TH. MIL. A POP. AEDEM FOETVNAE AVG. SOLO ET PEC. 8 VA
Marcus Tullius fils de Marcus , duumvir de justice , pour la troisième fois Censeur , Augure et Tribun des soldats élu par le peuple éleva le temple de la Fortune sur son terrain et à ses propres frais.
■ülÇlfet
HISTORIQUE. i3 7
On voit au milieu des * degrés du Temple un autel pour les oiTrandcs publiques. Dans la Cella on trouva le fragment. — Auguste Caeeari Parenti patriae. *
A droite du temple sont les chambres de quelques-uns des premiers Ministres de la Fortune; leurs noms sont gravés sur un inarbre trouve dans le temple. Une petite cuisine forme la partie principale de ce domicile. On y trouva un vase , deux couvercles et d’autres ustensiles de bronze , un mortier à sauce avec son pilon, et un Hermès de Bacchus barbu qui soutenoit une table ronde. Sur une pierre enfoncée dans le terrain on lit :
». TVtLII M. P. AREA PRIVATA.
Aire privée de Marcus Tullius fils de Marcus.
Rue de la Fortune.
Boutiques où Ton vendait des vases de terre cuite et de verre.
Une rue, qui est la plus spacieuse de Pompéi , conduit du temple de la Fortune au Forum. Deux arcs de triomphe en terminent l’extrémitc. Le premier étoit surmonté d’une statue à cheval de bronze dont on recueillit de grands frag- «eas; l’autre est orné de marbres et de colonriv* délicatement travaillées ; tous les deux avoicnijcs j els j’ eau ct des fontaines.
Deux rangs de boutiques et un portique embellissent cette belle rue des deux côtés. On découvrit dans les premières :
En or. U ne paire de pétadans d’oreilles très-bien conservés, d’une figure semblable à un quartier de pomme, et deux petits gallons intacts de la longueur d’un pied.
En argent. Beaucoup de monnoies. Une petite Fortune vêtue d’une longue tunique tularis et d’un manteau retroussé sur les flancs; elle a sur la tête un diadème orné d’un croissant et delà fleur du lotis, les clieveux flottans sur les épaules , un timon de navire dans la main droite, et dans la gauche, la corne d’aboudancc. Un bracelet en forme de serpent lui ceint le bras. Une petite statue de femme couronnée et assise. Un austarium ou cuillier ronde avec le manche vertical à la coupe. Uue clo=chette ovale, peut-être ornement d’un meuble.
En bronze. i53 monnoies, ( dans une seule boutique ). Une petite statue de femme , et deux de Mercure ; ( c’étoit le dieu des marchands ; nous ne savons pourquoi il fut ensuite appelé le Dieu des voleurs ). Une d’elles le représente assis sur un écueil, avec des ailes aux pieds et à la tête, ayant à sa droite une tortue, et à sa gauche un bélier et un lézard , faisant allusion à ce qu’il est l’inventeur de la lyre , le prctcctcur des troupeaux, et le plus rusé et le plus secret de tous les Dieux. Sept lampes avec tro“ de leurs soutiens ; cent vingt autres objets cn ~
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tiers qu’en fragniens; des vases, des bassins, des parères, des anneaux et des ustensiles de toute espèce.
En ivoire. Une petite sculpture d’un enfant.
En verre. Un nombre prodigieux de verres à boire , de carafes , des petites assietes et de tasses parmi lesquelles il y en a de très-précieuses do couleur bleue conservées dans la paille.
En terre cuite. Une immense quantité de lampes, de pots avec leurs couvercles, et de coupes, quelques petites statues et des tire-lires dans une desquelles étaient i 5 monnoies de Titus et de Domitien alors César.
Un petit perroquet de madrc-perle , un sçn~ retbée de cristal, un morceau de corail rouge , une paire de grands ciseaux de fer, et junc quantité d’objets en marbre, en albâtre et en plomb, entr’autres beaucoup de poids.
Dana f habitation d’un de ces marchands on trouva en 1834 , en présence de S. 31 . la Duchesse de Parme ,
En or. Un joli anneau c: une monnoie d’Otlion.
En bronze. Une petite statue d’ Hercule , une de Mercure , une troisième assise et une autre avec une cuirasse d’argent et avec la clauiydc et les bas ( caligae ) qui pourroit être celle de Caligula enfant ; une lampe très-bizarre formée d’une ligure grossière de vieillard qui soutient un Priape ; une autre de craie en forme de navette à 14 lumières, une cuillicr d’ivoire et beaucoup d’autres ustensiles de toute espèce.
Le squelette d’une personne qui se sauvoit |>ar la fenêtre de sa maison lorsque les rues se trouvoient déjà encombrées par plusieurs pieds de matières volcaniques fut trouvé peu loin de deux autres compagnons de son infortune près du temple de la Fortune dont ils avoieut en vain imploré le secours. Le premier portoit sur lui un rouleau de 60 monnoies d’argent, une casserole et un petit plat, du même métal.
Deux autres, ( ceux de deux jeunes amans ou de deux époux), étoienl à l’entrée d’une boutique. Un éternel embrassement fut leur dernier mouvement.
Maison de Bacchus. i8a6. Elle est composée d’un petit atrium découvert, dont le mur présente la peinture d’un Bacchus assis dans un vaste jardin. Un petit mur y tourne tout aulour , sur lequel on avoit semé des herbes odoriférantes et de fleurs. Dans la chambre de société et à manger , on remarque entr’autres le tableau d’une Bacchante qui donne à boire à un enfant ; le pavé est composé de dilTérens marbres précieux; c’est le plus beau de Pompéi. U a cependant sur trois côtés des bandes de mortier simplement battu ; elles étoient couvertes de meubles élégants semblables aux divans modernes, qui riches en tapis et en oreillers servoient de lits en été , ou pour s’y asseoir en respirant le frais auprès du jardin , et en conversant agréablement avec sa famille ou avec
scs amis.- — C’est ainsi que Lucrèce reçut scs hôtes, assise au milieu de ses femmes et occupée à faire un habit pour Collatin. ( Ov: de Fast. )
En entrant dans le Forum à droite, on passe près de l’habitation d’un marchand de lait, où l’on découvrit des grands vases placés dans le banc de pierres , et avec l’enseigne de la chèvre sur la porte. — A côté est V école où s’exerçoient les gladiateurs, dont on trouva une épée sur le terrain. Un tableau grossier, mais curieux , est peint sur le mur extérieur. On y voit deux gladiateurs, dont les noms sont écrits , combattant avec fureur , et un maître ( lanista ) qui accourt pour présenter au vainqueur la verge ( rudis ) pour prix de la victoire. Au pied du tableau on lit ,
Ahiat Ventre Pompeiiana iratam qui hoc laeserit.
Ecriture sans orthographe , qui indique que le langage populaire qu’on parloit alors a servi d’origine à la langue italienne , et- pour cela à l’espagnole , romance provençale , romance vallonné , et à leurs nombreux dialectes. -
Forum civil.
Monumens des Collèges.
C’est l’endroit le plus noble et le plus magnifique de Ponipéi. On y traitoit des affaires les plus
importantes, tant du commerce que du droit public et du droit particulier. — - Les collèges ou corporations religieuses et profanes y avoient de établissenicns somptueux.
Les fêtes publiques , les solennités sacrées les plus bruyantes, les processions des Canephores et les jeux des Gladiateurs se faisoient dans ce Forum. Ses monumens correspondent si exactement à la description que nous a laissée Vitruve , ( Liv. 5, cb. x et a. ) que nous sommes tentés de croire que les architectes Pompéiens l’avoient consultée.
Des portiques formés par des colonnes doriques de travertin surmontées d’un second ordre ioninique renfermoient, sur trois côtés, une place longue de 544 pieds , et large de 107 environ. Un grand nombre de piédestals avec des inscriptions, disposées devant les entre-colonnes, présentoient à l’admiration publique les statues de Rufus , de SallUstius , de Pansa , de Scaurus , de Gellianus, de tous les illustres Pompéiens et des personnages les plus distingués de la Colonie.
De larges pièces de travertin en embellissent le pavé.
ïuÉsoa runi.ic appelé le Temple de Jupiter.
