‹ Pompéi décriteChapitre 21 sur 33 · OC · texte numérisé non relu

OC

Celte habitation est terminée par un grand jardin de'corë d'un ran^^ de colonnes qui soutenait une terrasse , ou des treilles.

Uti beau groune de Bacchus appuyc sur Ampèlus , en bronze, fut trouvé dans une chaudière appuye'e contre le mur du jardin. Il ëiait enveloppé dans un linge pour pouvoir être transporté ailleurs par le propriétaire ; mais il fut oublié dans celte extrême confusion.

Maison dite du Poète.

( Découverte depuis le 10 Novembre 1824 jusquau mois de Mars 18 20 ).

C'est un des plus beaux monumens particulier de l'antiquité qui nous soit parvenu. Une élégante mosaïque qui couvrait le seuil représentait un gros chien enchaîné qui semblait vouloir se lancer contre ceux qui entraient, et au-dessous ces paroles plaisantes : Cave canem. ( Auj : au Musée ) — Pétrone nous raconte à ce sujet une aventure assez curieuse qui lui arriva ( Sat. cap. IX. ).

Il y avait j dit-il, à l'entrée ( de la maison de Trinialcion ) , un Portier habillé en vert , avec une ceinture dun rouge cerise^ qui écossait

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des pois dans un bassin d^ argent. Sur le seuil de la porte était suspendue une cage d'or, d'où une pie au plumage varié saluait les hôtes de la maison. — Peu s'en fallut ^ qu'étourdi de tant de choses , Je ne tombasse de tout mon long au ris~ que de me fracasser les jambes , à cause d'un chien qui était peint: sur le mur à gauche on entrant, prés de la chambre du gardien. Il était à la chaîne et on lisait au-dessus ces paroles cubitales. Cjt'e canfm. Prend gjrde au chien. - — Ce qui fil bien rire mes collègues . . .

Par un passage étroit, (^prothyrum ) , aux côtés duquel sont deux boutiques, ou plutôt deux vestibules , on entre dans un yltrium avec son bassin. A droite, on voyait, comme dans V Atrium de Trimalcion, des grands tableaux homériques , imitations de quelque chef-d'œuvre de l'antique peinture; ( auj. au Musée. ) Le premier rcprésenla't l'ingénue et aimable Ghryséis, qui courtisée par Agamemnon et reçue par Ulysse , dont on ne voyait que la main droite étendue vers elle , montait sur le navire qui devait la conduire à son père. ( Iliacl. 1. )

Le second exprime V adieu de Briséis à Achille. L'attiiude du fils de Pelée , l'expression de Biiséis qui soulève avec grace son voile de dessus sa figure, comme pour découvrir sa douleur et sa beauté, le siience de Phénix , la consternation des hérauts , 1:\ vivacité fière de Patrocle, le groupe des guerriers MirmidoDs dans le fond , la perspective gé-

néralej toul enfin , tout est sujxfrieur aux éloges dans ce magnifique tableau.

Le troisième représente Thélis qui, accompagnée par Iris^ et plus que jamais séduisante par SCS beaux yeux noirs, se présente h Jupiter sur l'Olympe pour le supplier d^être le vengeur du tort que son fils a reçu.

Quel coloris , dans ces tableaux ! Quelles grâces ! Quelle exécution ! — Et deux seules pages d'Homère suffisent pour inspirer à un peintre trois chefs-d'œuvre?

A gauche en entrant dans \ Atrium , on voit peint une Vénus nue, dans la position de celle de Médicis , et avec des cercles d'or auic jambes ; une colombe, qui a dans son bec une épis de blé repose à ses pieds.

Toutes ces figures peuvent être des portraits. On avait coutume de les faire autour de V Atrium. Mais qui devait être cette jeune fille, ou plutôt cette Divinité qui prêta son sourire et ses traits h cette Thétis y à cette Briséis et à la fiJIe de C/irisésl

Oh voit du même côté gauche des petites chambres à coucher. Dans une, on a peint des combats d'Amazones, semblables en quelque sorte aux basreliefs dccouverls dernièrement à Phigalie. Elles sont sur des chars j chose singulière ! Les guerriers sont à pied. La victoire semble se décider pour les derniers. Au-dessous de cet ornement , on voit une jeune Néréide nue, appuyée sur un taureau marin qu'elle semble caresser. L'un pourrait

éire aussi le Taureau dionysiaque , et l'autre une Bacchante. — Vis-à-vis éiait un tableau obscène. Les Pompéiens faisaient placer ces reprcsentalions dans les endroits les [)lus expose's ; ce qui prouve combien leur morale était différente de la nôtre. Properce déplore ce fatal usage , et invoque la malédiction du ciel sur le premier qui osa exposer aux regards ingénus des jeunes filles , ces dangereux monumens de son infamie.

