‹ Pompei decrite (volume 4)Chapitre 11 sur 24 · IV^ONI · texte numérisé non relu

IV^ONI

TYCHES 1VI.IAE AVGVSTAE VENER.

Tombe inconnue. i8i 3. -- Elle est composée de pierres du Vésuve, et se réduit à une base avec trois gradins de marbre au-dessus, d’une beauté imposante. Elle ne fut pas achevée], et c’est pourquoi son columbarium est sans urnes.

Auberges de campagne et Écuries.

Au mois de Mai i8i5 on découvrit les parties extérieures d’un autre édifice très-vaste. Il est composé d’un portique et de quelques boutiques assez rustiques, destinées à l’usage d’auberges, pour les

GocT;!

paysans qui apportaient les victnaillcs dans Pompé». On y trouva des vases et de séatix de bronze , un mortier de inarbre, un candélabre et les restes d’une balance. Deux petits foyers au-dehors servoient à fournir la nourriture aux voyageurs, et aux personnes du peuple. >

Il y avoit encore une fontaine et un abreuvoir.

Les boutiques avoient un étage supérieur, sur

lequel on montait avec des échelles de bois, appuyées sur des degrés de briques.

Viennent ensuite des nombreuses écuries qui servoient peut-être à l’usage du public , puisqu’à présent on n’a découvert aucun lieu dans la ville où l’on eût pu mettre les bestiaux.

Tous ces édifices se terminent par une loge, derrière laquelle s’élèvent des autres loges et entre-colonnes, d’où l’on découvre la mer les Apennins, le Vésuve, et tontes les villes de la côte.

Sepulcretum Etrusque. A droite de la nie, on entre dans une cour qui appartient à l’édifice contigu , et sous le terrain de laquelle on trouva des sépulcres avec des squelettes entourés de vases Italiens- Grecs Vulgairement nommés Etrusques , ornés de dessins très-intéressans (55). II est probable qu’ils appartenoient h l’époque la plus reculée de Pompéi. Tout ce faubourg devoit en être plein ; mais les tombeaux des Romains sont situés au-dessus , et en empêchent les recherches ultérieures.

Hémicycle avec une niche et un degré pour

s’asseoir. t8n. — II est décoré d’un beau frontispice et de magnifiques ornemens en reliefs qui , en grande partie, n’existent plus. Malgré scs grâces, l’architecture de ce monument n’est pas pure. On y voit avec peine des piédestals très-com-ts l’un sur l’autre, qui forment les pieds de l’arc, dont les chapitaux ornés de beaux feuillages ne peuvent empêcher que le tout ne produise un mauvais effet. — C’ctoit aussi un monument funèbre j on n’a pas pu découvrir l’inscription.

Fin tragique de trois jeunes femmes.

Le V ésuve avoit pour un instant suspendu ses fureurs , et une mère infortunée tenant un petit enfant dans ses bras, et avec deux jeunes filles, profitoit de cette occasion pour s’enfuir de sa maison de campagne vers le chemin de Noie , ville la moins menacée par cette catastrophe inexprimable. Arrivées au pied du dit hémicycle , le volcan recommença ses fureurs par de nouveaux ravages. — Des pierres , des cendres , du feu, des matières fondues et bouillantes pleuvent de tous côtés et environnent les misérables fugitives. Les infortunées se réfugient alors au pied d’un tombeau , où reposoient peut-être les cendres de leurs parens , et en invoquant dans le plus affreux désespoir les Dieux sourds à leurs prières, elles se tiennent étroitement embrassées autour de leur mère jusqu’au dernier soupir, et dans

. nigitjyrihyt^Kialr:

IIISTORIQUE. 65

cette situation elles restent immobiles pour toujours. Cest ainsi qu’un successeur de Pbidias nous représente Niobé, qui embrasse ses derniers enta ns , jette un regard vers le ciel, et expire de douleur avec eux. Parmi les squelettes de ces femmes et de ce petit enfant , on trouva deux gracieux pendans d’oreilles suspendus à de gros fils d’or, en forme de balance, et trois anneaux d’or aussi, dont un avoit la forme d’un serpent à différens entortillèmens, et qui retournoit sa tête vers la longueur du doigt. Un autre , qui par sa petitesse ne pouvoit convenir qu’à une petite et belle main de jeune fille, contenoit un grenat où étoit gravé un foudre ; ce qui indique dans ces intéressantes victimes, du goût, beaucoup de richesses, et une condition distinguée.

