IV NON I
TYCHES. IVLTAE
AVGVSTAE. VENER.
Celte lomhc est composée de pierres volcaniques sur le même dessin que celle de Scaurus, de Calventius , et de Névoléja; elle forme une base avec trois gradins de marbre au-dessus, d'une beauté imposante. Il esi vrai qu'elle n'était pas entière, car ses orncmens étaient dispersés sur le sol ; mais je les ai fait remettre en quelque façon à leur première place , et la restauration complète fait un joli effet. — Le coliimbariurn de ce tombeau était rempli de cendres.
Je fis aussi restaurer le banc de maçonnerie oii se reposaient les passans, le trottoir, et les murs extérieurs de toute celle rue , sans quoi elle n'aurait bientôt otTert que les ruines des ruines.
f)5 Aubergefi de campagne ,, et Ecuries.
Désignées aujourd'hui sous le N." 4,
Dans le mois de Mai ]8i5 , on découvxit les parties extérieures d'un autre édifice très-vaste. Il est composé d^un portique et de quelques boutiques assez rustiques , destinées à l'usage d'auberges , peut-être pour les paysans qui apportaient les victuailles à Pompéi , ou pour les voyageurs. On y trouva des vases et des seaux de hronze, un mortier de marbre, des bouteilles de verre, des vases de terre cuite , des fuseaux , des dés, un candélabre, et les restes d'une balance. Il y avait au milieu une fontaine et un abreuvoir , ensuite des écuries , où l'on trouva le squelette d'un âne ou d'un mulet avec un mors de brojize, les débris d'un char, dont les roues avaient dix rayons , et enfin deux petits foyers à côté du trottoir et sous les portiques, pour fournir la nourriture aux passans.
Les boutiques avaient un étage supérieur sur lequel on montait par des escaliers de bois soutenus par des degrés de briques , et qui terminaient par une terrasse derrière laquelle s'élèvent des galeries formées par des colonnes, d'où l'on découvre la mer , ics Apennins j le Vésuve , et toutes les villes de la côte.
Sepulcrelum Etrusque. A droite de la rue , on entre dans une cour qui appartient à l'édifice contigu , dit de Cicéron, et qui contient dans un coin des bassins en maçonnerie destinés peut-être
à Javec le linge; on y trouva des amphores. On découvrit sous le terrain de cette cour des sépulcres avec des squelettes entoures de vases Ita- Uens-G-recs vulgairement nomme's Etrusques^ ornés de dessins très-iniéressans (34)- Il est probable qu'ils appartenaient à l'époque la plus reculée de Pompéi. Tout ce faubourg devait en élre plein; mais les tombeaux des Romains sont situés audessus , et en empêchent les fouilles.
Hémicycle avec une niche et un hanc pour s'asseoir. 181 1. 11 était décoré d'un beau frontispice et de magnifiques ornemens en reliefs qui en j«;rande partie n'existent plus. Malgré sa beauté, l'architecture de ce monument n'est pas pure. On y voit avec peine des piédestals v.rès- courts l'un sur l'autre, dont les chapitaux ornés de beaux feuillages ne peuvent empocher que le tout ne produise un mauvais effet — C'était aussi un monument funèbre; il attendait un maître et une inscription. La tombe qui est près de là appartenait peut-être à ce monument. — L'endroit suivant avec le terme sépulcral était destiné à un nouveau sépulcre.
Fin tragique de trois jeunes femmes.
Le Vésuve avait pour un instant suspendu ses fureurs, lorsqu'une mère infortunée tenant un petit tnfant dans ses bras, et accompagnée de ses deux lilles , profitait de cette occasion pour s'enfuir de sa maison de campagne vers le chemin de JNole ,
qui ëlait, la ville la moins menacée. Arrive'es au ])ied de V hémicycle^ le volcan commença à exercer de nouveaux ravages. Des pierres, des cendres, du feu, des matières fondues et bouillantes pleuvent de tous côtés, et environnent les misérables fugitives. Elles tâchent alors de se réfugier au pied d'un tombeau , où reposaient peut-être les cendres de leurs parcns, et en invoquant les dieux sourds à leurs prières, elles se tiennent étroitement embrassées autour de leur mère jusqu'au dernier soupir, et dans cette situation elles restent immobiles pour toujours. — C'est ainsi qu'un successeur de Phidias nous représente ISiobé, qui embrasse ses derniers enfans ; elle jette un regard vers le ciel, et expire de douleur avec eux. — Parmi les squelettes de ces femmes et de ce petit enfant , on trouva deux gracieux pendans d'oreilles suspendus h de gros fils d'or , en forme de balance ; trois anneaux d'or , dont un avait la forme d'un serpent à plusieurs contours , et qui repliait sa téie vers Ja longueur du doigt; un autre anneau, qui ne pouvait convenir par sa petitesse qu'à une belle main de jeune fille , avait au milieu un grenat, où était gravé un foudre \ ce qui indique dans ces intércs.santes victimes, du goût, beaucoup de richesses, et une condition distinguée.
