I.OCVS MONVMENTI
PUBLICE DAT VS EST. ALLE/ A M. P DECIMILLA SADERDOS PUBLICA CBRERIS PACIVNDyM CVRAVIT VIRO ET FILIO. .
La charge de Décurion fut accordée au jeune Libella dans un âge mineur à celui prescrit par
5o PRÉCIS
.la loi, par une distinction qu'on voulut faire à sa famille. Les Pompéiens étoicnt très-jaloux de cet honneur. Cicéron répondit à un de ses amis qui le prioit de lui faire obtenir une charge semblable moyennant sa protection , qu’il étoit beaucoup plus facile de devenir Sénateur à Rome , que Décurion à Ponipéi.
Deux sépulcres inconnus.-lls sont composés d’ un beau travertin, mais ils n’ offrent rien d'important. Ils semblent être restés au commencement de leur construction , ou bien qu’ après avoir été renversés par le tremblement de terre de l’an 63, on les rcconstruisoit, quand ils furent ensevelis pour jamais. — Cette observation est commune à tous les autres monumens renversés, comme ceux-ci.
Chambre sépulcrale de Salurninus, et son triclinimu ( Découverte la première fois en 17765 la seconde, en i8l5 ).
En se détournant h droite , près de la maison de campagne de Diomède, on trouve une petite porte , qui donne l’entrée à un enclos muré en reticulatum On y voit un triclinium. Il est formé par trois lits costruits en pierre, où en y plaçant des coussins et des tapis, les convives y dévoient être à leur aise.
C’est ici que se célébroit le banquet funèbre,
( silicernium ). D’abord cet usage ne consistoit qu’à s’asseoir autour des tombeaux, et à ne manger que les restes des victimes , après avoir terminé les sacrifices. M. Fauvel , Consul français à Athènes ,
P ; .i n ■ Cpogle
a tronyé autour d un sépulcre qu’il croit être celui d Anhope , 1 Amazone près du Pirée, des os de chèvre et de bélier, des cornes de boeuf en partie consumées, des os de poulets et les autres restes du festm funèbre et du sacrifice. ( Mémoire » de l Institut. An. io. )
Mais Ja fervente piété des anciens et l’imaginauon poétique d’une religion mythologique altérèrent bientôt la simplicité de ces festins. On crut •ju on devoit les apprêter pour les morts, et l’on dresse, t à cet effet des tables magnifiques, en aissant au milieu des convives une place pour le défunt. Dans ce triclinium on voit une petite ro onne sur laquelle on plaçbit devant la table urne du défunt, couronnée de roses. On répaudoit des fleurs; on faisoit des libations ; et il arrivoit, ' qu en remplissant souvent les coupes de vin du Vesuve, les convives oublient qu’ils s’étoient réums dans cet endroit pour y verser des larmes.
Au dehors , sur un marbre , on lisoit. Callistu* affranchi, a Gnéus Vibrius Saturninus, fils de Quintus de la Tribu Falérina (27).
GN. VIBR.IO Q. p. FAI.
3ATVRNINO CAULISTVS XilB
Tombe de Nèvoléia. 18 13. Sur un large piédestal formé par cinq ordres de longues pierres volcaniques , se trouvent deux degrés qui soutiennent
5a . . . PRÉCIS ; .
un autel de marbre , orné de tout ce que l'architecture a pu imaginer de plus gracieux et de plus élégant. Le buste de Névoléia s’élève au milieu des feuillages et des fleurs d’acanthe, et semble se complaire à regarder le monument qui renferme les cendres de tant d’objets si chers à son cœur» Au milieu de l’autel, et au-dessous du buste ou lit l’inscription suivante:
Névoléia Tyche , affranchie de Julie , à elle-même , et à Caius Munatius Faustus Augusial (28) et Paganus (29) , à qui les Décorions ; du consentement du peuple , accordèrent le bisellium pour ses mérites.
Névoléia Tyche , de son vivant, a élevé ce monument pour ses affranchis et affranchies , et pour ceux de C. Munatius Faustus.
NAEVOEEIA I. DIB. TYCI1B SIBI ET C. MVNATIO FAVSTO AVU. ET PAGANO CVI DECVBIONES CONSENSV POPVLI BISEELIVM OB MERITA EJVS DECREVERVNT HOC MONVMENTVM NAEVOBEIA TYCHE RIBERTIS S VIS
TjIBERT ABVSQUE ET C. MVNAT. FAVSTI VIVA FECIT.
