalier Arditi ^ Surinlendent des excavations.
Les recherches furent commencées vis-à-vis de la maison que nous venons de quitter, dans une chambre couverte d'une voûte solide où. à cause des squelettes qu'on y trouva , on présuma que des infortunés s'y seroient réfui^iés pour se soustraire au péril d'une mort imminente ; et qu^ainsi il étoit probable que dans cet endroit, comme dans d'autres circonstances semblables, ou
i5u PRÉCIS
dcvok trouver quelque chose de précieux , qu'ils auroicnt pu tenter de sauver dans ces mornens funestes.
En effet , dès que la fouille fut exécutée , on découvrit une quantité de nionnoies d'or , d'argent y et de bronze , des anneaux et de menus objets en argent, parmi lesquels des cuillers dont une fut parliculicrcmcnt observée à cause de son manche qui représentoit vm pied de chèvre.
On continua ensuite une autre excavation dans deux chambres qui servoient de boutiques, où l'on trouva des vases de bronze et de craie, des lampes , quelques poiJs et d'autres ustensiles, parmi lesquels une palère de bronze mcritoit d'être distinguée.
A peine S. M. fut elle partie, que le Chevalier Arciiti ordonna qu'avec une extrême diligence on coniinuat les fouilles de la ciiambre souterraine dans laquelle on avoit trouvé ses objets précieux , et qu'on conservât les terres déjà décombrées afin de les examiner plus en détail.
Voici cependant un indice exact de tout ce que l'on trouva dans les fouilles susdites et dans celles des jours postérieurs. Le tout est actuellement déposé dans le Musée Royal de ISapJes.
Or. Soixante six nionnoies.
Sept anneaux..
Une paire de pendans d'oreilles.
Argent. Mille et cinquante nionnoies.
Un couvercle de vase avec le manche.
HISTORIQUE. i53
Cinq cuillers diflerentes.
Une petite coupe.
Quatre petits frai^mens.
Bronze. Plusieuis pièces de monnoies.
J^erre. Un a asc rare en forme de verre à Loire.
Un ouvrai,'C de cristal de roclie semLlaLle à une noix y oLjet qui n'est pas ordinaire.
Les squelettes des mallieureux propriétaires de ces trésors étoienl sept ; leurs crânes sont intacts et \qs dents fort Lien conservées, circonstance que quelques-uns attriLuent à ce qae les anciens ne laisoiènt pas usage de sucre , ni de liqueurs spirit lieuses telles que les noires. Ces squelettes avec les autres qu'on a trouvés jusqu'à présent à Pompéi, excèdent le nomLre de cent soixante. Ainsi la quantité des mallieureux ensevelis vivans dans cette catastroplie , n'est pas si petite qu'on se le figuroit d'aLord.
Au contraire il est très - rare de n'en pas trouver dans les lieux puLlics ou particuliers. Comme les liaLitations , du côté de la mer , , avoicnt un étage inférieur qui appuie sur un côté contre la colline directement opposée au Vésuve, les mallieureux qui avoient retardé leur fuite cLoisissolcnt préféraLlcment cet endroit. Ils s'y recouvroient de la même manière que nous le ferions nous-mêmes surpris par une grande pluie au milieu des rues. Voilà pourquoi la cLamLre dont nous avons parlé , quoique très-ordinaire , avoit servi d'asile à ces infortunés qui étoient
cerialnemem des plus riches et des plus distingués citoyens de Pompéi.
En retournant sur le Forum , nous passâmes y^^ par une liabitation en ruines. On y déterra les
^ " squelettes d'un homme et d'une jeune fille, peut-
/>i> • être un père et sa fiUc. Le premier avoit sur lui
«ne hoursc avec 27 monnoies d'or et 5o d'argent; la seconde, deux beaux bracelets d'or. Un troisième squelette tenoit un paquet avec des au- , très monnoies d'argent. Ils étoient dans Tapparte-
ment supérieur.
Cette maison fut découverte en 1826. Le maître la'reconstruisoit, lorsque l'éruption de l'an yg la dépouilla des ornemens qu'on lui avoit destinés. L^enduit des murs paroît encore frais. On voit aussi l'impression des baguettes ( hacilla ), qui servoient à les battre pour les rendre plus solides. Un bel ornement en mosaïque est exécuté dans une chambre , et une table à manger avec de très-beaux pieds de marbre étoit située vis-à-vis d'un réservoir d'eau. Sur le pavé on trouva les restes d'un miroir de métal, un vase qui contenoit du savon, et des monnoies d'argent.