1816 et 1817. Des gradins magnifiques, sur chaque côté desquels on voyoit des statues colossales surprenantes , et au milieu le plan pour un autel : un vestibule avec six colonnes d’ordre corinthien hantes de 5o pieds ; une Ce/la couverte, avec deux ailes, dont chacune est soute-
nue par 8 colonnes d’ordre ioniqnc ; dans le fond, trois petites chambres avec des grilles de fer, pour y placer le trésor public et les actes du gouvernement, et qui servoient de soubassement à des Simulacres, (dont on trouva quelques précieux f’ragmens parmi lesquels une tête de Jupiter en marbre ) : voilà uno idée de ce monument , qui, situé dans le plus*- bel endroit de la ville, devoit produire l’effet le plus majestueux. On sait que le trésor public se conservoit dans les temples. Vitruve le place aussi dans le Forum.
I^e temple de la Fortune, que nous avons vu, est en petit l’image de celui de Jupiter.
Les squelettes de deux soldats qui ne voulurent abandonner le poste, où peut-être ils étoient de gare, furent trouvés dans cet endroit; un d’eux avoit été écrasé par la chute imprévue d’une colonne. On ne trouva près d’eux qu’une seule monnoic de bronze avec une visière.
Nous jetâmes un regard sur les Prisons , que l’on commence à déterrer et dont les portes très-étroites étoient munies de barreaux de frr. On y a découvert des chambres sans ouverture pour le jour, bien défendues et voûtées. On y trouva les os de quelques prisonniers.
Nous observâmes ensuite l’enceinte où l’on vendoit les toileries et les draps , à en juger à la quantité infinie de trous qui soutenoient les armoires où l’on gardoit ces marchandises.
Une peinture découverte à Pompéi fait allu-
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sion à ce Forum et à ce magasin; c’cst un homme debout , tenant une pièce d’étoffe qu'il offre à une femme assise. Celle-ci désire de l’acbeter, mais elle fait observer au marchand un défaut qui se trouve au milieu de la pièce; et le marchand cherche à la dissuader par des raisons qu’il accompagne de gestes très-animés.
Les deux jeunes fdles assises , la servante qui est derrière elles , le groupe de deux autres femmes qui parlent avec un homme ; enfin les rideaux qu’on découvre au fond du tableau indiquent très-bien le lieu dont nous parlons (66).
ftous découvrîmes ensuite l’endroit où étoient situés les modèles des mesures publiques de capacité (67), et nous entrâmes dans le
Temple de Vénus. 1817. C’est un des plus considérables de cette ville; il étoit destiné pour le Collège des Venerei: on fait mention d’eux sur ce marbre qu’on y découvrit.
M. 1IOLCONIVS RVFVS D. V. I. D. TER.
c. EGNATIVS POSTVMVS. D. V. I. D. TER.
EX D. D. IVS LVMINVM OBSTRVENDORVM HS. 00 00 00 HEDEMERVNT PARIETEMQUE PRIVATVM COL. VEN. COR.
VSQVE AD TEGVLAS FACIVND. COERARVNT.
M. ITolcnnius Rufus, duumvir de justice pour la troisième fois , et C. Egnatius Posthumus y
HISTORIQUE. iij5
duumvir de justice pour la seconde fois , par le Décret des Décurions , ont acheté le droit de fermer les fenêtres pour 3ooo sesterces j et ont eu soin <T élever jusqu' au toit le mur particulier du Collège ves Venerci cohporês.
L’architecture de ce monument est inférieure à celle du Trésor public et à celle du Temple étrusque aujourd’hui presque détruit. Il a /j8 colonnes de tuf, revêtues de stuc, d’ordre corinthien, et de mauvaise proportion qui soutenoient 4 portiques, décores de statues, d’Hermès et de superbes peintures. On en distingue de très-singulières. Quelques-unes représentent Hector traîne autour des murs de Troie; et Achille qui tire l’épée contre Agamemnon, mais Pallas le retient par le bras. D’autres nous rappellent quelques scènes des batailles des Pigmées contre les grues; contraste comique, par lequel le Peintre a voulu nous traduire en autre langage l’ironie avec laquelle Homère contemploit les exploits des souris et des grenouilles. •
Au milieu de la cour découverte, s’élève un autel devant un sanctuaire isolé. Un petit entrecolonne environnoit ce dernier. On trouva dans la cour la statue de Vénus , et celle de son fds Hermaphrodite avec des oreilles de Faune, toutes les deux d’un travail parfait. — Un jeune Bacchus, qui repose au son de la lyre de Silène, est peint dans une chambre secrète.
JNous nous arrêtâmes long-temps dans ce Temple;
nous répandîmes quelques feuilles du myrte sur les gradins du sanctuaire, et nous nous assîmes à la place , où deux jeunes amans avoient offert h la plus aimable des déesses une couple de moineaux et de colombes. Nous ouvrîmes un livre. C’étoit Eumerus qui , du Temple de Cipre, ccrivoit à Egérie ( 68 .)
« J’arrivai à Amathontc le jour destiné à cé- » lébrcr les fêtes de Vénus. Les mères conduisent » au Temple leurs jeunes filles. Le sort décide n du choix de la Déesse. On ne les reçoit qu’à » leur quinzième année et dans la saison des roses. » C’est ainsi que s’unit le printemps de la na- 5) ture avec celui de la vie. . . v
» Dépeindrai-je les mères préparant au grand » acte leurs filles avec une tendre inquiétude, et » l’agitation et la timidité de ces vierges ? Déjà jj les Hiérophantes ont donné le signal du rite » sacré. Les deux sexes sont partagés en deùx » chœurs ; les mâles portent une couronne de » myrte ; les roses ceignent le front des jeunes y) filles. Le teint vif de leur visage, où l'on » remarque une pudeur ingénue , l’emporte sur » les roses. Tu vois de longs cheveux blonds » qui flottent sur des épaules les plus charmantes; V) tu en vois des bruns qui contrastent avec l’ai— » bâtre d’un sein qui te ravit. Ici tu découvres » la grâce, plus loin la volupté; cclle-ci a l’œil » étincellant , celle-là a l’attitude d’Àtalante. » Les jeunes gançons accourrus à la fêle , cl
» ivres de joie contemplent avec des regards avides » ce chœur de beautés; et déjà chacun d’eux in- » dique celle qui sera son épouse. Dans ce moment j> heureux , les dieux sourient du haut de BQ- » lympe, sur leur plus bel ouvrage, la beauté, » rimaocence , et la jeunesse unies ensemble. »
Basilique. i8l3. C’est un édifice majestueux qu’une petite rue seule sépare du temple de Vénus. Llfee rassembloient les négocians, et on y admînistroit aussi la justice.
On recueillit à sou entrée les fragmens d’une statue équestre en bronze doré; celles qu’on a -trouvées sur la face de la Basilique cF Hercu— lanum étoient de marbre , ( les statues équestres des Nonnius. )
Comme les anciennes églises des Chrétiens étoient aussi des tribunaux^ ( de pénitence ) ainsi elles prirent la forme et le nom de ces monumens.
La Basilique a une nef découverte au milieu , et deux autres avec des portiques sur les côtés. Ces dernières sont formées de deux rangs de colonnes, l’un jonique, qui s’élevoit jusqu’au toit ; l’autre corinthien, plus dans l’intérieur, qui soulenoit un second étage ouvert sur la nef du milieu , d’où l’on pouvoit observer les magistrats dans tous les points de la Basilique. Des juges inférieurs y terminoient les causes de moindre importance ; les avocats y donnoient leurs conseils , et les jeunes orateurs s’y exerçoient quelquefois à déclamer. Ces colonnes sont de bri-
ques dépouillées de stuc , et d’une construction si récente , qu’on ne croiroit pas qu’elles appartiennent à un édifice antique.
Dans le fond, s’élève à 7 pieds de hauteur sur le sol , la tribune oh siégeoient les Magistrats. Une statue équestre étoit placée devant elle sur un haut piédestal. L’intérieur de la trihune formoit une petite chambre garnie de petites fenêtres et de barreaux, dans laquelle on mettoit les coupables pour y être interrogés lors du jugement qui étoit rendu publiquement : on voit sur le pavé de la tribune les ouvertures par où l’on entendoit leur voix.