Au-dessous de l’inscription on observe un basrelief, qui indique le sacrifice qui eut lieu aux funérailles de Munatius. Au milieu, un jeune ministre des fonctions sacrées , ( Carnillus ) , pose
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l’urne sur l’autel. Un autre enfant, le fils de Munatius l’assiste ; à droite, on voit les Décurions , les officiers du Municipium et les Servi ri Augustales avec leurs toges, qui rendent à leur collègue les derniers devoirs. A gauche, des hommes, des femmes et des enfans avec des paniers de fleurs s’avancent vers l’autel, et présentent , en tournant leurs regards plaintifs vers le ciel, leurs offrandes et leurs prières. Une fille charmante attire particulièrement tous les regards. Ses gestes et ses larmes laissent entrevoir l’angoisse qui opprime son cœur. C’est Névoléia elle-même qui vient au sacrifice lugubre pour implorer des Dieux le repos de son ami chéri , et lui dire le dernier Adieu. Ce dernier moment des funérailles , ce dernier congé entre deux amis , ou deux époux , devoit déchirer l’ame. Auguste, en recevant le dernier embrassement de sa chère épouse, lui adressa, du lit de la mort, ce tendre Adieu .
lÀvia, conjugü no t tri mentor . . . . vive , vaîe.
Du cèté de la tombe, vers Naples, est sculpté un navire qui baisse la voile en [entrant dans le port. Il y a la tête de Minerve à la proue. Il fait certainement allusion.au commerce maritime, qui illustra Munatius chea les Pompéiens. »
Il y en a qui prétendent y reconnoître un emblème de la dernière scène de notre vie. La Sagesse, comme conductrice, précède le navire quj a passé l’océan plein d’écueils, et qui est arrivé
dans le port de la paix. Il n’y a donc plus besoin de rames , ni de voiles pour combattre contre les clémens. La pensée est naturelle et elle est d’environ 16 siècles plus ancienne que celle que Pope exprime dans les termes suivons :
Nous faisons voile de différentes manières sur le vaste océan de la vie : la raison est la carte / la passion , le vent. ( Essai sur l'Homme.
Ep. //- )
Une semblable idée est digne de nos poètes du 17.”" siècle. La première , au contraire , nous semble confirmée par Pétrone , ( Safyr. Cap: t 6 . ) Trimalchion , qui fut marchand, dit à Abinne.
« Je te prie aussi , que les navires que tu
» GRAVERAS SUR MON TOMBEAU , aillent à » pleines voiles, et que je sois assis en tribunal » avec la toge , avec cinq anneaux d’or , et avec » un sac rempli d’argent , comme devant le » répandre au public.
De l’autre côté est représenté le bisellium men- 1 tionnc dans l’inscription. Sans cette sculpture , sa forme seroit encore inconnue. Il ressemble à un banc assez long avec des coussins ornés de franges au-dessus. L’honneur du bisellium consistoit à »’ asseoir seul , dans les assemblées publiques , sur ce siège, où il y avoit place pour deux personnes.
Le sommet du sépulcre est surmonté de deux roulemens de feuilles d’acanthe, semblables aux volutes si avantageusement employées par les architectes dans les chapiteaux ioniens , et dans les |
autels , où Us représentoient les bandeaux de» sacrifices, repliés à l’extrémité.
On passe de là a» columbarium . Il est formé d’une petite chambre d’environ 6 pieds en carré. On trouva dans la niché qui est en face une grande urne d’argile avec de la cendre et des os. On présume que ce furent ceux de Névoléia et de Muaatius mêles ensemble. D’autres vases contenoient d’autres osseiuens , et des monnoies pour payer Caron. Un mur d’appui l’environne , et soutenok une lampe devant chaque urne. On y trouva encore trois vases de verre renfermés datte d’autres de plomb. Dans l’un cm y trouva de l’eau limpide et sans aucun goût: les autres étoiem pleins d’eau , de vin et d’huile, où nageoient des ossemens avec un dépôt de cendres et de substances animales au fond; c’étoit le restant des libations, comme des fleur* et des essences parfumées, qu’on avoit coutume de répandre sur les restes des morts, lorsqu’après les avoir recueillis du bûcher, on les déposoit dans le sépulcre.
Tombeaux de la famille Nietocidia. A côté de )a tombe de Névoléia , dans un endroit fermé par des murs, s’élèvent deux pièces de marbre, qui représentent l ombre de tfistacidia Scapida , et celle de Nistacidius Hélé nus , qui y furent enterrés. Un vase de terre cuite est enfoncé dans le terrain au milieu de ces monumens simples. II ser* voit , selon Lucien , à verser le mêlicrate , et le
sang des victimes dans les sacrifices que l’on faisoit
à Proserpine , et anx Divinités infernales.