Au-dehors , on aperçoit sur un très-beau fragment y un Triton qui conduit au milieu des flots un cheval marin , et un petit Génie ailé qui le suit, monté sur un dauphin.

En face de la cour , est la petite salle d'étude ; une peinture, d'un travail très-médiocre, auj: au ÎNlusce, représentait un poète sur un escabeau, qui avec un papyrus à la main , déclame des vers devant deux illustres personnages assis dans le fond de la chambre. A peu de distance de là ;, Apollon et une Muse protcgaient notre homme de lettres. Si cette curieuse peinture qui est bien singulière et qui sera expliquée dans l'ouvrage du Chevalier Raoul-Rochette sur celte maison, faisait allusion à un fait historique, le Poète qui paraît éire d'une condition mesquine , pourrait être ou Plaute, ou Térence, ou quelqu'un de ces malheureux Athéniens, qui, faits prisonniers à Siracuse, tâchaient d'adoucir leur sort et la férocité de leurs maîtres, par des vers passionnés, se dédommageant ainsi des revers de Nicias par la gloire d'Euripide.

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Toutes les parties de cette chambre sont embellies et animées par une fouie d'images de Ge'nies, de Victoires, et d'arabesques. Le coloris, la fraîcheur, le mouvement de ces petites figures sont admirables. Les mosaïques du pavé sont également d'un style parfait. Celle du milieu indique le concert cCune représentation dramatique. On voit dans le fond du théâtre les colonnes qui ornent Ja scène. Un joueur de flûte semble accompagner , par ses modulations , un Choragus qui est assis et qui déclame. Les acteurs ont déjà reçu de lui les masques , dont quelques-uns sont encore sur ses genoux. Un autre s'habille à la hâte, et un de ses compagnons l'assiste, La joie et l'enthousiasme sont peints dans les gestes du premier. Il n^y a de nos jours qu^un petit nombre de mosaïques de l'antiquité , qui puissent être comparées h ce beau tableau , composé de sept figures. — Des masques scéniques sont peints dans le cabinet contigu.

On arrive enfin dans un péristyle dorique qui a des ch api taux d'une forme élégante et gracieuse ; il environnait un petit jardin fermé par des grilles de fer. On y trouva l'écaille d'une tortue et les gouttières du toit en forme de crapauds, de terre cuite revêtus de stuc. Vis-à-vis, est Pautel domestique avec une petite niche, or~ née d'un beau frontispice.

On y découvrit la petite statue d'un Faune avec des fleurs et des fruits dans son sein.

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A gauclie , est une chambre h coucher , où est peinte Ariadne abandonnée ; en outre un Narcisse et un Amour -pêcheur. Le fripon a déjà fait une bonne prise et il la pre'sente à sa mère» Cette chambre appartenait sans doute à quelque dame aimable et séduisante a laquelle on a voulu, dans ce tableau, adresser un hommage flatteur.

On trouvé près de là une petite chambre où parmi de superbes paysages et des vues de marine il y avait des papyrus peints , avec des lettres grecques. Cette chambre était certainement la Bibliothèque. On plaçait ordinairement au milieu de celles-ci , une armoire où l'on rangeait les livres , dont chacun avait son étiquette. On en mettait aussi sur les murs et l'on y trouvait sans peine l'auteur que l'on desirait. — Dans la première chambre , le Pompéien s'abandonnait aux plaisirs et à l'amour ; dans celle-ci à la méditation et à l'étude. Le passions et leur ivresse étaient peut-être moins à craindre chez les anciens que chez nous. Le cabinet consacré à Ja philosophie et à la modération était pour ainsi dire , le sacrarium du temple profane des plaisirs et de la beauté.