Les portiques étoient ornés de statues de marbre, et d’hermès de bronze; parmi les premières il y en avoit quelqu’une d’une taille qui étoit gigantesque ; on découvrit des fragmens des unes et des autres. 11 y avoit encore des bassins et des fontaines.
Les murs, recouverts de stuc , sont construits , de grandes pierres carrées de différentes couleurs. Sur les parties extérieures , où étoient peintes des représentations capricieuses d’architecture , on lisoit beaucoup d’inscriptions, faites par amusement, avec le pinceau et avec le fer, et qui annonçoient la condition et l’ignorance de ceux qui les avoient tracées.
En voici quelques-unes des moins indiscrètes et avec 1^ même orthographe .
Non est ex albo Judex , paire aegyptio.
II n’y a point de Juge qui soit né d’un Egyptien.
ûrj,JoocS<;le
Damas , audi ( sic. )
* Ecoute haranguer , o Damas.
Suavis vinaria sitit ; rogo vos valde silit ( sic. )
Suave -marchande de vin a soif ; je vous prie, faites qu’elle en ait d’avantage.
Lucrio et Salua hic fuerunt.
Les ami dn gain et du bon temps ont die ici.
C. Pumidius Dipilus heic fuit ad Nonas Octobres». M. Lepid. Q. Catul. Cos.
C. Pumidius Dipilus fut ici le 5 d’Octobre , sous le consulat de M. Lepidus et de Q. Catulus. ( L’an 77 avant Jésus- Christ, époque de la mort de Silla. )
Oppi emboliari , fur , fumncule.
Oppius comédien, tu es un voleur, un fripon.
.... ^4 qui ami Quarta Sacerdos Cereris publ.
( Ce qui nous fait espérer de trouver à Pompci un temple de Ccrès , dont Quabta et Decimills l’épouse de Libella , étoient prêtresses. )
Le nom dn Bassilica ( sic ) est gravé plusieurs fois avec le fur pris de la petite porte.
Sous différentes inscriptions obscènes , il y eut quelqu’un qui écrivit ,
Jous mullum mittil Philocratis.
Philocratc a établi ( contre de telles indécences ) une grosse amende.
Près de l’entrée de la Basilique , nous aperçûmes trois vastes salles dont le fond fait en dcini-cercle r les niches et les sièges élevéf de briques indiquent être des lieux sacrés ( sacelli ) propres aux magistrats qui jugeoient les petites
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causes de l’état. Les murs de oes Curies autrefois revêtus du plus beau marbre, sont construits de briques rouges et semblent sortir des mains des ouvriers (69).
Le Forum étoit renfermé tout à l’entour par les arcs de triomphe que nous avons vus , et par des grilles de fer. Une marche qui l’environne sur les côtés empcehoii aux chars d’y entrer.
Maisons près de la Basilique. 1799- Elles n’offrent que les restes de leur ancienne beauté. On distingue dans la première un atrium ù 4 colonnes ( tetrastylurn) , des mosaïques et des marbres trèsprécieux , et une chambre à coucher , où parmi les orhemens plus délicats , on voit une jeune fille surprise par un jeune homme dans le moment où elle fait un sacrifice à Priape.
La vue qu’on jouit dans leurs chambres de compagnie est enchanteresse.
Le petit appartement souterrain est fort curieux.
Maison d’ Adonis. sBt 3 . Dans la petite rue voisine on trouve des restes de peintures , une fontaine qui avoit des grilles de fer pour empêcher que ceux qui passoient par le marchepied contigu ne tombassent, et un de ces autels publics qu’on élevoit souvent devant les Divinités peintes sur le mur extérieur des habitations.
L’agréable demeure d 'Adonis est située dans le trivium , et présente un bel atrium thuscanicum orné de petites chambres à coucher. Dans une de celles ci, le superbe tableau d’Andromède sauvée
HISTORIQUE. iSi
. par Persée est digne d’admiration , ainsi que celui de Vénus qui se dévoile devant Adonis assis et fatigué de la chasse. Il est curieux que M. Gandy (70) ait voulu reconnoîtrc dans cctie jeune fille nue , une Diane , et dans le chasseur , dont la tète est ceinte d’une étoile et d’une auréole de lumière , un Endymion. Toutefois il ne rejette pas l’autre idée.
De ce point , on a la perspective de toute la maison. On y voit la noble salle d’audience , l’endroit du repas h l’ombre d’une treille , et au fond , les entre-colonnes du gynécée voisin- Nous y entrâmes , et nous nous reposâmes uu peu sur le triclinium ( en forme de sigma G ), qui servoit pour les convives , quand ils surpassoient le nombre des Grâces, sans arriver cependant à celui des Muses.
Le jour du 29 Mai 1826 , S. M. la Reine avec sa famille Royale et EL. AA. RR. le Prince et la Princesse de Salerne se porta avec son cortège à Pompéi , on elle fut reçue par M. le Chevalier Arditi , Suriniendent des excavations.
Les recherches furent commencées vis-à-vis de la maison que nous venons de quitter, dans une chambre couverte d’une voûte solide où à cause des squelettes qu’on y trouva , on présuma que des infortunés s’y seroient réfugiés pour se soustraire au péril d’une mort imminente ; et qu’ainsi il étoit probable que dans cet endroit, comme dans d’autres circonstances semblables, on
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devoit trouver quelque chose de précieux, qu*iîs auroient pu tenter de sauver dans ces momens funestes.
En effet , dès que la fouille fut exécutée , on découvrit une quantité de nionnoies d’or , d’argent , et de bronze , des anneaux et de menus objets en argent, parmi lesquels des cuillers dont une fut particulièrement observée à cause de son manche qui représentoit un pied de chèvre.
On continua ensuite une autre excavation dans deux chambres qui servoient de boutiques, où l’on trouva des vases de bronze et de craie , des lampes , quelques poids et d’autres ustensiles, parmi lesquels une patère de bronze méritait d’être distinguée.
A peine S. M. fut elle partie, que le Chevalier Arditi ordonna qu’avec une extrême diligence on continuât les fouilles de la chambre souterraine dans laquelle on avoit trouvé ses objets précieux , et qu’on conservât les terres déjà décombrées afin de les examiner plus en détail.
Voici cependant un indice exact de tout ce que l’on trouva dans les fouilles susdites et dans celles des jours postérieurs. Le tout est actuellement déposé dans le Musée Royal de Naples.
Or. Soixante six monnoies. ,
Sept anneaux.
Une paire de pendans d’oreilles.
Argent. Mille et cinquante monnoies.
Un couvercle de vase avec le manche.
Cinq cuillers différentes.
Une petite coupe.
Quatre petits fragmens.
Jironze. Plusieurs pièces de raonnoies.
y erre. Un vase rare en forme de verre à boire.
Un ouvrage de cristal de rocbe semblable à une noix , objet qui n’est pas ordinaire.
Les squelettes des malheureux propriétaires de ces trésors étoient sept ; leurs crânes sont intacts et les dentS fort bien conservées, circonstance que quelques-uns attribuent à ce que les anciens ne faisoiènt pas usage de sucre , ni de liqueurs spiritueuses telles que les nôtres. Ces squelettes avec les autres qu’on a trouvés jusqu’à présent à Pompéi, excèdent le nombre de cent soixante.
Ainsi la quantité des malheureux ensevelis vivans dans celte catastrophe , n’est pas si petite qu’on sé le figuroit d’abord.
Au contraire il est liés - rare de n’en pas trouver dans les lieux publics ou particuliers. Comme les habitations , du côté de la mer , avoient un étage inférieur qui appuie sur un côté contre la colline directement opposée au Vésuve, les malheureux qui avoient retardé leur fuite choisissoient préférablement cet endroit. Us s'y recouvroient de la meme manière que nous le ferions nous-mêmes surpris par une grande pluie au milieu des rues. Voilà pourquoi la chambre dont nous avons parlé , quoique très-ordinaire , avoit servi d’asile à ces infortunés qui ctoient
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certainement des plus riches et des plus distingués citoyens de Pompéi.
En retournant sur le Forum , nous passâmes par une habitation en ruines. On y déterra les squelettes d’un homme et d’une jeune fille, peutêtre un père et sa fille. Le premier avoit sur lui une bourse avec 37 monnoics d’or et 5o d’argent 5 la seconde, deux beaux bracelets d’or. Un troisième squelette tenoit un paquet avec des autres monnoies d’argent. Us étoient dans 1 l'appartement supérieur.