Les habitations suivantes qu'on déterre actuellement, n'offrent que la peinture d'un beau p^js avec des cascades , et une Psyché assise avec un papillon dans la main et un chien à ses côtés.
Deux atrium de ces habitations semblent avoir été tirés d'un édifice public vendu pour l'usage particulier.— K'ifin on ol serve une bcUc salle d au-
HISTORIQUE. i55
dience , ornée dans le milieu de son entrée par deux colonnes qui y forment un effet tout-à-ihit neuf et très-gracieux. , ,
Ecole de T'erna, C'est une seule et vaste place 1^' ,'",; - r^i^ décorée de niches et avec une tribune, de laquelle les enfans des deux sexes étoient instruits publiquement. Une peinture (lyi) trouvée à Pouipéi et qui représente ce Forum et son Ecole , nous démontre tout ce que les Classiques ont écrit à ce sujet. Au dehors d'une des ses portes on \\X. xxno. recommandation du Maître au Mai^istrat , à qui étoit confiée la surveillance de l'instruction puhlique: C. Capellam. D. K. 1. D. O. F, F, Ferna cum, discenùbus.
Edifice dEiimachia. (^Depuis tan 1819 y«5- y",|=<^l -T.i'i quW l'an 1821. )
Il est rectangulaire et d'architecture romaine. Dans ses parties extérieures et intérieures il est d^'ordre corinthien. Sa façade domine Je Forum.
Il est composé de trois parties , le Chalcidique , la Crypte et les Portiques.
Le Chai cidi que, espèce de vestibule spacieux, orné de niches, recouvert de marbres et soutenu par iG pilastres, préscntoit sur son architrave l'inscription suivante:
EVMACniA L. F. SACERD. PVBL. NO MINE SVO ET M. NVMISTRI FRONTON IS FiLI CIIALCTDICVjM CRYPTAM PORTICVSCONCORDIAE AYGVSTAH PIE- TATI SVA PECVNIA FECIT EADEMQUE EEDICAVPr.
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Eumachia fiUe de Lu dus prêtresse publique , en soji nom et en celui de L. Fronton son fih^ a construit à ses frais le Chalcidique, la Crypte et les Portiques de la Concorde, et les a dédiés à la Piété d'yluguste.
Ce fut dans le Chalcidique de la maison royale de Tlièbes , que Meiope, la liaclie à la main, alla trouver Egiste pendant qu'il dormoit, le croyant le meurtrier de son fils. Et la nourrice d'UJysse traversa le Chalcidique pour annoncer à Pénélope l'arrivée de son époux (72).
Par une porte large on passe de ce vestibule aux portiques intérieurs. lis étoient formés de 48 colonnes de marbre de Paros d'un travail exquis, qu'envirounoient de quatre côtés une cour découverte longue de 119 pieds et large de la moitié.
Au fond , une niche magnifique contenoit , à ce qu'il paroît, la statue de la Concorde. On la trouva près de là renversée sans tête, et avec des marques de dorure sur les bOrds de son manteau.
La Crypte forme un second ordre de portiques plus intérieurs et plus à l'abri de l'intempérie des saisons. On y trouva la très-belle statue de la prêtresse Eumachie élevée par les Teinturiers. ( EuUones ) Ce lieu étoit dédié h leur Collé i^e et à celui de leurs prêtres (yS) qui dévoient y laver les vétemens sacrés, ce qui n' étoit pas pei^ mis aux profanes. On voit dans la cour des petits biéges rcvcius de marbre, à côté des citernes y
^fafy/a iù
f/?a f'fno^
sur lesquels on execuloit peut-cire cet office.
Les marbres les plus précieux , des païsaqcs délicats, et des aral)esques couvrent de tous côiés ce noble et somptueux édifice.
Temple de Quirmus. 1817. Un sacrarlum s'c- \h\ u z lève à rcxtrcmité d'une petite cour découverte: en face on voit un bel aiucl de mnrbrc grec orné d'un relief, qui représente un sacrifice , et qui rappelle les beaux temps de Tart. Les murs sont partagés en grands carrés surmontés de frontispices.