Non loin de cet endroit , on reconnut deux amres squelettes, l’un couché sur le visage, et l’autre sur le dos avec les bras ouverts ; tous les deux avoient les pieds contre la porte de la ville. Le second avoit sur lui 69 monnoies d’or mêlées avec îai d’argent.

Dans le même endroit on découvrit un troisième squelette dans une situation différente de celle des précédens, c’est-à-dire avec la tête vers la porte publique. Il paroît évident que les premiers accouroient 'de la campagne à la ville; et le dernier dans une direction opposée. Tous étoient sur une hauteur supérieure de 9 pieds au niveau de la rue ancienne : ce qui

nous assure qu’ils fuyoient , quand le sol étoit déjà extrêmement encombre, et que les terribles pluies, qui ont presque toujours coutume d’ao Compagner les grandes éruptions de notre Volcan, avoient rejoint ces malheureux et les avoient entraînés] et retournés dans cette position ( 34 )*

Autre maison du faubourg, dite de Cicéron ( 35 ), probablement de M. Crassus Frugius.

Un portique et des boutiques en constituent les parties extérieures ; sa véritable entrée est dans l’endroit où l’on voit deux cônes de maçonnerie , qui contcnoient deux vignes. Cette maison devoit être vaste et bien décorée. Elle fut découverte à différentes reprises , depuis l’an 1749 jusqu’à l’an 1778 ( 36 ), et ensuite recouverte , selon la coutume de ces temps là , pour ne pas endommager les propriétaires des terres. On observe par son plan , qui nous a été conservé par François La Vega , qu’après avoir passé l’entrée on pénétroit dans une cour découverte. On arrivoit ensuite dans un élégant péristyle par un long passage, aux côtés duquel étoient les écuries , la remise , la chambre du portier et d’autres dépendances. Autour du péristyle étoient rangées les chambres des hommes ; plus au fond l’appartement du maître de la maison, et celui des femmes, avec des loges et des galeries qui donnoient sur la mer. Dans un étage inférieur on trouva un portique qui environnoit un jardin f

Diqi

HISTORIQUE. 6j

et sur le portique une loge d’où l’on jouissoit d’un côté de la mer et de la campagne, et de l’autre, de la promenade de la route qui conduisoit à la ville. Une porte secrète ( la seule qui est découverte à présent) donuoit l’issue à la rue et à la cour, (où l’on découvrit les sépulcres étrusques que nous avons décrits. )

On doit compter parmi les objets remarquables qui couronnèrent la découverte de cette Villa , les célèbres peintures des huit Danseuses ( dont nous rapportons ici deux dessins ), les 4 groupes des Centaures , et les Funambules (3y) qui décoroient une salle à manger. On retira égarlement de là deux mosaïques de Dioscoride de Samos (58) qui y écrivit son noru. Ils représentent deux scènes de comédie , qui méritent selon fVincieltnann la préférence même sur la célèbre mosaïque antique de Rome , ( les Colombes ) qui a fait tant de bruit jusqu’à présent.

On découvrit dans cette maison une niche embellie d’un frontispice et de deux colonnes; audessous, un mur d’appui revêtu de beaux marbres.

Sur la partie supérieure de la niche on lit sur une pierre que Januarius affranchi étoit le préfet des Thermes d'eau de mer et des bains d'eau douce de Marcus Crassus Frugius:

ÏHERMAE M. CR ASS r FRVGI AQVA MARINA ET BAI.

AQVA DVXCI IANVARIVS i- *

A une petite distance on trouvoit un bassin , et immédiatement après, dans une autre niche, une petite statue de marbre , qui représentoit un vieillard couvert d’une peau de chevreau ou nébride , et qui soutenoit sur l’épaule une outre qui dégorgeoit l’eau dans le bain (3g).

L’habitation de Frugius finissoit par une petite rue qui la bordoit sur un côté jusqu’au rivage de la mer. Dans l’angle, on remarquoit un piédestal sur lequel étoit placée une statue consulaire. Elle appartenoit au Tribun T. Svédius démens , qui , par ordre de ï Empereur César Vespasien Auguste , après avoir pris connaissance des choses et avoir fait les mesures , restitua au gouvernement des Pompéiens les lieux publics possédés par les particuliers.