Cette maison fut découverte en 1826. Le maître la'reconstruisoit, lorsque l’éruption de l’an 79 la dépouilla des ornemens qu’on lui avoit destinés. L’enduit des murs paroît encore frais. On voit aussi l’impression des baguettes ( baciîla ), qui scrvoient à les battre pour les rendre plus solides. Un bel ornement en mosaïque est exécuté dans unp chambre , et une table à manger avec de très-beaux pieds de marbre étoit située vis-à-vis d’un réservoir d’eau. Sur le pavé on trouva les restes d’un miroir de métal, un vase qui contenoit du savon, et des monnoies d’argent.
Les habitations suivantes qu’on déterre actuellement, n’ offrent que la peinture d’un beau pays avec des cascades , et une Psyché assise avec un papillon dans la main et un chien à ses côtés.
Deux atrium de ces habitations semblent avoir été tirés d’un édifice public vendu pour l’usage particulier.— Enfin on ol serve une belle salle d’au-
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dience, ornée dans le milieu de son entrée par deux colonnes qui y forment un effet tout-à-fait neuf et très-gracieux.
Ecole de F erna. ( 7 est une seule et vaste place décorée de niches et avec une tribune, de laquelle les enfons des deux sexes étoient instruits publiquement. Une peinture (71) trouvée à Poinpéi et qui représente ce Forum et son Ecole , nous démontre tout ce que les Classiques ont écrit à ce sujet. Au dehors d’une des ses portes on lit une recommandation du Maître au Magistrat , à qui étoit confiée la surveillance de l’instruction publique: C. Capellam. D. F. 1 . D. O. F. F.
Fema cum discentibus.
Edifice d Eumachia. ( Depuis tan 1819 jusqu à l’an 1821. )
Il est rectangulaire et d’architecture romaine. Dans ses parties extérieures et intérieures il est d’ordre corinthien. Sa façade domine Je Forum.
Il est composé de trois parties , le Chalcidique , la Crypte et les Portiques.
Le C/ialcidique, espèce de vestibule spacieux, orné de niches, recouvert de marbres et soutenu par i(j pilastres , présentoit sur son architrave T inscription suivante:
EVMACIirA I» F. SACERD. PVBL. NOMINE SVO ET M. NVMISTRI FRONTON IS F1EI CHALCIDICVAI CRYPTAM FORTICVS CONCORDIAE AVGVSTAE PIE- TATI SVA PECVNIA FECIT EADIiMQUE DftDICAVIT.
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Eutnachi a fille de Eue lus prêtresse publique? en son nom et en celui de JL. Fronton son fils , a construit à ses frais le Chalcidique , la Crypte et les Portiques de la Concorde, et les a dédiés à la Piété cT Auguste.
Ce fui dans le Chalcidique de la maison royale de Thèbcs, que Métope , Ja baclie à la main, alla trouver Egisie pendant qu’il dormoit, le croyant le meurtrier de son fils. Et la nourrice d’Ulysse traversa le Chalcidique pour annoncer k Pénélope l’arrivée de son c'poux (72).
Par une porte large ou passe de ce vestibule aux portiques intérieurs. Ils étoient formés de 48 colonnes de marbre de Paros d’un travail exquis, qu’environnoient de quatre côtés une cour découverte longue de 119 pieds et large de la moitié.
Au fond , une nielie magnifique contenoit , à ce qu’il paroît, la statue de la Concorde. On la trouva pics de là renversée sans tête et avec des marques de dorure sur les bords de son manteau.
La Crypte forme un second ordre de portiques plus intérieurs et plus à l’abri de l’intempérie des saisons. Ou y trouva la très-belle statue de la prêtresse Furnachie élevée par les Teinturiers. ( Fui loues ) Ce lieu étoit dédié à leur Collège et à celui de leurs prêtres (73) qui dévoient y laver les vêtemens sacrés , ce qui n’ étoit pas permis aux profanes. On voit dans la cour des petits sièges revêtus de marbre, k côté des citernes ,
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•sut lesquels on exécutait peut-être cet office.
Les marbres les plus précieux , des païsages délicats, et des arabesques couvrent de tous côtés ce noble et somptueux édifice.
Temple de Quirinus. 1817. Un sacrarium s’élève à l’extrémité d’une petite cour découverte: en face on voit un bel autel de marbre grec orné d’un relief, qui représente un sacrifice, et qui rappelle les beaux temps de l’art. Les murs sont partagés en grands carrés surmontés de frontispices.
Nous avons donné le nom de Quirinus à ce petit temple, (qui avoit pcut-ctre servi pour le Collège des Quirites ) (74)? parce que non loin de la porte , on trouva un piédestal , qui devoit soutenir la statue du fondateur de Rome, et sur lequel on lisoit l’inscription suivante mutilée en quelques endroits :
ROMVXVS MARTIS fi-1* IVS VKBEM ROM AM Condi-mT ET REGNAVïT ANNOS plus minus qu» ADRAGINTA isqve Acrone dvce iiostivm et re- ge caeninensium interf—'ECTo spolia C¥-ima Joui FERETRIO CONSEC RA- fil RECEPTVSQUE IN EEORV-TO
NVMEB.VM qvirini nomine
APPELLAT-KS est a Romanis.
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Romulus fils de Mars fonda la ville de Rome , et y régna environ 40 ans. Celui-ci, après avoir tué Acron chef des ennemis et rci des Céniniens , consacra à Jupiter Fèrétrien les dépouilles opirnes , et ayant été admis au nombre des Dieux, il reçut des Romains le nom de Quirinus.
Lieu du Décurionat. 1818. Avant d’entrer dans le superbe édiGce d'Auguste , on doit admirer une graude salle faite en forfne de demi-cercle amplement ouverte du côté du Forum avec un autel au milieu, et décorée de sièges, dénichés, et jadis de statues.
Nous croyons que c’est dans cette enceinte que tordre des Décurions tenoit ses séances publiques.
Temple et Auguste, nommé le Panthéon. 1821 et 1822. On pourroit l’appeler la galerie des fêtes Pompéiennes. Son plan semble avoir été pris sur le Temple de Serapis à Pouzzole.
Par une porte décorée de deux ordres de colonnes, de plusieurs autels et d’une file de piédestals pour des statues, on a le passage sur une place découverte et jadis environnée d’un péristyle, sur les murs duquel on trouve représenté tout ce qui peut servir à un repas somptueux ; des poissons, un coq d’Inde, des corbeilles pleines d’œufs, des oies, des perdrix tuées et plumées, des 'vases pour les. fruits, et une quantité et amphores pour le vin. Sur l’entrée particulière , à gauche , on voit également peints des bœufs ,
HISTORIQUE. i5;»
des brebis, une corne d’abondance qui sc répand sur des plats renversés, des fruits dans des vases, des petits génies qui entrelacent des fleurs et des guirlandes pour les distribuer aux convives , et Psyché avec des ailes de papillon qui suit sou amant au banquet des Amours .
A droite , est dispose un rang de onze cabinets pour les repas des citoyens les plus distingués , avec des figures d’oies, qui en étoient le principal élément.
En face, s’élève une tribune ornée de quatre niches. Sur une base il devoit y avoir eu le simulacre d’Auguste , puisque l’on trouva par terre un bras qui tenoit un globe. On voit ù côté deux statues agréables , l’une de Livie dans la fleur de i’age et de la beauté , l’autre de Drusus son fils ; une draperie légère enveloppe les reins de cet aimable enfant (76).
Dans le sacellum contigu l’on faisoit les sacrifices. Sur un grand autel revêtu de marbres, on voit encore l’endroit ( favissa ) où l’on posoit les instrumens sacrés. Sur les sièges de pierres , à l’autre côté de la tribune , on décou poit les victimes et on les distribuoit au peuple qui y enlroit par une porte contiguë. On avoit peint sur cette dernière des morceaux de viande , une hache pour les tailler , des oiseaux morts , une tête de cochon, et des jambons. — Au bas des sièges est un petit canal où couloit le sang des victimes ; c’est pourquoi ils étoient peints en rouge. On
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voit dans le fond un grand tableau où étoient représentés les deux jumeaux, les fondateurs de la superbe Rome, sur les genoux de Laurentia, et les Dieux qui les protègent d’en haut.