Non loin de cet endroit , on admirait pour la fraîcheur et pour la composition , une belle peinture qui représentait le sacrifice d' Iphigénie , ( auj. au Musée ). On voyait derrière l'autel le simulacre de Diane , et au centre la princesse à la fleur des ans et de la beauté , que deux

ii5 jeunes hommes portent dans leurs bras pour la conduire à sa destinée. L'innocente victime tend à son père les deux mains, pour implorer son secours. Agamemnon désolé , détourne la téie en pleurant , et se couvre le visage de son manteau, tandis que le prêtre prend le couteau fatal ; mais il annonce en même-temps avec le doigt sur les lèvres , et par ses regards prophétiques , la fin inattendue de cette tragédie.

Timanthe fut l'auteur d'un tableau semblable devenu célèbre dans toute la Grèce; il avait voilé la tête d' Agamemnon , à l'exemple d^Euripide , ( Iphigénie en Aulide , vers i55o ), qui l'avait sans doute copié de Polignote.

Cependant on arrive dans la salle du feslin et des danses. On avait peint dans cette vaste chambre , au milieu des décorations \ç:S plus variées et les plus agréables d'architecture et de fleurs , des fruits dans des vases de verre , un coq qui tient un caducée , de charmantes Danseiises ^ Léda qui présente à son époux étonné les trois jumeaux Castor, Pollux et Hélène sortis de l'œuf (66) , Thésée qui étant arrivé sur le rivage de Naxos abandonne Ariadne endormie, et V Amour qui se plaint à Vénus du mépris de Diane. Sur le pavé en mosaïque , on voit des poissons, des oies et des ornemens simples, mais pleins d'élégance et de goût.

On distingue ensuite la cuisine avec s m foyer seml)lablc aux noires , et la garde-robp.

Celte habitalion avait un second étage. On y trouva aux premières fouilles, les pièces d'un pavé écroulé, qui représentaient, en mosaïque une belle tête de Bacchus ; et en outre un trésor d'ornemens de femmes. Un paysan qui était venu dans cet endroit pour y chercher des objets , n'eut pas assez de bonheur pour les trouver. Il y était cependant arrivé à deux pas près , lorsque par dépit de ne rien trouver , il dispersa , en s'en allant , les os des squelettes c|u'il y avait trouvés. On y reconnut encore les restes de quelques télés qui étaient au milieu d'un terrain remué et fouillé.

Idée d'une fouille à Pompéi.

Pour faire connaître ce qu'une excavation dans Pompéi offre ordinairement , nous allons décrire celle qui eut lieu dans cette dernière maison et que l'on peut citer comme une des plus heureuses.

On y trouva les objets suivans :

En Or.

Deux colliers , très-bien conservés. Deux bracelets en forme de demi-coquilles de noisettes, à double tour.

Deux autres qui ne formaient qu'un cercle ; un troisième en forme d'un serpent à plusieurs

contours ; cL un quatrième semblable, mais plus petit pour une enfant.

Quatre pendans d'oreilles élégans et délicats , composés de deux belles perles suspendues h un petit bouton. Un anneau avec une corualine sur laquelle était gravée la léte d'un jeune bomme.

Deux monnaies , l'une de Néron avec sa mère^ et l'autre de Titus. — Ce petit trésor, qui était tombé de la toilette d'une dame qui demeurait à l'étage supérieur , et qui nous donne une idée de ses ricliesses , se trouva à cinq pieds de la hauteur du sol.

En Argent.

Trente-neuf petites monnaies consulaires et impériales.

En Bronze.

Un tas de monnaies de différentes grandeurs attachées par la rouille. Vingt-sept autres détachées-Deux casseroles. Une chaudière. Uiie marmite. Une autre du même métal placée sur un fourneau. Une pelle à feu avec la douille dans laquelle on ajustait un manche de bois. Un vase j un autre brisé et un troisième, pour l'huile. Un seau. Une trèsbelle lampe à deux lumières , ornée de têtes oi de pieds de taureaux: elle était suspendue à la voûte de la salle ù manger. ( Fétrori. Sat. endroit cité ).

ii8 Une lampe surmontée d'une lune. Un petit trépied pour son soutien. Un candélabre magnifique. Quatre petits crochets dont deux sont formés par des têtes d'oies. Deux pieds ordinaires pour suspendre des objets. Deux vis pour meubles. Trois plaques pour ornemens.

En Fer.

Quatre haches. Un marteau. Un trépied. Un fragment de clefs. Deux crochets. Deux petits talons que Von. plaçait sous les souliers , avec des trous pour les clouer aux côtés. Deux serrures et loquets avec d^autres garnitures de portes.