JNous avons donné le nom de Qucrinus à ce petit temple, ( qui ayoit peut-être servi pour le Collège des Qiiirites ) (74)? parce que non loin de la porte , on trouva un piédestal ^ qui devait soutenir la statue du fondateur de E.ouic, et sur lequel on lisoit l'inscription suivante mutilée en quelques endroits :
ROMVLVS MARTIS
yî-LIVS VKBCM ROMAM
COndi-T^m ET PtEGNAYIT ANNOS
plus minus </W-ADE.AGIîSfTA ISQVE
Acrone DVCE iiosTtVM:
et 7'e-GE CAENINE^;SIUM
; interf-^c'£o s 1-0 lia OF-ima
j Jovi PERETRIO CO]SSEC[lA-P//
EECEPTVSQUE IN EEORV-;;^
îsA^MERYM QViRiNi noiiiine
APPELLAT-Z/5 est
a Romanis.
i58 PRÉCIS
Romulus fils de Mars fonda la ville de Romej et y régna environ 40 ans. Celui-ci^ après avoir tué Acron chef des ennemis et rci des Cé/iiniens^ consacra à Jupiter Férétrien les dépouilles opimes , et ayant été admis au nombre des Dieux ^ il reçut des Romains le nom de Quirinus.
Lieu du Décurionat. 1818. Avant d'entrer dans le superbe édifice d^Aui^uste , on doit admirer une grande salle faite en forme de demi-cercle amplement ouverte du côté du Forum avec un autel au milieu, et dëcore'e de sièges, de niches ^ et jadis de statues.
Nous croyons que c'est dans cette enceinte que
tordre des Décurions tenoit ses séances publiques.
— • ^ , / ' Temple d^ Aun,uste. nommé le Panthéon. 1821
Vil l\ 7"% '/?,V2 ■' .
' ' ■ et 1822. On pourroit l'appeler la galerie des fëies
Pompéiennes. Son plan semble avoir été pris sur ' le Temple de Seropis à Pouzzole.
Par une porte décorée de doux ordres de colonnes, de plusieurs autels et d'une fde de piédestals pour des statues, on a le passage sur une place découverte et jadis environnée d'un péristyle, sur les murs duquel on trouve représenté tout ce qui peut servir à un repas somptueux ; des poissons, un coq d'Inde, des corbeilles pleines d'œufs , des oies , des perdrix tuées et plumées , des vases pour les fruits, et une quantité d'amphores pour le vin. Sar l'entrée particulière , à gauche , on voit également peints des bœufs ,
HISTORIQUE. i59
des brebis, une corne d'abondance qui so rcpand sur dos plats renverses, des fruits dans des vases, des petits génies qui entrelacent dés fleurs et des guirlandes pour les distribuer aux convives , ei Psycbé avec des aîles de papillon qui suit sou amant au banquet des Amours.
A droite , est dispose un rang de onze cabincis pour les repas des citoyens les plus dislingues , avec des figures d'oies, qui en étoieut le principal élément.
En face, s'élève une tribune ornée de quatre nielles. Sur une base il devoit y avoir eu le simulacre d'Auguste , puisque l'on trouva par terre
un bras qui tenoit un i^lobe. On volt à côté
iif ■•• ^ ^
deux statues airrcablcs , l'une de Livie dans la fleur de l'âge et de la beauté , l'autre de IDrusus son fils ; une draperie légère enveloppe les reins de cet aimable enfant (75).
Dans le sacellum contigu l'on faisoit les sacrifices. Sur un grand autel revêtu de marbres, on voit encore l'endroit ( favissa ) où l'on posoit les instrumens sacrés. Sur les sièges de pierres, à l'autre côté de la tribune , on découpoit les victimes et on les distribuoit au peuple qui y eniroit par une porte coniiguë. On avoit peint sur cette dernière des morceaux de viande , une hacbe pour les tailler , des oiseaux morts , une lélc de coclion, et des jambons. — Au bas des sièges est un petit canal où couloit le sang des victimes ; c'est pourquoi ils étoient peints en rouge. Ou
pe-
î6o PRÉCIS
voit dans le fond un grand tableau oii étoieilt représentés les deux jumeaux, les fondateurs de la superbe Rome, sur les genoux de Laurentia ^ et les Dieux qui les protègent d'en haut.
Du milieu de t atrium découvert s'élèvent dans un décagone , douze petits piédestals pour les poutres qui dévoient soutenir tholus ou un léger pavillon de bois: dans cette enceinte on préparoit les mets et on les distribubit. G'étoit une espèce de petite cuisine ; on y découvrit un récipient pour les eaux sales, plein d'arêtes de poissons qu'on y avoit jetées. On trouva aussi plus loin des amphores qui en contenoient une grande quantité , et des vases de bronze.