Du milieu de f atrium découvert s’élèvent dans un décagone , douze petits piédestals pour les poutres qui dévoient soutenir tholus ou un léger pavillon de bois: dans cette enceinte ou préparai les mets et on les distribuoit. C’étoit une espèce de petite cuisine ; on y découvrit un récipient pour les eaux sales, plein d’arêtes de poissons qu’on y avoit jetées. On trouva aussi plus loin des amphores qui en contenoient une grande quantité, et des vases de bronze.
Une grande quantité de peintures fraîches embellissent partout cet édifice dédié aux banquets sacrés , et que les danseuses , les poètes et les acteurs dévoient réjouir de tout ce que leurs fournissoient de plus voluptueux les danses grecques et les souvenirs de la gloire et de l’amour.
Ici une Bacchante est appuyée sur une jeune Actrice ; là une belle Musicienne semble vouloir verser dans ton ame le son de la lyre qu’elle pince , tandis qu’une de ses compagnes est dans l’attitude du repos ; elle a cessé de toucher sa lyre, mais on voit qu’elle médite quelque nouvelle chanson: on diroit qu’elle attend l’inspiration de l’amour.
Tantôt on rencontre un Guerrier de garde an Sacraire', et tantôt de jeunes et belles Prêtresses
•- — - ^i gitiz«Lb;
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qui offrent à leurs concitoyens des pavots et les présens de Cérès. ,
JStra découvre à Thésée l’épée de son père autre fpis cachée sous une roche (76), et Ulysse, triste et pensif, est à côté de son foyer et peuw à peine retenir ses larmes devant Pénélope qui ne l’a pas encore reconnu ; ce trait d’Homère, peut-être un des plus beaux de la poésie ancienne, étoit déclamé avec d’autres chants par les Rapsodistes dans les grands festins (77). Enfin , près de l’entrée principale du Temple , on voit peinte l’image d’un Empereur assis sur un faisceau d’armes et couronné per la Victoire. Des vaisseaux disposés au combat nous rappellent la journée d 'Actiurn, et réunissent pour la dernière fois Antoine et Auguste , le triumvirat, et l’çmpire.
Des Divinités et des Génies , qui offrent de? fruits sur un disque ; des païsages et des Victoires sur des chars en pleine carrière; des palais et des arabesques finissent d’orner ce beau monument consacré aux triomphes de llome.
Ce temple étoit dédié à Auguste , que Tibère a voit déjà mis au rang des Dieux (78). — Vitruve qui place ce temple dans le Forum , et les inscriptions sans nombre trouvées â Pompéi dans, lesquelles on fait mention de prêtres d’Auguste , ( les Augustales ) et de leurs ministres (79) , semblent confirmer notre opinion. Ces derniers étoient élus par deux Personnages , auxquels étoit confiée la charge de procurer par le moyen
des vœux publics , l’exécution t les- solennités consacrées à Auguste. Et tous les signes du repas «acre , ( epulum ) et de la distribution des entrailles au peuple, ( visceratio ) ainsi que les images des Ministres sacrés si souvent répétées dans ce temple, ne veulent-elles pas nous indiquer l’histoire de ce que ces inscriptions nous expliqui nt, brièvement^
'On lit dans Tacite , que les Sodales Augu- Sfnles étoient des prêtres qui sacrifioient à Auguste. A Quelques pas do l’entrée principale de noue monument, on lisoit, sur un marbre, le fragment ci-dessous , qui prie précise'ment de ces confrères , qui dévoient y avoir leur établissement.
.... AMINI AVGVSTAI.I SODALI AVCiVSTALI Q.
D’ailleurs , outre les banquets publies et les fêtes que l’on célébroit en l’honneur de la naissance et des victoires d’Auguste et de celles de ses successeurs , Dion ( Lie. 58. Chop. a. ) nous rapporte que le Sénat avoit décrété des fêtes et des chasses d’animaux que les quatre principaux Collèges des Prêtres dévoient faire exécuter, aux soins des Auguslales , à l’anniversaire de la mort de Sèjan. Dans notre monument, oit ces fêtes et ces banquets ont dû avoir lieu , on voit encore peintes des chasses d’animaux qui pourroient faire allusion à ce que nous raconte Dion.
H I S T O II I Q U E. iG3
Près de la petite porte ou découvrit une petite cassette avec sa serrure , où l’on avoit déposé lo56 mormoies de bronze , 4 1 d’argent , un bel anneau d’or avec une pierre gravée , et un autre d’argent. Vers la grande porte on trouva g3 autres monnoies de bronze. C’étoient les tributs de la bienfaisance publique. On y découvrit enfin de larges vitres qui avoient servi de châssis pour les fenêtres: cette circonstance ne cessera pas d’exciter la surprise et même l’iucrédulité de beaucoup d’antiquaires.
Ile autour du temple d Auguste ; vendeurs de fruits secs. — Quadrivium.
Des boutiques ornées de peintures les plus gracieuses bordent Je sentier sur un double rang. On y trouva en abondai.ee des figues sèches, et des châtaignes , des prunes , des raisins secs , et des fruits dans des vases de verre , des lentilles ( les premières qu’on a découvertes à Pompéi ), de la graine de chanvre, un gâteau , des morceaux de pâte et de pain, beaucoup de monnoies, une petite romaine et différentes balances.
Dans une de ccs boutiques on trouva une petite statue de bronze , qui représentoit la Fortune ailée , d’un fini très-précieux. Elle avoit les bra-> cclets d’or aux bras , dans un desquels on voyeit enchâssée une pierre précieuse. Dans une autre, on déterra une petite Vénus de marbre qui s’ e:suyoit les cheveux, et qui avoit la partie inférieure voilée d’un drap peint en rouge.
»g/, PRÉC I S
Un cabaret est au coin de la rue; il se fait distinguer par la belle enseigne d’un Bacchus qui presse entre ses mains une grappe de raisin ; une panthère est à ses côtes.
Pâtissier. On y découvrit un grand nombre d’ustensiles de cuisine et différens moules de pâtisserie , dont une en forme de coquille, une autre avec des restes de pâle travaillée, et un cachet avec des lettres pour estamper.
Dans d’autres boutiques on trouva un coin de plomb avec une belle tête de femme sur le style des monnoies de Naples et de la Grande Grèce ; des os d’animaux , ( très- communs dans tout Pompéi , ) vides en dedans pour y agiter les dés, ou plutôt pour des inslrumcns de musique ; un très-bel anneau d’or avec une cornaline sur laquelle on grava l’allégorie intéressante d’un caducée avec la corne d’abondance ; une pierre précieuse avec la gravure d’un aigle romaine ; un fuseau et des squelettes d’animaux.
L’habitation découverte l’an 1823 devant S.M. le Roi de Prusse est formée d’un petit nombre de chambres. Au fond , il y a la cuisine et une fontaine avec des mosaïques par terre représentant des dauphins et des canards. Sur les murs est peinte la chapelle domestique : Mars est au fond d’un bois; et à quelque pas de lui, Vénus fc regarde dans un miroir qui a la figure d’un tournesol; elle est dans la situation la plus languissante et la plus aimable; ses yeux étinccl—
HISTORIQUE. i65
lent; elle a des bracelets, et elle est nue: nous n’avons pas encore vu d’image plus voluptucnse que celle-ci.
Maison des noces (F Hercule. i8so. Dans son tablinum est représentée une nouvelle aventure du Dieu de la guerre avec la Mère des amours. A gauche on trouve l’appartement des bains , et des étuves. Une fontaine , dont il reste encore la petite base de marbre , s’élève au milieu du bassin, qui recevoit l’eau de pluie.
Un péristyle et un vaste jardin est disposé au milieu de l’appartement privé : on y voit deux viviers; entre eux il y avoit une table de marbre soutenue par une petite colonne avec l’eftigie d’un Génie. On y mettoit des fleurs et des fruits pour les collations que l'on fàiscût au frais, et l’on fai— soit des libations de vin au Génie qui rappeloit la brièveté de la vie et des plaisirs : geniurn memorem brevis aevi. ( Horat. )
Dans la chambre du lit nuptial ( thalamus ) le mariage $ Hercule avec Bé/anire est représenté avec toutes ses particularités. Dans l’autre salle , la famille avec les parens se réunissoient et làisoient des danses et des festins pendant les jours des Charisties, dédiés à la Concorde domestique et aux Grâces.