En Ferre.

Quatre petites carafes ; trois bouteilles en forme de boule.

En Craie .

Huit pots. Six plus petits, mais de différentes grandeurs. Cinq vases de diverses formes ; six autres pour l'huile. Une petite tasse d'un beau vernis. Une patère , et cinquante-six lampes.

De JDlfférens Genres.

Une tête pour un hermès de jaune antique.

^^7^Ti;Trf

ii9 Une quanlité de froment et des cordes de diiTérentes 4;randeurs , réduites en charbon. Un morceau de savon. Trois poids en plomb.

Les Thermes. Au. 1824.

La première maia qui éleva les bains fut certainement l'amie de l'humanité ; elle voulut , pour un moment , distraire l'homme dans la fraîcheur d'une onde bienfaisante , et ne crut pas frayer un chemin à la corruption et à la mollesse.

Les Thermes se changèrent bientôt en édifices qui occupèrent des collines entières. O y trouvait ( à Homo ), des bassuis d'une grandeur prodigieuse, oi!i plus de cent mille personnes pouvaient , dans l'espace de peu d'heures , se baigner et nager ; on aurait pu les comparer à des mers , dans lesquelles les fleuves venaient des régions éloignées apporter majestueusement le tribut de leurs eaux sur des arcs de triomphe. L'architecture y épuisait ses ingénieuses ressources; la peinture y rafraîchissait ses pinceaux sur les objets les plus chers; et les chefs-d'œuvre des arts, V Apollouj V Hercule ^ le Laocoon , le Groupe de £)ircé , la Flore y et la mosaïque des colombes en ornaient les portiques et les salles. Parmi celles-ci l'on distinguait un cabinet tout couvert de lumières, de cristaux et de bronzes d'un travail tout-àfait original ; le peuple l'appelait la chambre du

soleil , ( cella soîaris ) ; mais les aicliitectes orgueilleux d'une invention si singulière, lui donnèrent le nom cCi/iimitable. On passait ensuite dans les salles d'exercice, dans les bibliothèques et dans les jardins. Les curieux y allaient lire les productions du jour , et les Poètes y re'citer leurs vers. Euniolpion , qui en faisait de trèsmauvais, courut risque d^'y être battu; Pétrone nous en a laissé le récit curieux. Enfin les Thermes renfermaient les productions de différens climais et de différentes nations , et on pouvait les comparer à de grandes villes , ou plutôt à des Provinces entières.

Ce n'est cependant pas la magnificence des arts , ou la profusion des richesses et du luxe , mais les grâces , la simplicité et rëlégan€e qui caractérisent les bains publics de Pompéi. lis sont partaij;és en deux appartemens entièrement séparés l'un de l'autre; le plus gracieux était peut-être destiné au beau sexe: l'autre appartenait aux hommes. On entre dans le premier par une cour environnée do portiques sur trois côtés,; à gauche est la chambre de compagnie et où vraisemblablement demeurait le Gardien , ( balneator ). On trouva par terre sa petite épée dont la garde d'ivoire était d'une forme très-singulière. Chacun lui payait une petite contribution , ( le quart d^un asse ) et entrait. On y trouva jusqu'au vase circulaire de la même forme de nos tire-lires où l'on mettait le produit de ce salaire. On déposait ses habillcmens

dans la première salle , ( spoUarium ). On volt encore le trou oà étaient rangées les armoires , dans lesquelles on gardait les vétemens. Des esclaves destinées à cela en avaient soin. Dans le fond, on voit un gracieux cabinet de figure ovale , frigidarium. ) Un bassin rond , ( piscina ) était creusé dans le pavé pour le bain froid ; il est recouvert en marbre; un gradin y tourne à-1'entour et servait au double usage d'y descendre et de s'y asseoir en se baignant. On y pouvait prendre avec la même commodité le bain dC aspersion où l'on versait l'eau d'une crucbe , usage souvent pratiqué ])ar les anciens , et décrit par Ovide en parlant du bain de Diane. Les vases Grecs-Italiques nous en présentent d'agréables dessins. Des ornenicns gracieux^ des chars qui coureut, des Amours à clievel sont représentés en stuc sur la frise de la chambre^ et exécutés avec un style aussi vif et aussi léger, que l'idée qu'ils nous représentent. Quatre niches ( scholae ) sont disposées autour du bassin. Là , les jeunes filles pouvaient s'asseoir et s'essuyer quand elles sortaient du bain , où s'entretenir agréablement avec celles de leurs amies qui ne s'étaient pas encore baignées. Les courtisanes de Rome, de Smirne et de Gorinthe y recevaient la visite de leurs amis , et c'est à cet usage que la Grèce devait les chefs-d'œuvre de peinture et de sculpture qu'elle possédait. ^/;é?//e peignit sou Anadyomène sous la figure de Phryne et de Campaspe qui sortaient du bain ; et Praxitèle y