Une grande quantité de peintures fraîches embellissent partout cet édifice dédié aux banquets sacrés , et que les danseuses , les poètes et les acteurs dévoient réjouir de tout ce que leurs fournissoient de plus voluptueux les danses grecques et les souvenirs de la gloire et de l'amour.
Ici une Bacchante est appuyée sur une jeune Actrice ; là une belle Musicienne semble vouloir verser dans ton ame le son de la lyre qu'elle pince y tandis qu'une de ses compagnes est dans l'attitude du repos ; elle a cessé de toucher sa lyre, mais on voit qu'elle médite quelque nouvelle chanson: on cliroit qu'elle attend l'inspiration de Pamour.
Tantôt on rencontre un Guerrier de garde au Sacraire], et tantôt de jeunes et belles Prêtresses
HISTORIQUE. i6i
qui oflfrent a leurs concitoyens des pavots et les presens de Cercs.
Etra découvre à Tliésée l'épe'e de son père autre fois cachée sous une roche (76), et Ulysse^ irisie et pensif, est à côté de son foyer et peut à peine retenir ses larmes devant Pénélope qui ne l'a pas encore reconnu ; ce trait d'Homère, peut-éire un des phis heaux de la poésie ancienne, étoit déclamé avec d'autres chants par les Rapsodistes dans les grands festins (77). Enfin, ])rès de l'entrée principale du Temple , on voit peinte l'image d'un Empereur assis sur un faisceau d'armes et couronné per la Victoire. Des vaisseaux disposés au combat nous rappellent la journée dC Actiuin ^ et réunissent pour la dernière fois Aiiiolue et Auguste y le triumvirat, et l'empire.
IDes Divinités et des Génies , qui offrent des fruits sur un disque ; des païsages et des Victoires sur des chars en pleine carrière; des palais et des arabesques finissent d'orner ce beau monument consacré aux triomphes de Rome.
Ce temple étoit dédié à Auguste^ que Tibère avoit déjà mis au rang des Dieux (78). — Vitruve qui place ce temple dans le Forum , et les inscriptions sans nomL.-e trouvées à Pompéi dans lesquelles on fut mention de prêtres d'Auguste , ( les Augustales ) ei de leurs ministres (79) , semblent confirmer noire opinion. Ces derniers étoient élus par deux Personnages , auxquels étoit confiée la charge de procurer par le moyeu
dt:s vœux publics , VexécutUn des solennités consacrées à Auguste. Et tous les signes du repas sdiCKÔ. , ( epuU/m ) et de la disiribation des entrailles au peuple, ( visceratio ) ainsi que les images des Ministres sacrés si souvent répétées dans ce temple, ne veulent-elles pas nous indiquer l'histoire de ce que ces inscriptions nous expliquent brièvement?
On lit dans Tacite , que les Sodales Augus taies étoient des prêtres qui sacrifioient à Auguste. A quelques pas de l'entrée principale de noire monument, on lisoit, sur un marbre, le fragment ci-dessous , qui parle précisément de ces confrères y qui dévoient y avoir leur établissement.
.... AMINI AVGVSTALI SODALI ^^
AVGVSTALI Q. ft *
■ eu D'ailleurs , outre les banquets publics et les «>( fèics que l'on célebroit en l'honneur de la nais- ^^h sance et des victoires d^'Augusie et de celles de ses successeurs , Dion ( Lii'. 58. Chap. 2. ) nous rapporte que le Sénat avoit décrété des fêtes D et des chasses d^ animaux que les quatre princi- v^^s paux Collèges des Prêtres dévoient faire exécuter, aux soins des Augusiales , a l'anniversaire de la mort de Séjan. Dans notre monument, oi'i isclià. ces fêles et ces banquets ont dû avoir lieu , on \uit encore peintes des chasses d'animaux qui pour- Jirojt roient faire allusion à ce que nous raconte Dion.
HISTORIQUE. ir,3
Près de la pcliic porte on découvrit une petite cassette avec sa scirure , où l'on a voit déposé lo36 nionnoics de bronze , 41 d'aiijent , un bel anneau d'or avec une [)ierre gravée , tt un autre d'argent. Vers la grande porte on trouva g3 autres nionnoics de bronze. C'éioient les tributs de la bicnlaisancc piiblicpic. On y décou\ rit enfin de larges vitres qui avoient servi de châssis pour les Icnèires: cette circonstance ne cessera pas d^exeiler la surprise et même l'incrédulité de beauconp d'antiquaires.