On passe de là devant un puits de 1 ) 6 pieds de profondeur , ( c’est-à-dire plus profond que toute la hauteur de la colline ). Il avoit sa poulie pour urer les seaux, comme il est d’usage encore au-
j 66 PRÉCIS
jourd’hui parmi nous; l’eau est à quinze pieds
de hauteur, elle est potable, quoique un peu
soufrée.
On voit ensuite un grand nombre de boutiques, entre autres celle d’un vendeur de savon avec de grands bassins pour le condenser ; il y en avoit encore une quantité. A terre sont Jes petites tusses pour la chaux, qu’on trouva très-durcic. Par une porte intérieure on passe dans la belle habitation du vendeur.
Sur le mur d’une boutique qui a , selon la coutume, des vases introduits dans le siège de pierres, on a représenté des poissons qu’on y vendoit à la saumure. — Dans une autre on trouva des os d’animaux entassés, qu’on amollissent sur le feu pour en faire des iustrumens et d’autres ouvrages.
Maison delà Pêcheuse. 1825. Une cour avec un entre-colonne , le long duquel est construit un petit mur pour les fleurs , donne le passage à une belle chambre à coucher. On y a représenté une Néréide, un Narcisse, dosa le visage se réfléchit dans l’onde j et une Pêcheuse ingénue qui a jeté sa ligne dans la mer , et qui attend sa proie. Cupidon sur un écueil la montre avec sa flèche.
Ou observe , dans une boutique, le beau tableau d’une Danseuse qui soutenue par son compagnon agite dans l’air un lympanon et exécute un saut difficile, mais gracieux et pittoresque.
Qi§4«ed-by Geo<^fe
Rue des Théâlres.-Maison du sanglier. . 1816. Elle a une entrée où est représenté en belle mosaïque cet animal poursuivi par les chiens. Des dessins de fortifications avec des tours ornent le pavé de V atrium.
Maison des Grâces. 1817. Dans la première chambre on découvre Uranie qui avec une petite baguette montre le globe céleste. A quelque distance sont peintes les Grâces. Le propriétaire a voulu nous enseigner par là , que les études sérieuses des sciences sévères, ne doivent pas être séparées du souris gracieux des sœurs de l'amour.
Dans une autre chambre plus secrète, on voit le tableau d' Adonis expirant dans les bras de son amante; un petit Amour pleure avëe tant de véjité et de jwssion , qu’il semble avoir servi de .modèle anx beaux vers de Biori et de Théocrite. Les femmes célébroient le culte d’Adonis dans l’intérieur de leurs chambres; -ïl consistoit à s’abandonner a la mélancolie , aux gémissemens et aux larmes (80).
Cette habitation appartenoit à un Chirurgien qui étoit à la fois Pharmacien , puisqu’on y trouva des médicamens et des instrumens , parmi lesquels celui pour extraire - le fœtus , dont la forme est simple et ingénieuse.
Rue des douze Dieux. Ils sont représentés sur le haut du mur, et servoient à empêcher les passans
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de fiire des ordures daus cet endroit. On lit sur ce
sujet dans les Classiques :
DUODEC'M DUOS ET DIANAM ET IOVEM OPTIMUM MAXIMUM H A BEAT IRATC8
QUISQUIS Hic M1NXEBIT, AUT CACAVEBIT.
Au-dessous sont peints, selon l’usage , les deux Serpens.
Pinge duos an gués ; pueri , sacer est locus : extra Jlleiite. ( Pers. sat. i . )
Maison dite de Fuscus. 1819. Ayant d’arriver à la place du Théâtre, on parcourt un grand. nombre de boutiques , qui attestent le commerce et les ricbessçs de cette ville. On reconnoît à l'enseigne les boutiques où l’on travailloit les mosaïques. Les fontaines avec de beaux bassins de marbre en carrés longs sont prodigués dans cette rue.
Leur quantité et celle des puits, des réservoirs et des citernes , ainsi que l’usage général des bains, des portiques , des jardins publics et particuliers, et des galeries ouvertes sur la mer attestent la grande chaleur qu’on devoit souffrir sur celte colline volcanique, et les mesures bien entendues adoptées pour Ven garantir.
Ou trouva dans cette rue un vase de verre avec des œufs entiers, et 959 monnoies de bronze.
L’habitation de Fuscus a un beau gynécée ,
des mosaïques, et des décorations variées et ingénieuses sur le goût capricieux de Ludius. Des poissons sont représentés dans la chambre à manger, et des scènes amoureuses dans celle à coucher. On y trouva une quantité de vases de bronze , de verre , et de terre cuite ; deux pendans ( d’oreilles en or , et un morceau de poix , qui , après tant de siècles , conserve encore l’odeur de cette substance.
Place du Théâtre.
( D&COVV ERTE DEPUIS I764 Il'SQu’.I 1796. ) Monumens Étrusques.
Des portiques très -longs soutenus par des colonnes élégantes et majestueuses ; les restes d’un Temple , qui rappelle le style des premiers monumens de l’Italie ; une bouche de puits ( puteale , ) où étoit ensevelie la foudre, soigneusement environnée par Nitrebe , Meddis Tuticus d’un entre- colonne étrusque , comme l’exprimoit l’inscription , Nitrebiis tr. Mer. Tuh. aamanapher ; la vue des plaines situées au dessous qui semblent avoir jeté sur l’antique étendue des mers, un tapis de verdure et de fleurs ; voilà ce qui forme la plus ancienne contrée de Pompéi , qui fut construite par les Etrusques , habitée par
les Samnitcs j et que les Romains, maîtres del’u-
170 ’i P R. TÉ C I S
nivcrs, objet de leur cupidité et de leur mépris,
n 'os cirent ni détruire , ni changer.
Nous nous reposâmes sur un de ces hémicycle s qu’on rencontre ordinairement hors de la rue des tombeaux. Le vent sifïloit entre les colonnes des portique», comme jadis entre les vieilles forêts des Osques; elle chardon sauvage détaclioit quelque brin de ses légers flocons pour en orner les pièces dispersées d’une horloge (8i.) Une douce mélancolie s’étoit emparée de mes sens, et je me levai , en m’écriant. « O, Pompéi ! Quels événemens déplorables ont changé l’aspect de ion royaume flores int? t Où sont tes rivages jadis couverts d’innombrables trirèmes, la foule des marchands, et le peuple qui atlendoit dans les jardins de cette place les spectacles du théâtre contigu, et les Etrusques qui te gouvernoient , et les Samnites ? Tout a disparu! La nuit des siècles ramène la paix sur ces lieux, ainsi que le silence de la nuit succède à une journée tumultueuse. O voyageur ! Honore les restes de deux peuples , que leur civilité et leur courage auraient pu rendre éternels , si l’on peut trouver .un malheur égal au leur sur la terre ! » Sur l’hémicycle, où il y avoit une horloge solaire , on lisoit sur un marbre le nom de ceux qui avoieut construit l’un et l’autre.
h. SliPViNIVS L. F. 8ANWLIANVS M. HERENSIVS A. F. EPIDIANVS DVOVIR, I. J). 8CHOL. ET HOROIi.
Une fontaine éloit auprès du vestibule ou propylœurn de cette place. Une antre conque recucil- Joit l’eau qui dégorgeoit de la moitié d’une colonne. Devant elle un petit piédestal soutenoit la statue de Marcel lus, qui n’y étoit plus, et l’inscription: M. Claudio C. F. Marcello Patrono. < Maison découverte avant f Enpereur Joseph IL 1767 et après. Elle a trois étages en amphithéâtre, et elle est située sur une même ligne .avec celle de Polybe et de Diomède. Le premier avoit de singulier une grande Basilique privée, ouverte sur une agréable terrasse , et qui peut être considérée , selon M. Matois , comme tm exemple précieux de l’Oecus corinthien dont parle Pitruve , ( liv. 6 . Ch. 5 . ). Le coup-d’œil que présentoit cet appartement devoit cire surprenant , lorsqu’on vovoit, à travers T atrium, le takKnum et les colonnes de la Basilique, undes plus beaux tableaux que le ciel de la Campanie puisse offrir.