sculpta 6a Vénus de Gnide sur le modèle de Craiina et de Phyrne.

Heureuses les nations où. les plaisirs réveillaient les talens , où l'amour enflammait l'imagination, et oii la couronne de myrte était accordée h celui qui s'en rendait digne par son travail et par son génie.

Les statues de la Santé et ôH Escuîape présidaient ordinairement à ce petit temple des Nymphes, et accueillaient les vierges timides qui venaient y assurer leurs beautés. Le bain d'Hippias, dans Lucien , nous en donne un exemple.

En sortant du frigidarium, l'air devenait plus tempéré sans être cependant d'une chaleur désagréable. On passait de là dans la chambre tiède , ( tepidariw7i ) appelée aussi la salle du milieu , ( cella média ) parce qu'elle devait , par sa température , prévenir les effets dangereux du passage subit d'un endroit trop froid , dans un autre très-chaud.

On y observe un grand brasier de bronze , et h côté deux sièges du même métal , construits aux frais de M. Nigidius Kaccula qui y fit graver ces paroles ; M. nigidius v accu la p. 5. — Les têtes et la figure d'une petite génisse qu'on y voit souvent répétée font allusion au mot do T^accula.

Un ordre de petits Télamons , ou Athlètes de terre cuite, qui semblent réunir toutes leurs forces pour soutenir un cornichon qui est posé sur leurs

léics , forme dalis ses intervalles des vides où l'on plaçait les vases d'huile , et les parfums.

Des vitres concaves garantissaient du vent la lampe , qui éclairait le fond de celte salle. L'introduction des vitres dans les bains était à peine en usage à cette époque. Pline dit novitium est hoc inventum.

Le haut de la voûte est travaillé en caissons peints en ronge et en azur , sur chacun desquels est sculpté un joli bas- relief. Cupidon qui s'appuie sur son arc terminé en tête de serpent , des Amours qui montent des chevaux marins ; d'autres qui conduisent des dauphins , ou montent un liyppogriphe ou frappent un tympanon ; un Centaure , un Pégase , un Hercule enfant sur un lion, et des guirlandes d'acanthe la décorent de tous côtes.

La troisième et dernière salle est l'étuve , calidarium ou sudatorium , qui termine d'un côté par un long bassin , ( baptisterium ) revêtu de marbres , pour le bain chaud ; et de l'autre , par une veste niche en demi-ccrcle , ( laconiciim ) au centre de laquelle est une superbe fontaine qui répandait de l'eau bouillante et des nuées de vapeurs. Sur le bord du bassin on lit en lettres de bronze :

GN. MELISSAEO GN. P. APRO. M. STAJO M. F. RVFO II VIR. ITER I. I). LABRUM EX D. D. EX P. P. F. C. CONSTAT US. DCCL.

Gnéus Melisséus Aperfils de Gnéus, M. Stajus Rufusfils de Marcus y Duumvirs de justice pour la seconde fois ^ parle décret des Décarions ^ ont pris soin de faire construire ce bassin aux frais du public. Il coûte yôô sesterces. ( Environ 25 écus. )

Au-dessus de la fontaine, la voûte a deux grandes ouvertures qui étaient défendues par des châssis garnis de larges vitres , pour tempérer la densité de la chaleur. Des figures de belles Nymphes qui sortaient du bain sont représentées sur quelques bas-reliefs de stuc au-dessas de la niche. Le pavé de l'étuve, ( suspensura ) est posé sur de petits piédesials entre lesquels s'insinuaient les flammes de la fournaise voisine, et s'élevaient dans toute l'étendue des murs ; on y voit le vide d'un demi pied fuit pour cet objet , et les taches que la fumée y a laissées.