Ile autour du temple cC Auguste / vendeurs de fruits aecs. — Qiuidriviujn.
Des bouti(jues ornées de peintures les plus gracieuses bordent Je sentier sur un double rang. On y trouva en abonda.ice des figues sèches, et df's cliâtaignes , des pi-unes , des raisins secs , et des fruits dans des vases de verre , des lentilles ( les premières qu'on a découvertes à Pompéi ), de la graine de chanvre, un gâteau , des morceaux de pâte et de pain, beaucoup de monnoies, une petite romaine et dillérentes balances.
Dans une de ces boutiques on trouva une petite statue de bronze , qui représenloit la Fortune ailée , d'un fini très-précieux. Elle avoit les bracelets d'or aux bras, dans un desquels on voyoit enchâssée une [)ierre précieuse. Dans une autre , on déterra une petite Vénus de marbre qui s'e;suyoit les cheveux, et qui avoit la partie intérieure voilée d'un drap {niiil en rouge.
Un cabaret est au coin de la rue; il se fût distinguer par la belle enseigne d\in Bacchus qui presse entre ses mains une grappe de raisin ; une panthère est à ses côtes.
Pâtissier. On y découvrit un grand nombre d'ustensiles de cuisine et diffe'rens moules de pâtisserie, dont une en forme de coquille^ une autre avec des restes de pâte travaillée, et un cachet avec des lettres pour estamper.
Dans d^autres boutiques on trouva un coin de plomb avec une belle tête de femme sur le style des monnoies de Naples et de la Grande Grèce ; des os d'animaux ^ ( très -communs dans tout Pompéi 5 ) vides en dedans pour y agiter les dés, ou plutôt pour des instrumens de musique ; un très-bel anneau d'or avec une cornaline sur laquelle on grava l'allégorie intéressante d'un caducée avec la corne d'abondance ; une pierre précieuse avec la gravure d'un aigle romaine; un fuseau et des squelettes d'animaux.
L' habitation découverte l'an iB^S devant S. M. *^'. "*'"'■' le Roi de Prusse est iormée d'un petit nombre
de cbambres. Au fond , il y a la cuisine et une fontaine avec des mosaïques par terre re[)résentant des dauphins et des canards. Sur les murs est peinte la chapelle domestique : Mars est au fond i '( d'un bois; et à quelque pas de lui, F^énus je regarde dans un miroir qui a la figure d\in tournesol; elle est dans la situation la plus languissante et la plus aimable; ses yeux étincel-
le m avei ial io/'e/
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frofo Uai iiter I
HISTORIQUE. i65
lent; elle a des bracelets, et elle est nue: nous n'avons pas encore vu d'image plus voluptueuse que celle-ci. ,
Maison des noces d'Hercule. 3820. Dans son '/li,'^^*!! 1^^ iahUnum est représentée une nouvelle aventure du Dieu de la guerre avec la Mère des amours. A gauche on trouve l'appartement des bains, et des étuves. Une fontaine, dont il reste encore la petite base de marbre , s'élève au milieu du bassin, qui recevoit l'eau de pluie.
Un péristyle et un vaste jardin est disposé au milieu de l'appartement privé : on y voit deux viviers; entre eux il y avoit une table de marbre soutenue par une petite colonne avec l'effigie d'un Génie. On y mettoit des fleurs et des fruits pour les collations que Ton faisoit au frais, et Ton faisoit des libations de vin au Génie qui rappel oit la brièveté de la vie et des plaisirs : geniuni memorem brevis aevi. ( Horat. )
Dans la chambre du lit nuptial ( thalamus ) le mariage âH Hercule avec Déjanire est représenté avec toutes ses particularités. Dans l'autre salle, la famille avec les parens se réunissoient et faiii I soient des danses et des festins pendant les jours 1 1 des Charlstiesy dédiés à la Concorde domestique et aux Grâces.
On passe de là devant un puiis de 116 pieds de profondeur, ( c'est-à-dire plus profond que toute la hauteur de la colline ). Il avoit sa poulie pour ùrcr les seaux, comme il c>t d'usage encore au-
i65 PRÉCIS
jourd'hui parmi nous ; l'eau est à quinze pieds
de hauteur, elle est potable, quoique un peu
soufrée.