Le second étage contenoit la salle de conversation , et les triclinium d’été et d’hiver; et le troisième , l’appartement des bains. On y admire l’étuve avec 4 niches, où l’on reconnut le sque-*lette d’une femme avec un vase à la main.
La disposition simple et bien entendue , qui faisoit concourir la nature dans toute son amabilité à rendre agréable et riant ce petit édiûce, nous fait connoître combien en sont éloignées nos plus' superbes maisons, et combien il seroil facile d’y
i jo PRÉCIS 1
introduire d’utiles chaogemens qui seuls pourroienl élever au niveau de i’autique , la triste et déclinante architecture de nos jours.
Curie Jsiaque. J 797. Une tribune du haut de laquelle le Demiurgue , ou le Prophète dictoit les leçons sacrées aux initiés; un autel près duquel éloit renversée la statue d’un jeune Empereur, 'et des entre-colonnes couvertes composent la modeste Curie lsiaque de l’ompéi. Le bassin des lustrations était près de la porte , et l’eau d’une fontaine , comme dans tous les monutnens publics, jaillissoit d’une colonne pour rafraîchir l’air et les assistans.
Dans les trois chambres voisines on trouva des mains d’ivoire et de verre qui faisoient la figue ( dont on se servoit pour amulètes contre le J'ciscirium , ) des vases de cuisine , et des ustensiles sacrés. Une inscription osque trouvée près du mur qui divise cet édifice du temple d'Isis , nous fait savoir que les Architectes municipaux de Pompéi a voient examiné les bâlimens qui composoient les 7 parties principales de ce local ÿ cl que le Meddiastutieus et le Questeur après les avoir reconnus et approuvés, les avoieut dédiés à Isis (82). «
Notre édifice y étoit compris, et y est nommé. Curie Pompéienne, Cereiiui P umpaiianai. Sa tribune y est peut-être encore désignée sous le nom de' Triibum.
Nous devous cetic interprétation à M. Ion-
nelli , qni depuis long-temps travaille à fillns'ratien des antiques dialectes Italiques, et qui nous donnera bieulôt des notices importantes sur Un nouveau système des hiéroglyphes égyptiens.
Temple dû Lis. 1 j6ô. C’éloit la Divinité la plus vénérée, parce qu'elle éloit la moins connue. Protectrice du port et du commerce de Pompéi, on l’appeioit Pélagique . — A l’entrée, on trouva la petite cassette de la charité publique, et peu après deux élégans bassins pour l’eau lustra h. Mais qui étoit ce Dieu dépeint au fond de celte niche? C’étoit le fils d’isis, le Silence , qui le commande avec le doigt, en montrant sp mère dans le fond du sacrarium.
Sur ce grand autel on faisoit 'des sacrifices ; sur cet autre , qui est vide , on mettoit les cendres des victimes.
, Il y a un bain dans une chambre souterraine. Une ou deux personnes y pouvoient descendre à la fois. On y pnrifioit les initiés. Sa petite porte es», ornée d’un frontispice , et environnée de fuurs recouverts d’ élégans bas-reliefs en stuc. Ils expriment des initiés qui prient: Vénus avec Mars; et Mercure , qui embrasse une Nymphe , peutêtre Lara son épouse, vêtue légèrement et couronnée de fleurs; des Amours, des dauphins, et des Génies semblent tourner autour d’eux , en portant des cassettes sacrées.
Le sacrarium avec son petit vestibule formé par six colonnes d’ordre corinthien s’élève au
centre de Tatrium découvert. Montons par ces escaliers: sur ce soubassement éioit la statue de la Déesse, et le Hiérophante s’y faisoit voir enveloppé dans ses mystérieux vêtemens , an milieu du bruit des sistres, des tympanons et des hymnes.
Un petit piédestal est à chaque côté de l’escalier : on y trouva alttachée une pierre plate calcaire avec des hiéroglyphes (85). D’autres autels et d’autres niches sont aux côtés du sacrarium, derrièn lequel il y avoit aussi dans une petite niche une statue de Bacchus.
Des portiques et des autels environnent toute l’enceinte du temple. Leurs colonnes offrent un mélange confus de trois ordres d’architecture. En général ce temple ressemble beaucoup à celui de P~énus (84 v . — Dans un angle à droite , s’élevoient la petite statue d’Isis, que Cécilius Phœ bus Tui avoit dédié (85), et celle de Vénus dont le cou , les bras cl la partie inférieure étoient dorés.
De là on passe dans la salle du banquet et d>-s mystères , ornée de peintures et d’un pavé en mosaïque j sur le sol ou lisoit:
N. POl'IDI CEl.SINI.
N. POPIDI AMPLIATI.
COIINEEIA CELSA.
C’étoient des dévots d’Isis , et initiés dans scs mystères. Les peintures représentoieut l’ apothéose
- . — Di§it«-eë-by Go
tT fo, ( V fais iV Egypte, ) et les figures de différons animaux qui y éioient en vénération. On v voyoit .deux Hermès gigantesques avec la barbe et les cornes j entre eux éioient des barques dont l’une peut être la barque d ' Horus ou du Soleil, contenoit une cassette avec un oiseau; et l’autre étoit gouvernée par un homme. Deux serpens autour de deux bâtons surmontés d'une guirlande de?
/loirs; et dessous, une lionne. Uue figure, assise sur une chaise couverte d’un voile , et un serpent. Une autre, d’Isi. s, avec un manteau tt un chapeau sur la têtfe ; elle a dans la main gauche un sceptre; h son bras est suspendu un seau: elle a sous son pied une tète de mort, et à côté d’elle des serpens dont l’un est dressé , et l’antre entrelacé autour d’un arbre chargé de fruits. Toutes ces figures avpient sur la tète la fleur du lotos, ou Nénufur , ( Nytnphœa , planta aquatique ); et faisoient allusion aux diverses operations du Soleil et de la nature (86). De serpent urœus , ou aspic étoit le symbole de la vie et de la mort.
Dans cette chambre, on reconnut le squelette d’un prêtre qui étoit encore à table. Il avojt mangé des œufs et des poulets, ci avoit bu du vin. Les restes du dîner et les vases éioient renverses par terre.
Dans la chambre contiguë on trouva un grand nombre de symboles du culte d’isis, et une petite idole égyptienne dans une niche. G’étoit une gar-
dérobé du temple j il y a voit encore deux
chaises et d’autres meubles.
Nous nous écarterions trop de notre sujet , si nous voulions rappeler ici toutes les épreuves, les cérémonies et les prières qui se foisoient ordinairement dans les mystères cC Isis , qui furent transplantés en Grèce, sous le nom cT JSleusiniens. Aucun des auteurs anciens et modernes n’a pu en pénétrer le secret. Apulée, ( Metam. Lib. XI. ) en parle aussi d’une manière énigmatique.
« Je me suis approché, dit il * des confins de Ja mort. Après avoir foulé à mes pieds le seuil de Proserpine , j’en suis revenu à travers tous les élémens. Au milieu de la nuit le soleil me parut briller d’une lumière éclatante. J’ai comparu devant les dieux supérieurs et inférieurs, et je les ai adorés de fort près.
Ainsi , l’inscription qu’on lisoit à Sais sur le piédestal de la statue de Nephtis ( Isis ), n’a rien encore perdu de son ancienne vérité.
Je suis ce qui fut , ce qui est , et ce qui sera. Aucun mortel n’a osé encore écarter le voile qui me couvre. Le fruit que j'ai enfanté est le soleil (#7.)
Cependant ou croit que l’on enseignoil dans les mystères isiaques une autre doctrine , celle qui concernoit la vie future. Lorsque Lucius dit, qu’il arriva aux confins de la mort, et foula aux pieds le seuil de Proserpine , n’cst-cc pas une
allégorie assez claire des craintes dout il s'itnaginoil être délivré par son initiation ? Au reste , toute difficulté s'évanouit par ces promises cpie lui fait Isis : « tu vitrai heureux , tu seras plein de gloire sous ma protection. Quant, ayant atteint le terme de ta vie , tu seras descendu aux enfers , tu habiteras les Champs Elysées . . . Si , par ton zèle pour mon culte , et par la pratique de la continence et des privations qui te teront imposées , tu mérites mes faveurs , tu sauras qu'il est en mon pouvoir de prolonger tes joun au-delà du temps que le destin a prescrit. » A l’espoir de jouir après la mort d’une félicité assurée se joignoit donc celui d’une vie longue et heureuse, espoir sur lequel il n’est jamais difficile de tromper les hommes, parce que leur bonheur consiste à céder à la force de celte illusion (88).