Des pilastres qui saillent à peine du mur soutiennent un léger cornichon et leurs cannelures convexes reportées sur la voûte , la partageaient en compartimens égaux et d'un bel effet.

Les trois salles que nous venons de décrire sont pavées en mosaïque. Les restaurations importantes qii'on voit partout dans cet édifice sont uu. mo-

nument du zèle et de l'intelligence de M. Antoine Bonucci , mon oncle et directeur des ces excavaiions pendant long-temps.

En quittant cette chambre, la Dame retournait dans le tepidarium , où des esclaves lui ôtaient doucement avec de pelitcs lames d'or et d'argent , ( strigiles ) la sueur des membres, et les oignaient d'essences et de parfums. Enveloppée dans un léger manteau de laine, elle allait reprendre ses vétemens dans le spoliarium, et passant par des corridors couverts, elle se trouvait sur la rue du Forum^ ou sur celle de la Fortune^ où sa voiture et les gens de sa suite l'attendaient.

Un vase grec-italique trouvé à Grvmentum et qui fait partie du Musée du Chevalier Santangelo, représente le bain des Grâces , et nous assure que les Grecs et les Romains avaient à cet égard les mêmes usages. On voit au milieu de la chambre la conque , ( labrum ) où elles devaient prendre le bain , au moment que cbanine de ces Déesses y est assistée par un Génie qui tient dans ses mains le miroir, la ceinture, et la guirlande de fleurs. On voit la première qui se dépouille de ses vétemens , et le Génie qui délace ses brodequins : la seconde est déjà sortie du bain , et s'essuie avec un linge; on remarque que sa position est précisément celle de la "Vénus Callipyge. La troisième qui est déjà essuyée tient dan& les mains un petit vase d'essences pour se parfumer. Le peintre de ce vase eut peut-être l'idée de

reprcsenter la Beauté sous ses differens aspects , c'est-à-dire de profil, d'épaules et de face; on pourrait ajouter que c'e'tait le produit de l'enthousiasme que sa vue avait effectué sur sa fantaisie et sur son cœur.

Avant de visiter le second appartement , il est bon d'observer un instant V hypocaustum avec ses accessoires. La fournaise qui donnait les flammes et la chaleur a Péluve , est située près des chaudières qui communiquaient , par des canaux , Peau au bain et à la fontaine. {Jn réservoir (jui recevait l'eau des toiis supérieurs et des conduits extérieurs la fournissait aux chaudières. La cour voisine devait contenir le bois, et tout ce qui était nécessaire au service de la fournaise. On y voyait encore une grande quantité de poix employée également pour les flammes.

Les bains des hommes viennent après. Un petit recoin où. l'on conservait des toiles de lin ou de coton, ( lintea ) pour s'essuyer en sortant du bain , est situé à l'entrée. On passe ensuite dans une longue salle où l'on trouve un bain froid et deux longs sièges de pierre volcanique pour se déshabiller et se reposer.

On entre dans le tepidarliim et de là dans uno vaste étuve dont le pavé écroulé maintenant éiaii échauffé par la fournaise. Une fontaine d'eau chaude était au fond de l'étuve.

Les voûtes de ces chambres sont hautes et fort bien conservées; chose unique dans Pompéi. Sur

le pavé et sur les murs on voit des restes de peintures et de mosaïques. Mais cet appartement éiait iiéncraicmcnt beaucoup infe'rieur au premier pour la commodité et pour l'élégance.

Tous ces bains pouvaient suffire à une vingtaine de personnes à la fois ; ce qui prouve , qu'on en trouvera d'autres , et peut-être de plus magnifiques dans les autres quartiers de la Ville. Les Tbermes de M. Frugius et ceux de Julie Félix sont de ce nombre.

On ne fermait les bains publics qui bien avant dans la nuit. C'est pourquoi on trouva dans les chambres des femmes un très-beau candélabre de bronze orné de feuillages , et en outre un dépôt de plus de mille lampes de terre cuite avec d'élégantes sculptures (67). Sur quelques-unes on y voyait les Grâces ^ sur d'autres, Isis et le Silence ayant le doigt sur la bouche. Aimables allusions à la beauté et au secret , dont ce lieu était le Sanctuaire.

Sur le mur de la cour , on lit l'inscription suivante , aujourd'hui presque entièrement détruite.

(1) MAIO

DEDICA.TIONE principi coloniae

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