On voit ensuite un grand nombre de boutiques, entre autres celle d'un vendeur de savon avec de grands bassins pour le condenser ; il y en avoit encore une quantité. A terre sont les petites fosses pour la chaux, qu'on trou^a trcs-durcie. Par une porte intérieure on passe dans la belle habitation du vendeur.
Sur le mur d'une boutique qui a , selon la coutume, des vases introduits dans le siège de pierres, on a représenté des poissons qu'on y vendoit à la saumure. — Dans une autre on trouva des os d^aniniaux entaesés, qu'on amoUissoit sur le feu pour en faire des iustrumens et d'autres ouvrages.
Maison de la Pêcheuse. 1825. Une cour avec un entre-colonne , le long duquel est construit un petit mur pour les fleurs , donne le passage à une belle chambre à coucher. On y a représenté une Néréide, un Narcisse, dont le visnge se réfléchit dans l'onde , et une Pêcheuse ingénue qui a jeté sa ligne dans la mer , et qui attend sa proie. Gupidon sur un écueil la montre avec sa flèche.
On observe , dans une boutique. Je beau tableau d'une Danseuse qui soutenue par son compagnon agite dans l'air un tympanon et exécute un saut difficile, mais gracieux et pittoresque.
Rue (les Théâtres -Maison du sanglier. 1816. ''i. '"', ^
Elle a une cnirce où csi repre'senlé en belle mosaïque cet animal poursuivi par les chien-^. Des dessins de forlifieations avec des lours ornent le pave de V atrium.
Maison des Grâces. iSiy. Dans la première ii i!» ta-'?.
chambre on découvre TJranie qui avec une petiî.e baguette montre le globe céleste. A quelque distance sont peintes les Grâces. Le propriétaire a voulu nous enseigner par là , que les études sérieuses des sciences sévères, ne doivent pas être séparées du souris gracieux des sœurs de l'amour.
Dans une autre chambre plus secrète, on voit le tableau d' Adonis expirant dans les bras de son amante j un petit Amour pleure avec tant de vélité et de passion , qu'il semble avoir servi de modèle aux beaux vers de Bion et de Théocrile. Les femmes célébroient le culte d'Adonis clans l'intérieur de leurs chambres 5 il consistoit à s'abandonner a la mélancolie, aux gémissemens et aux larmes (^80).
Cette habitation appartenoit à un Chirurgien qui éloit à la lois. Pharmacien , puisqu'on y trouva des médicamens et des instrumens , parmi lesquels celui pour extraire le fœtus , dont la forme est simple et ingénieuse.
Rue des douze Dieux.Wssowl représentés sur le haut du mur, et servoient à empêcher les passans
i68 PRÉCIS
de faire des ordures dans cet endroit. On lit sur ce
sujet dans les Classiques :
DUODEC'M DEOS ET DIANAM ET lOVEM
OPTIMUM MAXIMUM HABEA.T TRATOS
QUISQUIS HIC MINXEIUT, AUT CACAVEftIT.
Au-dessous sont peints, selon l'usage, les deux Serpens.
Pinge duos angues ; pueri , sacer est locits : extra Meiite. ( Pers. sal. i. )
Maison dite de Fuse us. iS^ijQ. Avant d'arriver à la place du Tliéâire, on parcourt un grand nombre de boutiques , qui attestent le commerce et les nT*^» V ?ê richesses de cette ville. On reconnoît à renseigne
les boutiques où l'on travailloit les mosdiques. Les fontaines avec de beaux bassins de marbre en carrés longs sont prodigués dans cette rue.
Leur quantité et celle des puits, des réservoirs et des citernes , ainsi que l'usage général des bains, des portiques , des jardins publics et particuliers, et des galeries ouvertes sur la mer attestent la grande chaleur qu'on devoit souffrir sur cette colline volcanique, et les mesures bien entendues adoptées pour s'en garantir.
On trouva dans cette rue un vase de verre
avec des œufs entiers, et ^(^ monnoies de bronze.
VTo. V ^s L'habitation de Fuscus a un beau gynécée,
des mosaïques , et des décorations varie'cs et iiige'nicusGS sur Je goût capricieux de Lndius. Des poissons sont repre'sentés dans la chambre à manger, et des scènes amoureuses dans celle à coucher. On y trouva une quantité de vases de bronze , de verre , et de terre cuite ; deux pcndans d'oreilles en or , et un morceau de ])oix , qui , j après tant de siècles , conserve encore l'odeur de cette substance.