Après cela il paroît que M. de Hammcr ait çnfin arraclié ce secret aux siècles , et qu’il ait fait pour la première fois, briller un rayon de lumière dans le sanctuaire ténébreux d’isis. Il parle sous l’escorte de Clément Alexandrin ,dcs trois espèces de mystères isiaques , c’esl-à dire la purification à l’entrée, de là tombe; les petits mystères sur le jugement de la mort et sur la doctrine de la vie future; et enfin le passage aux plus grands mys tères par la contemplation de la lumière éternelle, source de l’existence et de l’univers. Quatre étoient les preuves mineures, et trois les majeures pour les initiés (89).
La chambre des victimes, et l'appartement des Préms sont sur la gauche du temple, que noirs venons de décrire. U y avoit ça et là dans la cuisine des os de jambons , des arêtes de poissons , et de la vaisselle de terre. On trouva le squelette d’un Prêtre qui avoit pris la hache pour s’ouvrir un passage au travers des murs. D’autres allèrent dormir. Tous moururent. Le Hiérophante avoit rassemblé le trésor de la Déesse et s’enfuyoit; mais la mort le surprit à l’entrée de là grande place du théâtre. On ramassa sous son squelette 36 o monnoies d’argent , 9 d or intactes , et 4 * de bronze , des petits vases d’argent , des figures isiaques très-singulières , des cuillers, des patères, des fermoirs, des petites tasses, toutes d argent, un beau camée, et des pendans d oreilles.
Sur la porte on lisoit, sur un marbre:
Numérius Popidius Celsinus , fils de Numéros , bâtit depuis les fondemens, et à ses frais, le temple d’Isis renversé par un tremblement de terre. Les Décurions Vont gratuitement associé à leur corps à couse de sa libéralité , quoi-
qu'il fiât âgé de 60 ans (90).
Petit temple de Jupiter et do Jiman. 176b. Un autel de tuf volcanique avec une frise dorique est situé devant le sanctuairè : il est d’un
bort style. H y en a même qui le comparent au sarcophage trouvé à Rome dans le sépul cre des Scipions, et transporté dans le Musée du
Vatican.
HISTORIQUE. i 79
Le buste de Minerve fut trouvé parmi les simulacres de terre cuite de Jupiter et de Junon.
Les chambres voisines scrvoicnt aux prêtres.
Domicile d’un Sculpteur. 179S . Des instrumens et des statues ébauchées ou à peine commencées encombroient l’atrium de celle habitation. Sa partie privée se trouve sur un étage plus élevé.
Théâtre Tragique. 1964 et suiv. Sur la porte supérieure on lisoit l’épigraphe suivante:
M. M. HOIÆONI RVFU5 ET CELER CRYPTAM TBIBVNAL. THE ATR VM S. P.
AI) DBCVS COI.ONIAE.
Des deux Marcus Holconius Rufus et Celer, firent bâtir à leurs propres frais , pour l’embellissement de la Colonie , le corridor couvert , les tribunes et le théâtre.
Ce Théâtre fut donc bâti , au temps d'Auguste, par l’ouvrage et aux frais des Rufus. Il fut ouvert au public ou dédié , l’an 22 du tribunat de cet Empereur (91).
Il présente, comme tous les théâtres de la Grèce, la forme d’un demi-cercle , où sont disposés l’un sur l’autre , le long du penchant de la colline , des gradins de marbre qui , recouverts de tapis élégans et de coussins , servoient do siège aux spectateurs. Il est divisé par des para pets en trois parties horizontales, appelées Caveae.
Quelques petits escaliers , qui descendent des portes supérieures ( vomitoria ) le subdivisent en d’autres parties transversales , appelées Cunei , à cause de leur forme de cônes. Sur la première cavea , les Décurions, les Augustales , et tous ceux qui avoient le droit du ùisel/ium prenoient leur poste dans les municipium; sur la seconde, les citoyens ; sur la troisième et plus élevée ( summa cavea ) , le peuple et les femmes. Elles étoient environnées de petits barreaux de fer, afin qu’elles ne tombassent pas. Sur le parapet, entre les premières cavea , on observe le lieu qui fut destiné pour siège de M. Ho/conius Rufus , Flamine d'Auguste et patron de la Colonie, comme l’indique une inscription. A côté on trouva les statues de Néron sans barbe , et à? Agrippine.
L’endroit du Théâtre que nous appelons le parterre, étoit nommé orchestre * ( orchestra ). C’étoit la place des principaux Magistrats. Chez les Grecs on exécutoil les bals sur un plancher fait exprès. Ainsi les danseuses pouvoicnt faire parade de la légèreté et de la souplesse de leurs mouvemens au milieu même des spectateurs , qui les combloient d’applaudissemens et d'éloges.
On consignoit à ceux qui gardoient les postes , un billet d’os sur lequel on signoit la càvea, le cuneus , le gradin , la place , et le nom de l’ auteur du Drame. On en a trouvé dansPompéi, qui indiquoit une tragédie d’Eschyle. Un tel billet coûtoit quelque sou.
-Oigttizecf^y
En face de l’orchestre est \e proscenium r où les acteurs, les dateurs , ét les mimes jouoient leurs rôles. Il étoit à 5 pieds de hauteur du sol. Le sipariitm descendoit par une ouverture de haut en bas , en sens contraire à celui dont nous nous servons , et on y voyoit dépeint le sujet du spectacle. >. ■ • ■
On découvre vis-à-vis du proscenium 7 places dont celle du centre est en forme de demi-cercle ; on peut croire qu’elles étoient destinées aux musiciens appelés Timelici, du lieu de l’orcheslre où il* servoient. Aux bouts du proscenium sont deux tribunes, dont l’une étoit peut-être pour celui qui régloit les musiciens , et l’autre pour le Président des spectacles ; sa chaise curule étoit encore à sa place. Au fond, on voit la scène fixe , qui consisioit en un mur décoré, de plusieurs niches , et autrefois de 6 statues, et de trois ordres d’architecture d’un travail élégant et délicat^ Au milieu est la porte appelée Regia , parce que c’étoit par là que sorioient les principaux personnage^ du dramet on en voit deux plus petites à ses côtés ( hospitalia ), pour les rôles secondaires. Derrière la scène ( poîtscertiwn ) , on trouve les chambres des danseurs et des acteurs.
On dressoit les tentes ( vêla ) sur des perches situées au sommet du théâtre, pour garantir le peuple des chaleurs excessives du' jour. C’est pourquoi on y répandoit encore avec des piaehincs ingénieuses des pluies odoriférantes d’eau de safran.
Ua vaste réservoir qui recevoit le canal du Snrne est tout près de là , destiné à cet objet.
La partie inférieure de Pompéi pouvoit également se servir de ses eaux.
Ce théâtre, comme tous les autres monumens plus élevés de Pompéi , est ruiné et privé de ses marbres à l’extrémité supérieure, qui ne put, par son éminence, être entièrement enseveli par l’éruption.
Odeum , ou théâtre de musique. 176g et suiv.
11 est à gauche du théâtre , comme le prescrit Vitruve : Exeuntibus e Theatro , sinistra parte Odeum ( liv. 5 . chap. g. ) 11 ne se distingue de l’autre que par sa petitesse et par sa conservation. On donneit dans ce petit théâtre les preuves des drames et l’on exécutoit le concours poétiques, où l’on proposoit des trépieds pour prix. Sur le sol est écrit, eu lettres de bronze, le nom du Surintendant, des spectacles — M. Oculatius M. F. Férus II Vir pro ludis.
Deux inscriptions nous apprennent que les Duumvirs C. Quiriclius fils de Cajus , et M.
Forcius fils de Mar eus , par décret des Décurions empruntèrent l'argent pour bâtir le théâtre Couvert, et V approuvé' ent.