EX AVCTORITATE ,

IMF CAESAR1S VESPAStANI A VG LOCA PVBLICA A FRIVATIS POSliESSA T. SVEDIV3 CLEMBNS t TRIBVNVS CAVS13 COGNITIS ET MENSVRIS FACTTS REI PVBLICA E roMPEIANORVM x RESTITV1T.

Aussitôt après, à l’entrée de la rue , on voyoit dépeint sur le mur la divinité du lieu ( Lar

DigitizeibK-Gopgle

compitalis ), sous les formes d’un grand serpent, devant lequel brûloit une lampe.

Tombeau des guirlandes. An. ij 63 . - Placé après V hémicycle , il est construit de grosses pierres de piperne revêtues de stuc. Il s’élève sur une haute base, et est orné de pilastres corinthiens dont trois soutiennent des festons gracieux. Ne seroit-ce pas l’image des fleurs et des fruits qui ornoient autrefois de guirlandes délicates, que les Grecs appeloient amoureuses , ces arbres et ces tombes, que le sculpteur, animé d’une douce fantaisie, a voulu nous indiquer dans ces festons et dans ces appuis?

Ou voit ensuite deux petits murs d’une maçonnerie maillée , ( opus reticulatum , ) et qui finissent en deux petits autels , ( acerrae ). L’Amphore, qu’on ; n’y voit plus, fermoit entre les autels le passage étroit qui conduisoil aux sépulcres intérieurs.

Tombeau de T. Major et son Triclinium.

An. 1763. On découvre ensuite différons soubassemens de sépulcres qui ne sont pas encore aclreyés, mais qui méritent de la considération par les beaux ordres de grandes pierres volcaniques dont ils sont composés. On y admire encore les magnifiques corniches, les. chapitaux cl les larges pièces de marbre , qui dévoient les décorer.

Le dernier de ces tombeaux avoit sur le mur extérieur l’épitaphe suivante. A l'ilus Tèrenliu s Félix Major Edile fils de Titus , (le la tribu

fo PRÉCIS

Mèncnia , à qui V endroit du sépulcre fut donné par le peuple et 2000 sesterces. Fabia Sabina set femme , fille de Probus lui a élevé ce monument,

T. TERENTIO T. F. MEN FIXICI MAIOJtl aedil JJVIC PVBMCE LOCVS

* DATVS ET H8 00 00

FARTA PnOBI F. SABINA VKOR.

Au dedans on a trouvé une urne de verre contenant des ossemens et des cendres ; et un beau triclinium de maçonnerie pour le repas funèbre. 11 y avoit tout près de la première un tippe de marbre avec ces paroles : Tito JUaio-

ri — A Titus Major (40).

Devant la porte de la ville, s’élève un majesr tueux sépulcre honoraire, qui soutenoit une statue de bronze, dont on trouva par terre un fragment de la robe. M. Goro y place celle du Génie de Pompéi. C’est plaisant!!

En retournant à droite de la rue, on trouve un demi-cercle destiné pour lieu d’amusement et de repos. Avant que le sépulcre qui est audessous fût construit, on y jouissoit de la vue magnifique du golfe, et des montagnes voisines. On y devoit également voir Stabic , le Cap de Mi- *ène , l'ilc de Capri , et un petit écueil, ( petra Herculis,) très-pittoresque, sur lequel on bâtit, dans la suite, un château qui prit le nom de Re-

HISTORIQUE* jt

vigliano. C’est sur ce siège charmant, que Cicéron vint sans doute se reposer plusieurs fois et se rappeler les conversations qu’il eut avec l’Augure Scévola , in hemicyclo sedsnte , ut solebat ; ( de Amicitia in princ. ). Ici il pleura sa chère Tullia , et récita à Marcus Marius, et à P ce tus les plus belles pages des traités qu’il composa dans Poropéi. Et tout l’orgueil de celui qui , selon Sénèque , fut le seul génie que le peuple Romain avoit d’égal h son empire, et tous les sou-' ▼enirs de l’Orateur, du Consul et du Père de la patrie dévoient souvent s’affoiblir et s’évanouir au pied de ces demeures, en vain si élégantes, de l’oubli et du néant.

Enceinte sépulcrale de Porcius. Au pied du demi-cercle on lit une inscription qui indique que la susdite enceinte longue de ü5 pieds sur autant en largeur fut donnée par ordre des Déçurions en propriété à M. Porcius fils de Marcus.

M. PORCI

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