Place du Théâtre. '^Ji',^'' ~"^
( DÉCOUVERTE DEPUIS I764 JUSqu\l l/gfi. )
Monumens Etrusques.
Des portiques très -longs soutenus par des colonnes élégantes et majestueuses j les restes d'un Temple , qui rappelle le style des premiers monumens de l'Italie 5 une bouche de puits ( puteale , ) où étoit ensevelie la foudre, soigneusement environnée par NUrebe , M'^ddis Ta tic us d'un entre-colonne étrusque , comme l'exprimoit l'inscription , Nitrebiis tr. Mer. Tuh. aamaitapher ; la vue des plaines situées au dessous qui semblent avoir jeté sur l'antique étendue des mers, un tapis de verdure et de fleurs ; voilà ce qui forme la plus ancienne contrée de Pompéi , qui fut construite par les Etrusques , habitée par les Samniles j et que les Romains ^ maîtres del'u-
nivcrs, objet de leur cupidité et de leur mépris,
n^'osèrent ni détruire , ni changer.
Nous nous reposâmes sur un de ces hémicycles qu'on rencontre ordiiiairemsnt hors de la rue des tombeaux. Le veut sifîloit emre les colonnes, des portiques, comme jadis entre les vieilles forets des Osques; et le chardon sauvage détachoit quelque brin de ses légers flocons pour en orner les pièces dispersées d'une horloge (81.) Une douce mélancolie s'éloit emparée de mes sens, et je me levai , en m'écriant. (C 0 Pompéi ! Quels événemens déplorables ont changé l'aspect de ton royaume florissant ?^ Où sont tes rivages jadis couverts d'innombral)lcs trirèmes, la foule des marchands , et le peuple qui attendoit dans les jardins de cette place les spectacles du théâtre j contigu , et les Etrusques qui te gouvernoient , ; et les Saninites 1 Tout a disparu! La nuit des '. siècles ramène la paix sur ces lieux, ainsi que | le silence de la nuit succède à une journée tun\ultucuse. O voyageur ! Honore les restes de deux peuples , que leur civilité et leur courage auraient ])U rendre éternels , si l'on peut trouver un malheur égal au leur sur la terre ! »
Sur l'iiémicycle, où il y avoit une horloge solaire , on lisoit sur un marbre le nom de ceux qui avoieut construit l'un et l'autre. ;|
I/. SEPVNIVS L. F. SANDILIANVS
M. HERENNlVS A. F. EPIDIANVS
DVOVIR. I. D. SCHOL. ET HOROL.
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Une foniaine cioit anprcs du vcsiilmle ou pro- '/h/ v .i , '^' ^i' - ^ ■> • pylœum de celle place. Une aulre conque lecueil- Joit Tcau qui d<5i^orgeoit de la moilic d'une co- Jonne. Devant elle un pct.ii pie'dcslal suuionoit la staïue de Marcellus, qui n'y eloit plus, cl l'inscription: M. Claudio C. /'. Marcello Patrono.
Maison découverte avant V Etipere.ur Jusepk ^'i.'",^-? //. 1767 et après. Elle a trois étapes en anipliitîiéàtre, et elle est située sur une même ligne avec celle de Polybe et de Diomède. Le premier avoit de singulier une grande Basilique privée , ouverte sur une agréable terrasse , et qui peut éire considérée , selon M. Mazois , comme un exemple précieux de VOecus corinthien dont . parle Vitruve , ( //(•. 6. Ch. 5. ). Le coup-d'œil que présentoit cet appartement devoit éire surprenant, lorsqu'on vovoit, à travers ï atrium^ le tablinum et les colonues de la Basiliqsie, un des plus beaux tableaux que le ciel de la Gampanie puisse offrir.
Le second éla"c contcnoit la salle de couversaliou , et les tricliiiiuni d'été et d'iiivcr; et \(\ troisième, Pappartemcnt des bains. On y admire l'étuve avec 4 nicbes, où l'on reconnut le squelette d'une femme avec un vase a la main.
La disposition simple et bien entendue , qui faisoit concourir la nature dans toute son amabilité à rendre agréable et riant ce petit édifice, nous fait connoître combien en sont éloignées nos plus superbes maisons , et combien il seroit facile d''y
introduire cTuliles cliaiigemens qui seuls paurroieut élever au niveau de rantique , la triste et déclinante architecture de nos jours.