- AÛiènèe rapporte un vers du Piriihoüs de Critias ou d’Euripide sur ce sujet. « Versons, » dit - le poëte, ces plémochoé s dans cette ou- » vèrture de terre , en prononçant des paroles » favorables » ( lib. XI. p. 496. ) Ces dernières expressions nous apprennent une circonstance remarquable à l’égard de ces libations , soit de vin , soit d’eau, usitées dans les cérémonies funèbres. Ce rite étoit également en usage quand on sacrifioit aux Dieux infernaux. En conséquence, nous regardons encore cette cérémonie comme expiatoire et analogue à celle que pratiquoit Électre sur la tombe de son père ( 3 o).
Sur le mur extérieur on lit sur un marbre.
A Nistacidius Hêlènus, habitant du Bourg Auguste, à Nistacidius Januarius, et à Mèsonia Satulla ; i 5 pieds de face sur *5 pieds de profondeur.
NISTACIDIO HET.ENO PAG. PAG. A VG.
NI8TACIDIO JANVARIO MESONIAE SATViiTjAE. IN AGBO PEDES XV. IN FRONTR IIDF.S (sic.) XV.
Cénotaphe de Calventius. 18 1 3 . — C’est un modèle précieux de rarcliitecture de Pompci. Il ap-
HISTORIQUE. 5r
partient aux temps heureux de l’art. Il est encore le plus gracieux, et nous osons dire , le monument sépulcral le mieux conservé qu’il existe, réunissant à la haute antiquité toute la fraîcheur de la jeunesse 11 n’y manque que les guirlandes qui l’ornoient, et les parfums qu’on y brûloit , pour nous faire croire qu’on vient de le construire.
Il est près des tombes que nous venons de décrire, et est environné d’une belle enceinte avec des murs sans ouverture. Il s’élève de son sein comme un lectis terne , sur trois degrés soutenus par un haut piédestal.
Il est formé de marbres blancs, et revêtus d’ornemens d’un style très-noble. Il se termine en deux roulemens de palmes avec des têtes de béliers.
On lit en face l’épitaphe suivante:
A C. Calventius Quiétus Augustal. L’honneur du bisellium lui a été décerné par le décret des Décurions et par le consentement du peuple , à cause de sa magnificence.
C. CÀLVENTIO QVIBTO AVGVSTÀU H VIC OB MVNIPICENT. DECVRIONVM DECRETO ET POPVLI «CONSENSV BISELLII HONOR. DATV8 EST.
Une tête de marbre déterrée vers cet endroit fait supposer qu’il devoit s’élever une statue sur une des trois tombes de Calventius , de Libella, ou de Néioléia.
Les faces latérales du Cénotaphe sont ornées de deux couronnes civiques, et les petits acrotères ou pyramides de l’enceinte contenoicnt quelques figures en stuc. On y voit encore la Victoire qui tient le monde sous ses pieds, et qui paroît l’insulter. Elle a une palme dans ses mains ; ses ailes sont déployc'es, et veulent nous indiquer qu’elle ne se repose jamais.
On voit (Bdippe devinant l’énigme du Spbyrixj elle fait allusion aux différons âges , et aux vicissitudes de la vie. Il avoit un bandeau dans les mains , signe de sa victoire. Un peu plus loin , il étoit représenté en repos appuyé contre une colonne surmontée d’une sphère.
Espace vacant pour de nouveaux sépulcres.
Entre la tombe de Calventius et la suivante, on trouve un vaste espace destiné à recevoir de nouveaux sarcophages, et où l’on ne découvre qu’un seul terme sépulcral.
La verdure qui étoit éparse parmi les monumens que nous venons de décrire, devoil y produire un effet surprenant, et relever infiniment la beauté de cette contrée.
Tombeau souterrain. <8/3. — En reprenant l’autre côté de la route consulaire, on trouve un tombeau fermé par une belle porte de marbre blanc. Elle est formée d’une seule piccc, et constitue une des plus rares singularités de Pont-
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HISTORIQUE 5g
pâ. En descendant quelques degrés on trouve une petite chambre presque souterraine, et qui reçoit la lumière d’en haut. En faee, elle est décorée d’une niche avec un frontispice soutenu par deux piliers. On y trouva un grand vase d’albâtre oriental rempli de cendres et d’ossemens, où étoit un grand anneau d’or, dont la pierre d’agathe couleur de saphir , représentoit un cerf gravé qui se grattoit le ventre. Le travail étoit des plus finis. lodiaud oh tiso* i
Cette tombe est fort bien construite , mais elle n’a pas été terminée. aCT e>b hop&cfr noM Ao Édifice dans le bivium. A quelques pas de là, on rencontre un monument , sur lequel selon l’usage> les conjectures varient. Mazois adopte l’opinion de ceux qui le croyent un lieu où l’on hrûloit les cadavres, ( ustrinum. ) Mais il nous semble trop étroit pour un tel usage. Aujourd’hui, il est presque entièrement au niveau du sol. Tant il est vrai que bientôt nous n’aurons dans Pompéi que les ruines des ruines.