Non loin de cet endroit , on aperçut deuK autres squelettes , l'un couché sur le visage f et l'autre sur le dos avec les bras ouverts \ tous les -deux avaient les pieds tournés vers la porte de
la ville. Le second avait sur lui 69 monnaies d'or et 121 d'argent mélëcs ensemble.
Vers le même endroit on découvrit un troisième squelette dans une situation différente de celle des précédens, c'est-à-dire, avec la tête tournée vers la porte publique. Il paraît évident que les premiers accouraient de la campagne à la ville ; et le dernier dans une direction opposée. Tous étaient à plus de 9 pieds de hauteur du niveau de la rue ancienne ; ce qui nous démontre qu'ils fuyaient , quand le terrain était déjà extrêmement encombré, et que les terribles pluies et alluvions qui accompagnent presque toujours les grandes éruptions de notre Volcan avaient atteint ces malheureux , et les avaient entraînés et mis dans cette position (35).
N.* 2. Autre maison du faubourg ^ dite, de Cicéron (36), probablement de M. Crassus Frugius.
Un portique et des boutiques , parmi lesquelles il y a un thermopole ( qui était une espèce de Café de nos jours ) , décoré de 4 colonnes couvertes d'une treille , avec des bancs de pierre , en constituent les parties extérieures. Sa véritable entrée est dans l'endroit oi^i l'on voit deux cônes de maçonnerie, qui renfermaient deux vignes. Celte maison devait être vaste et bien décorée. Elle fut découverte à différentes reprises depuis' Tan 1749 jusqu'à l'an 1778 (57), et ensuite recouverte, selon la coutume de ces temps-là, pour ne pas endommager les propriétaires de ces campagnes.
6g On observe par son plan , qui nous a été conserve par François La Vega, qu^iprès avoir passe Tenire'e, qui e'tait une porte cochère , la seule qu'on ait découverte jusqu'à présent dans Pompéi , on trouvait une place découverte, area. On entrait ensuite dans un élégant péristyle par un long passage , aux côtés duquel étaient les écuries , la remise , la chambre du portier, et d'autres dépendances. Les chambres des hommes étaient autour du péristyle, au fond, l'appartement du maître de la maison et celui des femmes, avec des terrasses et des galeries qui donnaient sur la mer. Un portique environnait un jardin à l'étage inférieur ; et il y avait sur le portique une terrasse d'où l'on jouissait d'un côté de la mer et de la campagne, et de l'autre de la promenade sur le clicmiu qui conduisait à la ville. Une porte secrète donnait l'issue sur la rue et dans la cour, où l'on découvrit les sépulcres que nous avons décrits.
On doit compter parmi les objets remarquables qui couronnèrent la découverte de cette maison, les célèi)res peintures des huit Danseuses ^ les 4 groupes des C(?/2^a^//'^5,et les Funambules, (58), qui décoraient une salle à manger. On retira également de là deux mosaïques de Dioscorïde de SaJîios , (3g), qui y écrivit son nom. Ils représentent deux scènes de comédie, qui méritent selon TF'inclcelniann la préférence même sur la célèbre mosaïque antique de Rome, {^Us colombes) , qui a fait tant de bruit jusqu'à présent.
Il y avait clans cette maison une niche ornée d'un frontispice et de deux colonnes ; el au-«dessousî un mur d'appui revêtu de beaux marbres^
Sur la partie supe'rieure de la niche, on lit sur nne pierre que Januarbis affranchi était le préfet des Thermes d'eau dé mer et des bains deau douce de Marcua Crassua Frugius,
THKRMAE M. CRA^SI FRVGI AQVAMARINA ET BAIi AQVA DVLCI lANVARIVS li.
A quelque distance de là on trouvait un bassin , et immédiatement après , dans une autre niche , une petite statue de marbre, qui représentait un vieillard couvert d'une peau de chevreau, ou néhride , et qui soutenait sur l'épaule une outre qui répondait l'eau dans le bain (40).
A l'entrée de cette habitation sur la rue des tombeaux, on lisait l'inscription suivante presque effacée.