Curie Isiaque. l'jQ']' Une tribune du haut de " ' ' laquelle le Demiurgue , ou le Prophète dictoit
Jcs leçons sacrées aux initiés ; un autel près duquel éioit renversée la statue d'un jeune Emperear, et des entre-colonnes couvertes composent la modeste Curie Isiaque de Pompéi. Le bassin des lustrations étoit près de la porte, et l'eau d'une fontaine , comme dans tous les monuraens publics, jailJissoit d'une colonne pour ralraîchir l'air et les as&istans.
Dans les trois chambres voisines on trouva des mains d'ivoire et de verre qui faisoient la figue ( dont on se scrvoit pour amulètes contre le fasciîLum , ) des vases de cuisine , et des ustensiles sacrés. Une inscription osque trouvée près du mur qui divise cet édifice du temple d'Isis ^ nous fait savoir que les Architectes municipaux de Pompéi avoient examiné les bâlimens qui composoient les 7 parties principales de ce local ^ et que le Meddiastiiticus et le Questeur après les avoir reconnus et approuvés, les avoient dédiés à Isis (82).
Notre édifice y étoit compris, et y est nommé. Curie Pompéienne , Cereiiai Pumpaiianai. Sa tribune y est peut-être encore désignée sous le nom de Triibum.
Mous devons cette interprétation à }il. lan-
ÏIÏS TORIQUE. !75
ntllij qui depuis long-iemps iravaillc à i'illusiralion des niitiqucs dialectes Italiques, et qui iiors donnera bienlùt des notices inq)orLantes sur un nouveau système des hiéioglyphes égypiiens.
Temple cC I^-^is. 1766. C'cloit la Divinité la plus vénéiëe, parce qu^cJle ctoit la moins connue. Proteclnce du port et du commerce de Pompéi, on l'appeloit Pélagique. — A l'entrée, on trouva la petite cassette de la charité publique, et peu après deux élégans bassins pour l'eau lustrale. Mais qui étoit ce Dieu dc[)eint au ibnd de cette niche? G'étoit le fils d'isis, le Silence, qui le conmande avec le doii^^t, en montrant sa jiière dans le fond du sacrariuru.
Sur ce grand autel on faisoit des sacrilîces ; sur cet autre ^ qui est vide , on mettoit les cendres des victimes.
Il y a un bain dans une chambre souterraine. Une ou deux personnes y pouvoient descendre à la fuis. On y pnrilioit les initiés. Sa p( tite porte es», ornée d'un frontispice , et environnée de murs recouverts d'élégans bas-reliefs en stuc. Ils expriment des initiés qui prient : Vénus avec Mars ; et Mercure , qui embrasse une Nymphe , peutêtre Lara son épouse, vêtue légèrement et couronnée de fleurs; des-Auiours, des dauj)hins, et des Génies semblent tourner autour d'eux , en portant des cassettes sacrées.
Le sacrarium avec son petit vestibule formé par six colonnes d'ordre corintljien s'élève au
ccnirc de V atrium découvert, IMoiitons par ces escaliers: sur ce soubassement éioit Ja siaïue de la Déesse, et le Hiérophante s'y faisoit voir enveloppé dans ses mystérieux véiemens , au milieu du bruit des sistres, des ly m panons et des hymnes.
Un petit piédesial est à chaque côté de l'escalier : on y trouva atitachée une pierre plate calcaire avec des hiéroglyphes (83). D'autres autels et d'autres niches sont aux côtés du sacrariiun ^ derrière lequel il y avoit aussi dans une petite uiche une siatuc de Bacchus.
Des portiques et des autels environnent toute l'enceinie du temple. Leurs colonnes ofFrent un i mélange confus de trois orJrcs d'architecture. En général ce temple ressemble beaucoup à celui de P^énus (84^ — Dans un angle à droite , s'élevoient la petite statue d'Isis, que Cécilius Phœ-hus Itd avait dédié (85) , et celle de Vénus dont le cou, les bras et la partie inférieure éloient dorés.
De là on passe dans la salle du banquet et des mystères , ornée de peintures et d'un pavé en niosaïquej sur le sol on lisoit :
N. FOl'IDI CET-STNI.
N. rOPIDl AMPIilATI.