Tombeau rond. — i8ta. Sa base carrée est surmontée d’une tour qui devoit être recouverte comme la Lanterne de Démosthèrie à Athènes, ou comme la tombe de Métella à Rome.
Sur les petites pyramides de l’enceinte, on voit des bas-reliefs représentés en stuc , parmi lesquels on distingue le squelette d’un enfant renversé sur un tas de pierres , et sa mère qui pleure à ses côtés. Ce devoit être une des misérables victimes
du tremblement de terre de l’an 63 , car il fut le premier à occuper cette tombe. Cette conjecture , fondée sur differentes raisons , et qui est certainement très-heureuse , appartient à Matois.
On voyoit dans le columbarium de ce tombeau, des peintures qui représentoient des dauphins. On croyoit, selon la doctrine (T Eleusis , que les Nymphes conduisoient sur eux les âmes vertueuses et innocentes aux îles fortunées, où elles dévoient jouir du bonheur réservé aux gens de bien. Dans les trois niches du columbarium , où l’on aperçoit des vases placés dans le mur, ou n’a trouvé que peu d’ossemensj et le trou qui traverse la voûte atteste la profanation que ce tombeau a soufferte.
Tombeau dit de Scaurus. 181a.— C’étoit le plus beau monument de toute la contrée, après ceux de Névoléia et de Cal vendus. Il en approche en quelque manière par les degrés , le soubassement et l’autel.
Sur la base et sur les trois gradins étoient représentés en stnc différons combats de gladiateurs, et des chasses d’animaux. Une inscription faite avec le pinceau sur le premier des bas-reliefs, nous fait savoir que ces jeux eurent lieu sous la direction de Quintus Ampliatus, fils de Publius. - Munere Q. Ampliati P. F. summo.
Ce tombeau manque d’inscription. On y a suppléé par une épitaphe qu’on a découverte à quelque distance de là , et on l’a adaptée , en rompant
le sluc, jusqu’à en découvrir les briques, et en. l'affermissant avec des crochets de fer fortement enfoncés dans le massif. JUillin (oi) observe avec raison, que sa dimension n’appartient pas du tout a l’endroit où on a voulu la situer. Les lettres sont presque cubitales et un peu grandes relativement à la mesure du sépulcre , qui se distingue par l’élégance de sa forme et de scs proportions. Enfin, les caractères sont profondément gravés, et annoncent, par leur beauté, une époque voisine du siècle d’Auguste; tandis que les bas-reliefs et l’inscription sont d’une époque ircs-postérieure.
Cette inscription en partie mutilée est conçue de la manière suivante :
• ' »it .
.... RICIO A. F. MEN. SCAVEO II. VIR. I. D
. . . ECVRIONE3 LOCVM MONVM ... 00 00 IN FVNERG ET STATVAM F.QVESTR . . . ORO PONENDAM CENSVERVNT SCAVRV9 PATER FIEIO.
A Castricius Scaurus , ( 3 a) fils d'Aulus de la tribu Ménénia , Duumvir pour administrer la justice.
Les Décurions ont donné T endroit du monome nt , aooo sesterces pour les funérailles , et ont décidé de lui élever une statue équestre dans le Forum. Scaurus père à son fils.
Le columbarium contient 14 niches. Un pilas- .
« tre s’élève du milieu pour en soutenir la voûte, et présente quatre ouvertures qui dévoient contenir une lampe. Trois de ces ouvertures ctoient vitrées; l’autrè qui c'toit vis-à-vis de la porte avoit un voile épais fis» par de petits clous, pour préserver du vent la lumière.
Cette tombe étoit pillée comme 1a- précédente.
Petit sépulcre d'une autre Tyche. Dans une enceinte de murs , on trouva une tête de marbre à peine ébauchée, avec des tresses de cheveux noués derrière le cou, et avec cette inscription r Tyche vénéré a de Iulia Augusta , à Junon (53).